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dimanche 30 avril 2017

Bilan d'avril (Daphné)

Par Daphné

J'ai commencé le mois d'avril en retrouvant Benjamain Malaussène, le célèbre héros de Daniel Pennac, dans Le cas Malaussène. J'ai eu de très beaux moments de lecture avec Le petit prince cannibale, En attendant Bojangles, Le gardien de nos frères et La langue des bêtes. J'ai été assez suprise par les lectures de Nos années sauvages, Contre courant et Des chauve-souris, des singes et des hommes, deux livres dont j'avais une vision très différente avant de les commencer de ce que j'ai découvert à leur lecture. Enfin, j'ai passé de très bons moments à lire Des bébés et des hommes, un livre particulièrement intéressant avec lequel j'ai beaucoup appris. 











En mai, j'ai prévu de  commencer le mois avec Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar, un livre d'Antoine Choplin, auteur que j'apprécie beaucoup.





Et vous, quelles ont été vos lectures au mois d'avril ?






samedi 29 avril 2017

Bilan d'avril (Ariane)

Le printemps est là, les jours rallongent et je profite du soleil et du jardin. Un petit mois encore une fois, mais j'ai bien l'impression que ce sera mon rythme pour quelques temps encore.
J'ai passé mon mois d'avril en compagnie d'auteurs déjà lus et appréciés. J'ai pris plaisir à tous les retrouver et je me suis sentie à l'aise dans ces romans.
Avec Le monde à l'endroit de Ron Rash, j'ai désormais lu tous les romans de l'auteur actuellement parus en français. Ce n'est pas mon favori, mais j'ai beaucoup aimé retrouver ce qui me plaît tant chez cet auteur.
Après mon coup de cœur pour son dernier roman, j'avais très envie de lire un autre titre de Jean-Michel Guenassia. Trompe-la-mort est un roman plutôt agréable mais qui était loin d'être un coup de cœur.
Quel bonheur de retrouver la plume de Duong Thu Huong, toujours aussi sensible et délicate. J'ai beaucoup aimé cet Itinéraire d'enfance, une jolie promenade en compagnie d'une gamine attachante, même si le récit n'a pas la portée d'autres romans de l'auteur.
J'ai été assez déconcertée par Cousine K, un court roman de Yasmina Khadra, quelle force dans ce roman qui s'est gravé dans mon esprit. 
J'ai enfin lu La mort du roi Tsongor, sans doute le plus célèbre roman de Laurent Gaudé. J'y ai retrouvé tout ce qui me séduit chez cet auteur, une superbe lecture. 
Et une fois n'est pas coutume j'ai lu un essai : Tant qu'il y aura des livres de Laurence Santoninos. Comment aurai-je pu résister quand je l'ai repéré sur les rayonnages de la bibliothèque ?



En ce moment je lis La tristesse des anges de Jon Kalman Stefansson.




Le programme est bien chargé pour ce mois de mai entre les réservations arrivées en bibliothèque, la préparation du mois anglais et des lectures communes. Etant donné mon rythme de lecture actuel, j'espère en lire au moins la moitié

Pour le mois anglais :




Mais aussi




Et vous qu'avez-vous lu en avril ?

vendredi 28 avril 2017

En attendant Bojangles - Olivier Bourdeaut

Par Daphné













Auteur : Olivier Bourdeault
Titre : en attendant Bojangles
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Finitude
Nombre de pages : 159
Date de parution : 2015


Résumé de l'éditeur :

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.



Mon avis :


Quand la gravité se mêle à la légèreté et l'humour au désespoir, cela donne En attendant Bojangles !

Le narrateur est un petit garçon vivant dans une famille un peu particulière, une famille où la folie n'a jamais si bien porté son nom. A ses yeux d'enfants, la vie avec ses parents est emplie de fantaisie, une vie originale et drôle, où chaque jour son père appelle sa mère par un prénom différent, où celle-ci multiplie les extravagances, où l'on promène les oiseaux en laisse, où les contraintes et les horaires n'existent pas et tout cela au plus grand plaisir du petit garçon. 

Or, derrière cette vie pleine de plaisirs, où les parents dansent toute la journée au rythme des cocktails dans leur immense appartement, se cache quelque chose de beaucoup plus lourd que l'enfant ne découvrira qu'au fur et à mesure. 

Parallèlement au récit familial du petit garçon, le lecteur découvre des extraits du journal intime du père qui raconte sa propre vision des choses. C'est un véritable chant d'amour que l'on découvre au fil des pages. Amour fou, amour d'un homme pour une femme, amour d'un enfant pour ses parents. Un amour au cœur de la folie, un amour puissant, véritable. On passe du rire aux larmes, de la raison à la folie, du rêve au cauchemar, de l'admiration de l'enfant à la lucidité du père. 

Le lecteur, au même rythme que les protagonistes, danse ainsi sur les ambivalences de ce récit, valse au son du rire, puis de la tristesse a la fois mélancolique et pétillant, ce roman est très bien construit où l'on se sent à la fois léger et mal à l'aise. L'auteur mêle les différents sentiments et ambiances avec une grande aisance! Un très bon roman!


Extrait :

"Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. Sa trajectoire était claire, elle avait mille directions, des millions d’horizons, mon rôle consistait à faire suivre l’intendance en cadence, à lui donner les moyens de vivre ses démences et de ne se préoccuper de rien."



mercredi 26 avril 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Un immense câlin - Jérôme Ruillier

Par Daphné





Auteur : Jérôme Ruillier
Titre : Un immense câlin
Editeur : L'élan vert

Résumé:

Papa et maman se sont tellement aimés que je suis arrivé dans le ventre de maman. Mais aujourd'hui, ils ne s'aiment plus comme avant. Papa et maman ne vivent plus ensemble. Petit à petit, je m'habitue... Puis un jour, maman me présente un autre papa...



Mon avis :

Voici un album qui aborde la séparation parentale vue par l'enfant avec beaucoup de finesse. Comme toujours dans les albums de Jérôme Ruillier, les illustrations sont originales et très efficaces! Ici, les personnages sont représentés par les couleurs. Si Papa est jaune et que Maman est rouge, alors l'enfant, orange, est un mélange des deux. Et qu'ils sont bien tous les trois quand ils se serrent les uns contre les autres! Mais un jour, Papa jaune et maman rouge se séparent et Maman rencontre un nouveau papa, un papa bleu qui a de son côté une petite fille verte et dont Maman rouge attend à présent un bébé violet. 

Les sentiments de l'enfant sont très bien retranscrits. Par des ronds de couleur qui se superposent, se séparent ou se mélangent, l'auteur explique les choses avec intelligence et simplicité, mettant des mots sur les ressentis de l'enfant : son bien être entouré de ses parents, son désarroi et son sentiment d’être coupé en deux lors de leur séparation, sa colère contre le nouveau compagnon de sa maman, l'acceptation de sa nouvelle famille, famille différente de ce qu'il a connu jusque là mais où l'amour existe malgré tout et où chacun parviendra à trouver sa place. 

Une fois de plus, Jérôme Ruillier signe là un très bel album!














mardi 25 avril 2017

Silo - Hugh Howey

Par Ariane




Auteur : Hugh Howey

Titre : Silo

Genre : science-fiction

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteurs : Yoann Gentric et Laure Manceau

Editeur : Babel

Nombre de pages : 640p

Date de parution : novembre 2014

Présentation de l’éditeur :

Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique. Seul un écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Une grande bouffée d’air (frais) dans la SF.



Mon avis :

Cette année, je découvre en compagnie de Laure, la littérature post-apocalyptique. Chaque mois, nous présenterons un roman de ce genre. La plupart du temps il s'agira de lectures communes, mais parfois nous présenterons des romans différents. Silo est le premier que nous présentons. 
La science-fiction ça n’a jamais été mon truc. Mais dans le cadre de ma thématique post-apocalyptique, j’explore de nouveaux horizons. Et avec Silo on est vraiment dans la science-fiction et la dystopie. Et ce n’est pas ce roman qui m’aura convertie à ce genre.

Un silo donc. Un silo souterrain de 144 étages où naissent, vivent et meurent des milliers de personnes. L’air extérieur est irrespirable, des toxines mortelles empêchant l’humanité de vivre à la surface. Alors la vie souterraine s’est organisée. Du haut en bas du silo, chaque étage a sa spécialité, et plus on descend dans les profondeurs du silo, plus on descend dans la hiérarchie sociale. Le statut de chaque habitant est déterminé par son métier. C’est une société rigide, très hiérarchisée et réglementée. Et les contrevenants se voient bannis du silo, envoyés à l’extérieur nettoyer les capteurs permettant aux habitants du silo de voir le paysage mort qui les entoure, avant de succomber, asphyxiés par l’air empoisonné.  

Au début de ma lecture, je me suis prise au jeu. J’ai apprécié les personnages du shérif Holston, du shérif adjoint Marnes et de la maire Jahns. Las, ces trois personnages disparaissent très rapidement. Ensuite nous suivons Juliette, une jeune femme des Machines propulsée shérif suite au décès d’Holston, mais aussi Lukas un ingénieur et des ouvriers des Machines.

L’histoire manque d’originalité, on retrouve ici les grosses ficelles du genre. Tout est déjà vu, déjà lu et attendu. Les rebondissements eux-mêmes ne m’ont pas du tout surprise.

Les personnages sont certes sympathiques, mais complètement caricaturaux : le chef des ouvriers bourru mais qui a bon cœur dans le fond, le vieux savant loufoque mais perspicace, la jeune femme forte et rebelle, le chef de la sécurité brutal et sans cervelle, le chef de la police à la botte du méchant. Tellement caricaturaux qu’ils en sont ennuyeux et qu’il est difficile, voire impossible, de s’attacher à eux. Heureusement que certains d'entre eux nous réservent quelques surprises.

Et puis surtout ça manque de réalisme. Bon je sais que c’est de la science-fiction et même s’il y a science il y a aussi fiction. Mais… Le silo fait 144 étages, et lors de leur descente deux personnages mettent deux jours à atteindre le fond en partant du 1er étage. Il fait quelle taille ce silo ??? Quelle distance entre chaque étage ? Certainement pas la taille d'un étage normal, sinon ils ne mettraient pas si longtemps à monter ou descendre. Et quelle surface pour chaque étage ? Les fermes sont censées produire de la nourriture pour plus d'un millier de personnes : poulet, porc, lapin, œufs, blé, maïs, légumes,… Il faut une très grande surface pour produire tout ça ! Bref, je suis sans doute trop terre à terre, mais ces détails m’ont dérangée et empêchée d’entrer dans l’histoire.

L’écriture manquait de relief et de dynamisme, heureusement que l’alternance des personnages venait ajouter un peu de rythme à cette histoire cousue de fil blanc.

Une lecture longue et ardue pour moi, autant que l’ascension des 144 étages du silo.



Extrait :

« Penser allait encore; on enterrerait vos pensées avec vous. Mais pas de collaborations, pas de groupes coordonnés, pas d'échanges d'idées. »

J'ai partagé cette lecture avec Laure
https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-17/#comment-33156

lundi 24 avril 2017

Le petit prince cannibale - Françoise Lefèvre

Par Daphné















Auteur : Françoise Lefevre
Titre : Le petit prince cannibale
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : babel
Nombre de pages : 160
Date de parution : 2005 

Résumé de l'éditeur :

Femme déchirée, femme déchaînée, la narratrice est un écrivain qui tente de raconter l'histoire de Blanche, une éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est d'abord la mère de Sylvestre, l'enfant autiste qu'elle veut à tout prix faire accéder à la vie et au monde des autres. Or le petit prince cannibale en ce combat dévore les phrases, les mots de la mère écrivain. Dès lors c'est un véritable duo concertant qui s'élève dans les pages du livre entre deux voix, entre deux femmes, l'une, superbement triviale, s'affrontant à tous les interdits et préjugés qui menacent son enfant, l'autre, la romancière, passionnée, dont les espoirs et les désespoirs se mêlent à ceux de Blanche, son héroïne.

Mon avis :

J'avais lu ce livre il y a quelques années déjà et je m'y suis à nouveau plongée il y a peu. Le petit prince cannibale, c'est l'histoire d'une mère et d'un enfant pas tout à fait comme les autres. C'est aussi l'histoire d'un écrivain et de Blanche, le personnage qui la hante. Mère et écrivain sont une seule et même personne mais qu'il est dur de concilier les deux.

Françoise Lefebvre nous parle ici de son fils atteint d'autisme et de la relation qu'elle entretient avec lui. Une relation basée sur le combat mais surtout sur l'amour. Une mère qui se bat pour ne pas laisser son fils sombrer dans un monde où nul ne pourra l’atteindre. C'est avec des mots très justes qu'elle nous parle de son petit prince cannibale, petit prince car vivant sur une planète un peu différente de la nôtre, cannibale car son autisme dévore sa mère et le dévore lui-même. 

Ce livre est un cri d'amour d'une mère à un fils, un appel au secours et un sauvetage à la fois. Appel au secours d'une mère mais aussi d'un écrivain, dont les élans d'écriture sombrent avec les difficultés de son fils :  "Ce n'est pas tant la mère que tu asphyxies, c'est l'écrivain."
Un sauvetage également car la mère ne laisse jamais l'enfant s'éloigner dans son monde et n'aura cesse de tenter de le ramener dans le sien, ne cédant jamais à la facilité.

L’auteur nous décrit ainsi les moments difficiles vécus avec son fils mais également ceux où l'espoir renaît. Ces moments sont extrêmement forts, ressentis avec une grande intensité par la mère et par le lecteur. Une si grande intensité que l'espace de quelques lignes, il nous semble comprendre, ou du moins saisir un instant le ressenti de cet enfant qui vit tout lui même avec une intensité décuplée.  

Il y a une grande beauté dans l'écriture de plusieurs passages. J'ai notamment trouvé magnifiques les passages où l’auteur nous parle de ses enfants lorsqu'ils étaient bébés et nous décrit la relation qu'elle entretenait alors avec eux. 

Ce livre est à la fois beau et douloureux. Malgré toutes les souffrances endurées,  c'est unehymne à l'amour, à la différence et à l'espoir. 

Extrait :

"Pour apprendre à aimer et tenter de guérir un enfant autiste, c'est beaucoup plus simple de l'imaginer comme un Petit Prince. J'apprendrai ton langage. J'entrerai dans ton silence."