mercredi 25 avril 2018

Mercredi, c'est le jour des petits - Au fil des émotions - Cristina Nunez Pereira et Rafael R. Valcarcel

Par Daphné
















 Résumé :

 Mettre des mots justes sur ce que l'on ressent, comprendre ses émotions et celles des autres n'est pas chose facile. Ce livre unique en son genre y invite votre enfant. Avec respect, délicatesse et empathie, il propose 42 émotions illustrées, finement décrites et mises en relation les unes avec les autres, pour que chacun les accueille en toute sérénité.




Mon avis :

Pour son anniversaire en janvier, j'ai longuement cherché pour ma fille de quatre ans un livre sur les émotions. Nous avions déjà sur ce même thème La couleur des émotions, un livre que mes filles et moi aimons beaucoup toutes les trois mais je cherchais cette fois un livre où de plus nombreuses émotions étaient répertoriées. Me voilà servie avec celui-ci qui présente en tout 42 émotions!

Les émotions sont ici mises en lien les unes avec les autres de manière particulièrement juste et subtile. Chaque double-page présente une émotion différente, laquelle est à chaque fois illustrée par un dessinateur différent ce qui ajoute grandement au charme du livre. Ces illustrations sont par ailleurs très belles et très parlantes!

 Le texte est très clair et explique chaque émotion en se mettant à la hauteur de l'enfant. il donne des exemples de la vie quotidienne à l'enfant afin que celui-ci puisse bien comprendre l'émotion en question et chaque émotion renvoie à une autre qui nous est alors présentée sur la double page suivante. L'enfant comprend ainsi qu'il est tout à fait normal de ressentir plusieurs émotions en peu de temps et que l'on peut facilement passer de l'une à l'autre. Les émotions s'accordent ou s'opposent, se rejoignent, se complètent. C'est simple, beau et poétique et cela permet à l'enfant de se sentir accompagné dans ses émotions, de les comprendre et de les apprivoiser. 

Ce livre peut se lire de plusieurs manières que ce soit, classiquement, page après page, dans une sorte de parcours émotionnel ou en lisant une page en fonction de ce que ressent l'enfant. 

Un très beau livre que je conseille à tous, petits et grands! 




Extrait :

« La nostalgie provoque un vide dans notre cœur et, presque au même moment, l’arrose de gouttelettes de peine."

" Certains disent que la jalousie et l'envie sont la même chose mais ce n'est pas exact. Ces deux émotions vont pourtant de pair, elles se mélangent et s'avivent mutuellement. Ce sont des parasites qui dévorent ta joie."

"La gratitude est l'âme du mot "merci". " 

"La stupéfaction nous apprend que le monde est u univers à découvrir, qu'il y a de la place pour l'inconnu, la magie. Elle nous rappelle que nous sommes entourés de choses et de personnes fascinantes".

"La tristesse est un voile qui ternit la vie et l'habille de gris."

"De toutes les émotions, l'amour est peut-être la plus contradictoire. L'amour peut provoquer un immense sourire ou un torrent de larmes."







 

lundi 23 avril 2018

Les funambules de l'indifférence - Michel Diserens

Par Daphné
















Auteur : Michel diserens
Titre : les funambules de l'indifférence

Genre : roman
Langue d’origine : français (suisse)
Editeur : Plaisir de lire
Nombre de pages : 257
Date de parution : 2012

Résumé de l'éditeur :

 Bucaramanga, Colombie : ici, la misère, la drogue et le terrorisme touchent de plein fouet les enfants des rues, appelés aussi « gamines ». C’est là aussi que Nolberto, ancien gamin, se démène sans compter pour faire tourner une institution sociale, soutenue par une organisation humanitaire suisse. L’objectif : offrir un toit et une formation à ceux qui vivent entre la petite délinquance et la drogue, mais surtout dans la peur de se faire arrêter par une police peu compatissante. Giovanna, jeune Suissesse chargée de vérifier les comptes de l’institution, se rend sur place pour faire le bilan et rencontrer Nolberto, le directeur. Grâce à lui, elle va alors plonger dans l’univers de ces « gamines », sensibles, méfiants et dont l’enfance a été largement sacrifiée. Elle comprendra aussi pourquoi il n’est pas si simple de quitter la rue, cet espace de liberté totale qu’il faut abandonner pour rentrer dans le rang…


Mon avis :

Les funambules de l'indifférence, ce sont les gamines de Colombie, ces enfants de la rue, si nombreux, qui vivent dans la misère et la violence. Nolberto, le héros de ce livre a été lui aussi un gamin et consacre désormais son temps à faire vivre une fondation qui accueille les enfants et les sort de la rue. Un jour, Giovanna, une jeune femme le rencontre pour vérifier les comptes de la fondation et, par le biais de Nolberto apprend à mieux connaitre les gamines et la manière dont s'y prend Noberto pour leur venir en aide.

Le sujet gamines de Colombie, dont on a beaucoup parlé dans les années 90  est malheureusement toujours d'actualité. J'ai été très touchée et intéressée par l'histoire de ces enfants et la manière dont Nolberto parle d'eux à Giovanna. L'histoire de la Colombie, pays où règnent la corruption, la drogue, la prostitution et la misère mais qui présentent également des aspects dont ses habitants sont fiers, est très bien retranscrite dans ce livre, le lecteur ressentant au fil des pages l'atmosphère dans laquelle vit Nolberto. 

J'ai en revanche, été moins attirée par l'histoire d'amour trop prévisible et trop rapide entre Nolberto et Giovanna. Si cette histoire m'a presque paru de trop, ou tout du moins, plutôt inutile à la trame principale, il n'en reste pas moins qu'elle a le mérite d'ajouter une touche optimiste au livre. 

Ce livre, aux allures mi-documentaire, mi-romanesque, est un bel hommage aux gamines de Colombie mais aussi à ce pays sur lequel on lit peu de choses et qui, l'auteur nous le rappelle, a aussi, malgré la misère et la corruption, de beaux côtés.

Extrait :

" Il n'y avait guère plus de sept ou huit ans de cela, mes petits camarades et moi, alors que nous étions livrés à nous-mêmes dans les rues de Bogotá -la capitale- , nous nous mettions chaque soir en quête d'un nouvel abris pour la nuit. Une fois installés soue des cartons, des sacs plastique, ou  tout ce qui nous tombait sous la main et pouvait faire office de couverture, l'un d'entre nous, à tour de rôle, devait endosser la responsabilité de faire le guet. Lorsque j'étais de faction, j'étais capable de distinguer le bruit de la respiration de chacun et je savais lorsque l'un d'eux n'arrivait pas à trouver le sommeil. Nous nous gardions de parler pour ne pas être repérés par la police ou pire par les "justicieros", ces milices qui visaient à instaurer la "pureté sociale" en massacrant les marginaux : clochards, homosexuels et autres gamines comme nous. Une nuit, il y eut une immense rafle dans le quartier. Plusieurs de mes jeunes amis furent victimes du rapt. Les" justicieros" prétendirent que c'était pour le bien de la nation, pour notre bien à tous. Je ne revis aucun de me camarades".

mercredi 18 avril 2018

La chouette qui avait peur du noir - Jill Tomlinson

Par Ariane

Auteur : Jill Tomlinson
Illustrateur : Susan Hellard
Editeur : Gallimard jeunesse
Nombre de pages : 96p

Présentation de l'éditeur : 
Plop, la petite chouette effraie, habite avec ses parents en haut d’un grand arbre. Elle ressemble à toutes les petites chouettes sauf sur un point : Plop a peur de la nuit. Elle reste donc au nid lorsque ses parents partent chasser et se réveille le jour pleine d’entrain. Curieuse, elle descend de l'arbre où elle est perchée et fait d'étonnantes rencontres. La petite chouette va-t-elle se laisser convaincre de devenir un oiseau de nuit?

Mon avis :
Plop est une petite chouette effraie un peu particulière, et pour cause elle a peur du noir et veut être un oiseau de jour. Mais plusieurs rencontres vont aider la petite chouette à apprivoiser ses peurs.
J'ai trouvé très sympathique cette petite chouette dynamique et originale. L'histoire de Plop revisite l'angoisse bien commune du noir et présente aux enfants tous les aspects magiques de la nuit. La lecture est aisée et rapide, rythmée par de courts chapitres correspondant à un nouveau jour et une nouvelle rencontre pour Plop. 
Un petit roman très sympa pour les lecteurs de 7/8 ans. 

L'avis de Sophia :
C'est une chouette qui s'appelle Plop et qui a peur de la nuit, alors elle est toujours éveillée la journée et ça embête ses parents. Elle a rencontré des gens et des animaux qui lui disaient d'aimer la nuit, que la nuit c'est beau, c'est utile, c'est merveilleux, amusant. Après elle a bien aimé la nuit et elle n'avait plus peur.
C'est une histoire pour apprendre à ne plus avoir peur de la nuit, moi j'ai un peu peur, heureusement que je ne suis pas une chouette ! J'ai aimé quand elle rencontre le chat, parce qu'elle a un ami pour la nuit.

samedi 14 avril 2018

L'enfant perdue - Elena Ferrante

Par Ariane


Auteur : Elena Ferrante
Titre : L’enfant perdue
Genre : roman
Langue d’origine : italien
Traducteur : Elsa Damien
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 560p
Date de parution : janvier 2018

Présentation de l’éditeur :
À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d’informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Car elle s’affirme comme une auteure importante et l’écriture l’occupe de plus en plus, au détriment de l’éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.
L’histoire d’Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d’une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix.
Après avoir embrassé soixante ans d’histoire des deux femmes, de Naples et de toute l’Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L’enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu’on n’oublie pas.

Mon avis :
Il m’aura fallu m’armer de patience avant de pouvoir lire enfin le dernier tome de la saga d’Elena Ferrante. Après chaque roman, j’ai attendu impatiemment le suivant. Patience encore jusqu’à l’arrivée sur les rayons de la bibliothèque, et plus encore avant qu’il soit enfin disponible !
Nous retrouvons Elena et Lila, à la fin des années 70. Elena a quitté Pietro, son mari, pour rejoindre Nino son amour de toujours, tandis que Lila a regagné le quartier et a créé une entreprise d’informatique avec Enzo, son compagnon.
Autant le dire tout de suite, j’ai moins aimé ce roman que les précédents. Déjà, je n’ai pas du tout adhéré à l’histoire d’Elena et de Nino. Or, leur histoire occupe un bon tiers du roman. Nino est un personnage assez méprisable, le lecteur s’en rend vite compte et l’aveuglement d’Elena est très vite agaçant. Comment une femme aussi brillante et talentueuse, peut se laisser dominer ainsi par un homme qui au final n’est qu’esbroufe ? Comment peut-elle perdre à ce point la tête ? Comment peut-elle prendre des décisions aussi irrationnelles ? Comment peut-elle être si égoïste et négliger à ce point ses filles ? Je n’ai pas compris les décisions d’Elena, ni sa passion folle et cela m’a empêchée d’éprouver autant d’empathie et de sympathie pour elle que dans les autres romans.
Mais passé cette période, j’ai retrouvé avec plaisir ce qui m’avait tant plu auparavant, l’ambiance et les intrigues du quartier, les multiples personnages aux destins enchevêtrés et surtout l’amitié profonde autant que complexe d’Elena et Lila. Elena Ferrante sait entraîner son lecteur à sa suite, donner vie à ceux qu’elle a imaginé, recréer le quartier, la ville. C’est un vrai plaisir de la lire.
Toutefois, j’ai trouvé que tout allait trop vite. Alors que l’histoire se déroule sur un rythme relativement lent dans les premiers tomes, ici tout s’accélère. Et alors que les trente premières années des filles étaient découpées en trois romans, un seul suffit pour les 30 suivantes. En fait, le livre couvre principalement quelques années et ce sont surtout les 25 dernières années qui sont racontées en un court chapitre en une succession d’éléments factuels, « en telle année ceci, en telle année cela ». Cette accélération m’a déplu, cela m’a donné l’impression que passé un certain âge, la vie n’était plus intéressante à raconter. Et puis surtout, j’aurai aimé suivre les filles plus longtemps.
Comme Daphné, j’ai remarqué que la perte était au cœur de ce roman. La perte des illusions de la jeunesse, la perte de l’amour, la perte de ceux qu’on aime, la perte de l’amitié,… C’est touchant, troublant, parfois poignant. Alors que les premiers romans étaient emplis de lumière et d’espoir, celui est plus sombre, plus triste, plus profond peut-être.  
Je regrette de quitter Elena, Lila et les habitants du quartier, mais j’aurai aimé les quitter sur une lecture un peu plus positive.

Extrait :
« J'eus du mal à accepter la mort de ma mère. Même si je ne versai pas une larme, j'éprouvai une douleur qui dura longtemps et qui peut-être n'a jamais vraiment disparu. Je l'avais trouvée insensible et vulgaire, je l'avais crainte et fuie. Mais juste après son enterrement, je me sentis comme quand il se met brusquement à pleuvoir, qu'on regarde autour de soi et qu'on ne trouve pas d'endroit où s'abriter. »
« C’était toujours la même chose. Cette histoire de renaissance suscitait des espoirs avant de les anéantir, et ceux-ci n’étaient bientôt plus qu’une croûte par-dessus d’autres vieilles croûtes. »
 «Etre né dans cette ville - écrivis-je même une fois, ne pensant pas à moi mais au pessimisme de Lila - ne sert qu'à une chose : savoir depuis toujours, presque d'instinct, ce qu'aujourd'hui tout le monde commence à soutenir avec mille nuances : le rêve du progrès sans limites est, en réalité, un cauchemar rempli de férocité et de mort. » 

Les avis de Daphné, Eva, Alex,

vendredi 13 avril 2018

La scène des souvenirs -Kate Morton

Par Daphné



















Auteur : Kate Morton
Titre : La scène des souvenirs
Genre : roman
Langue d’origine : anglais (Australie)
Traducteur : Anne-Sylvie Homassel
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 696
Date de parution : 2014



Présentation de l’éditeur :

Suffolk, 2011. La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend au chevet de sa mère mourante. Alors qu’elles parcourent ensemble un album de famille, une photo s’en échappe – un instantané que Laurel n’a jamais vu. L’une des deux jeunes femmes est bien sa mère, Dorothy, mais l’autre ? Sans s’en douter, Laurel vient d’ouvrir la boîte de Pandore, libérant les secrets, et les souvenirs. Ceux de Dorothy, qui dorment sous les décombres des bombardements londoniens de 1941, mais aussi les siens – ce terrible et brûlant été de son enfance…

Mon avis :

Encore un livre de Kate Morton ! Oui, oui, il semblerait qu'Ariane et moi sommes parties pour tous les lire. Même si le premier que j'ai lu Le jardin des secrets reste mon préféré et qu'après voir refermé chaque autre livre de Kate Morton, je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe de déception à côté de celui-ci, il n'en reste pas moins que j’apprécie cette auteur.

Je crois que ce que j'aime le plus dans les romans de cette auteur est la manière dont ils sont construits avec une alternance entre les époques et les histoires des personnages. 

Nous faisons ici la connaissance de Laurel, une actrice célèbre, qui lorsqu'elle se rend au chevet de sa mère, mourante, se souvient d'une scène terrible à laquelle elle a assisté des années plus tôt et décide alors de percer les secrets de sa mère.

Malgré quelques longueurs et le fait d'avoir compris la fin un peu trop tôt à mon goût, j'ai bien aimé ce roman qui nous plonge en plein blitz au milieu de personnages pas toujours sympathiques mais dont la psychologie est intéressante. 

Comme dans ses autres livres, Kate Morton s'attache ici aux secrets  du passé, à la manière dont ceux-ci altèrent le présent, aux relations entre les différents membres d'une famille.

Une lecture plaisante mais je crois malheureusement qu'il ne me reste pas d’autres livres de cette auteur à découvrir. J'attends donc sa prochaine publication!



Extrait :

"Curieuse sensation que de se retrouver dans ce refuge si riche de souvenirs d'enfance, d'y croiser le regard de son visage adulte et creusé de rides. Comme Alice tombant dans le terrier du lapin - ou plutôt, y retombant, cinquante ans plus tard, et se rendant compte qu'elle était la seule à avoir changé."


lundi 9 avril 2018

La muette - Chahdortt Djavann

Par Daphné















Résumé de l'éditeur :

L'amour fusionnel d'une adolescente pour sa tante muette, l'amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l'Iran des mollahs. Chahdortt Djavann fait un récit court, incisif et dénué de tout artifice. Écrite dans un cahier, par une adolescente de 15 ans en prison, La Muette est une histoire qu' on n'oublie pas.

Mon avis :


Voici un livre qui se lit très rapidement mais avec une grande intensité. Dénonçant la condition de vie des femmes aux prises du fanatisme religieux en Iran, ce livre m'a fait penser à Bilqiss, ouvrage que j'avais beaucoup apprécié. Comme dans Bilqiss,  la voix d'une adolescente condamnée à mort écrivant son journal, peut représenter les voix étouffées de milliers de femmes opprimées à travers le monde. 

Histoire d'oppression mais aussi de rébellion à travers le personnage de la muette, la tante de la jeune Fatameh. Sans jamais prononcer un mot, celle-ci pousse pourtant un remarquable cri de révolte mais aussi d'amour. 

Porté par la voix blessée, écorchée et bouleversante d'une adolescente qui n'a plus que quelques jours à vivre, ce livre est beau, poignant et n'a pu que me faire frémir devant tant d'horreurs commises contre ces femmes dont le quotidien n'est qu'oppression et in justice.


Un livre particulièrement marquant, très dur mais à lire. 

Extrait :

"Tout est silence dans cette cellule et je n’entends que les battements de mon cœur, les démons du passé s’élancent sur moi, j’ai peur, j’étouffe, je ne veux pas mourir avec cette haine qui me transperce et me ravage, je ne veux pas être pendue avec cette souffrance secrète que j’ai dû supporter. Je ne veux pas l’emporter avec moi dans la tombe, je veux mourir en paix, délivrée, je dois épuiser ma souffrance dans cette cellule, je dois enregistrer ma haine dans ce cahier. "








samedi 7 avril 2018

Churchill m'a menti - Caroline Grimm


Par Ariane

Auteur : Caroline Grimm
Titre : Churchill m’a menti
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 276p
Date de parution : octobre 2014

Présentation de l’éditeur :
Churchill m’a menti c’est une histoire vraie et oubliée. Celle de l’île de Jersey, abandonnée par Churchill en juin 1940, envahie par les Allemands deux mois plus tard. Comment vont survivre les habitants de l’île livrés à l’ennemi ? Pour qui les nazis font-ils construire les seuls camps de concentration de l’Europe de l’Ouest ? Des centaines de Français y seront déportés. Pourquoi Churchill n’en a-t-il jamais parlé ? Ces années de lutte, Caroline Grimm les raconte en suivant le quotidien palpitant de personnages qui n’ont eu d’autre choix que de collaborer avec l’ennemi ou de résister. Un roman passionnant et bouleversant sur un chapitre ignoré de la Seconde Guerre mondiale.

Mon avis :
J’ai découvert une facette moins reluisante de Churchill avec la lecture de La salle de bal d’Anna Hope. C’est Nicole qui m’a suggéré de lire Churchill m’a menti, roman racontant la vie sur l’île de Jersey pendant la Seconde Guerre Mondiale et le total abandon dans lequel Churchill a laissé les habitants des îles.
Je suis étonnée de voir que malgré tout ce qui a été écrit, filmé et dit sur cette période, il reste encore des zones d’ombre. J’ai été très intéressée par ce que j’ai appris sur l’occupation des îles, les camps de concentration qui  y ont été installés et le sacrifice délibéré des habitants. Churchill a fait le choix d’abandonner les îles pour mieux se concentrer sur la défense de l’Angleterre. Choix réaliste peut-être, mais ô combien douloureux pour les habitants de Jersey !
Outre l’Histoire il y a aussi les histoires, celles des femmes, des hommes et des enfants de l’île. Cette période sera pour certains d’entre eux l’occasion de se révéler, en bien ou en mal. D’autres ne pourront jamais se défaire de l’image qui leur a été attribuée à tort parfois, du rôle que l’on croit qu’ils ont joué et qui est parfois bien loin de la réalité. Caroline Grimm donne vie à ces personnages fictifs mais très réalistes, tout en s’inscrivant elle-même dans l’histoire par ses recherches et son histoire familiale.
Un roman agréable à lire et instructif, cela fait passer un bon moment ! Je vous le recommande donc.

Extrait :
« Et le pire, c'est qu'il ne vient à l'idée de personne de résister. Il faut être fort pour désobéir, il faut pouvoir compter sur tous ses muscles, tous ses sens, il faut pouvoir réfléchir. Personne ne peut s'évader, personne n'y songe, même. »

«J’enrage de notre impuissance.
Il est vrai aussi que, comme tout militaire de carrière, j’ai appris qu’il vaut mieux sacrifier cent hommes pour en sauver mille. Facile à dire quand on est du bon côté. »

L'avis de Nicole