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mardi 11 mai 2021

Le doorman - Madeleine Assas

Par Ariane


Auteur : Madeleine Assas

Titre : Le doorman

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Actes sud

Nombre de pages : 384p

Date de parution : février 2021

 

Mon avis :

Ce roman, c’est l’histoire d’un homme et d’une ville.

Ray est arrivé aux Etats-Unis dans les années 60. Juif algérien, il a quitté Oran et après un court passage en France, s’est envolé pour les Etats-Unis. Arrivé à New York, il vit de petits boulots jusqu’à ce qu’on lui propose un job de portier dans un immeuble cossu de Park Avenue. Pendant 40 ans, Ray observe la vie des habitants de l’immeuble et la ville qu’il arpente infatigablement.

Les grandes villes ça ne m’attire pas du tout, ça m’oppresse. Je ressens plus d’angoisse que de fascination devant le gigantisme d’une ville comme New York. Tant de monde, tant de bruits,… Mais Ray nous prend pas la main, rassurant, sympathique, humain. Il nous invite à une longue promenade à travers la ville, nous racontant ses anecdotes, ses quartiers, ses habitants, les changements au cours des années. Jusqu’à l’année terrible…

Ray nous fait découvrir l’immensité de la ville, mais aussi l’univers clos et rassurant de l’immeuble. Les portes à tambour gardées par des portiers, le hall magnifique et le comptoir de bois devant les anciens casiers à clés datant de l’époque où l’immeuble était un hôtel, le registre des invités autorisés, les ascenseurs, les couloirs moquettés, l’ancienne salle de bal à l’abandon, les appartements, les studios sous les toits, la terrasse avec une vue imprenable.

Mais il n’est pas question que de lieux au contraire, l’humanité est au cœur de tout. Ray est un solitaire, jamais marié, pas de famille, mais il a des amis. Salah, son partenaire de promenades, Bentzion, qu’il retrouve au diner ou Alma, la petite fille qui grandit sous ses yeux. Il y a les habitants de l’immeuble et les collègues de travail, les rencontres de hasard et les anecdotes de l’immeuble.

Ce roman c’est un cocon, une parenthèse d’humanité et de bienveillance au cœur de la ville qui ne dort jamais. Une lecture qui fait un bien fou et qui me donnerait presque envie d’aller à New York. Presque…

 

Extrait :

« Pendant plus de trente ans, je ne suis jamais sorti de New York. Je n’en ai jamais ressenti l’envie profonde ni le besoin indispensable. Pourtant, les grands espaces de l’Ouest, que j’admirais au cinéma, les images des autres grandes villes américaines comme Los Angeles et Chicago, la Louisiane et son héritage français mâtiné d’espagnol, les récits que j’entendais autour de moi, de ceux qui partaient en vacances, en week-end, pour les lieux les plus enchanteurs et les plus spectaculaires de ce continent aux multiples pays, réveillaient quelquefois de leurs attraits ma curiosité et un besoin de me déplacer, de bouger, plus que de voyager, à proprement parler, vers des terres inconnues. New York suffisait largement à mes pulsions. Ville aux multiples territoires, aux différentes langues, aux populations diverses, perpétuellement renouvelées, ville mouvante aux transformations permanentes, ville à laquelle j’appartenais et qui était mienne, je pouvais au prix d’un token de métro partir en exploration et rentrer chez moi le soir, rassasié de découvertes. »

 


 

2 commentaires:

  1. je craque avec un tel billet, moi ! Dommage que ma bibliothèque ne connaisse pas cette autrice.

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    1. C'est un premier roman, alors pourquoi pas leur suggérer cette nouvelle autrice ?

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