samedi 21 octobre 2017

Miss Wyoming - Douglas Coupland

Par Ariane
 


Auteur : Douglas Coupland

Titre : Miss Wyoming

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Canada)

Traducteur : Walter Gripp

Editeur : Au diable Vauvert

Nombre de pages : 416p

Date de parution : août 2017

Présentation de l’éditeur :

Ex mini-Miss et star de sitcom, Susan Colgate est par miracle l’unique survivante d’un crash aérien. Elle pourrait disparaitre, personne ne le saurait jamais…

Lors d’une expérience de mort imminente due à une grippe plus qu’à l’énorme quantité de drogues qu’il ingurgite, John Johnson, producteur de films d’actions et sadomaso occasionnel, a une vision et réalise qu’il est temps de disparaitre et de trouver l’amour…



Mon avis :


Avant toute chose, je dois avouer que ce livre n’était pas vraiment mon choix. J’ai dû faire une erreur lors de ma sélection pour la masse critique Babelio, car ce livre ne faisait pas partie de mes souhaits. Mais bon, le hasard fait parfois bien les choses, alors j’ai commencé ma lecture en me disant que ce serait peut-être une bonne surprise. Mais cela n’a pas fonctionné cette fois-ci. 
Déjà la mention « une comédie romantique hollywoodienne par le pape de la parodie sociale » m’a inquiétée. "Comédie romantique", très peu pour moi, "hollywoodienne" bof bof et "parodie sociale" j'ai aussi du mal. Je n’ai pas du tout accroché à l’histoire, aux personnages, au style. Je ne dis pas que le roman est mauvais, mais ce n’est pas du tout mon genre.  J’ai bien essayé de m’accrocher pendant une centaine de pages, mais finalement, j’ai survolé jusqu’à la fin avant d’abandonner. 
Je remercie tout de même le site Babelio et les éditions Le diable Vauvert de m'avoir envoyé ce livre dans le cadre d’une masse critique.


vendredi 20 octobre 2017

Ce que cache ton nom - Clara Sanchez

Par Daphné














Auteur : Clara Sanchez
Titre : Ce que cache ton nom
Genre : roman
Langue d’origine : espagnol
Traducteur : Louise Adenis
Editeur : Marabout
Nombre de pages : 442

Résumé de l'éditeur :

Sandra, une jeune femme d'une trentaine d'années, a décidé de venir s'installer dans un village isolé de la côte est espagnole. Un peu paumée, Sandra - qui vient de quitter un emploi qu'elle détestait et un homme qu'elle n'aimait pas mais dont elle attend un enfant - ne sait pas quoi faire de sa vie. Alors qu'elle passe de longues heures sur la plage, perdue dans ses pensées, Sandra fait la connaissance des Christensen, un couple d'octogénaires norvégiens installés dans le village depuis des années. Rapidement, le lien qui unie Sandra à ce couple devient plus qu'une simple amitié. Ils la prennent sous leurs ailes, décident de l'aider et la traitent comme la petite-fille qu'ils n'ont jamais eue. Mais un vieil homme tout juste débarqué d'Argentine, Julian, va venir perturber cette union fragile. Il révèle en effet à Sandra qu'il est un survivant du camp de Mauthausen, et que les Christensen ne sont ceux qu'ils prétendent être. Donnant au départ que peu de crédit à l'histoire de Julian, Sandra, étudiant les allées et venues de Karin et Fredrik et considérant leurs silences, finit tout de même par considérer le couple de Norvégiens sous un nouveau jour. Mais elle ne réalise pas encore que la fin de son innocence met sa vie en danger.

Mon avis :

Ne jamais se fier aux apparences : voilà ce dont Sandra, jeune femme enceinte, un peu paumée se rendra compte au fil de cette histoire. Lorsqu'elle rencontre un couple d'octogénaires sur la plage, Sandra est loin de se douter qui est réellement le gentil couple lui étant venu en aide un après midi d'été... Julian, lui, n'a pas l'innocence de Sandra : ancien rescapé des camps de concentration, il traque les nazis ayant échappé à la justice. Nul point commun apparent entre ces deux personnages et pourtant...

J'ai trouvé le sujet du livre particulièrement intéressant. Où sont passés les nazis de la seconde guerre mondiale qui après tant d'horreurs commises ont échappé à la justice? Comment un être humain a t-il pu commettre de telles choses et n'en ressentir aucune culpabilité ? Et comment vivre, en tant que rescapé des camps en sachant que des nazis vivent encore quelque part en toute quiétude ? La quête de Julian n'est pas vaine puisqu'il va tomber sur un véritable nid de nazis coulant une retraite paisible en Argentine. Mais comment rééquilibrer la justice? De quelle manière, et à quel prix ?

Les personnages de Sandra et de Julian sont totalement opposés, que ce soient dans le déroulement de leur existence, par leur âge, par leur manière d'être. Et pourtant, tous deux vont s'unir dans un même combat, pris dans les mailles d'un horrible filet. Le personnage de Julian est émouvant dans ses ultimes tentatives, compte tenu de son âge, à poursuivre les derniers nazis vivants. Marqué par son histoire, conscient que lui, tout comme ses ennemis, arrivent au bout de leur vie et que c'est là sa dernière chance d'obtenir justice, il est à la fois fort et fragile et on a envie de l'aider, de le soutenir dans sa quête tout en le protégeant.
Le personnage de Sandra m'a par contre paru moins crédible. Je l’ai trouvé particulièrement naïve et un peu "longue à la détente" à certains moments. Ses réactions sont parfois plutôt incompréhensibles et je ne parle même pas d'une certaine histoire d'amour hautement improbable... 

Le côté psychologique de ce livre est finement travaillé et certains sujets abordés telle que la quête de la jeunesse éternelle, que ce soit par des expériences médicamenteuses ou des relations sont intéressants. L'auteur évoque aussi des thèmes très intéressants, d'un point de vue historique mais aussi à travers l'analyse des ressentis des personnages. On ne peut rester indifférent au dialogue enter Julian et l'un des nazis et ne pas ressentir un profond désarroi face aux souffrances vécues par l'un et à la terrible absence de culpabilité de l'autre.

Le rythme de l'histoire est parfois un peu lent mais cela va de pair avec les corps des personnages, ralentis par la vieillesse ou par la grossesse. Le lien et les différences générationnelles sont abordés avec une certaine finesse. 

Petit bémol cependant bien que cela vienne probablement de la traduction : les fautes d'orthographe présentes tout au long du livre!


Extrait :

Elle avait le droit de savoir dans quel nid de vipères elle était tombée. Elle m'avait invité à partager un beau moment de sa vie. Je ne pouvais pas être vil au point de la trahir, et regarder comment elle allait se précipiter dans l'abîme à deux pas d'elle sans l'avertir.
-C'est à toi de décider, lui dis-je. C'est à toi de décider si tu veux que je te dise qui est cet individu. Mais sache que, chaque pas que tu feras sera un pas vers l'enfer.

mercredi 18 octobre 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Balthazar découvre la lecture - Marie-Hélène Place, Caroline fontaine-Riquier et Féodora Stancioff

Par Daphné

















Auteur : Marie-Hélène Place
Illustrateur :  Caroline fontaine-Riquier
Titre : Balthazar découvre la lecture
Éditeur : Hatier Jeunesse

Résumé :

Balthazar vous invite à entrer dans le monde poétique des sons et du langage. L'enfant nomme les objets, reconnaît les sons, découvre leur écriture : parfois « o » s'écrit « au » ou « eau ». Il lit les mots, puis les phrases. Avec les cartes-jeux à la fin du livre, il prolonge ses nouvelles acquisitions. Ce livre nourrit l’envie de lire de l’enfant, à son rythme et pour le plaisir.

Mon avis :

De nouveau une petite présentation d'un livre de Balthazar, l'un des héros chouchous de notre famille! Ce livre diffère un peu des autres Balthazar que nous avons l'habitude de lire puisqu'il n'y a pas d'histoire à proprement parlé. Ici, Balthazar nous fait entrer dans la découverte des phonèmes. Comme toujours, s'il y a un côté éducatif à ces livres, les auteurs jouent habilement sur le côté ludique afin que l'enfant s'amuse et ne s'ennuie pas. Ainsi, il se retrouve face à une série d'images dans lesquelles il identifie tout d'abord le son commun ("ou", "ch", "an"...) avant de découvrir leur écriture. Le phonème en question est écrit en rouge dans les mots sous les images puis en gros sur la page de droite. A la fin du livre, un petit jeu est proposé sous forme de cartes.  L'enfant se familiarise ainsi avec les sons à son propre rythme et sans obligation. 

Les illustrations, toujours très douces et jolies donnent envie d'ouvrir ce livre et d'en découvrir le contenu. A chaque page, on retrouve les personnages de Balthazar et Pépin, tel un fil conducteur, parfois de manière évidente, d'autres fois tout en discrétion, ce qui rajoute un côté amusant au livre, l'enfant s'étonnant parfois de ne pas voir Balthazar ou Pépin puis les trouvant dissimulés dans l'une des images.

J'avais proposé ce livre à ma fille aînée l'an dernier alors qu'elle était en grande section de maternelle mais il ne l'avait pas tellement intéressée. Aujourd'hui au CP, la lecture prend beaucoup d’intérêt pour elle et elle est d'elle-même allée le chercher sur l'étagère il y a quelques temps. 

Encore une belle découverte sur l'univers de notre lutin préféré!






mardi 17 octobre 2017

Ces rêves qu'on piétine - Sébastien Spitzer

Par Ariane


Auteur : Sébastien Spitzer

Titre : Ces rêves qu’on piétine

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : éditions de l’Observatoire

Nombre de pages : 304p

Date de parution : août 2017

Présentation de l’éditeur :

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels.



Mon avis :

L’histoire nous a fourni une interminable liste de noms qui hantent la mémoire collective, Magda Goebbels est de ceux-là. La première dame du régime nazi, épouse de Goebbels, icone de la femme et de la mère allemande, qui avant de se suicider avec son époux a assassiné ses six enfants. C’est à ce personnage terrifiant autant qu’énigmatique que Sébastien Spitzer s’est intéressé dans ce roman. Pendant ses derniers jours, alors qu’elle est enfermée dans le Führerbunker avec sa famille, Hitler, Eva Braun et d’autres dignitaires du régime, les souvenirs de Magda Goebbels remontent à sa mémoire. Une enfance assez pauvre jusqu’au mariage de sa mère avec Richard Friendländer, un commerçant aisé qui adopte la petite comme sa fille. Sa rencontre avec son premier amour. Son premier mariage, sans amour, avec un homme riche, le divorce rapide qui assure sa sécurité financière. Sa rencontre avec Josef Goebbels. Sa relation avec Hitler. Sa position au sein du régime nazi. Des souvenirs et des secrets : le père adoptif de Magda est juif, tout comme Viktor l’amour de jeunesse. 

En parallèle des derniers jours de Magda nous découvrons Aimé, Judah, Fela, Ava, pendant une marche de la mort  et Lee, une photographe qui accompagne les troupes américaines. Ils sont les témoins, ils portent la parole de Friendländer, qui dans un camp de concentration a écrit à sa fille, des mots d’amour, un appel à l’aide. A ses lettres se sont ajoutées celles de tous ceux qui ont caché les lettres, des noms, des paroles, une infime trace, un dernier souvenir.

C’est un très beau roman, sombre et difficile, terrifiant par moments, et pourtant il en émane une certaine lumière, une humanité, un avenir. Par cette chaîne qui s’est formée naturellement, la vie est toujours là, l’espoir  d'un après, d'un moment où les lettres seront lues, où les prisonniers déshumanisés par la vie dans les camps feront entendre une dernière fois leurs voix.  

J'ai reçu ce livre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire Priceminister.



Extraits :

« Les soldats meurent au combat. C’est dans l’ordre des choses. Et quand l’ordre s’inverse, quand l’encre de l’armistice est sèche, ce sont les chefs qui meurent. Les soldats, eux, rentrent chez eux. Pourvu que l’encre sèche vite. »


« La dernière chose que nous possédons, c’est notre histoire. Il y a deux mille ans, nous avons dû quitter notre terre, notre Jérusalem, nos temples, nos rois et nos armées. Nous avons été riches, pauvres, puissants, chassés, recherchés, pourchassés. Nous avons construit des temples en bois, en pierre. Ils ont été brûlés. Nous en avons construit d’autres. Vous les avez fait fermer. Mais notre histoire, personne ne nous la volera. Elle est inaliénable. On essaiera de nous tuer, jusqu’au dernier. On essaiera de trahir, de falsifier, d’effacer… Mais il y aura toujours un scribe pour recopier, un homme pour lire, un écrit quelque part. »

Les avis de Jérôme, Jostein, Nicole