dimanche 4 décembre 2016

Bilan de novembre (Daphné)

Par Daphné


Un très gros coup de cœur ce mois ci avec Gretel and the dark, un livre qui m'a beaucoup marquée. J'ai une fois de plus été conquise par l'écriture de Jon Kalman Stefansson en lisant La tristesse des anges. De très bons moments de lecture aussi avec Continuer, Incandescence et Harry Potter et l'enfant maudit, livre dont j'attendais la lecture avec impatience. J'ai également bien apprécié Le secret de la manufacture des chaussettes inusables. En revanche, j'ai eu beaucoup de mal à me plonger dans Shalom India Residence et en ai finalement abandonné la lecture. Peut-être y reviendrais je plus tard.


  




 






Et le mois prochain, que lirai je?

 


Pour le mois de décembre, j'ai prévu de lire Les reflets d'argent de Susan Fletcher et Comment les eskimos gardent les bébés au chaud de Mei-Lin Hopgood.






samedi 3 décembre 2016

Bel-Ami - Guy de Maupassant

Par Ariane


Auteur : Guy de Maupassant

Titre : Bel-Ami

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : folio classique

Nombre de pages : 448p

Date de parution : 1885

Présentation de l’éditeur :

Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, œuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s’entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.



Mon avis :

Guy de Maupassant est sans doute l’un de mes écrivains français préféré. J’en ai commencé la lecture très tôt avec des éditions pour enfants des Contes normands et parisiens et des Contes du jour et de la nuit. J’ai poursuivi avec les recueils de nouvelles dont je conserve un vif souvenir. Mais jusqu’à présent je n’avais lu qu’un seul de ses romans. Ma thématique classique pour le petit bac organisé par Enna  aura été l’occasion pour moi de renouer avec cet auteur que j’affectionne tant et d’enfin découvrir la plus connue de ses œuvres.

Georges Duroy, ancien sous-officier, travaille désormais pour les chemins de fer. Obligé de vivre chichement alors qu’il se rêve en homme riche, il rencontre par hasard un ancien camarade de régiment qui le met sur la voie de l’ascension sociale. C’est ensuite grâce aux femmes et à son opportunisme que cet homme sans scrupules parviendra gravir les échelons.

Le personnage de Georges Duroy, héros de ce roman, n’a de héros que le nom. Si au départ on peut éprouver une vague sympathie pour ce jeune homme ambitieux et sans le sou, très vite on le découvre retors et arriviste. Séduisant et séducteur, il n’hésite pas à jouer de son charme pour parvenir à ses fins, à manipuler les femmes qui tombent dans ses filets. Ses seuls moteurs semblent être son ambition sans limites et sa soif d’argent et de pouvoir. Bel-Ami, quel surnom ironique pour cet homme odieux !

Outre le personnage de ce goujat, les femmes tiennent un rôle essentiel dans ce roman : Madeleine Forestier, Clothilde de Marelle, Virginie Walter et sa fille Suzanne. Elles incarnent quatre types féminins différents mais représentatifs des femmes de la bonne société de l’époque. Madeleine Forestier est sans conteste la plus intéressante. Cette jeune et jolie femme a surtout oublié d’être idiote et l’on comprend rapidement que son époux ne serait certainement jamais arrivé si haut sans son aide. Elle est sans doute la seule véritable journaliste du roman. On éprouve une certaine pitié pour cette femme obligée de se cacher derrière un époux pour écrire, époux qui en retire tout le mérite. Les femmes œuvrent dans l’ombre et les hommes sont sur la scène.

Outre ce thème intéressant, Maupassant aborde également celui des liens existant entre le monde politique et le monde de la presse. Les uns font les autres et réciproquement. Se pose ainsi la question de la légitimité et de l’impartialité de la presse.

On peut parfois craindre un style lourd et ampoulé chez les auteurs classiques, ce n’est jamais le cas avec Guy de Maupassant. Si j’aime en général la légèreté de sa plume, c’est le long monologue de Norbert de Varenne, collègue et ami de Duroi, qui m’a profondément marquée. Avec quelle justesse il expose cette peur primaire de l’être humain, cette crainte du temps qui passe, cette angoisse devant le néant et la vacuité de l’existence.

Un roman qui m’a profondément séduite et qui m’a rappelée à mes premières amours littéraires.



Extrait :

« Moi maintenant, je vois la mort de si près que j’ai souvent envie d’étendre le bras pour la repousser… Je la découvre partout. Les petites bêtes écrasées sur les routes, les feuilles qui tombent, le poil blanc dans la barbe d’un ami, me ravagent le cœur et me crient : la voilà ! »

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.htmlhttp://profplatypus.fr/challenge-classique-2016/


vendredi 2 décembre 2016

2 ans !

Par Ariane et Daphné




Aujourd'hui, notre blog a deux ans! si nous avons un peu hésité avant de nous lancer, nul doute qu'aujourd'hui, nous aimons le faire vivre! 

C'est avec beaucoup de plaisir que nous aimons partager nos lectures avec vous. Ecrire un blog est une expérience pleine d’échange et de partage! c'est aussi une bonne manière de garder une trace de ses lectures et cela permet de lire différemment, de réfléchir, peut-être, davantage à ce que les mots couchés sur le papier signifient pour nous.

Ce blog est un blog à deux mains et une bonne partie du plaisir que nous prenons à l'écrire vient de là. Qu'il est agréable en effet de découvrir les lectures de l'autre! Sans doute est ce également moins pesant lorsque le temps nous manque.

Nous espérons que, vous aussi, vous prenez plaisir à nous lire. Merci à tous pour vos commentaires et ces échanges autour de cette passion commune qu'est la lecture. Merci de prendre ce temps là. 

Nous ne comptons pas nous arrêter et espérons tenir ce blog encore longtemps!

jeudi 1 décembre 2016

Bilan de novembre (Ariane)

Par Ariane


Je lis beaucup moins depuis la naissance de bébé mais j'y arrive un peu tout de  même. Seulement 5 lectures au compteur, mais qu'importe, j'ai lu de belles choses.
Tout d'abord un beau coup de cœur pour le roman de Michel Bernard, Deux remords de Claude Monet, grâce auquel j'ai appris beaucoup sur l'artiste. 
Belle lecture également, malgré quelques bémols, avec Possédées de Frédéric Gros, qui revient sur l'affaire des Possédées de Loudun.
Belle découverte d'un premier roman de Virginia Reeves, Un travail comme un autre.
Guy de Maupassant ne m'a jamais déçue et ce fut encore une fois le cas avec les Contes de la bécasse.
J'ai passé un très bon moment avec Les âmes grises de Philippe Claudel, un roman touchant et bien écrit.    


 
J'ai abandonné Boussole de Mathias Enard. Je n'ai pas réussi à ire plus d'une vingtaine de pages de ce roman qui a valu à son auteur le Prix Goncourt 2015. Pourtant j'avais beaucoup aimé mes précédentes lectures de Mathias Enard, mais je pense que ce roman dense et érudit ne correspond pas du tout à mon état d'esprit du moment. J'y reviendrai peut-être plus tard, lorsque je serai plus disposée à me consacrer à une lecture exigeante.

Mon programme de décembre sera assez succinct car j'aurai de la famille à la maison et j'espère bien profiter de leur présence. Mais j'espère tout de même trouver un peu de temps pour lire et notamment terminer mes lignes commencées pour le challenge Petit Bac. Il me manque toutefois un titre pour ma ligne thématique Rentré littéraire dans la catégorie lettre isolée. Les romans que j'avais repérés ne sont pas prévus à l'achat en bibliothèque et je ne prévois pas d'achats ce mois-ci. Il me reste l'option Riquet à la houpe de Nothomb mais je n'apprécie pas du tout l'auteur. Ce sera peut-être l'occasion de revenir sur ce désamour.



mercredi 30 novembre 2016

Mercredi, c'est le jour des petits : Le gentil facteur ou Lettres à des gens célèbres - Alan et Janet Ahlberg

Par Ariane

Auteurs : Alan et Janet Ahlberg
Titre : Le gentil facteur ou Lettres à des gens célèbres
Editeur : Ricochet

Mon avis :
En fouillant dans les bacs de la bibliothèque ma fille est tombée sur cet album. Bonne pioche nous avons toutes les trois beaucoup aimé cette histoire.
Le facteur part faire sa tournée et s'arrête chez plusieurs personnages biens connus des jeunes lecteurs. Le petit ours est invité à la fête d'anniversaire de Boucle d'Or, Jack envoie une carte postale au géant, les avocats du Petit chaperon rouge somment le loup de quitter la maison de la mère-grand,... 
La présentation de l'album est très originale et amusante. A chaque personnage correspond une enveloppe sur laquelle est écrite son adresse et renferme le courrier attendu. Les enfants ont vraiment plaisir à ouvrir l'enveloppe pour en sortir le courrier. On découvre ainsi différents types de courriers : courrier administratif, carte postale, carte de vœux, catalogue... Et toujours une petite note d'humour qui plaît aux petits comme aux grands lecteurs. Mes filles ont aimé retrouver les personnages de contes qu'elles connaissaient et elles en ont rencontré un qu'elles ne connaissaient pas (le géant de Jack et le haricot magique). Voilà donc une idée pour une prochaine lecture.
C'est vraiment un album très sympathique qui a beaucoup amusé mes filles. 


mardi 29 novembre 2016

Les corps inutiles - Delphine Bertholon

Par Ariane




Auteur : Delphine Bertholon

Titre : Les corps inutiles

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 300p

Date de parution : février 2015

Présentation de l’éditeur :

Clémence vient d’avoir quinze ans, de terminer le collège. Un nouveau cycle s’ouvre à elle, lorsqu’elle est agressée, en plein jour et en pleine rue, par un inconnu armé d’un couteau. Ce traumatisme inaugural - même si elle n’en a pas encore conscience - va contaminer toute son existence. En effet, l’adolescente réalise qu’elle perd progressivement le sens du toucher...
À trente ans, Clémence, toujours insensible, est une célibataire endurcie, solitaire et sauvage. Après avoir été maquilleuse de cinéma, la jeune femme se retrouve employée de la « Clinique », une usine d’un genre particulier. En effet, la Clinique fabrique des poupées… mais des poupées grandeur nature, hyper-réalistes, destinées au plaisir – ou au salut – d’hommes esseulés.
Le roman déroule en alternance l’histoire de Clémence adolescente, hantée par cette agression dont elle n’a jamais osé parler à sa famille, et le récit de Clémence adulte, assumant tant bien que mal les conséquences, physiques et psychologiques, de son passé.
Mais la vie, comme toujours, est pleine de surprises.



Mon avis :

J’ai eu envie de lire ce roman dès sa sortie et les avis positifs sur les blogs ont renforcé cette envie, et pourtant je l’ai laissé attendre dans ma PAL un bon moment. J’attendais le bon moment pour l’en sortir en raison de son sujet difficile et c’est finalement à cause (ou grâce) au challenge Petit bac que je me suis décidée à le lire, alors que le moment n’était pas des plus propice. J’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

Clémence a 15 ans cet été-là. Elle se rend chez une amie pour une fête, insouciante, jusqu’à la rencontre avec un homme armé d’un couteau, qui l’agresse. La violence de cette agression détruit le monde de Clémence et sa personnalité naissante. A 30 ans, Clémence est seule, incapable d’aimer et de se laisser aimer, elle vit une sexualité tordue, et n’a plus de sensations physiques depuis son agression.

J’ai été très touchée par cette jeune fille dont les sentiments ambigus reflètent bien ce que ressentent bien souvent les victimes d’agressions sexuelles. Honte, culpabilité, peur, colère. Et cette phrase monstrueuse de la bouche de son ami, le seul à qui elle ose raconter, minimisant le traumatisme en pensant bien faire, puisque après tout elle n’a pas été violée.

Clémence adulte m’a touchée également. Derrière son apparente froideur, la jeune fille blessée et effrayée est toujours présente. Elle traîne ce moment comme un boulet qui l’empêche de vivre et de s’épanouir en tant que femme. Quelques secondes l’ont condamnée à vie, la privant de ses sensations, la privant de désir, l’éloignant de sa famille, lui faisant craindre les hommes.

C’est un roman passionnant, émouvant, révoltant. Un roman qui m’a secouée et dérangée pas seulement en tant que lectrice mais aussi en tant que femme, que mère. Le sujet me faisait craindre une lecture difficile et sordide, au contraire, si l’horreur de l’agression n’est en rien minimisée, l’écriture de Delphine Bertholon est si belle, le personnage de Clémence si juste, les autres personnages si attachants, l’histoire si touchante, que l’on voit surtout cette beauté et que l’on croit à la lumière et à la vie, enfin, pour Clémence.

Ce roman m’a permis de découvrir Delphine Bertholon, dont j’entends le plus grand bien depuis longtemps. Et en effet, j’adhère totalement à son style, et me voilà donc avec un nouvel auteur à lire sur ma liste !



Extrait :

« Son corps lui faisait l’effet d’une fumée de cigarette, à la fois lourd et volatile, présent et absent, délicieux et immonde. Elle n’avait jamais ressenti cela auparavant. Ne s’était jamais posé la question de son corps, en réalité. Le corps servait à rire,  à courir, à danser. A manger, à nager, à vivre. Mais le corps maintenant avait un poids, bien différent de celui qu’affichait la balance. Le corps, une fois souillé, encombrait. »



Les avis de ClaraLaeti, Violette,