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lundi 22 janvier 2018

Voici venir les rêveurs -Iimbolo Mbue

Par Daphné















Auteur : Voici venir les rêveurs
Titre : Imbolo Mbue
Genre : roman
Langue d’origine : anglais (Cameroun)
Traductrice : Sarah Tardy
nombre de pages : 499
Éditeur :Pocket
Date d'édition : 2016

Résumé de l'éditeur :

Ils ont traversé l'Atlantique pour vivre leur rêve, le vrai, l'américain. Originaire du Cameroun, Jende Jonga sait que le sort de sa famille repose sur l'obtention d'un visa de travail. Des études pour sa femme, Neni, un avenir pour son fils, Liomi... Après plusieurs petits boulots clandestins, Jende croit enfin tenir sa chance : un job de chauffeur pour Clark Edwards, riche banquier de Manhattan. Mais nous sommes en 2007, et la crise des subprimes réserve, à tous, un réveil brutal... Choc des cultures et quête du bonheur : le rêve que l'on poursuit n'est pas toujours celui qu'on croit...

Mon avis :

Quelques jours après Noël, j'ai eu la surprise de trouver dans ma boîte aux lettres un colis que je n'attendais pas du tout : un swap surprise de la part de ma co-blogueuse, Ariane! Et dans ce colis, se trouvait Voici venir les rêveurs : merci Ariane, à la fois pour la surprise et pour avoir si bien choisi ce livre!

Jende et sa famille ont enfin ce qu'ils attendaient depuis longtemps : une vie en Amérique, loin de leur Cameroun natal. La vie dont ils ont toujours eu envie mais une vie clandestine car ils tentent d'obtenir la green-card qui leur permettra enfin d'accéder totalement à leur rêve américain.   Après avoir enchaîné plusieurs petits boulots, Jende est embauché comme chauffeur auprès du riche M.Edwards. Les deux hommes n'ont rien en commun et ont des vies radicalement opposées mais malgré tout, un lien se formera entre leurs deux familles.

Avec Jende et sa famille, nous plongeons dans les chimères du rêve américain, dans les difficultés d'obtention des papiers, dans la différence entre les cultures. Jende et sa femme Neni sont persuadés qu'une vie meilleure les attend en Amérique. Ils veulent y rester coûte que coûte mais leur Eldorado leur apportera t-il ce qu'ils désirent réellement? Au fond suffit-il d'être riche et américain pour être heureux? La vie de Clark Edwards et sa famille nous en fait douter. 

J'ai aimé suivre les histoires de ces deux familles si différentes l'une de l'autre et suivre l'histoire de Jende, ses espoirs et ses désillusions. J'ai aimé cette réflexion sur la société américaine, la place accordée dans ce pays à ceux qui se battent pour y vivre, la crise économique, le choc des cultures, l’attachement aux racines mais le désir toutefois de se faire une place dans le pays tant convoité. Il y a un certain humour dans ce livre mais également beaucoup d'émotions et les personnages sont attachants, présentés avec leurs qualités et leurs défauts, leurs rêves et leurs déceptions. 


Un livre fort à la réflexion subtile que j'ai beaucoup aimé. 

Extrait :

"Les gens refusent d'ouvrir les yeux et de voir la vérité parce qu'ils préfèrent rester dans l'illusion. Du moment qu'on les abreuve des mensonges qu'ils veulent entendre, ils sont contents. La Vérité ne leur importe pas"


mardi 9 mai 2017

Cousine K - Yasmina Khadra

Par Ariane



Auteur : Yasmina Khadra

Titre : Cousine K

Genre : roman

Langue d’origine : français (Algérie)

Editeur : Julliard

Nombre de pages : 112p

Date de parution : août 2003

Présentation de l’éditeur :

Un enfant négligé par une mère qui sait si bien adorer le frère aîné devient le souffre-douleur d'une cousine tellement admirée. Des années plus tard, enfermé dans sa solitude et hanté par les souvenirs douloureux de son enfance, un homme se rappelle... Yasmina Khadra démonte ici les mécanismes de la frustration et les ravages que peut provoquer chez un enfant sensible le manque d'amour. Avec une précision cruelle, il décrit la lente descente de cet homme vers la folie. Il suffira d'un rien: un bruit, une grille qui ferraille pour déclencher un geste irréparable.



Mon avis :

Comme dans La dernière nuit du Raïs, Yasmina Khadra met ici en lumière les tréfonds de l’âme d’un homme. Il décrit le mécanisme implacable de la folie et le basculement d’un jeune homme.

Le narrateur est un homme solitaire, pas vraiment par choix mais parce qu’il ne s’est jamais senti exister aux yeux des autres.  Personne n’a jamais prêté attention à lui, que ce soit son père mort alors qu’il était encore très jeune, ou son frère parti au loin faire carrière dans l’armée, et encore moins sa mère qui n’éprouve pour lui qu’hostilité et mépris. Mais sa cousine K, ne l’ignore pas. Et l’enfant éprouve des sentiments ambigus d’amour et de haine pour cette cousine si jolie et si cruelle, qui fait de lui son souffre-douleur et reçoit de la mère toutes les attentions que lui n’a jamais eues. Devenu adulte, la fascination pour cette cousine ne l’a pas quitté. Et dans sa vie monotone et isolée, les souvenirs le submergent.

En une petite centaine de pages seulement, Yasmina Khadra nous plonge avec brio, dans l’esprit de cet homme dévasté, écorché, désabusé. Pour cet enfant mal-aimé, pour cet homme qui traverse la vie telle une ombre et que l’on sent sur le fil du rasoir, le lecteur éprouve une profonde empathie. Jusqu’au moment où l’on comprend qu’il a depuis longtemps basculé dans la folie.

Un récit court mais impeccablement maîtrisé. Comme lors de ma précédente lecture de l’auteur, je ressors conquise par sa maîtrise de la langue. Si tous ses autres romans sont de cette facture, alors il va probablement devenir l’un de mes incontournables !



Extrait :

« Puis K est arrivée…
Je n’avais rien vu de plus grand que ses yeux.
Je n’ai rien connu de plus dur que son cœur.
Cette fille, était à elle seule, le jour et la nuit. »


http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/12/01/34551554.html

lundi 4 mai 2015

Blues pour Elise - Léonora Miano

Par Daphné













Auteur : Léonora Miano
Titre : blues pour Élise
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Plon
Nombre de pages : 197
Date de parution : 2010

Résumé de l'éditeur:


Qu'est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Elise ? C'est l'amour ! Celui qu'on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d'une peine de cœur. Celui qu'on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu'on n'attendait pas, comme Shale, follement éprise d'un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage. A travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Elise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib', recourt au speed dating pour rompre la solitude. Roman de société, Blues pour Elise parle avant tout d'amour. Celui de soi, celui de l'autre.

Mon avis:


J'ai récemment découvert Léonora Miano avec Contours du jour qui vient, roman qui m'avait beaucoup plu. Et bien je pense que je ne vais pas m'arrêter là et m'empresser de découvrir les autres livres de cette auteur!

J'ai donc beaucoup aimé ce livre, tant par sa construction que par son histoire. Chaque chapitre est consacré à un personnage différent mais tous ont un lien familial ou amical, les uns avec les autres. Chacun des chapitres dresse donc un portrait vif et pétillant de personnages originaires d'Afrique noire vivant à Paris. Des personnages tous différents, tant dans leur histoire que dans leurs tempéraments  mais qui recherchent tous la même chose: l'amour. Les personnages sont touchants, chacun ayant, malgré une apparent frivolité, leurs propres blessures.

Chaque chapitre est clôturé par une ambiance sonore, quelques morceaux musicaux, ce qui offre au livre une touche très originale. 

Ce roman traite d'amour mais aussi  de la place des Afropéens à qui ce livre donne la parole. Il soulève la question de la rivalité entre Caribéens et Subsahariens, de l'intégration, de la quête identitaire, des traditions...Malgré un style apparemment léger, L'auteur nous fait donc part de questions importantes.

Il semblerait que l'auteur aie prévu d'écrire une suite à ce roman. J'ai hâte de la découvrir!

Extrait:

 "A vivre sans plaisir, on assombrissait son aura. On ne brillait plus que d’un éclat artificiel qui contraignait les autres à vous voir, sans les inviter à vous regarder."

Lu dans le cadre du Petit Bac 2015, catégorie "musique"



mercredi 29 avril 2015

Le sel et le miel - Candi Miller

Par Daphné


Auteur :  Miller Candi
Titre : Le sel et le miel
Langue d’origine : anglais
Traducteur: Marie-Hélène Méjean-Bernaille
Éditeur: j'ai lu
Nombre de pages : 306
Date de parution : 2006

Résumé de l'éditeur:
1958. Dans une Afrique du Sud déchirée par l'apartheid, la jeune Koba, issue d'une tribu du Kalahari, perd ses parents, abattus par des chasseurs blancs. Recueillie par un couple d'Afrikaners, Koba se lie d'amitié puis d'amour avec Mannie, leur fils. Mais dans une société qui prône la ségrégation raciale, il peut se révéler dangereux d'unir les différences.

Mon avis: 
 Voilà un beau roman qui m'a beaucoup touché. En plein apartheid, on découvre deux populations, deux cultures que tout oppose et qui devront cohabiter et apprendre à se connaitre. Koba et Manni, deux enfants de onze ans, représentent ses deux mondes totalement opposés. Pourtant, un lien très fort se tissera entre eux.

Ce roman dénonce la ségrégation et le sort horrible réservé aux tribus du Kalahari. Cependant, à côté de ces horreurs, on découvre de belles choses telles que les traditions de ces tribus ainsi que de magnifiques paysages. et bien entendu, on découvre l'amitié si improbable, qui se tissera entre ces deux enfants malgré leurs différences et malgré que la famille de l'un soit responsable de la mort de celle de l'autre. 

La relation entre ces deux enfants est très belle et évolue au fil du temps en passant de la culpabilité à la  méfiance, de l'amitié à l' amour. La relation qui existe entre Koba et Marta , la mère de Mannie, est également très importante. C'est à Marta que reviendra le soin de prendre soin de la petite fille. En choisissant de maintenir Koba dans une vie la plus proche possible de celle à laquelle l'enfant a été habituée et en essayant de connaitre ses coutumes, Marta fait preuve d'un véritable respect envers le peuple et les origines de Koba. Même si parfois, ses tentatives de comprendre Koba se transforment en maladresse, il n'en reste pas moins que sa démarche est touchante et respectueuse.

Tel le sel et le miel que s'échangent Koba et Mannie et qui scellera leur amitié, ce livre a un côté doux amer et révèle le contraste  entre deux cultures, entre la ségrégation et la découverte de l'autre, entre les deux côtés d'une Afrique du Sud déchirée en deux.

Extrait:
"Qu'est ce que tu fais? demanda t il.
Pensant avoir compris, elle tenta un mot de Mata:
- Goûte, dit elle en montrant un dépôt blanc sur la pierre grise. 
- Qu'est ce que c'est?
elle en gratta un peu avec son ongle.
Ihn, fit elle en lui offrant du sel.
Il en mit un peu sur le bout de sa langue et cracha. Koba se mit à rire. Mannie se renfrogna.
- Ce n'est pas la peine de lécher les rochers, tu sais. Il y a une mine de sel pas très loin. Les Tsongas l'exploitent depuis la nuit des temps. 
il se tut. La fillette n'avait pas compris grand chose à ce qu'il avait dit. Il fit une nouvelle tentative.
-tu aimes? demanda t il en montrant le dépôt.
Koba hocha vigoureusement la tête. 
- Si je t'apportes du sel, tu me donneras du miel?"



samedi 28 mars 2015

Americanah - Chimamanda Ngozi Adichie

Par Ariane
Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Titre : Americanah
Genre : roman
Langue d’origine : anglais (Nigéria)
Traducteur : Anne Damour
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 528p
Date de parution : janvier 2015

Présentation de l’éditeur :  
«En descendant de l’avion à Lagos, j’ai eu l’impression d’avoir cessé d’être noire.»
Ifemelu quitte le Nigeria pour aller faire ses études à Philadelphie. Jeune et inexpérimentée, elle laisse derrière elle son grand amour, Obinze, éternel admirateur de l’Amérique qui compte bien la rejoindre.
Mais comment rester soi lorsqu’on change de continent, lorsque soudainement la couleur de votre peau prend un sens et une importance que vous ne lui aviez jamais donnés?
Pendant quinze ans, Ifemelu tentera de trouver sa place aux États-Unis, un pays profondément marqué par le racisme et la discrimination. De défaites en réussites, elle trace son chemin, pour finir par revenir sur ses pas, jusque chez elle, au Nigeria.
À la fois drôle et grave, doux mélange de lumière et d’ombre, Americanah est une magnifique histoire d’amour, de soi d’abord mais également des autres, ou d’un autre. De son ton irrévérencieux, Chimamanda Ngozi Adichie fait valser le politiquement correct et les clichés

Mon avis : 
Ifemelu est une jeune nigériane issue de la classe moyenne de Lagos. Jeune femme intelligente et à la personnalité affirmée, elle obtient une bourse pour étudier aux Etats-Unis. Quittant son pays, sa famille et Obinze, son grand amour, elle découvre un nouveau monde. « Moi-même je ne me sentais pas noire, je suis devenue noire qu'en arrivant en Amérique. » C’est cette constatation qui l’incitera à ouvrir un blog dans lequel elle livre ses réflexions sur la condition des noirs aux Etats-Unis, le racisme, la différence entre afro-américains et africains,… Installée aux Etats-Unis pendant près de quinze ans, Ifemelu décide finalement de rentrer au Nigéria. 

J’ai trouvé ce roman très intéressant notamment dans sa réflexion sur l’exil. Le sort d’Obinze, étudiant diplômé et brillant se retrouvant à nettoyer les toilettes d’un immeuble de bureaux londonien illustre avec justesse, sans pathos, la réalité de milliers de personnes. Contrairement à la majorité des immigrants arrivant en Europe ou aux Etats-Unis, Obinze, Ifemelu et leurs amis ont grandi dans un milieu protégé. Ce qui surprend leurs amis d'ailleurs et, il faut bien l'avouer, moi aussi « Alexa, et les autres invités, peut-être même Georgina, comprenaient tous la fuite devant la guerre, devant la pauvreté qui broyait l’âme humaine, mais ils étaient incapables de comprendre le besoin d’échapper à la léthargie pesante du manque de choix. Ils ne comprenaient pas que des gens comme lui, qui avaient été bien nourris, n’avaient pas manqué d’eau, mais étaient englués dans l’insatisfaction, conditionnés depuis leur naissance à regarder ailleurs, éternellement convaincus que la vie véritable se déroulait dans cet ailleurs, étaient aujourd’hui prêts à commettre des actes dangereux, des actes illégaux, pour pouvoir partir, bien qu’aucun d’entre eux ne meure de faim, n’ait été violé, ou ne fuie des villages incendiés, simplement avide d’avoir le choix, avide de certitude. » Et mis à part Obinze, la plupart d’entre eux s’en sortent très bien dans leur nouvelle vie. Ifemelu étudiante dans une université de l’Ivy League en couple d’abord avec un riche américain puis avec un universitaire : rien à voir avec la situation de la plupart des migrantes africaines. 

La question du racisme, au cœur de la réflexion d’Ifemelu et de son blog, est particulièrement intéressante. Ifemelu, Obinze et les autres immigrants sont confrontés à la fois au racisme primaire mais aussi à une vision infantilisante de certains bobos de l’Afrique. Et toujours une certaine hypocrisie face au racisme «Les Américains disent parfois "culture" au lieu de race. Quand ils disent d'un film qu'il est "grand public" cela signifie "Il plaît aux Blancs ou des Blancs l'ont réalisé." Quand ils disent "urbain" cela signifie noir et pauvre, éventuellement dangereux et potentiellement excitant. "Connotations raciales" veut dire ce que nous hésitons à dire "raciste". » Mais j’ai été un peu gênée par moments par le discours d’Ifemelu. Ainsi, si elle reconnaît que les noirs ne sont pas les seuls à subir racisme ou discriminations, elle dit que c’est quand même toujours pire pour les noirs. En tout cas, c’est comme ça que je l’ai perçu et je n’apprécie pas forcément cette façon de hiérarchiser les souffrances. 

En revanche je n’ai pas vraiment accroché avec les personnages. Ifemelu m’a  particulièrement agacée. Je l’ai trouvée souvent désagréable dans ses rapports aux autres et si ses réflexions sur le racisme sont justes et pertinentes j’ai parfois eu le sentiment qu’elle était indifférente au sort d’autrui. Ses amis américains, universitaires prétentieux et pédants, sont particulièrement énervants. Finalement, c’est le personnage et le parcours d’Obinze qui m’ont le plus touchée, il m’a semblé plus authentique qu’Ifemelu. Dans ses rêves et ses doutes, ses réussites et ses échecs, Obinze se montre profondément humain « Depuis quelques mois, il avait l’impression d’être surchargé par tout ce qu’il avait acquis – la famille, les maisons, les voitures, les comptes en banque- et était pris, de temps en temps, de l’envie de crever cette bulle avec une épingle, de tout faire dégonfler, pour être libre. Il ne savait plus avec certitude, il ne l’avait jamais su en réalité, il aimait vraiment cette existence ou s’il l’aimait parce qu’il était censé l’aimer. » 

Un roman sympathique mais qui me laisse tout de même un peu déçue. Dans son billet Jérôme cite plusieurs auteurs ayant traité de la condition africaine, qui je le pense, me conviendront plus.

Extrait :
« Mes cheveux épais et naturels feraient leur effet si j’avais un entretien pour être chanteuse dans un orchestre de jazz, mais il faut que j’aie l’air professionnel pour cet entretien, et professionnel signifie avoir les cheveux raides. S’ils devaient être bouclés, il faudrait que ce soit des boucles de Blanche, souples, ou au pire des anglaises, mais jamais des cheveux crépus. »

https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-1/http://www.livraddict.com/forum/viewtopic.php?id=12135http://ennalit.canalblog.com/archives/2014/12/01/30478708.html#c64026465

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