samedi 19 janvier 2019

Le signal - Maxime Chattam

Par Ariane


Auteur : Maxime Chattam
Titre : Le signal
Genre : roman fantastique
Langue d’origine : français
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 752p
Date de parution : octobre 2018

Présentation de l’éditeur :
La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient....
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents.....

Mon avis :
Quand j’étais ado, j’ai dévoré les romans d’horreur. King, Masterton, Matheson, Herbert, Rice, Koontz et leurs prédécesseurs Lovecraft, Poe ou Stoker me sont passés entre les mains. Puis l’intérêt s’est émoussé et j’ai abandonné le genre. Mais de temps en temps, cela me titille d’y revenir et de retrouver ce frisson. Pour cela, j’aurai pu renouer avec un auteur connu, voire relire un livre particulièrement marquant, mais j’ai décidé de découvrir Maxime Chattam Le résultat n’aura pas été à la hauteur de mes attentes.
Tom et Olivia Spencer, accompagnés de leurs enfants Chad et Zoey et d’Owen, le neveu d’Olivia qu’ils ont recueilli suite à un drame familial, décident de quitter New-York pour une petite ville de Nouvelle-Angleterre. Ils ont eu un coup de cœur pour une vieille ferme centenaire, rénovée par une de leur connaissance. Mais très vite des événements troublants se produisent.
Bon, déjà rien qu’avec ce résumé on sent que ça manque d’originalité. Après tout, la famille idéale qui débarque dans une petite ville et se voit confrontée à des phénomènes surnaturels, c’est l’un des thèmes récurrents dans la littérature ou le cinéma d’horreur. Mais ça ne s’arrête pas là. C’est une accumulation de clichés.
 Tout y est : la ville construite sur le lieu d’un massacre d’indiens, une innocente accusée de sorcellerie lors des procès de Salem, le tueur en série, les légendes indiennes, l’épouvantail qui prend vie dans son champ de maïs,… 
Même les personnages sont ceux que l’on retrouve partout. A croire que l’auteur a écrit son roman à l’aide d’une liste des clichés récurrents de la littérature/cinéma d’horreur : la jolie baby-sitter, check ! la présence invisible et menaçante, check ! le chef de la police qui ne veut rien voir, check ! le jeune flic tout juste arrivé d’une grande ville pour fuir un passé douloureux et qui espère trouver dans cette petite ville tranquille la tranquillité à laquelle il aspire mais qui comprend d’instinct que quelque chose cloche, check ! 
Et les lieux dans lesquels se déroule l'action ? Même chose : la vieille ferme, le cimetière abandonné, le champ de maïs, les égouts, l’asile, le lycée,… Pfff !
Apparemment, Stephen King est un modèle pour Chattam et ça se voit. Les références sont très nombreuses. Trop. Et très visibles. Trop. Maisl’histoire imaginée par Chattam n’est pas à la hauteur de celles des grands noms de la littérature fantastique. Sans parler du style. Lourd et répétitif (quasiment à chaque page on trouve « la peur primale de l’animal humain, qui perçoit le danger avant de le voir et reconnaît la mort, la terreur le paralyse et lui coupe les jambes, tandis que la présence terrifiante, glaçante à l’odeur ancienne et morte s’approche » (ce n’est pas une citation exacte mais une sorte de résumé), tout ça manque cruellement de personnalité.
Ah ! Un dernier détail m’a dérangée. Le liseré noir qui encadre le texte. A part gâcher inutilement de l’encre, quel intérêt ?
En utilisant tous les codes du genre, Chattam livre un roman efficace mais totalement dénué d’originalité. Ça se lit bien, mais c’est tout de même une impression générale de superficialité qui domine. A la question de la quatrième de couverture « Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un ivre ? », je dirai « oui, mais pas cette fois ». Aussitôt lu, aussitôt oublié. Bref, pour une première rencontre, ce n’est pas vraiment une réussite. Pas sûre qu’il y en ait une deuxième.

vendredi 18 janvier 2019

La voie des Oracles, Thya - Estelle Faye

Par Daphné














Auteur : Estelle Faye
Titre : La voie des Oracles, Thya
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Scrinéo
Nombre de pages : 337
Date  d'édition : 2014

Résumé de l'éditeur :

La Gaule, au début du cinquième siècle après Jésus-Christ. 
Cerné par les barbares, minés par les intrigues internes et les jeux malsains du pouvoir, l'Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. 
Dans une villa d'Aquitania, perdue au milieu des forêts, vit Thya, seize ans, fille du général romain Gnaeus Sertor. À cinq ans, elle a manifesté pour la première fois des dons de devin. Mais dans l'Empire chrétien, il ne fait plus bon être oracle, et à cause de ce secret qu'elle doit garder, Thya est devenue une adolescente solitaire, à l'avenir incertain. 
Lors d'une des visites en Aquitania, Gnaeus tombe sous les coups d'assassins à la solde de son fils Aedon qui souhaite s'emparer de son siège au sénat. Il est ramené à la villa entre la vie et la mort et Thya cherche dans ses visions un moyen de le sauver. Son don lui permet d'apercevoir la forteresse de Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a obtenu sa plus grande victoire contre les Vandales. Elle comprend alors qu'elle doit s'y rendre et s'enfuit dans la nuit. 
Sa route sera pavée de rencontres, Enoch, un jeune et séduisant barbare, ou encore un faune, un être surnaturel issu du monde païen, et Thya va évoluer et découvrir un monde en mutation qui n'est pas exactement celui que lui décrivait son père. 


Mon avis :

Voici un livre qui m'a un peu fait penser aux Dames du lac  de Marion Zimmer Bradley, une saga que j'ai souvent lu et relu. Contrairement aux livres de Marion Zimmer Bradley, on ne trouve pas trace ici des légendes arthuriennes mais on y retrouve le côté du monde païen et de la magie happés par le christianisme. L'époque et le contexte sont donc les mêmes et c'est cela qui m'a incitée à lire ce livre.

Mêlant l'historique et le fantastique, ce livre nous emporte dans les aventures de Thya, une jeune oracle qui tente de gagner les montagnes du nord après l'agression de son père. J'ai beaucoup aimé que le côté historique du livre se mêle aussi bien à la magie et au fantastique. Bien qu'il y ait là une grosse part d'imaginaire, on sent que le contexte historique est travaillé et réaliste dans ses descriptions de la Gaule et de  l'empire romain, de la montée du christianisme et de la disparition des anciennes religions. Les décors sont finement travaillés et on se retrouve véritablement plongés dans l'époque.

Par ailleurs, on retrouve de nombreux clins d’œil à la mythologie, qu'elle soit celtique, grecque ou romaine, qui n'ont pas manqué de me plaire! L'auteure a sur habilement mêler la fantasy à la mythologie, ce qui est est un véritable point positif à mes yeux!

Les personnages sont intéressants dans leur évolution et leur psychologie et l'histoire est bien menée bien qu'un peu prévisible à certains moments (mais pas au point de me gâcher le plaisir de la lecture!). C'est donc avec plaisir et curiosité que je lirai le deuxième tome !



Extrait :


"Le faune avait vu, enfin, les soldats quitter sa forêt, retourner dans leurs garnisons. Cependant, pour lui, la paix n’apportait ni soulagement, ni repos.
Car son monde à lui continuait de mourir. L’ancienne religion s’éteignait lentement. Les dieux païens, ses dieux, avaient été mis au ban de l’Empire. A Rome même, depuis près d’un siècle, les empereurs étaient chrétiens. Le faune se souvenait avec nostalgie des temps anciens, où des prêtres-loups les priaient en grand pompe, lui et ses semblables, à chaque fin d’hiver. Depuis, il avait vu les sylvains, les naïades, les centaures… tout son peuple surnaturel reculer au fond des forêts, dans les recoins obscurs des cavernes et des combes. Ils avaient laissé les chrétiens prendre le pas sur eux, pénétrer dans les clairières interdites, piétiner les cercles des fées, arracher les arbres et briser les branches des buissons… Des moines en haillons répandaient la nouvelle foi dans tout l’Empire, prônaient un monde sans magie, en prêchant sous les yeux de bronze des statues de Cybèle et Diane."

mercredi 16 janvier 2019

Mercredi, c'est le jour des petits - Le Noël de Balthazar - Marie-Hélène Place et Caroline fontaine-Riquier

Par Daphné














Auteur : Marie-Hélène Place
Illustrateur :  Caroline Fontaine-Riquier
Titre : le Noël Balthazar 
Éditeur : Hatier Jeunesse

Résumé:

A la veille de Noël, les poches de Balthazar, le petit lutin, sont vides. Comment va-t-il pouvoir offrir un cadeau à son ami Pépin ? Monsieur Merlin et son magasin enchanté vont l'aider. Un conte de Noël pour montrer que ceux qui donnent reçoivent au centuple.




Mon avis :

Pour avoir été particulièrement courageuse lors d'une opération, ma fille de cinq ans a reçu en cadeau ce joli livre venu agrandir notre collection des Balthazar. La logique aurait voulu que je le présente au mois de décembre mais le temps passe toujours trop vite... Un petit billet sur un livre de Noël avec un peu de retard donc...

Pour Noël, Balthazar voudrait offrir un cadeau à  Pépin mais il n'a pas de sou. Il décide donc de se rendre dans le petit magazin de M.Merlin et d'échanger son précieux sac de billes contre un beau cadeau pour Pépin. De son côté, Pépin aussi voudrait faire plaisir à Balthazar mais n'a pas d'argent non plus. Pourquoi alors ne pas échanger son train en bois contre un beau cadeau pour son ami ?

Mes filles ont beaucoup aimé ce livre qui nous montre que pour faire plaisir à ceux qu'on aime, nul besoin de dépenser de l'argent et que l'amitié est bien plus précieuse que les objets. Chacun juge en effet bien plus important de faire plaisir à son ami que de garder son jouet préféré. 

Cet album est un livre sur Noël mais contrairement à ceux que l'on peut trouver d'ordinaire, on n'y croise pas le Père-Noël et il n'y a pas d'allusion à la religion. C'est simplement un livre sur le bonheur d’être ensemble et de faire plaisir à ceux qu'on aime. (Je n'ai rien contre la religion ni contre le Père-Noël : mes filles croient au Père-Noël et, si, elles ne sont pas du tout élevées dans la religion, je leur en parle quand elles me le demandent et elles connaissent l' origine de Noël. Mais pour une fois, je trouve intéressant qu'un livre aborde Noël d'une toute autre manière.)

Le Noël de Balthazar est un bel album sur le partage et l'amitié, le désintérêt et l'envie de faire plaisir à l'autre. La chute est amusante et a un côté doux et chaleureux. Les illustrations sont toujours aussi tendre avec ce petit côté désuet que j'aime beaucoup. On a très envie d'explorer avec Bathazar et Pépin la petite boutique de M.Merlin (j'aime d'ailleurs beaucoup l'écriteau sur la porte : "Parmi le fouillis et la poussière, il y a des trésors si vous cherchez bien." !)

Encore un très beau livre de Balthazar qui nous a beaucoup plu à mes filles et moi!









mardi 15 janvier 2019

Dieu et nous seuls pouvons - Michel Folco

Par Ariane



Auteur : Michel Folco

Titre : Dieu et nous seuls pouvons

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Seuil

Nombre de pages : 317p

Date de parution : avril 1991

Présentation de l’éditeur :

Pour échapper à la galère, Justinien Pibrac devient bourreau officiel du seigneur de Bellerocaille. Le jour de sa première exécution, après quelques maladresses rocambolesques, il parvient finalement à briser les os du condamné. Ainsi débute la saga trépidante des Pibrac, qui deviendront de génération en génération les plus grands bourreaux de tous les temps.

Véritable roman d'aventures aux innombrables personnages et rebondissements, cette chronique mêle très subtilement histoire et littérature. À lire absolument. 


Mon avis :

Encore une bonne pioche en ce début d’année !

Dans la première partie du roman, Justinien Trouvé, sous le nom de Pibrac, se retrouve emprisonné et condamné à 20 ans de galères par un concours de circonstances. Acceptant la charge de bourreau d’un jour en échange de sa grâce, il devient l’ancêtre fondateur mythique d’une lignée de bourreaux. Deux cent et quelques années plus tard, dans la seconde partie, nous retrouvons les descendants de Justinien. Hippolyte, dernier bourreau de la famille, n’officie plus depuis le décret Crémieux, son fils Léon est devenu boulanger et son second fils s’apprête à s’installer aux Etats-Unis avec sa femme et ses deux fils.

Je me suis régalée avec la première partie. Michel Folco entraîne son lecteur au 17ème siècle dans la petite ville de Bellerocaille. Dans de longues digressions il nous raconte la fondation de la ville, les aventures du père adoptif de Justinien ou le quotidien d’une petite ville de l’Aveyron. Et surtout Justinien, jeune héros qui joue cruellement de malchance et se retrouve bien malgré lui à devoir jouer les bourreaux. Des cachots jusqu’à sa première exécution, nous suivons le jeune homme et en apprenons plus sur son histoire. C’est cocasse et savoureux, et les dialogues dans un vieux français méridional sont savoureux.

Aussi ai-je été particulièrement déconcertée en commençant la seconde partie et en découvrant que l’on avait fait un bond dans le temps et qu’on était désormais en 1901 ! Il m’a fallu un moment pour parvenir à me plonger dans cette nouvelle partie comme je l’avais fait pour la précédente. Heureusement qu’il y a Hippolyte Pibrac ! Dit le Septième, il est le dernier bourreau de la famille à avoir exercé et ne décolère toujours pas d’avoir été contraint à abandonner le métier. Ce personnage haut en couleurs, jouant de la terreur et des superstitions qu’il inspire, est bien décidé à ne pas laisser perdre la mémoire de la tradition familiale. La guerre larvée puis ouverte qui l'oppose à son fils Léon réserve au lecteur de grands moments. Quant au jeune Saturnin, il a le métier dans le sang et fait la fierté de son grand-père ! Une fois encore c’est drôle et cynique.

Je regrette tout de même ce bond dans le temps et j’aurai bien aimé continuer plus longtemps avec Justinien, en savoir plus sur ses successeurs et sur l’histoire de la famille. Avec un style si vivant et agréable à lire, une gigantesque fresque familiale sur deux siècles aurait été palpitante autant que drôle.

Et tout ça à cause d’un bourdon !



Extrait :

« On couvre de gloire les militaires qui tuent des innocents servant tout comme eux leur patrie, et nous qui ne tuons que des coupables, on nous couvre de mépris ! »