mardi 27 juillet 2021

Avant la longue flamme rouge - Guillaume Sire

Par Ariane


Auteur : Guillaume Sire

Titre : Avant la longue flamme rouge

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur :Calmann Levy

Nombre de pages :336p

Date de parution :janvier 2020

 

Mon avis :

C’est l’histoire d’une famille heureuse qui vit paisiblement à Phnom Penh. C’est l’histoire d’un petit garçon qui construit dans sa tête un univers fantastique qu’il partage avec sa petite sœur. Un monde imaginaire où se côtoient Ulysse et Peter Pan, où vivent tapirs à monocles et bananes-girafes dans la forêt des trompettes-à-groseilles et la Baie du matin clair. Un monde nourri des lectures familiales, de la catéchèse et des légendes hindoues et bouddhistes. Mais le bonheur simple de Savarouth et de sa famille touche à sa fin. Le prince Sihanouk vient d’être destitué par un coup d’état et le Cambodge bascule dans la guerre civile. Suspects parce que chrétiens, Savarouth et les siens sont emmenés et l’enfant se retrouve seul, laissé pour mort dans la forêt. Sauvé par une vieille femme, il part à la recherche de sa famille, traversant un pays à feu et à sang.

Certaines rencontres vous marquent à tout jamais. C’est ce qui est arrivé à Guillaume Sire lorsque étudiant à Montréal, il a rencontré un homme qui jouait de la guitare et qui lui a demandé s’il avait lu L’Odyssée. Il lui a fallu des années pour apprendre toute l’histoire de cet homme. Des années encore pour l’écrire.

Certaines lectures vous marquent à tout jamais. C’est ce qui m’est arrivé avec ce livre dans lequel j’ai fait la connaissance d’un petit garçon qui a tout perdu et vécu des souffrances inimaginables. Avec lui, j’ai découvert la beauté d’un pays, la richesse d’une culture, d’une histoire. A travers son regard, j’ai vu un peuple se déchirer, j’ai vu la violence, la souffrance, le désespoir et la haine.

Mêlant la beauté absolue et l’horreur la plus noire, Guillaume Sire nous présente un roman puissant, profond, bouleversant. Une lecture incroyable, inoubliable, dont l’émotion est toujours présente des mois après ma lecture. Après une telle lecture, impossible pour de passer à côté du prochain roman de l’auteur annoncé fin août. Ce sera ma priorité de la rentrée littéraire.

mercredi 21 juillet 2021

Mercredi, c'est le jour des petits - Mon chat le plus bête du monde - Gilles Bachelet

 Par Daphné









Auteur  : Gilles Bachelet

Titre Mon chat le plus bête du monde
Editeur :Seuil Jeunesse

Résumé :

Comme beaucoup de chats, mon chat passe son temps à dormir ou manger ou dormir. Il piétine mon travail et fait ses besoins à côté de sa litière.
Ce qui est étrange, c'est qu'il ne retombe jamais sur ses pattes et craint les souris. C'est vraiment mon chat le plus bête du monde ! À moins que ce ne soit pas un chat ?
Un album très coloré qui met en scène les tribulations d'un chat vraiment pas comme les autres. Pour montrer qu'un chat « ça trompe énormément ».

Mon avis :

Ma fille de sept ans continue sa découverte des albums de Gilles Bachelet. Et elle aime toujours autant!

Ici, nous est conté l'histoire d'un chat, un gros (c'est el moins qu'on puisse dire!) chat gris qui agit un peu bizarrement. S'il semble agir tout à fait normalement pour un chat, il paraît souvent un peu à côté de la plaque.... mais... est-ce vraiment un chat ??? 

Une fois de plus, Gilles Bachelet manie l'humour comme personne. Le décalage enter les images et le texte est irrésistible. Tout le long du livre, le narrateur nous parle de son chat alors que les images nous montrent... un éléphant. Un éléphant qui agit comme un chat, bien que souvent un peu gêné par sa taille et son poids (eh oui, un chat et un éléphant n'ont pas tout à fait la même morphologie!). Un album complétement loufoque qui nous a régalé ma fille et moi. On aime décidément beaucoup Gilles Bachelet!

samedi 17 juillet 2021

Les grandes occasions - Alexandra Matine

Par Ariane


Auteur : Alexandra Matine

Titre : Les grandes occasions

Genre : roman

Langue d’origine : française

Editeur : Les avrils

Nombre de pages : 256p

Date de parution : janvier 2021

 

Mon avis :

Après avoir suivi les lectures des 68 premières fois pendant des années, je me suis lancée cette année dans l’aventure. J’ai découvert une sélection éclectique, il y a eu des coups de cœur et des déceptions. Et je termine la sélection avec ce très beau roman.

C’est la fin pour Esther. Alors que son mari et ses enfants sont réunis autour de son lit d’hôpital, on remonte le temps, quelques heures plus tôt. Esther est en pleins préparatifs d’une journée qu’elle a attendu, espéré, rêvé depuis des années. Elle a tout prévu dans les moindres détails. Une belle journée d’été, la grande table sur la terrasse, la nappe blanche… la famille réunie pour la première fois depuis des années. Ses enfants, ses gendres et belles-filles, ses petits-enfants… Une journée sensée être parfaite.

Pendant les quelques heures précédant le repas familial, nous remontons le fil des souvenirs d’Esther. Jeune infirmière, elle découvre l’indépendance loin de la ferme familiale, lorsqu’elle rencontre Reza, étudiant en médecine d’origine iranienne. Le jeune couple s’installe, se marie, les enfants arrive, de même que la réussite professionnelle pour Reza, tandis qu’Esther reste à la maison pour éduquer leurs enfants.

Alexandra Matine décortique les relations d’une famille dysfonctionnelle dominée par la figure d’un tyran domestique, les dissensions et les non-dits. Mais elle explore aussi les regrets et la solitude d’une femme à l’approche de la vieillesse. Les enfants ont grandi, ils ont leur vie dont elle ne fait plus tout à fait partie, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus de complicité avec son mari, pas d’amis ni d’occupation. Alors ce repas, elle y tient plus que tout. Mais qui s’en rend compte ? Qui voit, comprend, les sentiments de la mère ?

Un beau portrait de femme, clap de fin idéal pour terminer cette expérience des 68 premières fois.

 

Extrait :

« C’est aussi son travail de mère de garder les souvenirs intacts. Elle les garde pour que les enfants puissent se les rappeler avec elle. Les enfants oublient leur enfance. Ils en retiennent des impressions, des sensations. Quelques événements. Mais ils oublient. L’enfance est un moment qui appartient aux parents. Alors elle l’a gardée, bien rangée, bien protégée. Les enfants peuvent s’y replonger. Ils s’y replongeront un jour. Et ils auront les mêmes souvenirs que leur mère. »

« Dans la famille, on se frôle. On s’évite. Le toucher est une faiblesse. La caresse, comme la parole, est un opprobre. Elle est dégradante. Elle est naïve. Elle est un mouvement de confiance. Elle est une demande et la demande fait peur. Parce que après la demande il peut y avoir le non. Après tout élan peut venir le rejet. Après toute gentillesse, l’évitement. Et si cela vient d’un membre de la famille, alors le rejet est double. »

« Longtemps, Esther avait rêvé de revoir sa famille réunie. Devant elle, à présent, sans qu'elle puisse le voir, prend forme le tableau rêvé ; la tapisserie secrète devant laquelle elle avait agenouillé sa vie, et dont, du matin au soir, année après année, elle avait tissé les fils de soie colorés. Sa famille, c'était son œuvre inachevable ; elle les avait noués les uns aux autres, les fils avec les belles-filles, les femmes et leur beau-père, les petits-enfants et leurs oncles et leurs tantes, autant de fils fragiles entre lesquels, avec amour et patience, elle avait laissé ses doigts s'emmêler. Des milliers de petits nœuds délicats dont parfois un, malgré elle, se brisait avec un bruit sec, presque imperceptible, tic, comme une fourmi qu'on écrase. »

« Elle regarde sa montre. Ils ne devraient pas tarder. Elle regarde la table vide. Et toutes les chaises autour. Aujourd'hui il n'y aura pas de chaise vide, se dit-elle. Ils seront tous là. Dans quelques minutes ils seront là. Ils viendront peupler le silence et le vide. Ajouter leur chaleur à la chaleur de l'air. Et pendant qu'ils parleront, Esther verra se resserrer les fils qu'elle a si patiemment noués et que la vie, injuste et acharnée, a distendus, effilochés, cassés. »


 

lundi 12 juillet 2021

Le grand livre des activités steiner - Monique Tedeshi

 Par Daphné









Auteur : Monique Tedeschi
Titre : Le grand livre des activités steiner
Genre : pédagogie alternative,  activités pour enfants
Langue d’origine : français
Editeur : La plage
Nombre de pages : 323
Date de parution : 2021

Résumé de l'éditeur :

Ce grand livre d'activités, dans l'esprit de la pédagogie Steiner - Waldorf, accompagnera votre enfant dès son plus âge tout au long de l'année ! Avec ses contes poétiques à partager en famille, ses activités d'aquarelle, de modelage, de tricot, de feutrage... votre enfant apprendra au travers de plus de 150 activités à développer ses capacités motrices, créatives et artistiques.

Mon avis :

J'avais beaucoup aimé La pédagogie Steiner Waldorf à la maison où j'avais trouvé un grand nombre d'activités à réaliser avec mes filles et dont j'avais trouvé la lecture très intéressante. C'est donc avec enthousiasme que j'ai ouvert ce nouveau livre. 

Ici encore, un grand nombre d'activités à faire avec les enfants est proposé : aquarelle, feutrine, vitraux, laine cardée, tissage, pour n'en citer que quelques unes. Sans oublier les recettes et les contes! Le tout est décliné en plusieurs parties en fonction des saisons. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges, un vrai régal! 

Mes filles et moi avons déjà commencé à piocher parmi les pages et à réaliser certaines de ces activités. Les explications sont très claires et les photos donnent vraiment envie de tout essayer! Le seul "bémol" que je pourrais y trouver est peut-être l'indication des âges : pour avoir lu et regardé le livre en entier et avoir déjà cherché à réaliser quelques activités prises sur le blog de l'autrice, je trouve qu'il faut tout de même une certaine adresse manuelle pour certaines, et que cela n'est parfois pas très facile voire un peu décourageant pour des enfants qui ont pourtant l'âge indiqué par l'autrice. Mais peut-être cela vient-il simplement du fait que les activités sont inspirées de la pédagogie Steiner Waldorf et que cette pédagogie insiste beaucoup sur les travaux manuels. Il y a donc fort à parier que les enfants ayant grandi avec cette pédagogie soient particulièrement habiles de leurs mains. 

Ce livre, comme son nom l'indique est donc inspiré d'une pédagogie alternative, la pédagogie Steiner Waldorf (dont j'avais déjà parlé ici et ). Cependant, il n'est pas nécessaire de connaître cette pédagogie ou d'y adhérer pour apprécier ce livre. La beauté et la diversité des activités proposées suffit pour cela. Pour peu qu'on aime faire des activités manuelles avec les enfants, on peut y trouver son bonheur... et c'est mon cas!




lundi 5 juillet 2021

Les sorcières de Pendle - Stacey Halls

 Par Daphné









Autrice : Stacey Halls

Titre : Les sorcières de Pendle

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traductrice : Fabiene Goudrant

Editeur : Michel Laffond

Date de parution : 2020

 Résumé de l'éditeur :

Lancashire, Pendle, 1612. À 17 ans, Fleetwood Shuttleworth est enceinte pour la quatrième fois. Mais après trois fausses couches, la maîtresse du domaine de Gawthorpe Hall n'a toujours pas donné d'héritier à son mari. Lorsqu'elle croise le chemin d'Alice Gray, une jeune sage-femme qui connaît parfaitement les plantes médicinales, Fleetwood voit en elle son dernier espoir. Mais quand s'ouvre un immense procès pour sorcellerie à Pendle, tous les regards se tournent vers Alice, accusée comme tant d'autres femmes érudites, solitaires ou gênantes. Alors que le ventre de Fleetwood continue de s'arrondir, la jeune fille n'a plus qu'une obsession pour sauver sa vie et celle de son bébé : innocenter Alice. Le temps presse et trois vies sont en jeu. Être une femme est le plus grand risque qui soit.

Mon avis :

Si les procès de sorcellerie de Pendle sont moins connus que ceux de Salem, ils ont néanmoins bel et bien eu lieu. C'est cela qui a inspiré cette histoire. Une histoire inventée mais dont les personnages et le contexte historique ont réellement existé. En 1612, furent condamnées pour sorcellerie dix personnes à Pendle. La onzième accusée, Alice Grey ne fut pas condamnée.  Pourquoi ? Nul ne le sait mais l'autrice l'a imaginé...

Fleetwood, châtelaine à Pendle est enceinte après avoir fait plusieurs fausse-couches. Sentant sa vie menacée, elle fait appel aux soins d'Alice Grey, une jeune femme qui, peu de temps, après, sera poursuivie et accusée de sorcellerie. Fleetwood tentera tout pour la sauver. 

Voilà un livre qui démontre bien la condition de vie des femmes en 1612. Conditions de vie cruelles... Si j'aurais bien aimé avoir le point de vue d'Alice ou d'une autre des personnes accusées de sorcellerie, j'ai cependant apprécié de suivre l'histoire à travers le regard de Fleetwood, qui, si elle ne connaît pas le sort des personnes accusées de sorcellerie et a la chance d'appartenir à un milieu aisé, paye cependant assez cruellement son statut de femme. 

Bien que basé sur des faits et des personnages réels, ce roman n'est pas du tout historique, l'histoire étant inventée de toute pièce. On se retrouve cependant tout à fait  immergés dans le XIIème siècle et ses conditions de vie. Un livre à la fois plaisant et intéressant que j'ai dévoré d'une traite et que je relirais sans doute avec plaisir.

Extrait :

"Après un temps de réflexion, Alice Grey a répondu :
— Dans leur regard. Il s’abîme… dans l’au-delà. Vous voyez l’heure entre chien et loup ?
J’ai hoché la tête en signe d’acquiescement, même si je me demandais quel pouvait bien être le rapport entre le crépuscule et l’accouchement.
— La lumière et l’obscurité sont des forces égales – des partenaires, si vous préférez – et il y a un instant, furtif et silencieux, quand on voit le jour céder à la nuit. C’est à ce moment-là que je sais. C’est ainsi.
À l’entendre on aurait dit une sorcière, mais je me suis gardée de le lui dire."