samedi 24 avril 2021

L'Ickabog - J.K. Rowling

Par Ariane

Auteur : J.K. Rowling

Titre : L’Ickabog

Genre : roman jeunesse

Langue d’origine : anglais

Traductrice : Clément Beauvais

Editeur : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 352p

Date de parution : décembre 2020

 

Mon avis :

J.K. Rowling a créé avec sa célèbre série, un univers fantastique et merveilleux qui m’a tout de suite charmée et que j’ai maintenant plaisir à partager avec mes filles à travers les  films et bientôt les livres (nous allons commencer le premier tome en lecture du soir). Alors forcément, il était impossible pour moi de résister à ce nouveau livre, dans un univers totalement différent.

La Cornucopia est un petit royaume prospère dirigé par le roi Fred. Pas méchant, mais vaniteux et influençable, le roi Fred décide de partir à la poursuite de l’Ickabog, créature monstrueuse et légendaire habitant les Marécages, région en marge du royaume. L’expédition catastrophique précipitera le petit royaume dans une sombre période

Présenté comme un conte « Il était une fois un tout petit pays qui avait pour nom la Cornucopia… », ce roman s’éloigne de l’univers du petit sorcier mais en réunit certaines caractéristiques. L’histoire est centrée sur un groupe d’enfants, que l’on suit pendant plusieurs années, qui devront affronter de nombreuses épreuves et de qui dépendra l’avenir du royaume. Les personnages sont plutôt sympathiques et attachants, quoique manquant de profondeur. Il y a des gentils très gentils et des méchants très méchants ! En particulier l’ignoble Crachinay, conseiller du roi, spécialiste ès manipulations et complots. Pourtant, on retrouve avec plaisir la plume vive de J.K. Rowling, une touche d’humour et de fantaisie, une intrigue savamment menée au rythme enlevé.

Mais il ne faut pas croire avoir à faire à une gentille fabulette, car l’autrice aborde ici des thèmes sérieux : mensonges d’état, manipulation de l’information, corruption, répression des opposants, instauration de lois arbitraires… De quoi ouvrir la discussion avec les enfants.

Plaisant et intelligent, que demander de plus ?

 

Extraits :

« Il était une fois un tout petit pays, qui avait pour nom la Cornucopia, sur lequel régnait depuis des siècles une longue lignée de rois aux cheveux blonds. Le roi de l’époque dont je parle ici s’appelait Fred Sans Effroi. Il s’était lui-même proclamé Sans Effroi, au matin de son couronnement, en partie parce que ça sonnait bien avec Fred, mais également parce qu’il avait un jour réussi à attraper et à tuer une guêpe tout seul, si l’on exceptait cinq laquais et le cireur de chaussures. »

 

« Elle s'efforça de se consoler en pensant que, puisque la terre ne les retenait plus, ses parents pouvaient exister n'importe où, y compris dans son cœur à elle, et qu'elle devait garder vivant leur souvenir en elle, comme une flamme. Tout de même, c'était difficile d'avoir des parents à l'intérieur de soi, quand tout ce qu'on désire vraiment, c'est qu'ils reviennent et vous prennent dans leurs bras. »

 

« Avec une mine de vieux renard rusé guettant un terrier de lapin à l’heure du dîner, Chevronnet, qui avait toujours déploré l’influence de Crachinay et de Flapoon sur le roi, laissa le lord finir sa farandole de fariboles. »

vendredi 23 avril 2021

Le voyage d'Anna - Henri Gougaud

 Par Daphné









Auteur :Henri Gougaud 

Titre :  Le voyage d'Anna
Genre roman 
Langue d’origine : français
Editeur : Point

Résumé de l'éditeur :

Novembre 1620 : Prague la protestante est mise à sac par les troupes catholiques.

Anna, une servante, recueille l'enfant de son maître, massacré sous ses yeux. Elle ne sait pas encore que sa vie vient de prendre un cours radicalement nouveau.

Fuyant Prague avec le petit miraculé, elle rencontrera, dans la tourmente de la guerre, la rage et la beauté de vivre, le secret des forêts, la folie et l'amour des gens inoubliables.

Un roman riche en péripéties et en rebondissements, dans lequel Henri Gougaud nous prouve une fois de plus son immense talent de conteur.

Mon avis :

Voilà un livre qui m'a laissé une étrange impression. A mi chemin entre le roman historique et la fable rappelant bien souvent un conte de fée bien connu, ce livre m'a surprise, ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais en l'ouvrant.

Anna est une jeune servante qui voit sa vie bouleversée lorsque son maître est assassiné. L'enfant de ce dernier ayant survécu au massacre, Anna se refuse à l'abandonner et le recueille. Fuyant la ville, elle se lance alors sur les chemins, découvrant des gens et des lieux qui bouleverseront sa vie.

On se retrouve ici dans une Prague mise à feu et à sang, en plein massacre et guerre de religion. Ce contexte de terreur contraste avec le personnage d'Anna, sa naïveté, sa simplicité. Contraste également avec la place accordée à la nature tout au long des pages.

 A première vue, un roman au contexte historique, donc... sauf qu'on le voit prendre des allures de conte, ce qui n'était pas pour me déplaire, même si ce n'était pas ce à quoi je m'attendais. Je ne demande maintenant qu'à découvrir les autres titres de l'auteur!

Extrait :

"- Tu pries? C'est inutile, Anna, le ciel est vide. Si quelqu'un s'y trouvait, il m'aurait entendue. J'ai appelée si fort ! Il n'y a, là-haut, ni jugement, ni punition, ni récompense. Il y a de l'air et des étoiles qui n'ont jamais rien su de nous."

mercredi 21 avril 2021

Mercredi cest le jour des petits : Barnabé soigne la planète - Gilles Bizouerne et Béatrice Rodriguez

Par Ariane :

Auteur : Gilles Bizouerne

Illustratrice : Béatrice Rodriguez

Titre : Barnabé soigne la planète

Editeur : Didier jeunesse




Mon avis :

Après Loup gris, voici Barnabé, un autre personnage très sympathique de Gilles Bizouerne.

Barnabé est un blaireau. Apprenant que la planète est malade, il décide de la soigner avec l'aide de ses amies Constance la tortue et Claire la taupe.

Ce petit album est l'occasion de passer un message aux enfants et de parler de protection de l'environnement et de recyclage. Faire comprendre que chacun peut agir à son niveau et faire un geste pour soigner notre pauvre planète malade de la pollution. 

Un joli petit album sur un sujet d'actualité important, abordé avec sensibilité pour les plus petits.




mardi 20 avril 2021

Le mal-épris - Bénédicte Soymier

Par Ariane


 Auteur : Bénédicte Soymier

Titre : Le mal-épris

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Calmann-Lévy

Nombre de pages : 336p

Date de parution : janvier 2021

 

Mon avis :

C’est le portrait d’un homme ordinaire, celle d’un homme qui crève d’une enfance qui l’empoisonne, qui crève de l’amour qu’il n’a jamais connu, jusqu’à ce que la rage et la tristesse éclatent par les mots qui brisent et les poings qui cognent. Pourtant, le bonheur était là… à portée de main.

Entre son petit appartement et le bureau de poste où il travaille, Paul mène une vie solitaire et discrète. Pas d’amis, pas de loisirs, ses sœurs pour seule famille. Paul ressasse son enfance sous les coups du père, son rôle de frère protecteur, sa solitude, son physique ingrat. Jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle voisine. Si belle… Paul l’observe, l’épie, note ses moindres faits et gestes dans un carnet, collectionne les photos volées… Une amitié se noue entre les deux solitaires, Paul espère, se prend à rêver, mais la belle Mylène lui échappe, le fuit et la voilà dans les bras d’un grand brun séduisant. Paul enrage, la haine et la colère l’empoisonnent. Arrive alors Angélique, jolie et chaleureuse, joyeuse et gentille. La possibilité du bonheur peut-être ? Mais le poison coule dans les veines de Paul. La colère, les cris, les coups…

Dès le début du roman, Paul inspire autant le malaise que la pitié. L’histoire est abordée de son point de vue, ce qui créé entre le lecteur et ce personnage une proximité dérangeante. Car bien sûr, Paul est de ceux que l’on voudrait détester. Mais Bénédicte Soymier réussit à dresser un portrait très humain de cet homme, à exposer ses souffrances sans minimiser la gravité de ses actes. Pas question d’accepter l’inacceptable, d’excuser l’inexcusable, mais juste comprendre un peu ce qui se cache derrière ces poings brandis, chercher la source de la violence.

Un excellent roman qui décortique avec justesse les mécanismes d’une spirale infernale.   

lundi 19 avril 2021

La prisonnière du temps - Kate Morton

 Par Daphné








Auteur : Kate Morton
Titre :La prisonnière du temps

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Australie)
Traducteur : Anne-Sylvie Homassel
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 616
Date de parution : 2019

Résumé de l'éditeur :

À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proche des Préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily avec qui il vit une passion ravageuse, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais à la fin de sa retraite, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est brisée.

Plus d'un siècle plus tard, Elodie Winslow, jeune archiviste à Londres fiancée à un golden-boy qui l'ennuie, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi le Birchwood Manor semble-t-il si familier à Elodie ? L'inconnue de la photo pourra-t-elle enfin livrer tous ses secrets ? Et si, en l'entraînant sur les traces d'une passion d'un autre siècle, son enquête l'aider à percer le mystère de ses propres origines et à enfin mener la vie qu'elle désire ?

Mon avis :

Généralement, je passe toujours un bon moment avec les livres de Kate Morton. Ce sont des lectures agréables, toujours construites sur le même schéma mais sans que cela ne soit dérangeant. Au contraire, si la construction est toujours la même et que les personnages ont souvent de nombreux points communs, je prends toujours plaisir à suivre ses histoires qui nous entraînent dans des va-et-vient entre passé et présent. Pourtant, cette fois-ci, mon avis est un peu plus mitigé.

Comme dans les romans précédents, une jeune femme, de nos jours, tente de démêler les fils du passé. On alterne donc passé et présent et la jeune femme profite de cette enquête pour s'épanouir : le schéma classique de l'autrice, lequel fonctionne toujours, je me suis laissée prendre aux questionnements et aux alternances entre les époques. mais cette fois, j'ai eu un peu de mal à relier le tout. 

L'idée de départ m'a beaucoup plu car l'un des points de vue du récit est particulièrement original puisqu'il s'agit de celui... d'un fantôme! J'ai beaucoup aimé cette idée, le fait de laisser la parole à un personnage mort depuis des années, personnage qui hante les lieux et voit défiler au fil des années de nombreux visiteurs. Oui, mais voilà : des visiteurs, il y en a beaucoup, sans doute un peu trop pour moi. A peine commençais-je à m'intéresser à l'histoire de l'un d'eux que cette histoire était remplacée par celle d'un autre personnage, à une autre époque. Ce n'est qu'à la fin que l'on comprend réellement les liens entre eux (si ce n'est bien sûr qu'il sont vécus au même endroit sous les yeux du fameux fantôme) et donc leur place réelle dans toute cette histoire. C'est plutôt bien construit et bien pensé... mais j'ai failli me perdre en route, notamment parce que j'ai trouvé toutes ces histoires un peu inégales. Certaine sont retenu mon attention et j'ai ensuite été déçue de ne pas les voir davantage approfondies alors que d'autres m'ont plutôt ennuyée. Et comme ce livre ne compte pas moins de 616 pages, quand on s'ennuie, cela peut paraître long. Cependant, le fil conducteur de l'histoire, ce fameux fantôme qui voit défiler tant de monde dans le lieu qu'il occupe, reste pour moi une idée qui m'a beaucoup plu et c'est donc cela que je retiendrais le plus.


Extrait :

"Le temps ne connaît qu'une direction. Le temps ne s'arrête jamais. Il coule, fleuve inlassable, et ne laisse à personne le temps de réfléchir. La seule manière de le remonter est de se souvenir."