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vendredi 15 mai 2015

Le paradis des chiots - Sami Tchak

Par Daphné














Auteur :Sami Tchak
Titre : Le paradis des chiots
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Mercure de France
Nombre de pages : 223
Date de parution : 2006

Résumé de l'éditeur


Dans un bidonville d'Amérique latine nommé El Paraíso, une bande d'enfants combat avec âpreté pour survivre ; il y a Ernesto qui vit épisodiquement avec sa mère Linda et qui, à quatorze ans, se prostitue déjà pour une poignée de dollars ; il y a Laura la maigrichonne qui couche avec lui et avec Riki, son pire ennemi ; et puis il y a Juanito, le caïd de la bande qui les terrorise. Livrés à eux-mêmes, ils vivent comme des chiens, avec la candeur des enfants... 

Le paradis des chiots peint un monde d'une extrême violence où les rapports de domination et d'humiliation sont omniprésents, ainsi que la sexualité dans toute sa crudité. Avec une grande virtuosité, Sami Tchak a construit un roman polyphonique servi par une langue ample et charnelle.

Mon avis:

Que de dureté dans ce livre! L'auteur nous plonge ici dans le quotidien d'enfants vivant dans un bidonville en Amérique Latine. Ernesto est un jeune garçon vivant dans les favelas tantôt avec, sa mère Linda, tantôt dans la rue avec d'autres enfants. Ernesto survit comme il peut enter prostitution, bagarres, humiliations, drogues...et amour, aussi. L'amour que recherche désespérément Ernesto.

Ce roman polyphonique nous fait entendre la voix d'Ernesto mais aussi celle de sa mère, Linda, ainsi que celle d'El Che qui a recueilli Linda lorsqu'elle était enfant.
Cependant, c'est la voix d'Ernesto qui domine dans ce livre. La voix d'un enfant qui nous raconte toute l’horreur des bidonvilles avec, cependant, une certaine naïveté. Ernesto parle comme un enfant  et il  est déconcertant de lire des propos aussi durs avec des mots, des intonations, des expressions enfantines. La violence décrite par l'enfance.

Cette violence est partout. Dans les agressions que subit Ernesto de la part d'autres enfants, dans sa relation ambiguë avec sa mère, dans ses cauchemars, dans la sexualité, dans la misère du bidonville...La violence domine tout. Comment vivre sans violence dans un monde pareil?

L'auteur nous monte ici toute la réalité des bidonvilles. Dans cette réalité cruelle, il y a la vie cependant, la vie à laquelle s'accrochent les personnages. C'est dur, très dur, c'est dérangeant, et, hélas, tellement réel...

Extrait:

"nous sommes repartis à pied à el Paraiso, notre paradis à nous, pas beau la nuit, mais c'était notre paradis à nous, et alors qu'on tentait de se frayer un passage dans le noir, marchant parfois dans la fange au milieu des badauds, des vendeurs et des truands de toutes sortes, côtoyant les carrioles et les carcasses de voitures, sans oublier des personnes qui revenaient de la rivière où on allait puiser de l'eau,  il nous a vu, lui, je veux dire, Riki, ma bête noire, et il a dit Juanito qu'est ce que tu fais avec la fifille à Linda, la mauviette, hein? Tu fais dans le mou maintenant? il est venu près de nous et il a mis sa main sous mon menton pour m'obliger à lever les yeux et supporter son regard. "


Lu dans le cadre du challenge Petit Bac 2015: catégorie "animal"



2 commentaires:

  1. Ouille ouille ouille, il ne faut sans doute pas être trop sensible pour se lancer dans une lecture pareille !

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  2. Effectivement, c'est un livre qui heurte la sensibilité...mais c'est tellement important de connaitre cette réalité là...
    Daphné

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