vendredi 12 août 2022

La révolte - Clara Dupond-Monod

 Par Daphné








Auteur : Clara Dupont-Monod

Titre : Le roi disait que j’étais diable

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 240

Date de parution : 2018

Résumé de l'éditeur:

"Sa robe caresse le sol. A cet instant, nous sommes comme les pierres des voûtes, immobiles et sans souffle. Mais ce qui raidit mes frères, ce n'est pas l'indifférence, car ils sont habitués à ne pas être regardés; ni non plus la solennité de l'entretien - tout ce qui touche à Aliénor est solennel. Non, ce qui nous fige, à cet instant-là, c'est sa voix. Car c'est d'une voix douce, pleine de menaces, que ma mère ordonne d'aller renverser notre père."
Aliénor d'Aquitaine racontée par son fils Richard Cœur de Lion.

Mon avis :

Ayant beaucoup aimé Le roi disait que j'étais diable, j'avais hâte de lire ce livre ci qui nous conte également l'histoire d'Aliénor d'Aquitaine mais vue sous un autre angle : celui de son fils, Richard Cœur de Lion. J'ai moins "accroché" à ce livre, bien qu'ayant tout de même passé un très bon moment en sa compagnie. 

C'est donc cette fois avec le regard de Richard Cœur de Lion, son fils préféré, que nous découvrons la vie d'Aliénor d'Aquitaine. Là encore, la vérité historique n'est pas forcément présente. Il s'agit avant tout d'un roman même si les personnages et le contexte ont vraiment existé. ce n'est donc pas un livre qu'il faut lire en recherchant à tout pris la vérité mais qu'importe. Il court au sujet d'Aliénor d'Aquitaine de nombreuses légendes et l'autrice ici, en brode une nouvelle tout en s'appuyant sur la véritable Histoire. 

Le résultat est réussi. On ressent, dans la voix de Richard, ses sentiments à l'égard de sa mère, le côté majestueux de cette dernière, la douleur des trahisons, l'odeur du sang sur les champs de batailles... Clara Dupond-Monod est une véritable conteuse et on se retrouve plongé au XIIème siècle, on s'y croirait réellement. 

Si j'ai préféré Le roi disait que j'étais diable, j'ai cependant beaucoup aimé ce livre et attend maintenant avec impatience de découvrir un autre roman de cette autrice.

Extrait :

"Ma mère entre en pays inconnu. Le vent y est gelé. Personne n'y habite. Derrière les murs hauts, elle entend des rires et des phrases, ceux des préservés. Elle aura beau s'écorcher les mains à trouver un passage, tenir et fabriquer encore des enfants, ça ne change rien. Une frontière sépare sa vie des autres vies. Elle avance parmi les mères amputées d'un petit, ombres dansantes qui psalmodient des berceuses. Désormais, ma mère connaît l'envers du monde."

samedi 6 août 2022

Les envolés - Etienne Kern

Par Ariane

Auteur : Etienne Kern

Titre : Les envolés

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 160p

Date de parution : juin 2021

 

Mon avis :

Le film dure moins de deux minutes. Images en noir et blancs, tressautantes, pas de son. On y voit un homme, moustache en guidon de vélo, poser fièrement, présenter son costume, le déployer debout sur une chaise, bras écartés, s’approcher d’une rambarde, quelques secondes d’hésitation… Il s’élance et chute. Ces images ont été filmées en 1912 et montrent Franz Reichelt, tailleur et inventeur, y faire la démonstration du parachute qu’il a inventé.

Fasciné par ces images qui font écho à des épisodes douloureux de sa vie, Etienne Kern raconte l’histoire de cet homme, mêlant faits réels et imaginaires. Il y a beaucoup de sensibilité et d’empathie dans ce portrait de Franz Reichelt, tailleur pour dames d’origine tchèque installé à Paris. Marqué par la mort de son ami Antonio Fernandez, il répond à l’appel de la ligue d’aviation qui offre un prix de 5000 francs pour l’invention d’un parachute.

J’ai aimé découvrir l’histoire de Franz Reichelt et j’ai également beaucoup aimé l’écriture de Franz Reichelt, juste, tout en finesse et sincérité. Un premier roman prometteur qui mérite amplement le succès rencontré !

 

Extrait :

« A ceux qui l'écoutaient, il parlait des nuages et des larmes, de ces mondes lointains, de toutes ces choses de la terre et du ciel que ne savent que les enfants et les fous.
Mais la plupart du temps, il ne disait rien. »

« L'expérience du vertige n’est pas la peur de tomber mais le désir de sauter. »

 

mardi 2 août 2022

Bilan de juillet (Ariane)

Par Ariane

 

J'aurais au moins écris un article en juillet ! Mais j'ai aussi profité du beau temps pour faire de belles et longues promenades, passer du temps dans la nature en famille et m'installer dans le jardin pour des soirées lecture. 

Quelques lectures pour les 68 premières fois : Les confluents d'Anne-Lise Avril, Felis silvestris d'Anouk Lejczyk et Les envolés d'Etienne Kern.

C'est toujours un vrai plaisir de retrouver le shérif Longmire, héros de Craig Johnson dans son dernier roman paru en français, Western Star. Je n'avais jamais lu Sylvie Germain et cette première lecture, avec La puissance des ombres, a été très plaisante. J'ai également passé un excellent moment avec Un océan, deux mers, trois continents de Wilfried N'Sonde.

Et je continue à lire des bandes dessinées ! Je n'ai pas lu le roman de Michel Bussi, Nymphéas noirs, mais j'ai beaucoup aimé son adaptation par Didier Cassegrain et Fred Duval. Si le nom Scarface est mythique, je n'ai par contre jamais vu le film ni lu le roman, cette adaptation par Christian de Metter a été une totale découverte. Enfin, mes dernières lectures ont abordé des événements historiques ou contemporains particulièrement difficiles : L'appel de Laurent Galandon et Dominique Mermous nous raconte le désarroi d'une mère qui découvre la radicalisation et le départ au Djihad de son fils, Waco horror de Clément Xavier et Lisa Lugrin revient sur le lynchage de Jesse Washington et l'enquête menée par Elisabeth Freeman, Sur un air de fado de Nicolas Barral nous entraîne à Lisbonne en 1968.



En ce moment je lis :


J'ai trois semaines de vacances devant moi et j'espère en profiter pour lire (et peut-être écrire quelques articles). En tout cas ma pile à lire de vacances est plus que chargée car j'ai fait le plein à la médiathèque en plus des livres qui attendaient déjà dans ma PAL, quelques-uns qu'une collègue m'a prêtés, les dernières réceptions des 68 premières fois et les petits nouveaux qu'on m'a offert pour mon anniversaire ! Pas sûre que j'arriverais à lire tout ça...  Au programme : 









 

Et vous, quel est votre programme de lectures de l'été ? 






mardi 19 juillet 2022

Le parfum des cendres

Par Ariane


Auteur : Marie Mangez

Titre : Le parfum des cendres

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Finitude

Nombre de pages : 240p

Date de parution : août 2021

 

Mon avis :

Encore une fois, les 68 premières fois m’entraînent vers des découvertes littéraires inattendues !

Sylvain est thanatopracteur, un vrai taiseux qui ne vit que pour son travail. A se demander ce qui a pu pousser ce solitaire à accepter la demande d’Alice… La jeune femme, bavarde et pleine d’entrain, étudie la thanatopraxie et va l’observer pendant quelques mois. Quelques mois pendant lesquels ces deux-là vont s’apprivoiser, se dévoiler et peut-être panser quelques blessures.

Marie Mangez aborde dans ce roman, deux thèmes passionnants et riches de significations : la mort et les sens. La mort, on la rencontre souvent en littérature. Des personnages meurent ou tuent ou subissent la perte d’un être aimé. Mais on parle rarement de ceux qui travaillent avec les morts (il y a bien Le reste de leur vie de Jean-Paul Didierlaurent, noté mais pas encore lu, ou le magnifique L’embaumeur d’Isabelle Duquesnoy… Avez-vous d’autres titres en tête ?). Quel métier étrange et fascinant que celui de thanatopracteur… Sylvain colle tout à fait avec ce que l’on pourrait imaginer. Il est solitaire, silencieux et mal à l’aise avec les vivants. Mais avec les morts, il laisse parler sa sensibilité et leur rend leur personnalité. Doux réconfort pour ceux qui les pleurent.

S’il sait si bien les comprendre, c’est qu’il possède un don. Sylvain est un nez. Pour lui chaque personne, chaque lieu, chaque objet, est une odeur ou une combinaison d’odeurs. L’odorat est un sens bien mystérieux, immatériel. Une simple odeur peut faire ressurgir des souvenirs, apaiser ou exciter. Impossible de ne pas penser au Parfum de Süskind. Mais Sylvain n'a rien d'un Grenouille. C'est tout un monde de beauté, de douceur et d'humanité qui se cache sous sa carapace. Les passages consacrés aux odeurs, aux morts dont Sylvain s’occupe, sont particulièrement beaux.

Il y a dans cette histoire tous les ingrédients d’un feel-good : des personnages attachants que tout oppose, des secrets et des blessures, des scènes amusantes, attendrissantes ou bouleversantes… Je n’aime pas dire du mal des livres, mais effectivement il fait du bien.  

Au-delà de ces aspects, ce roman nous interroge sur les éléments profonds qui sous-tendent nos choix. Qu’est-ce qui nous pousse à choisir un métier, une spécialité, un sujet de recherche ? Qu’est-ce que nos choix disent de nous ?

Je suis particulièrement sensible aux odeurs, Le parfum est l’un de mes romans préférés et le sujet de mon mémoire de recherche de master en ethnologie portait sur les rites funéraires… Alors forcément, ce roman était pour moi !