Pages

jeudi 29 décembre 2016

J'irai cracher sur vos tombes - Boris Vian

Par Ariane



Auteur : Boris Vian (sous le pseudonyme de Vernon Sullivan)
Titre : J’irai cracher sur vos tombes
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : le livre de poche
Nombre de pages : 224p
Date de parution : ère parution 1946

Présentation de l’éditeur :
Si vous le lisez avec l’espoir de trouver dans J’irai cracher sur vos tombes quelque chose capable de mettre vos sens en feu, vous allez drôlement être déçu.
Si vous le lisez pour y retrouver la petite musique de Vian, vous l’y trouverez. Il n’y a pas beaucoup d’écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : «Tiens, c’est du Vian !» Ils ne sont pas nombreux, les écrivains dont on puisse en dire autant. Ce sont généralement ces écrivains-là qui ont les lecteurs les plus fidèles, les plus passionnés, parce que, en les lisant, on les entend parler. Lire Vian, lire Léautaud, lire la correspondance de Flaubert, c’est vraiment être avec eux. Ils ne truquent pas, ils ne se déguisent pas. Ils sont tout entiers dans ce qu’ils écrivent. Ça ne se pardonne pas, ça. Vian a été condamné. Flaubert a été condamné…

Mon avis :
Il est des auteurs considérés comme mythiques, incontournables, intemporels. Pour beaucoup de lecteurs, Boris Vian, fait partie de ces écrivains. De Boris Vian je gardais surtout le souvenir d’un style poétique et d’un humour cynique, mais ce roman est très loin de ce que j’avais pu lire auparavant.  
Dans une petite ville du sud des Etats-Unis débarque un jour Lee Anderson qui vient prendre la gérance de la librairie. Mais Lee n’est pas tout à fait ce qu’il prétend, car malgré sa peau claire et ses cheveux blonds, il est métis ce qui lui vaudrait un accueil nettement moins agréable de la part des habitants de Buckton. Le jeune frère de Lee a été lynché après être tombé amoureux d’une jeune fille blanche, et il est bien décidé à venger ce crime.
Que ce roman ait fait scandale à sa sortie je le comprends aisément. Au départ le narrateur est presque sympathique, on comprend sa colère et sa soif de justice. Devenu ami avec des jeunes de la ville, le climat est insouciant. L’heure est à la fête et à une sexualité débridée. Mais très vite, le roman prend un tour bien plus sombre et pesant. Lee cherche à exercer une vengeance implacable et emblématique, il est poussé par la haine de l’autre plus que par l’amour pour son frère disparu. Les scènes de sexe sont de plus en plus dérangeantes et deviennent insoutenables, comme lorsque Lee viole une jeune fille soûle avec l’aide d’une autre jeune fille ou quand avec un ami il se rend dans un bordel où il viole une jeune prostituée d’une dizaine d’années.
C’est sous le pseudonyme de Vernon Sullivan que Boris Vian a publié ce roman. Et si dans mes précédentes lectures de Vian j’avais trouvé un style plutôt poétique et littéraire, l’écriture de l’écrivain est très différente sous son pseudonyme. L’écriture ici se fait aussi crue et violente que l’histoire qu’elle raconte.
La présentation de l’éditeur parle de la petite musique de Vian, mais je suis assez difficile en matière de musique et celle de Vian ne me séduit pas particulièrement. 

Extrait :
« Il fallait que j'aie le temps de leur dire pourquoi, il fallait qu'elles se voient dans mes pattes, qu'elles se rendent compte de ce qui les attendait. »

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire