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jeudi 19 mars 2015

Aucun homme ni dieu - William Giraldi

Par Ariane


Auteur : William Giraldi
Titre : Aucun homme ni dieu
Genre : roman
Langue d’origine : anglais (américain)
Traducteur : Mathilde Bach
Editeur : autrement
Nombre de pages : 309p
Date de parution : janvier 2015

Présentation de l’éditeur : 
«Le premier enfant disparut alors qu'il tirait sa luge sur les hauteurs du village. Sans un bruit - nul cri, d'homme ou de loup, pour témoin
Quand Russell Core arrive dans le village de Keelut, la lettre de Medora Slone soigneusement pliée dans la poche de sa veste, il se sent épié. Dans la cabane des Slone, il écoute l'histoire de Medora : les loups descendus des collines, la disparition de son fils unique, la rage et l'impuissance. Aux premières lueurs de l'aube, Core s'enfonce dans la toundra glacée à la poursuite de la meute. Aucun homme ni dieu nous entraîne aux confins de l'Alaska, dans cette immensité blanche où chaque corps qui tombe, chaque cri, semble absorbé par la splendeur silencieuse de la nature. Un roman envoûtant, poétique, inoubliable.

Mon avis : 
J'avais entendu parler de ce livre comme d'une véritable claque littéraire. Et, je ne peux qu’être d’accord. C’est un livre fort, une lecture qui laisse K.O.
Lors d'un hiver particulièrement froid, les loups affamés osent entrer dans le village et trois enfants disparaissent. Russel Core, spécialiste des loups, arrive au village de Keelut, appelé à l’aide par Medora Slone dont le petit garçon est le troisième enfant enlevé. Il découvre un village hors du temps, hors du monde, un village modelé par la nature sauvage qui l’entoure« C’était une forme de folie de vivre ici, sur ces terres où le climat vous pénétrait les chairs, ne vous laissait jamais de répit. ».
Ce village vit selon ses propres lois, ses propres codes. C’est un monde aux frontières du monde sauvage et du monde civilisé. La nature hostile et violente a façonné des villageois à son image. Les villageois sont unis. Ils ne forment pas seulement une communauté, ils sont une meute. « Il n’y a pas que notre monde qui est sauvage, nous le sommes aussi à l’intérieur. » Les hommes sont finalement aussi dangereux que la nature, aussi dangereux que les bêtes sauvages. 
Russel est le témoin de la brutalité de ce monde, de la sauvagerie de ces hommes. Venu au secours d'une mère il va découvrir l’inimaginable; Vernon, Cheon, Medora, ce qui frappe avant tout est leur froideur, leur seul moyen d'expression semble être la violence.
Malgré la violence de l’histoire, la dureté des personnages, l’âpreté des mots, l’hostilité de la nature, il se dégage pourtant une singulière poésie et une réelle beauté de ce roman. Une beauté aussi sauvage et fascinante que l’Alaska. « La terre fertile, le souvenir des fruits lourds mûrissant dans la chaleur des champs d’été – tout cela avait été balayé sous un paysage lunaire. »
William Giraldi signe ici son second roman et comme d’autres blogueurs, je pense suivre de très près cet écrivain.

Extrait : 
« (…) l’homme n’est chez lui ni dans la civilisation ni dans la nature – parce que nous sommes des aberrations coincées entre deux états. »

Lu dans le cadre du challenge 50 états, 50 billets pour l'Alaska



D'autres avis chez Brize, Clara, Aifelle, Jostein, Kathel, Papillon,

7 commentaires:

  1. Je te lirai plus tard, c'est une de mes dernières lectures et je pense rédiger un billet... d'ici quelques jours.

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  2. Je crois que l'on ne peut pas rester indifférent de ce roman ; on aime ou on déteste, mais c'est de toute façon un choc.

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    1. C'est exactement ça. C'est aussi un roman qui marque beaucoup le lecteur je pense.
      Ariane

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  3. Il y a presque unanimité sur la force tellurique et le souffle de ce roman.

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    1. J'ai lu très peu d'avis négatifs, pourtant il y en a quand même, chez Brize par exemple (sur mes brizées).
      Ariane

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  4. Hop, billet ajouté au challenge 50 !

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