mercredi 16 octobre 2019

Mercredi, c'est le jour des petits - Poussin et le porte-monnaie - Najoua Darwiche et Cécile Gambini

Par Daphné













Auteur : Najoua Darwiche
Illustrateur : Cécile Gambini
Titre : Poussin et le porte-monnaie
Editeur : Didier Jeunesse

Résumé :

Au voleur !
Poussin part à la poursuite de Grand Monsieur qui lui a volé son porte-monnaie !
Sur la route, il croise Renard qui décide de l’aider. Mais comme il est fatigué, ni une ni deux, Poussin le fait plonger dans son gosier. Puis c’est au tour du loup et
de Rivière... Car trois amis c’est au moins ce qu’il faut pour affronter Grand Monsieur, ses brebis, ses moutons et son feu !

Un conte-randonnée rythmé et savoureux, où les personnages avancent en cadence… mais chacun à son pas !  Avec cette histoire, Najoua Darwiche nous livre un joli message de solidarité, porté par les illustrations de Cécile Gambini. 



Mon avis :

J'aime beaucoup cette collection d'albums ("A petits petons"), qui présente des contes pour enfants de différents pays, le plus souvent sous forme de contes randonnées. 

Ce conte populaire français met en scène un petit poussin qui trouve un porte-monnaie... et se le fait aussitôt voler par un grand monsieur! Qu'à cela ne tienne : Poussin est petit mais il récupérera coûte que coûte son porte-monnaie. A petits, petits pas de poussin, il se lancera sur les chemins, rencontrant tour à tour le renard, le loup et la rivière qui se disent prêts à l'aider... mais l'aider en quoi puisque Petit Poussin, trop pressé ne leur explique rien? C'est fatigant de suivre un petit poussin pressé qui ne s'arrête pas pour donner de plus amples explications ! Alors, Renard, Loup et Rivière s'épuisent vite... cependant, ils seront là pour aider Petit Poussin lorsqu'il en aura besoin! 

Voici un conte rythmé où l'on se laisse entraîner par ce petit poussin révolté par tant d'injustice qui ne pense qu'à récupérer son bien. A petits, petits pas de poussin, nous suivons donc ce petit héros bien persévérant et ses compagnons de route qui sauront se montrer solidaires au bon moment! 

Les illustrations vives et colorées, vont tout à fait avec le texte, ce qui ajoute encore du charme à l'histoire. Comme tout conte randonnée, il est à lire à haute voix pour ajouter un peu de pep's et de drôlerie à l'histoire. Ma fille de cinq ans et demi apprécie beaucoup ce genre d'histoires qu'elle retient facilement par cœur et se plaît ensuite à le raconter. Nos duos de contes randonnées sont toujours l'occasion de passer un bon moment!




mardi 15 octobre 2019

Une bête au paradis - Cécile Coulon

Par Ariane



Auteur : Cécile Coulon
Titre : Une bête au paradis
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Iconoclaste
Nombre de pages : 352p
Date de parution : septembre 2019

Présentation de l’éditeur :
La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance.

Mon avis :
Incontournable Cécile Coulon ! Elle l’est devenue pour moi depuis plusieurs romans qui ont tous été, ou pas loin, des coups de cœur. Il y a une sincérité qui me touche dans son écriture autant que dans ses personnages et leurs histoires, dans les thèmes qu’elle aborde.
Elle nous raconte cette fois l’histoire d’une ferme, Le Paradis. Blanche et Gabriel y grandissent après le décès brutal de leurs parents, Louis adolescent victime de la brutalité de son père y a aussi trouvé refuge et Emilienne porte à bout de bras tout ce petit monde. Les années passent, Blanche tombe amoureuse d’Alexandre au grand désespoir de Louis. Mais si Alexandre rêve de partir et de se construire un avenir ailleurs, Blanche est incapable de quitter sa terre.
Sous une apparente simplicité, Cécile Coulon imagine une histoire riche et complexe, digne d’une tragédie antique, comme c’était déjà le cas avec Trois saisons d’orages. Histoire d’amour, de jalousie et de vengeance, histoire de famille et de transmission, histoire de destins que l’on subit, que l’on accepte ou que l’on rejette, histoire de la terre que l’on possède ou que l’on garde,… il y a plus d’une histoire dans ce roman.
Et ces histoires sont portées par plusieurs personnages tout aussi riches et complexes. Deux personnages féminins déjà. Blanche, héroïne du roman, belle, sauvage et intransigeante. Emilienne, la gardienne, le roc sur lequel Gabriel, Blanche et Louis ont pu se reconstruire. Mais les personnages masculins sont tout aussi intéressants. Gabriel, touchant dans sa naïveté et sa fragilité d’orphelin. Alexandre, qui n’a rien et doit tout construire. Louis, l’adolescent battu qui façonné par Emilienne devient un homme solide, efficace et dévoué. Je crois que c’est le personnage qui m’a le plus émue. Cet homme si profondément attaché à cette terre qui ne sera jamais sienne, à cette famille à laquelle il n’appartiendra jamais, l’amoureux qui n’a aucune chance, « il occupait la place d’un animal domestique, intelligent et docile. »
Un coup de cœur une fois encore. Décidément elle m’épate Cécile Coulon !

Extrait :
« Aurore comprenait qu’elle ne soignerait pas Gabriel, qu’il y avait en lui un arbre noir depuis l’enfance, que la mort de ses parents avait arrosé de colère ; elle ne pouvait pas le tomber, cet arbre, seulement couper quelques branches quand elles devenaient trop encombrantes. Elle le rafraîchissait, le frictionnait de ses mots et de son sourire, elle le secouait pour que tombent de son âme des feuilles mortes et des fruits empoisonnés. »

« Il ne faisait pas partie de la famille. Il était employé, ici. On ne lui avait rien dit, parce qu'on attendait de lui ce qu'on attendait d'un commis de ferme. Nourrir les poules. Nettoyer la cour. Inspecter la grange. Trier les œufs. Traire les vaches. Il ne faisait pas partie de la famille, il faisait partie de la ferme. Louis avait oublié ce que c'était d'être du paysage sans être de la photo. »

« Emilienne soignait les blessures des enfants à la manière d'un chirurgien manquant de tout, elle faisait avec ce qu'elle avait, c'est-à-dire elle-même, ses vaches, ses poules et ses cochons, ses champs, sa cheminée, ses étangs. Sa troupe se rassemblait chaque soir et se disloquait chaque matin, sûre de son chef d'orchestre. Le corps d'Emilienne était celui d'une ogresse affamée, d'une rudesse et d'une solidité à toute épreuve, capable de douceur comme de violence, capable de caresses comme de gifles, et tous autour d'elles s'appuyaient sur ce corps pour rester debout. »

 Catégorie Gros mot

samedi 12 octobre 2019

Le secret d'Edwin Strafford - Robert Goddard

Par Ariane


Auteur : Robert Goddard
Titre : Le secret d’Edwin Strafford
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrice : Catherine ORSOT COCHARD
Editeur : Philippe Rey
Nombre de pages : 640p
Date de parution : mars 2013

Présentation de l’éditeur :
1977 : Martin Radford, jeune historien londonien dont la carrière universitaire a été brisée par un scandale, arrive sur l’île de Madère. Il y rencontre Leo Sellick, un millionnaire sud-américain, qui habite une superbe villa, naguère propriété du mystérieux Edwin Strafford, mort en 1951. Homme politique de premier ordre, promis à un brillant avenir, Edwin Strafford a été en 1908, à l’âge de 32 ans, ministre de l’intérieur du cabinet Asquith, aux côtés de Lloyd George et de Churchill, avant de démissionner brutalement en 1910 et de quitter la vie politique sans explication aucune pour disparaître dans l’anonymat. Les raisons de cette rupture inexplicable sont-elles dans le manuscrit de ses mémoires, retrouvé dans la villa ? La lecture passionnée qu’en fait Martin pose beaucoup plus de questions qu’elle ne donne de réponses. En particulier sur le rôle d’Elizabeth, une jeune suffragette - ces militantes activistes qui revendiquaient le droit de vote pour les femmes dans un Royaume-Uni très conservateur - avec qui Strafford a vécu une histoire d’amour passionnée. Fasciné par les énigmes qui jalonnent le destin de Srafford, Leo Sellick propose à Martin de le rémunérer pour éclaircir cette étrange affaire. Mais alors que son enquête progresse, Martin va vite comprendre que cette histoire est loin d’être finie, et que, dans l’ombre, beaucoup ont encore intérêt à ce que le voile ne se lève jamais sur le secret d’Edwin Strafford.

Mon avis :
Encore un auteur que je retrouve avec plaisir !
Lors d’un bref séjour à Madère, Martin jeune historien au chômage, se voit proposer un travail de recherche original : quel secret se cache derrière la vie brisée d’Edwin Strafford, homme politique prévu à un brillant avenir qui a vu sa carrière stoppée net en 1910 et ses fiançailles annulées ? Avec pour point de départ les mémoires de Strafford, Martin part sur les traces de celui-ci et prend contact avec les survivants de cette époque.
Cette fois encore, je me suis totalement laissée happer par l’histoire imaginée par Robert Goddard. Strafford, Martin et Elisabeth, les personnages au cœur de l’histoire sont sympathiques et attachants, même s’ils manquent un peu d’épaisseur et d’originalité. L’intrigue est elle aussi plaisante, on ne s’ennuie pas une seconde dans cette histoire. On devine assez facilement la plupart des fameux secrets ayant conduit à la chute de Strafford, mais cela ne m’a pas dérangée tant Robert Goddard sait raconter une histoire. Je reconnais quand même ne pas qu’il a tendance à avoir trop souvent recours à des effets de faux suspens du type « je n’imaginais pas ce que la suite me réservais… » (Citation non textuelle mais c’est l’idée !).
A lire pour un moment de lecture plaisir, sans prise de tête !

Extrait :
« En historien attiré par le mystère, je désirais découvrir une vérité plus dramatique et, en homme que la vie n'avait pas épargné, j'avais envie de prouver que les châtiments n'étaient pas tous mérités. »

vendredi 11 octobre 2019

Le réseau secret de la nature - Peter Wollheben

Par Daphné













Auteur : Peter Wohlleben
Titre : Le réseau secret de la nature
Genre : essai, document
Langue d’origine : allemand
Traducteur : Lise Deschamps
Éditeur : Les Arènes
Nombre de pages  : 238
Date de parution : 2019


Résumé de l'éditeur :

Saviez-vous que les arbres contribuent à la formation des nuages ? Que les loups peuvent modifier le cours des rivières ? Que le sort du sanglier dépend du ver de terre ?
Dans la nature, tout est lié – comme les rouages d’une grande horloge. Aussi la moindre modification a-t-elle des répercussions insoupçonnées. Observateur scrupuleux et conteur passionné, Peter Wohlleben nous dévoile ces liens subtils qui unissent animaux et plantes, forêts et rivières, montagnes et climat…
Il nous met aussi en garde contre une intervention humaine imprudente dans cette mécanique dont nous ne maîtrisons pas tous les ressorts : les meilleures intentions du monde peuvent produire des catastrophes.
Dans ce dernier tome de sa trilogie au succès planétaire, vendue à plus d’un million d’exemplaires en France, le plus célèbre des forestiers signe un plaidoyer pour l’équilibre délicat du vivant, ce bien commun de l’humanité.
Peter Wohlleben est forestier depuis une vingtaine d’années. Après le succès mondial de La Vie secrète des arbres (traduit en plus de trente langues) et de La Vie secrète des animaux, ce troisième volet est devenu un best-seller dès sa sortie en Allemagne.


Mon avis :

Encore un livre on ne peut plus intéressant de Peter Wollheben! Il nous explique ici tous les "rouages" de la nature, la manière dont les choses sont liées entre elle, la manière dont l'environnement s'adapte et don les interventions humaines n'ont pas toujours l'impact auquel on s'attend. Il y a une telle complexité et une telle logique à la fois dans le système mis en place par la nature pour exister que l'on ne peut que l'admirer. 

Une fois encore, j'ai appris plein de choses, que ce soit sur les animaux, les arbres, les rivières, les interventions humaines... Par exemple, j'ai toujours cru que la forêt amazonienne était une forêt primaire, c'est à dire originelle, n'ayant jamais été influencée par l'homme. En lisant ce livre, j'ai appris que ce n'était pas tout à fait exact, une partie ayant déjà été cultivée par l'homme  mais où la nature a repris ses droits d'une telle manière que cela est quasiment indétectable. 

Ce livre est une véritable mine d'informations, à tel point qu'une fois de plus, j'aimerais pouvoir en retenir la totalité et me désole de ne pas pouvoir le faire ! C'est vraiment le genre de livres qui nous pousse à réfléchir et à voir les choses sous un autre angle. On se rend compte à quel point l'effet papillon est présent partout et que tout a de l'importance, les choses étant toutes liées entre elles. 

Un livre à lire... et à relire, car je pense qu'une fois ne suffit pas!

Extrait :

" La nature est semblable à une grand mécanisme d'horlogerie. Tout s'y engrène dans un ordre clair, chaque créature a sa place et sa fonction. Prenons l'exemple du loup : il appartient à l'ordre des carnivores puis au sous ordre des caniformes, puis à la famille des canidés, puis à la tribu canini, puis au genre canis et pour finir... à l'espèce loup.Son rôle de prédateur consiste à réguler les populations d'herbivores pour que les cervidés, par exemple, ne se reproduisent pas trop. C'est ainsi que tous les animaux et les plantes forment un subtil équilibre : chacun a un sens et sert à quelque chose dans l'écosystème."