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lundi 19 septembre 2016

San Miguel - T.C. Boyle

Par Ariane



Auteur : T.C. Boyle

Titre : San Miguel

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Bernard  Turle

Editeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 672p

Date de parution : juin 2016

Présentation de l’éditeur :

San Miguel, une île minuscule au large des côtes californiennes. Sur ce bout de terre aride, à plusieurs décennies de distance, les destinées de deux familles se croisent. Le jour de l’an 1888, Marantha Waters débarque sur l’île. Son mari, Will, espère que cet exil sauvage lui redonnera la force et le goût de vivre. Un demi-siècle plus tard, la famille Lester, qui fuit la Grande Dépression et le souvenir traumatisant de la Première Guerre mondiale, s’établit à son tour sur San Miguel et tente de créer, en microcosme, une société idéale.
Dans ce roman, salué par la critique américaine comme l’un de ses plus beaux, T.C. Boyle peint une ode pastorale grandiose où, à travers la voix de trois femmes, il met en scène, avec une puissance rarement atteinte, l’un de ses thèmes de prédilection : l’éternelle confrontation de l’homme et de la nature.



Mon avis :

J’ai toujours plaisir à lire T.C. Boyle et cette fois-ci ma lecture m’a surprise, car ce roman est très différent de ceux que j’ai déjà pu lire de l’auteur même si on y retrouve certains de ses thèmes de prédilection.

San Miguel, petite île de 37km2 des Channel Islands au large de Santa Barbara. Un bout de terre battu par le vent et la pluie où rien ne pousse, peuplé principalement de phoques, où l’on trouve aussi un gigantesque élevage de mouton. En 1888, la famille Waters s’y installe. Will, homme rude, marqué par la guerre, rêve d’avoir enfin quelque chose à lui et a promis à sa femme Marantha, que l’air pur de l’île guérirait sa tuberculose. Mais l’île est inhospitalière, le climat froid et humide, les conditions de vie précaires. Marantha et sa fille Edith ne supportent pas cette vie de solitude bien éloignée de leur quotidien bourgeois. En 1930, Elise jeune mariée débarque avec son mari Herbie. Comme Will, Herbie est un homme marqué par la guerre, mais contrairement à son prédécesseur, c’est un homme joyeux et aimant, mais qui connaît des périodes de profond abattement. Deux petites filles naîtront de leur union et grandiront sur cette île sauvage.  

Marantha, Edith et Elise, trois femmes dont le destin est inextricablement lié à l’île. A chacune d’entre elles, T.C. Boyle consacre une partie. Le grand talent d’un écrivain est de construire des personnages différents et Boyle y parvient avec brio, donnant voix et vie à ces trois personnalités. Un récit sombre et sans espoir pour Marantha, la tristesse et la révolte d’Edith, la paix et la sérénité d’Elise.

Si les expériences de ces femmes sont relativement semblables, elles ne vivent pas du tout la vie à San Miguel de la même façon. Pour Marantha et sa fille, la nature est hostile, la solitude un fardeau, la monotonie du quotidien d’un ennui mortel, la nature hostile. Au contraire pour Elise l’île s’apparente à un paradis perdu où l’homme vit en harmonie avec la nature, la simplicité de l’existence un retour aux sources et la vie solitaire un refuge. Pourtant Marantha et Elise ont des points communs. Ce sont des femmes cultivées, issues de famille aisées, ayant vécu la majorité de leur vie dans le confort d’une grande ville. Leurs références littéraires marquent toutefois leurs différences de point de vue concernant San Miguel : les Brontë pour l’une et Thoreau pour l’autre.

La différence tient principalement à l’homme qui partage leur vie. Will est un taiseux, égoïste et rude, tandis que Herbie est sensible et fantasque.

De plus, les Waters ont vécu dans un isolement quasi complet, leur solitude n’étant rompue que tous les deux à trois mois par l’arrivée d’un bateau. Pour les Lester au contraire, les contacts sont plus fréquents avec le continent, notamment grâce à un ami qui vient régulièrement avec un petit avion. L’arrivée de la radio chez les Lester les met en contact avec le monde et fait entrer dans leur quotidien l’actualité, les émissions, la musique.

Les Lester acquièrent une certaine notoriété. Des journalistes viennent régulièrement sur l’île et ces nouveaux Robinson font rêver une Amérique en proie à une crise économique sans précédent. La famille reçoit de nombreux courriers, des cadeaux (bien souvent inutiles sur une île), des propositions de films, des invitations,…  

Ce sont donc deux visions antinomiques d’une expérience semblable que nous expose Boyle. Un quotidien fait de souffrance et de peur pour la première, une vie saine et sereine pour l’autre. On retrouve donc deux des thèmes chers à l’auteur : les relations familiales et le lien entre l’homme et la nature. Dans les deux cas cela peut être un paradis ou un enfer.

J’ai appris en faisant quelques recherches qu’il ne s’agissait pas totalement d’une œuvre de fiction. Les personnages du roman ont réellement existé et T.C. Boyle a construit son récit à partir des carnets de Marantha Waters et Elise Lester, d’articles de journaux.

Un roman qui détonne dans l’œuvre de l’auteur mais que j’ai lu avec grand plaisir. 

Elise et Herbie Lester et leurs filles




Extrait :

« C’était bien l’île, l’île qui la détruisait, elle le savait depuis le début, et elle aurait pu le dire tout fort, le hurler, elle aurait pu dire n’importe quoi, jurer et tempêter, pensant Voici ce à quoi ressemble la mort, ce poids, cet écrasement. »

D'autres avis : Clara,


http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.htmlhttps://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-1/
 

6 commentaires:

  1. Un auteur que j'apprécie beaucoup mais ce roman me semble trop différents des autres pour que j'en fasse une priorité.

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    1. C'est vrai que c'est très différent de son univers habituel mais j'ai bien aimé.
      Ariane

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  2. Je n'ai jamais lu l'auteur, je ne sais pas si j'y arriverai un jour.

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  3. Ce roman de TC Boyle est différent en effet mais il est magnétique.

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