mercredi 21 août 2019

Mercredi, c'est le jour des petits - Cropetite - Michel Gay

Par Daphné













Auteur :  Michel Gay
Titre : Cropetite 
Editeur : L'école des loisirs

Résumé de l'éditeur :

« Cette histoire se passe il y a dix mille ans.
Les hommes avaient déjà découvert le feu, et beaucoup d'autres choses, mais toujours pas la poupée... »

Mon avis :

Ce petit album, que nous avons trouvé lors de notre visite à la grotte Chauvet cet été, n'a pas manqué enchanter mes filles !

Cropetite est née à la préhistoire, à l'époque des Cro-magnons. A la fin de l'été, elle regarde avec envie les "grandes" de la tribu aller récolter le blé et cuisiner des galettes en prévision de l'hiver. Cropetite aimerait y participer mais elle est trop petite! Pour s'occuper, elle joue avec des plaques d'argile qui ressemblent un peu à des galette pour imiter les femmes de la tribu. Peu à peu, en modelant son argile, Cropetite donne naissance à un petit personnage qui se retrouvera  plus tard sur le feu avec les galettes de blé. Cropetite, qui n'est plus si petite que ça, vient sans s'en rendre compte de créer la première poupée et de livrer le secret de la poterie à sa tribu ! 

Voici un bel album aux illustrations chaleureuses et jolies qui  entraîne l'enfant en pleine préhistoire, lui donnant des détails sur la vie à cette époque-là et sur la découverte de la terre cuite. Mes filles ont beaucoup aimé cette histoire que nous avons lu plusieurs jours de suite avec toujours le même plaisir ! L'avoir acheté en sortant de la grotte Chauvet était une bonne idée car elles étaient tout à fait dans l'ambiance de la découverte de la préhistoire et se sont d'autant plus intéressées au livre. Sans compter que ma plus grande, qui vous une véritable passion à ses poupées, a été ravie d'en découvrir une dans le livre de Cropetite!

Un album à découvrir!


lundi 19 août 2019

La voie des Oracle, Aylus - Estelle Faye

Par Daphné















Auteur : Estelle Faye
Titre : La voie des Oracles, Aylus
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Scrinéo

Résumé de l'éditeur :

L’intervention de Thya a changé l’Histoire. 
Vingt ans après, guidé par Thya, Aylus est devenu Empereur. Il règne à Rome en basant toutes ses décisions sur la divination et s’entoure d’oracles plutôt que de conseillers. Tout cela, il en est persuadé, est pour le plus grand bien de son peuple. Ayant créé une théocratie redoutable, il n’hésite pas à sacrifier des centaines de vies humaines au nom d’un avenir meilleur promis par les oracles. La ville de Rome elle-même a changé. Les statues de Tirésias, d’Apollon, de Cassandre ornent désormais le forum, et le symbole d’Aylus, un grand œil pourpre, qui pleure des larmes de peinture, recouvre les murs et les stèles des rues.
Pour avoir perpétré une tentative d’assassinat sur son frère, Gnaeus Sertor, le père de Thya, a été démis de toutes ses fonctions dans l’armée, privé de son statut de sénateur, et exilé dans la plaine du Pô, dans une latifundia dont il ne sort plus, rongé par la culpabilité.


Mon avis :

J'avais bien aimé le premier tome de la Voie des Oracles. Le deuxième un peu moins mais il m'avais néanmoins plus. Mais alors le troisième... et bien disons que m'arrêter au deuxième tome aurait mieux valu. J'ai bien failli ne pas arriver au bout de celui-ci tant il m'a déçu.

Pour tout dire, je me suis ennuyé, ai trouvé que ce troisième tome tranchait trop avec les deux autres et l'ai trouvé trop prévisible. L'idée du retour dans le passé et de découvrir une autre facette des personnages était pourtant bonne mais je n'ai pas réussi à adhérer au contenu. J'ai trouvé peu original le fait que l'on comprenne dés les premières pages que changer le passé, même si on a les meilleures intentions du monde, ne mène à rien de bon. C'est un filon qui a déjà été utilisé de nombreuses fois, non ?

Est-ce parce que je n'avais pas trop la tête à la lecture au moment où je l'ai lu ou parce qu'il m'a paru trop différent des deux premiers tomes ? Toujours est-il que je n'ai pas accroché et que j'en suis bien ennuyée car j'avais pris plaisir à lire les autres livres de cette saga...

Extrait :

"Mais elle comprenait enfin la vraie nature de l’avenir. Ce n’était pas le terrain de jeu des dieux, ou du hasard, ce n’était pas un labyrinthe d’énigmes. C’était ce que les hommes en feraient. Ce qu’elle et tous les autres en feraient."


samedi 17 août 2019

La maison des oubliés - Peter James

Par Ariane


Auteur : Peter James

Titre : La maison des oubliés

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traductrice : Raphaëlle Dedourge

Editeur : Fleuve noir

Nombre de pages : 352p

Date de parution : mars 2019

Présentation de l’éditeur :

Le déménagement dans ce manoir charmant, en haut de la colline, devait être le point de départ pour une nouvelle vie. Après des années passées dans la banlieue de Brighton, Ollie Harcourt ne pouvait rêver mieux qu’une existence paisible à la campagne. Le reste de la famille suit d’un pas hésitant, mais ne rechigne pas pour autant à cette nouvelle aventure. Cependant, peu après leur installation, des scènes étranges se déroulent dans la maison. Des ombres apparaissent, les animaux domestiques se comportent de manière bizarre et plusieurs accidents, plus déroutants les uns que les autres, ont lieu. Bientôt, Ollie n’a plus de doute : leur présence n’est pas vraiment souhaitée. Quelqu’un semble même prêt à tout pour les expulser de là… à n’importe quel prix.



Mon avis :

Ollie, Caro et leur fille Jade forment une famille modèle. Lorsqu’ils ont un coup de cœur pour la maison de Cold Hill, ils font le pari de s’installer dans cette magnifique demeure délabrée et de la remettre en état. Mais très rapidement après leur installation des événements se produisent en même temps qu’ils en apprennent plus sur le passé tragique de la maison.

Cette histoire on la connaît non ? On l’a déjà lu/vue un nombre incalculable de fois. Pourquoi ai-je pris ce roman à la bibliothèque ? Pourquoi l’ai-je lu jusqu’au bout ? J’espérais peut-être une histoire originale, un dénouement inattendu. Las, tout s’est déroulé comme prévu. J’ai survolé le récit, faisant des sauts de puce jusqu’à la fin, sans trouver la plus petite once d’originalité. Il y a tellement de bonnes histoires de fantômes (Le tour d’écrou, Le Horla en littérature ou Les Autres, Sixième sens en cinéma, pour ne citer que ceux qui me viennent en premier à l’esprit), celle-ci ne soutient aucunement la comparaison.

Perte de temps…

vendredi 16 août 2019

Le petit joueur d'échecs - Yoko Ogawa

Par Daphné













Auteur : Yoko Ogawa
Titre : Le petit joueur d'échecs
Genre : roman
Langue d’origine : japonais
Traductrice : Martin Vergnes
Editeur : Acte Sud

Résumé de l'éditeur :

Un petit garçon né avec les lèvres scellées vit aujourd’hui avec un léger duvet sur la bouche, une hypersensibilité à tout déplacement d’air. Après la disparition de sa mère, il passe de longs moments sur la terrasse d’un grand magasin, là où serait morte l’éléphante Indira. On dit que ce bel animal, mascotte d’un lancement promotionnel, devint un jour trop gros pour quitter les lieux.
Un matin, cet enfant solitaire découvre le corps d’un homme noyé dans le bleu d’une piscine. Et c’est en cherchant à savoir qui était ce malheureux que le gamin rencontre un gardien d’usine, un être obèse installé dans un autobus immobile et magique. Dès lors se dessinent entre eux une confiance quasi filiale, une relation toute familiale, un désir de legs, une envie d’héritage.
L’homme, passionné par les échecs, va faire du gamin son héritier de coeur, il va lui enseigner la stratégie du jeu, tout un art auquel le jeune garçon ajoute une spécificité : il joue tel un aveugle, sans voir son adversaire, sans voir les pions…
Retrouvant dans ce livre le motif du vieillard et de l’enfant, celui du lien issu d’une passion partagée, Yôko Ogawa poursuit l’exploration du sensible pour interroger, tel un écho silencieux, l’attachement à ceux qu’on aime, éternel.



Mon avis :

Encore une fois, je le dis et le redis, j'aime cette auteure! Les livres de Yoko Ogawa ont toujours ce je ne sais quoi de tendresse, de poésie et de simplicité, le tout mêlé à un style d'écriture bien particulier.

Je ne connais rien aux échecs, n'y ai jamais joué et n'en connais pas les règles. Mais qu'importe, ce livre a su me transporter dans le monde des échecs et m'amener à m'y intéresser et me questionner sur ce jeu. Mais de toute manière, que l'on connaisse les échecs ou non n'est pas important pour aimer ce livre. Je n'ai pu qu'être touchée par ce petit garçon effacé et solitaire, par ce gardien d'usine immobilisé par son obésité, par la manière dont l'un apprend et transmet à l'autre le monde des échecs. 

Le petit joueur d'échecs est un livre d'apprentissage, un livre de transmission, de partage et de douceur. Un livre plein de sensibilité, fait de séparations, de solitude et de tristesse, mais aussi de rêve et de poésie. C'est beau, tout simplement !

Extrait :

"- Si les échecs étaient un jeu uniquement d'intelligence, les transcriptions ne seraient rien de plus que des signes, sans doute, lui répondit le maître. Mais la victoire ne se décide pas sur une bonne ou une mauvaise intelligence.
- Il faut aussi de la chance ?
- Non, la chance n'y est pour rien. Le hasard n'est jamais un allié. Même les rencontres pour lesquelles on pense avoir eu de la chance ne sont pas dues à un hasard tombé du ciel, mais à la propre force du joueur. Sur l'échiquier apparaît tout du caractère de celui qui déplace les pièces, dit le maître du ton docte de celui qui lit un serment. Sa philosophie, ses émotions, son éducation, sa morale, son ego, ses désirs, sa mémoire, son avenir, tout. On ne peut rien dissimuler. Les échecs sont un miroir qui donne une idée de ce qu'est l'homme."

mardi 13 août 2019

Vers l'ouest avec la nuit - Beryl Markham

Par Ariane


Auteur : Beryl Markham
Titre : Vers l’ouest avec la nuit
Genre : biographie
Langue d’origine : anglais
Traductrice : Viviane Markham
Editeur : Libretto
Nombre de pages : 320p
Date de parution : mars 2010

Présentation de l’éditeur :
« Avez-vous lu Vers l’Ouest avec la nuit ?… C’est un sacré bon livre. » Ce commentaire d’Hemingway dans sa correspondance permit dans les années quatre-vingt de redécouvrir Beryl Markham, pionnière de l’aviation dont la vie a été extrêmement aventureuse. Elle passa son enfance au Kenya et fut la première femme en Afrique à obtenir une licence d’entraîneur de chevaux de course. Elle découvrit l’aviation à l’âge de trente ans et effectua pendant plusieurs années des vols entre le Kenya, le Soudan et la Rhodésie, transportant des passagers, du courrier, des médicaments et ravitaillant les safaris. En 1936, elle fut la première à traverser l’Atlantique Nord, seule à bord de son mono-moteur. Elle décolla d’Abingdon en Angleterre et atterrit vingt et une heures et vingt-cinq minutes plus tard sur le continent américain où elle reçut un accueil triomphal. Vers l’Ouest avec la nuit est le vibrant témoignage d’une femme éprise de liberté, d’une « voyageuse insatiable », comme Beryl se qualifiait elle-même.

Mon avis :
Entraîneuse de chevaux de course et pionnière de l’aviation, Beryl Markham était aussi douée pour l’écriture. Dommage qu’elle n’ait écrit qu’un seul livre.
Ce livre, ce sont ses mémoires, rédigées alors qu’elle n’avait pas 40 ans. Racontant une série de morceaux choisis de son enfance et de sa vie d’adulte, elle nous entraîne à la chasse sur les pistes africaines, sur les champs de courses et dans les écuries, avec elle nous survolons l’Afrique, observons les troupeaux et traversons l’Atlantique.
Ce qui ressort principalement de ce texte, c’est la personnalité hors normes de Beryl Markham, bien éloignée de ce que l’on attend d’une femme de son milieu et de son époque. Pourtant elle parle peu d’elle-même et n’évoque pas du tout sa vie privée sulfureuse ni son enfant. L’Afrique, les chevaux et l’aviation, voilà ce qui comptait plus que tout pour elle.
Beryl Markham aurait aussi pu être une grande écrivaine. Son écriture est vibrante et vivante, on ressent sa personnalité passionnée. Et sous sa plume, revit une Afrique magnifique, mystérieuse et sauvage. Avec une écriture si affirmée, difficile d’imaginer qu’il n’y ait eu qu’un livre.
J’avoue tout de même ne pas avoir adhéré aux scènes de chasses à l’éléphant. Beryl elle-même ne semble pas avoir vraiment cautionné la pratique, bien qu’elle ait à de nombreuses reprises repéré des troupeaux pour les chasseurs et participé à des chasses.
Un livre et un personnage à découvrir absolument.

Extrait :
« (…) les êtres humains ont tiré, à la loterie de l’évolution chère à M ? Darwin, le ticket gagnant et la souche qui va avec. Voilà sans doute pourquoi nous sommes si merveilleux, pourquoi nous savons faire des fils, des rasoirs électriques et des appareils de radio – et des fusils pour tuer les éléphants, les lièvres, les pigeons d’argile, et nos semblables. »

« Une carte vous dit : « Lis-moi attentivement, suis-moi fidèlement, ne doute pas de moi. » Elle dit : « quand tu me tiens dans le creux de ta main, c’est la terre que tu tiens. Sans moi, tu es seul, tu es perdu. »
Et c’est la stricte vérité. Si toutes les cartes du monde étaient détruites et anéanties sous l’empire d’une volonté malfaisante, tous les hommes redeviendraient des individus aveuglés par leur isolement, les villes seraient occupées les unes des autres, et les bornes n’indiqueraient plus que des directions inutiles, qui ne mèneraient à rien.
Pourtant une carte, lorsqu’on la regarde, qu’on la sent, qu’on parcourt ses lignes du doigt, n’est qu’un objet froid et terne, sans humour, né d’un compas et d’une planche à dessin. Le contour de cette côte, ce tracé anguleux fait à l’encre écarlate, ne nous montre ni le sable, ni la mer, ni les rochers ; il ne nous parle pas du marin qui s’est bravement lancé toutes voiles dehors sur des mers encore vierges, pour léguer à la postérité une information inestimable maladroitement dessinée sur une peau de mouton ou une tablette de bois. Pour un regard inattentif, cette tache brune représente tout simplement une montagne, mais pour l’escalader, il se peut que vingt hommes, ou dix, aient risqué et donné leur vie. Ici il y a une vallée, là un marécage, et là un désert ; et ici il y a une rivière, dont le tracé a été pour la première fois tracé par les pieds écorchés de quelque individu audacieux, guidé par sa curiosité comme un crayon dans la main de Dieu.
Vous avez votre carte en main ? Dépliez-la utilisez-la, puis jetez- la si vous voulez. Ce n’est qu’un morceau de papier. Ce n’est que du papier et de l’encre, mais si vous y réfléchissez un peu, si vous y pensez un instant, vous constaterez que ces deux substances se sont rarement conjuguées pour fabriquer un document aussi modeste et pourtant aussi révélateur d’entreprises téméraires ou de conquêtes historiques. »