vendredi 22 janvier 2021

Là où chantent les écrevisses - Delia Owens

 Par Daphné








Auteur : Delia Owens
Titre : Là où chantent les écrevisses
Genre : roman
Langue d'origine: anglais (Etats- Unis)
Traducteur :  Marc Amfreville
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 480
Date de parution : 2020

Résumé de l'éditeur :

Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.
A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

Mon avis :

Un livre qui m'attirait déjà depuis plusieurs mois... en grande partie à cause de son titre! Et après lecture, je peux affirmer qu'il n'y a pas que le titre qui m'ait plu! 

A vrai dire, tout m'a plu : Le personnage de Kya, enfant puis jeune femme abandonnée de tous, personnage lumineux malgré l'immense solitude qui est la sienne. Le lieu, le marais si vivant dont on découvre la beauté et les secrets à travers le regard de Kya. L'écriture, si imagée, si poétique, regorgeant de belles descriptions, qui rend le livre si vivant. Et l'histoire enfin : triste, cruelle mais pourtant , parsemée de touches de beauté, d'amour, de liberté... 

Oui, il m'a plu, ce livre, véritable hymne à la nature, dénonciateur d'injustice, sombre mais lumineux à la fois. Un livre où j'ai beaucoup appris, la faune et la flore tenant lieu de véritables personnages, étant particulièrement bien intégrés à l'histoire et décrits avec un savoir certain. Un livre surprenant, émouvant, à la plume si sensible. Un très beau livre, à l'atmosphère bien particulière. Un livre que je n'avais pas envie de refermer.

Extrait :

"Un marais n’est pas un marécage. Le marais, c’est un espace de lumière, où l’herbe pousse dans l’eau, et l’eau se déverse dans le ciel. Des ruisseaux paresseux charrient le disque du soleil jusqu’à la mer, et des échassiers s’en envolent avec une grâce inattendue – comme s’ils n’étaient pas faits pour rejoindre les airs – dans le vacarme d’un millier d’oies des neiges."

mercredi 20 janvier 2021

Mercredi, c'est le jour des petits - Sacrées sorcières - Roald Dahl

 Par Daphné








Résumé de l'éditeur :

"Un enfant par semaine, cela représente cinquante-deux enfants par an. Un tour, deux tours de moulinette et hop ! ... plus d'enfant !" ATTENTION : les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire et ressemblent à n'importe qui. Mais elles ne sont pas ordinaires. Elles passent leur temps à dresser les plans les plus démoniaques et elles détestent les enfants. La grandissime sorcière les déteste plus que tout et compte bien les faire tous disparaître. Seuls un garçon et sa grand-mère peuvent l'en empêcher, mais si leur plan échoue, la grandissime sorcière va les faire frrrire comme des frrrites.

Mon avis :

L'un de mes livres préférés de Roald Dahl (petite, je les dévorais tous!), que ma fille de neuf ans a trouvé sous le sapin de Noël cette année. 

Connaissez vous les sorcières et savez vous les reconnaître ? Pas les sorcières de contes de fées, non, les vraies, celles qui veulent débarrasser le monde des enfants et que seuls quelques détails permettent de distinguer des femmes ordinaires. Ces sorcières là, le narrateur de ce livre les a connu bien malgré lui et met en garde contre elles tous les enfants du monde, car lui-même... chut, je ne vous en dirai pas plus mais il est juste bon de savoir que ce livre n'est pas n'importe quel livre et qu'une fois de plus, l'imagination, la fantaisie et l'humour de Roald Dahl emporte son lecteur dans une lecture pleine de rebondissements. 

Ma fille a d'abord fait la grimace lors des premières pages ("mais Maman, elles sont horribles, ces sorcières! Comment tu pouvais aimer ce livre quand tu étais petite ?!"), pour finalement tomber sous le charme de l'histoire et dévorer le livre entier d'un seul coup. 

Un livre tantôt drôle tantôt inquiétant, parfois philosophe et émouvant, le tout étant parfaitement dosé et adapté aux jeunes lecteurs. 

Extrait : 

"Dans les contes de fées, les sorcières portent toujours de ridicules chapeaux et des manteaux noirs, et volent à califourchon sur des balais.
Mais ce livre n’est pas un conte de fées.
Nous allons vous parler des vraies sorcières, qui vivent encore de nos jours. Ouvrez grand vos oreilles et n’oubliez jamais ce qui va suivre. C’est d’une importance capitale. Voici ce que vous devez savoir sur les vraies sorcières."

lundi 18 janvier 2021

Oublier Klara - Isabelle Autissier

Par Daphné


 






Auteur : Isabelle Autissier
Titre : Oublier Klara
Genre : roman
Editeur : Stock
Nombre de pages : 312
Date de parution : 2019

Résumé de l'éditeur :

Mourmansk, au Nord du cercle polaire. Sur son lit d’hôpital, Rubin se sait condamné. Seule une énigme le maintient en vie : alors qu’il n’était qu’un enfant, Klara, sa mère, chercheuse scientifique à l’époque de Staline, a été arrêtée sous ses yeux. Qu’est-elle devenue ? L’absence de Klara, la blessure ressentie enfant ont fait de lui un homme rude. Avec lui-même. Avec son fils Iouri. Le père devient patron de chalutier, mutique. Le fils aura les oiseaux pour compagnon et la fuite pour horizon. Iouri s’exile en Amérique, tournant la page d’une enfance meurtrie.
Mais à l’appel de son père, Iouri, désormais adulte, répond présent : ne pas oublier Klara ! Lutter contre l’Histoire, lutter contre un silence. Quel est le secret de Klara ? Peut-on conjurer le passé ?
Dans son enquête, Iouri découvrira une vérité essentielle qui unit leurs destins. Oublier Klara est une magnifique aventure humaine, traversé par une nature sauvage.


Mon avis :

Voilà un livre que j'avais repéré il y a quelques temps déjà et je ne regrette pas de l'avoir enfin lu!

Oublier Klara est l'histoire de Iouri, qui, suite à la demande de son père avec qui il n'a eu aucun contact depuis des années, cherche à savoir ce qui est arrivé à sa grand-mère, disparue à l'époque de Staline. Mais c'est aussi l'histoire de trois générations, marquées par les circonstances historiques et par un histoire transgénérationnelle lourde à porter. Iouri, comme son père, porte donc à la fois le poids d'un lourd secret de famille et celui du contexte historique. Sa grand-mère, Klara n'est jamais revenue du goulag dans lequel elle a été déportée et son père, Rubin, après une enfance solitaire, a infligé à son fils une violence et un mépris tel que leur relation en pâtira à jamais. Trois générations, trois personnages, trois destins différents mais étroitement liés. Trois passions également, que ce soit celle de la science, de la mer ou des oiseaux, qui, d'une certaine manière, sauveront chacun des personnages. 

Mis à part le fait que l'histoire du livre en elle-même est prenante, deux aspects principaux font, d'après moi, toute la richesse de ce livre : il y a d'abord l'aspect historique, particulièrement bien décrit. Ce livre nous plonge en plein cœur des heures sombres de la Russie, nous dépeignant parfaitement la peur, la trahison, les goulags... Plus qu'on ne le lit, on ressent tout à fait l'ambiance régnant sous le régime stalinien. Outre le côté historique, l'aspect visuel est aussi particulièrement bien développé. Que ce soit au nord du cercle polaire, dans le froid sibérien des goulags, dans l'île glacée de l'océan arctique ou en pleine mer lors d'une campagne de pêche, on visualise tout à fait les lieux, tout aussi différents soient-ils, et l'on s'y croirait presque. 

Un livre où se côtoient la dureté de l'Histoire et la complexité des liens familiaux et des transmissions mais aussi les oiseaux et la pêche en mer, la violence de la Russie stalinienne mais aussi la joie et la simplicité d'un peuple autochtone de l'Arctique. Un livre où j'ai beaucoup appris, une belle découverte!

Extrait :

"Il en savait assez pour se représenter les personnages de sa légende familiale : une grand-mère énergique et sensible jusqu’à l’imprudence ; un grand-père aimant , mais faible et veule ; un père tenu de se battre dont la brutalité avait dévoré la vie, une mère inexistante qui s’était dévolue aux objets, puisque les être la des sauvé. Et au final lui, Youri, dont l’enfance avait été imprégnée de ces espoirs, de ces combats, de ces renoncements. Un destin identique à celui de millions de famille tourmentée par les soubresauts de l’histoire, qui cachaient un cadavre dans le placard, croyant ainsi se faciliter la vie."

samedi 16 janvier 2021

Apeirogon - Colum Mc Cann

Par Ariane


Auteur : Colum McCann

Titre : Apeirogon

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Irlande)

Traducteur : Clément Baude

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 512p

Date de parution : août 2020

 

Mon avis :

Apeirogon… Savez-vous ce que c’est ? Si j’en crois Wikipedia,« En géométrie, un apeirogon ou polygone infini est un polygone généralisé avec un nombre infini de côtés. Les apeirogons sont le cas bidimensionnel des polytopes infinis. »… Me voilà bien avancés… J’ai un esprit totalement incapable de comprendre les mathématiques… Un nombre infini de côté, une multitude de facettes impossibles à isoler. C’est ce que je comprends. Approprié.

C’est un roman exigeant, polymorphe, inextricable. Autant que le conflit dont il est ici question. Colum McCann l’aborde à travers une construction déstabilisante, une succession rapide de sections, 1001 exactement. Considérations historiques, politiques, ornithologiques,… mêlées au récit de l’histoire de Rami et Bassam. Deux hommes, l’un israélien, l’autre palestinien. Deux pères qui ont perdu un enfant victime de la violence qui ronge leurs peuples depuis des décennies. Unis dans leur combat pour la paix, dans leur espoir d’un monde sans violence, sans tuerie, sans enfant assassiné.

Un livre complexe, difficile à appréhender, douloureux, mais nécessaire et inoubliable.

 

Extraits

« Si vous divisez la mort par la vie, vous obtenez un cercle. »

« Bassam et Rami en vinrent à comprendre qu’ils se serviraient de la force de leur chagrin comme d’une arme. »

« La balle qui tua Abir parcourut l’air sur quinze mètres avant de percuter l’arrière de sa tête, broyant les os du crâne comme ceux d’un petit ortolan.
Elle était allée à l’épicerie acheter des bonbons. »

 


 

mardi 12 janvier 2021

On ne touche pas - Ketty Rouf

Par Ariane

 


Auteur : Ketty Rouf

Titre : On ne touche pas

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 240p

Date de parution : août 2020

 

Mon avis :

Prof de philo dans un lycée de banlieue le jour, stripteaseuse dans un club parisien la nuit… La vie de Joséphine est un grand écart entre deux extrêmes. Engluée dans un quotidien morne, désabusée par un métier auquel elle ne croit plus, les cours d’effeuillage de vendredi soir sont ses seuls moments de détente. Pendant quelques heures, elle se concentre sur son corps, elle se sent femme et belle. Un peu par défi, elle se fait engager par un club de striptease et entame une double vie.

On ne touche pas… La phrase peut s’entendre de différentes façons… C’est le « on ne touche pas » du club de striptease où seuls les regards se touchent. Là, Joséphine est toute puissante. Oubliée la femme faible, effacées les humiliations et les déceptions… Joséphine reprend confiance en elle, quelque chose se noue entre la femme qui danse et les hommes qui la regardent ?

On ne touche pas… Cette phrase s’applique aussi au quotidien diurne de Joséphine. Les élèves sont intouchables. Au sens propre du terme. Les mauvais comportements ne sont pas sanctionnés, les profs subissent humiliations et insultes, sans que la direction ou l’inspection les soutienne. Même les mots et les idées ne les touchent pas… A moins que…

Encore un roman que je n’aurai probablement pas lu sans les conseils d’une libraire. A priori le sujet ne m’intéressait pas vraiment, mais j’ai beaucoup aimé les différents thèmes abordés par l’autrice. Des thèmes apparemment inconciliables, mais particulièrement bien traités ici. Finalement elle nous parle de la place de la femme, du corps de la femme, de l’image de la femme.

Une belle surprise !

lundi 11 janvier 2021

Les lois naturelles de l’enfant - Céline Alvarez

 Par Daphné





Résumé de l'éditeur :

L'auteure présente l'expérience pilote menée à l'école maternelle de Gennevilliers de 2011 à 2014 et s'appuyant sur les travaux de Maria Montessori et sur des apports des sciences cognitives et de la linguistique. Elle partage également les outils mis au point pour une approche de l'éducation à partir des lois naturelles de l'enfant.

Mon avis :

si vous êtes enseignant en maternelle ou/et si vous vous intéressez aux pédagogies dites alternatives, alors vous connaissez probablement le nom de Céline Alvarez. Et si ce n'est pas le cas... et bien, je vous invite à la lire! Pour ma part, si je connaissais déjà plus ou moins les grandes lignes de son étude menée dans une école maternelle  je n'avais cependant jamais encore lu un de ses livres en détails. Et il est bien dommage que je ne l'ai pas fait avant tant il m'a intéressée. 

Céline Alvarez, enseignante,  a donc pu obtenir trois ans de "test" dans une école maternelle de Genevilliers où elle a pu mette en oeuvre les méthodes éducatives en lesquelles elle croyait plutôt que celles enseignées d’ordinaire dans les écoles. S'appuyant sur les neurosciences et souvent sur la pédagogie Montessori, elle a complètement transformé cette classe où les enfants ont pu apprendre à leur rythme, se sont entraidés tout au long de ces trois années et ont énormément progressé. Dans ce livre, elle nous explique son approche, la manière dont elle s'y est prise, les moyens dont elle a pu bénéficier, les progrès de ses élèves, le plaisir qu'ils ont eu à aller à l'école et à apprendre. 

Je sais que l'expérience de Céline Alvarez fait polémique parmi les enseignants, certains admirant son travail et d’autres lui reprochant un certain nombre de choses. Pour ma part, étant souvent moi même à "contre courant", j'aime découvrir des alternatives à des choses souvent considérées comme acquises... telles que l'enseignement, justement! Si je en suis pas enseignante, j'ai cependant des enfants et je considère un certain nombre de choses à l'école comme très problématique et allant à l'encontre du développement naturel de l'enfant. Aussi ce livre m'a t-il particulièrement intéressée. Comme Céline Alvarez, je crois en une scolarité  autre que celle qui existe actuellement. Mes filles, en maternelle, ont eu la chance d'avoir une enseignante qui, si elle n'avais pas dans sa classe les moyens obtenus par Céline Alvarez, avait cependant la motivation d'enseigner d'une manière quelque peu différente et j'ai trouvé que cela changeait tout... 

Un livre très intéressant que l'on soit ou non enseignant, plein de bienveillance envers les enfants. A mettre entre toutes les mains!

Extrait :

"Nos enfants sont doués, extraordinaires et uniques. Et si notre école n'est pas capable de mettre un genou à terre et de servir l'expression de cette humanité naissante, alors elle se prépare à de grandes difficultés. Car l'être humain ne peut plus attendre, ses potentiels doivent maintenant être libérés et rayonner de leur pleine puissance."