mardi 18 septembre 2018

Le mystère Croatoan - José Carlos Somoza

Par Ariane


Auteur : José Carlos Somoza

Titre : Le mystère Croatoan

Genre : roman

Langue d’origine : espagnol

Traducteur : Marianne Millon

Editeur : Actes sud

Nombre de pages : 416p

Date de parution : janvier 2018

Présentation de l’éditeur :

Une jeune éthologue reçoit un e-mail de son ancien mentor, qui dirigea le laboratoire dans lequel elle étudie le comportement des espèces animales. Si ce message, composé du seul mot “Croatoan”, est en soi énigma­tique, le plus troublant est qu’il provient d’un homme qui s’est donné la mort deux ans plus tôt après une grave dépression.
L’envoi posthume survient quand le monde est en proie à d’inquiétants bouleversements. Plusieurs espèces semblent avoir été frappées par un attentat biologique : des colonies d’invertébrés et d’humains rampent et marchent, inexorablement unis comme en un seul corps, à travers villes et forêts. Aucun obstacle ne leur résiste, toute vie qui croise leur chemin est assimilée ou détruite.
Les informations confidentielles que le scientifique a cryptées à l’intention de ses proches conduisent à l’épicentre de ce drame, le laboratoire d’éthologie vers lequel, très vite, tous convergent. Parviendront-ils à l’atteindre ? Et pourront-ils changer le cours de ces ter­ribles événements qui semblent signer la disparition de toute forme de civilisation ?
Écologie, terrorisme et manifestations de masse constituent les piliers de ce roman mystérieux et horrifique qui signe le grand retour de l’auteur de La Caverne des idées et de La Théorie des cordes.



Mon avis :

Lors de sa parution en début d’année j’ai tout de suite eu envie de lire ce livre. Le titre, faisant référence à un épisode mystérieux de l’histoire américaine, était intriguant tout comme le résumé. Mais... pfff !

Tout commence plutôt bien avec une jeune éthologue sympathique, un message mystérieux et des évènements inexpliqués sur toute la planète. Le rythme est soutenu sans être trop rapide, divers personnages apparaissent et prennent leur place dans l’intrigue, les questions se multiplient, bref tout se passe bien. Mais rapidement, les choses se gâtent.

La situation devient de plus en plus chaotique jusqu’au ridicule, les descriptions du comportement erratique des animaux et des humains sont grotesques (des centaines d’humains et d’animaux unis les uns aux autres et formant une nouvelle créature rampante et dévastant tout sur son passage, une vague de terre créée par les lombrics et autres invertébrés souterrains déferlant telle un tsunami,…) et les réactions des personnages tout aussi ridicules. Je n’ai aucune connaissance en éthologie, mais l’explication avancée pour expliquer ces dérèglements est plus que tirée par les cheveux. Le résultat est à mi-chemin entre La nuit des morts vivants et Phénomènes (le film de Shyamalan), c'est absurde et certaines scènes frôlent le gore.

Au final, un roman sans intérêt qui sera vite oublié. Et au final rien à voir avec le mystère de Roanoke.



Extrait :

« L'immense être se déplace, polychrome et changeant comme un kaléidoscope absurde. Une sorte de dieu aztèque, un Quetzacóalt silencieux et confiant qui tordrait ses anneaux pourpres vers le ciel. Le gris de l'aube colore les centaines de millions de petites ailes aux formes variées qui la composent. On dirait un rêve, songe Carmela, une hallucination flottante dans un monde de LSD. »

lundi 17 septembre 2018

Une rivière sur la lune - Barbara Kingsolver

Par Daphné













Auteur:  Barbara Kingsolver
Titre: Une rivière sous la lune
Genre: roman
Langue d'origine: anglais (États-Unis)
Traducteur: Guillemette Belleteste
Éditeur: Payot et Rivages


Résumé de l'éditeur :

Codi revient à Grace, petite ville de l'Arizona où elle a grandi, pour s'occuper de son père malade. Dès son arrivée, elle est confrontée à l'absence de sa sueur, engagée dans une action humanitaire dans un Nicaragua à feu et à sang. Presque malgré elle, Codi va participer à la lutte que mènent les habitants de Grace contre une société minière qui menace l'équilibre écologique de la région. Le retour de Codi dans sa ville natale sera aussi l'occasion de renouer avec des souvenirs d'enfance, d'autant plus flous qu'un double drame personnel a contribué à en effacer les contours.

Mon avis :

Le mois dernier, je me suis replongé dans certains livres de Barbara Kingsolver, mon auteure préférée... dont celui-ci.

Codi revient à Grace, sa ville natale pour veiller sur son père, atteint de la maladie d’Alzheimer avec lequel elle entretient des rapports lointains et compliqués. A l'inverse, elle entretient des rapports quasi fusionnels avec sa sœur, Hallie qui est partie en humanitaire au Nicaragua et dont elle est, pour la première fois, véritablement séparée. En retournant à Grace, Codi va devoir affronter un passé qu’elle a tout fait pour oublier et va se retrouver confrontée à l'écosystème bouleversé d'une rivière polluée.

On retrouve dans ce livre les thèmes de l'écologie et des coutumes indiennes, si cher à Barbara Kingsolver. Si la pollution de la rivière à laquelle Codi tente de sensibiliser ses élèves n'est pas le thème principal du livre mais est plutôt utilisée en toile de fond, elle sert néanmoins à l'auteure à dénoncer un système et une société de consommation destructeurs et irrespectueux de l'environnement. 

Codi a passé beaucoup de temps à fuir : fuir ses souvenirs, fuir sa ville natale, fuir son père... En revenant à Grace, elle se retrouve confrontée à ses propres choix, à la vie qu'elle a voulu fuir. Et c'est aussi cela dont il est question dans ce livre : de l'importance des choix, de la manière dont on voit le monde et dont on décide d'y vivre, de la différence de perception des gens par rapport à leur manière de voir le choses... 

Ce livre insiste sur les contrastes : contraste entre la manière d’être de Codi et de sa sœur, Hallie, contraste entre le lien si fort qui les lie et la distance de leur relation avec leur père, contraste entre la mémoire que Codi retrouve alors que celle de son père disparaît... 

Une fois de plus, il en résulte un très beau livre à la plume sensible et généreuse, une plume qui sait toujours m'émouvoir. Ce livre n'est pas celui de Barbara Kingsolver que je préfère mais il tient quand même une place bien à part dans mon cœur et dans ma bibliothèque!

Extrait :

"Une fois Hallie m'avait fait remarquer que les gens s'inquiétaient beaucoup plus de l'éternité après leur mort que de celle qui avait précédée leur naissance. mais , c'était la même quantité d'infini qui se déroulait dans toutes les directions à partir de là où nous étions ...."

samedi 15 septembre 2018

Mal de pierres - Milena Agus

Par Ariane


Auteur : Milena Agus

Titre : Mal de pierres

Genre : roman

Langue d’origine : italien

Traducteur : Dominique Vittoz

Editeur : Liane Levi

Nombre de pages : 128p

Date de parution : janvier 2007

Présentation de l’éditeur :

Entourée de jeunes hommes qui pourraient demander sa main, l’héroïne tarde pourtant à trouver un mari car elle rêve de l’amour idéal. À trente ans, elle est déjà considérée une vieille fille par les siens, dans une Sardaigne qui connaît les affres de la Seconde Guerre mondiale… Et lorsqu’elle conclut une union très attendue, c’est en affirmant haut et fort que ce n’est pas par amour mais par raison. Comme son unique enfant, l’amour se fera attendre. Elle finira par le rencontrer sur le Continent, lors d’une cure thermale destinée à guérir son «mal de pierres», des calculs rénaux, mais qui aura raison aussi de son «mal d’amour». À sa petite-fille, elle racontera quelques décennies plus tard ses émotions, ses cheminements, tout en laissant des zones d’ombres. La vérité ne se recomposera que longtemps plus tard, de façon inattendue, lorsque la dernière pièce du puzzle se retrouvera entre les mains de la narratrice. Mais quelle est au juste la vérité?



Mon avis :

C’est l’histoire d’une jeune sarde, belle et passionnée, dont le tempérament ardent effraie les éventuels prétendants. A l’âge où tout espoir de mariage semble désormais illusoire, elle rencontre un veuf plus âgé qu’elle se résout à épouser, affirmant qu’elle ne l’aimera jamais. Qu’importe, lui non plus ne cherche pas l’amour. Ne pouvant lui donner d’enfants à cause des calculs rénaux qui la font souffrir, elle est envoyée en cure pour soigner ce mal de pierres. Là elle fera la connaissance d’un homme, marié, rescapé de la guerre mais devenu infirme. La passion ressurgit. C’est sa petite-fille qui plusieurs décennies plus tard, comprendra l’histoire de sa grand-mère et de cette folle passion.

Voici un petit livre plein de délicatesse, mêlant subtilement mélancolie et passion, le tout porté par une écriture poétique.

Et me voilà bien ennuyée, car si je reconnais tous ces éléments dans cette lecture, je suis malgré cela restée à la lisière de l’histoire, ne parvenant pas à m’immerger totalement dans le récit, à ressentir de l’empathie pour les personnages, à me laisser toucher par leurs vies. Alors, est-ce dû à la panne de lecture dont je sors petit à petit ? Peut-être, j’ai lu tant de bons avis au sujet de ce roman que je m’étonne d’être à ce point passée à côté.

Alors si vous ne l’avez pas lu et que l’histoire vous intéresse, ne vous fiez pas à mon unique avis et suivez celui de la majorité de lecteurs l’ayant apprécié et décrit comme un petit bijou.



Extrait :

« Et la nostalgie, c'est de la tristesse, mais c'est aussi un peu de bonheur. »

vendredi 14 septembre 2018

Retourner dans l'obscure vallée - Santiago Gamboa

Par Daphné













Auteur : Santiago Gamboa
Titre : Retourner dans l'obscure vallée
Genre : roman
Langue d’origine : espagnol (Colombie)
Traducteur : 
François Gaudry
Éditeur : Métailié


Résumé de l'éditeur :

Ils étaient venus en Europe pour échapper au chaos et pouvoir vivre et penser, mais le monde a tourné, les crises et le terrorisme ont changé les gens et les perspectives. Il y a Manuela qui fuit son enfance saccagée dans la poésie et les livres, Tertuliano, le fils du Pape, philosophe messianique, populiste et violent, créateur d’une théologie de l’harmonie des Maîtres Anciens, le prêtre Palacios à l’obscur passé paramilitaire qui aspire au pardon, le consul et Juana l’aventureuse qui se poursuivent, se désirent, liés par des sentiments indéfinis. Parmi eux, l’ombre de Rimbaud, poète précoce et génial qui marche et se cherche dans des voyages sans répit.
Ils se rencontrent, se racontent, décident d’une vengeance et d’un retour vers la Colombie où la paix s’est installée. Vagabonds insatiables, blessés, épuisés, tous cherchent à retourner quelque part, les mondes qu’ils ont quittés ont disparu, tous savent que revenir est impossible, sauf peut-être dans la littérature. Et pourquoi pas à Harar.
Roman polyphonique vital et plein d’énergie, ce retour à l’intrigue haletante et magistralement construite nous fait voyager dans les êtres, les sociétés et au plus profond de nous-mêmes.


Mon avis :

Voilà un livre dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer. Je me suis néanmoins accrochée car il m’intéressait mais j'ai failli abandonner plusieurs fois... et pourtant, c'est un livre qui a le mérite d'être lu.

Ce roman polyphonique met en scène plusieurs personnages aux histoires et à la vie bien différentes. On croise ainsi Manuela, qui écrit des poèmes pour "cicatriser" une enfance bien douloureuse, Tertuliano, personnage sombre et violent qui se prétend être le fils du pape et le Consul, qui, en attendant la visite d'une vieille amie, suit et tente de comprendre la violence du monde. Et au milieu de ces personnages, nous est racontée l'histoire d'Arthur Rimbaud. 

Moi qui aime tant les romans à plusieurs voix, j'ai vraiment eu du mal à entrer dans celui-ci. Peut-être est-ce parce que j'ai eu du mal à faire le lien entre ces personnages et leurs histoires ou alors du fait que n'ayant pas lu le précédent roman de l'auteur dans lequel apparaît certains personnages, il me manquait des éléments. Toujours est-il que j'ai bien failli en abandonner la lecture. Seul le personnage de Manuela, a, au début, vraiment retenu mon attention. il aurait cependant été dommage de ne pas terminer cette lecture.

Jalonné de violence, ce livre est aussi un hymne à la poésie à laquelle il rend un bel hommage. C'est dur, sombre et violent et pourtant il y a dans ce livre la recherche de la paix et de la liberté. 

Un livre qui m'a parut tout d'abord difficile à lire mais qui fut loin, en définitive, de me laisser indifférente.



Extrait :

"Si au bout du chemin il n’y a rien, qu’est-ce qui peut éclairer le cœur d’un homme?"