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samedi 13 juin 2020

Les prisonniers de la liberté - Luca di Fulvio

Par Ariane


Auteur : Luca di Fulvio

Titre : Les prisonniers de la liberté

Genre : roman

Langue d’origine : italien

Editeur : Slatkine & Cie

Nombre de pages : 654p

Date de parution : septembre 2019

Mon avis :

Dès ma première lecture de cet auteur avec Les enfants de Venise, il s’est imposé à moi comme un auteur incontournable, et c’est avec un plaisir chaque fois renouvelé que je le retrouve. Après la fin de sa trilogie, il nous emmène cette fois à Buenos Aires.

Trois personnages débarquent dans la ville un matin de 1913. Rosetta, paysanne sicilienne a été contrainte de fuir son village après avoir été injustement accusée de vol et de tentative de meurtre par le notable local. Rocco, sicilien lui aussi, a quitté Palerme car il refuse de devenir mafieux comme son père. Rachel et les autres jeunes filles de son village, juives russes, ont quitté leur village attirées par la promesse d’une vie nouvelle mais se sont retrouvées prisonnières d’un réseau de traite des blanches.

On pourrait reprocher à Luca di Fulvio d’avoir trouvé un créneau et d’écrire toujours la même histoire. Car il faut bien le reconnaître, tous ces romans se ressemblent un peu (beaucoup en fait). On y trouve des gentils très gentils, à qui il arrive de nombreux malheurs à cause de méchants très méchants, mais on s’en doute tout va bien se terminer puisqu’après tout ils sont jeunes et beaux. En fait on retrouve toujours la même galerie de personnages : la belle et courageuse jeune femme, le beau et fier jeune homme, le noble dégénéré et sadique, le criminel cruel et terrifiant, un autre criminel charmeur et pas si méchant, un homme de main sans scrupules, une femme qui devient la mère de substitution des héros, un bougon au grand cœur, des gamins des rues,… Bref, beaucoup de clichés il faut bien le dire.

Mais… mais ça marche ! Nous voici dans les rues de Palerme, dans un petit village sicilien, dans un shetl russe, sur un bateau, dans les quartiers pauvres de Buenos Aires… Luca di Fulvio est un formidable conteur, qui ne ménage pas ses personnages. Rosetta, Rachel et Rocco subiront de terribles épreuves pour pouvoir enfin gagner leur liberté. Tous trois ont en commun cette volonté d’échapper au destin qui leur était promis par leur naissance (être une épouse soumise pour Rosetta et Rachel, devenir un mafieux pour Rocco) et de tracer leur propre voie.

Une fois de plus, Luca di Fulvio reprend les thèmes qui lui sont chers : l’oppression, la justice, la pauvreté, les violences faites aux femmes… Parlons-en des violences faites aux femmes… Celles-ci sont omniprésentes. Qu’il s’agisse de la violence du poids des traditions, des violences physiques et conjugales, ou des violences sexuelles, elles sont omniprésentes. Certains passages sont très difficiles, je pense par exemple à la façon dont sont traitées les jeunes filles emmenées à Buenos Aires pour y devenir esclaves dans les bordels. Ces toutes jeunes filles, à qui l’ont promet un beau mariage et une vie heureuse, basculent dans un véritable cauchemar. Elles ont été victimes d’une mafia juive appelée la Varsovia. Si l’on connaît relativement bien la mafia italienne dans la littérature ou le cinéma, les ignobles activités de la Varsovia (plus tard renommée Zwi Migdal) le sont moins.

Alors, même si les personnages sont caricaturaux, même si les ficelles sont un peu grosses, je me suis totalement plongée dans cette histoire et je n’ai pas vu défiler les 650 et quelques pages.



Extrait :

« Ainsi, des femmes avaient commencé à employer des termes dangereux comme justice et liberté, des mots qui sonnaient très bien dans la bouche des hommes, mais pas dans celle des femmes. Car chez elles, ces mots pouvaient en sous-entendre un autre, bien plus scandaleux, qui était égalité. »



« Le Baron adorait la pauvreté : la pauvreté, c'était la véritable richesse des riches, c'était la clé magique pour obliger les gens à accepter ce qu'ils n'accepteraient jamais autrement. »



« Les fautes des pères étaient des chaînes qui emprisonnaient leurs enfants. En tout cas, c'était son sentiment. "Le sang était impossible à laver", avait dit Tony »

6 commentaires:

  1. J'en ai un dans ma PAL de cet auteur, je ne sais plus lequel ; il va falloir que je l'en sorte un de ces jours.

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  2. En voilà un que j'ai très envie de lire... mais il va falloir que j'attende mon tour car il est déjà emprunté à la médiathèque.
    Daphné

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  3. J'avais beaucoup aimé son premier roman. Mais ce que tu dis de celui-ci, me rebute un peu.

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