lundi 29 août 2016

A vol d'oiseau - Craig Johnson

Par Ariane



Auteur : Craig Johnson

Titre : A vol d’oiseau

Genre : roman policier

Langue d’origine : anglais (américainà)

Traducteur : Sophie Aslanides

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 360p

Date de parution : mai 2016

Présentation de l’éditeur :

Le shérif Walt Longmire doit mener à bien une affaire des plus importantes : marier sa fille unique, Cady. Mais pendant les préparatifs de la cérémonie Walt et son ami Henry Standing Bear sont les témoins d’un étrange suicide. Audrey Plain Feather s’est jetée de la falaise avec son fils dans les bras. Si l’enfant est miraculeusement sain et sauf, il apparaît rapidement que cette mort est un meurtre déguisé. Walt se retrouve aux prises avec la nouvelle chef de la police tribale, la très belle et très zélée Lolo Long, et pour compliquer encore leurs relations, le FBI débarque en force pour suivre l’affaire. Une chasse à l’homme s’engage, qui mènera le shérif au plus profond de la réserve indienne avec pour guides un mystérieux corbeau et la sagesse des anciens.

Dans ce nouvel opus trépidant des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson nous entraîne au cœur du monde cheyenne. Entre mariage et course-poursuite, il n’y a pas de repos pour les braves.



Mon avis :

Un grand jour arrive pour le plus lettré du shérif du Wyoming : celui du mariage de Cady, sa fille unique. Mais n’est pas organisateur de mariage qui veut. S’il excelle dans son rôle de shérif, Walt Longmire se révèle bien piètre wedding planer. Mais ses projets sont bouleversés lorsqu’avec son fidèle ami Henri Standing Bear il assiste à la chute mortelle d’une jeune femme sur la réserve indienne. Impliqué dès lors dans l’enquête aux côtés de Lolo Long, la nouvelle chef de la police tribale au caractère explosif, le shérif doit faire face à des personnages hauts en couleur, aux traditions indiennes et à des femmes de caractère.

Je crois que je ne me lasserai jamais des personnages ni de l’écriture de Craig Johnson. En situant cette fois son enquête sur la réserve indienne (partie Montana, ce qui m’arrange pour challenge 50 états !), il met de côtés les personnages habituels de l’entourage du shérif Longmire, laissant ainsi la place à toute une galerie de personnages dont certains déjà croisés auparavant : Lonnie Little Bird, Artie Small Song, Lolo Long… Mention spéciale pour Lolo Long, nouvellement promue chef de la police tribale, jeune femme de tempérament (euphémisme pour caractère de cochon), entêtée, à cheval sur les règles et totalement dépourvue de diplomatie. Mais c’est aussi une femme blessée, ancien soldat, soucieuse de bien faire. J’espère la retrouver dans un prochain roman !

A travers son récit, Craig Johnson aborde des sujets bien moins légers qu’il n’y paraît : le difficile équilibre entre traditions et modernité, la famille, la guerre et les cicatrices visibles ou pas qu’elle laisse à ceux qui l’ont subie. L’auteur laisse apparaître son attachement et son intérêt pour le peuple indien et ses traditions,  il dresse un portrait sans fards mais sans misérabilisme du quotidien dans la réserve.

Bref, pour ceux qui n’ont jamais lu Craig Johnson je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur formidable.



Extrait :

« Parler de tuer, c'est parler. Tuer, c'est autre chose. »



http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.html


samedi 27 août 2016

Souviens-toi de moi comme ça - Bret Anthony Johnston

Par Ariane



Auteur : Bret Anthony Johnston

Titre : Souviens-toi de moi comme ça

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : France Camus-Pichon

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 448p

Date de parution : mars 2016

Présentation de l’éditeur :

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C'est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s'est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d'un motel abandonné. Lorsqu'enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même.
Avec ce premier roman prochainement adapté au cinéma, Bret Anthony Johnston s'impose comme l'un des jeunes romanciers américains les plus talentueux.



Mon avis :

Récemment en lisant un article d’Eva (sur Daddy love de Joyce Carol Oates, ici), je me faisais la réflexion que si le sujet de la disparition d’un enfant était fréquemment traité en littérature (ou au cinéma), les auteurs abordaient rarement le sujet de l’après : lorsque l’enfant disparu retrouve sa famille après plusieurs années. C’est ce thème qu’aborde Bret Anthony Johnston avec la famille Campbell.

Justin, le fils aîné a disparu à l’âge de 11 ans. Pendant 4 ans sa mère, son père, son frère et son grand-père vivent avec cette absence si pesante. Chacun d’eux a trouvé un dérivatif à sa peine, même s’ils ne font qu’au mieux combler le temps et attendre, et espérer toujours. Jusqu’au jour où ils reçoivent l’appel tant attendu. Justin a été retrouvé, il est vivant et va revenir auprès d’eux. La famille doit alors tenter de se reconstruire, de revivre, de se retrouver.

Pas de descriptions glauques des sévices infligés à Justin, quelques mots par moments suffisent au lecteur pour imaginer ce qu’a pu subir un jeune garçon enlevé par un pervers. Le kidnappeur n’est jamais physiquement présent dans le récit mais son image hante les personnages assaillis par la haine, la colère et la culpabilité. Culpabilité de se sentir responsable de la disparition de Justin et culpabilité de ne pas avoir réussi à le retrouver (alors qu’il était dans une ville voisine).

La joie des retrouvailles est assombrie par ces sentiments négatifs, par la tristesse pour les années perdues, par la peur de ce que l’avenir leur réserve. Mais également pour chacun d’entre eux, le bonheur d’être réunis. Beaucoup d’émotions pour tous ces personnages qui suscitent l’empathie du lecteur.

Les personnages sont très touchants. Suite à la disparition de Justin, sa mère, son père et son frère s’étaient effacés devant l’ampleur de leur tristesse. Laura ne prenant plus soin d’elle ni de sa maison, s’éloignant chaque jour de ses proches pour se consacrer à un dauphin malade ; Eric tel une ombre ne sachant trop quoi faire, passant l’essentiel de son temps libre à afficher des avis de rechercher et tentant de trouver un illusoire bien-être dans une liaison extra-conjugale ; Griffin, vivant dans l’ombre du frère disparu, reprenant pour lui-même les passions de son aîné comme s’il cherchait à le remplacer pour ses parents. Après le retour de Justin, chacun va devoir retrouver sa place au sein de la famille et son identité propre, même si là encore, leur monde tourne autour de Justin. Cecil le grand-père, reste toujours un personnage bienveillant, déterminé à protéger ceux qu’il aime. 
Justin en revanche, bien qu'au centre des pensées des autres protagonistes, reste très discret. Si on ne sait rien de ce qu'il a vécu auprès de son kidnappeur on en sait peu aussi sur ses pensées et sentiments. Les autres personnages gravitent autour de lui, l'observant avec joie, surprise et inquiétude. Mais lui semble se sentir en décalage de sa famille, heureux d'être rentré chez lui mais toujours perdu et seul. 

J’ai été très surprise par la localisation du récit. L’histoire se déroule au Texas, mais point ici de désert et de cow-boys. La famille Campbell vit à Southport une petite ville côtière non loin de Corpus Christi. C’est pourtant évident lorsqu’on voit une carte des Etats-Unis mais je n’avais jamais pris conscience qu’il y a la mer au Texas !

Il s’agit d’un premier roman de cet auteur, à suivre donc.



Extrait :

« Elle croyait que les choses seraient plus faciles. A présent. Oui, elles devraient l’être. Avec le retour de Justin. Et le fait qu’ils aient tous survécu à sa disparition. Elle croyait que le passé devrait par contraste mettre le présent en lumière, une lumière aux effets palliatifs. Elle s’efforçait de ne penser qu’au désordre magnifique des cheveux de Justin à son réveil, à l’odeur de ses tee-shirts avant qu’elle ne les lave –une odeur boisée, poussiéreuse, proche de celle de son père. Mais la peur, la colère et la perplexité revenaient avec une force renouvelée, avec une vigueur accrue, fracassante. »

https://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-1/

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.html



jeudi 25 août 2016

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers -Benjamin Alire Saenz

Par Roxane


Auteur : Benjamin Alire Saenz
Titre : Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers
Langue de publication : anglais (américain)
Traducteur : Hélène Zylberait
Editeur : PKJ
Nombre de pages : 359p
Date de publication : juillet 2015

Présentation de l'éditeur :
Une histoire d’amour, d’une profondeur et d’une justesse bouleversantes !
Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais… C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Mon avis :
Cette année, je rempile pour le prix des Incorruptibles ! Ce livre de la sélection étant dans ma PAL depuis un moment, j'ai décidé dE prendre un peu d'avance. Je souhaite que le reste de la sélection soit aussi bien car j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre.

Je vais commencER par les personnages. C'est l'un des gros points forts de ce livre car ils sont très bien traités. Ils sont crédible, et c'est malheureusement si rare pour du Young adulte. On a de vrais ados, de vrais parents, de vrais amis, de vrais personnages quoi ! C'est cette authenticité qui les rends si attachants.

J'ai aimé suivre une histoire du point de vue d'un garçon. Surtout, parce qu'étant une fille j'ai trouvé intéressant de savoir ce qui peut se passer dans la tête d'un garçon ! C'est un garçon attachant, qui a une bonne réflexion et un humour ravageur. L'auteur arrive bien à comprendre le mal être d'Aristote qui est renfermé, différent de l'image des adolescents. Mais il le présente aussi comme un gars lambda.


L'écriture est simpliste, sans prétention. Peu être un peu trop minimaliste sans doute pour faciliter la lecture aux lecteurs novices. Les chapitres sont courts et laissent bien souvent un goût de trop peu, ce qui est dommage.

Le cadre est lui aussi génial. Certes on est en Amérique, comme souvent., mais cette fois on parle des mexicains, une nouveauté pour moi ! Ainsi, l'auteur en profite pour véhiculer un message. Un message sur l'appartenance ou non à une culture, sur le fait de ne pas correspondre à l'image qu'on se fait de prime abord, et sur l'importance des racines culturelles ou non.

L'un des autres messages porte sur l'importance de la famille, des amis et des secrets. Du fait d'être soi, de ne pas se cacher, même si on ne s'en rend pas forcément compte.

L'amour est bien traité dans ce livre, bien que prévisible. La découverte de la sexualité se faits sans scène hot mais par d'intenses réflexions. Sans doute une volonté de l'auteur de préserver ses jeunes lecteurs.

J'ai bien aimé ce livre. En plus la fin, est magnifique ! Par contre je ne sais pas à qui le conseiller car je l'ai trouvé un peu trop jeunesse pour moi, mais je ne le donnerais pas à lire à un cinquième. Maintenant j'ai hâte de lire le reste de la sélection.

Citation :
« L'un des secrets de l'univers est que parfois notre instinct est plus fort que notre esprit »