vendredi 22 octobre 2021

La fille des templiers, tome 2 - Mireille Calmel

 Par Daphné



Autrice : Mireille Calmel

Titre : la fille des templiers, tome 2

Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : XO éditions


Résumé de l'éditeur :

Ainsi s'est abattue la malédiction sur les derniers Capétiens, coupables d'avoir fait brûler en place publique le grand maître de l'ordre du Temple.

Charles IV doit retrouver à tout prix cette Flore qui détiendrait le secret des Templiers : la clé, pour tout souverain, de la protection divine. Le début d'une traque implacable, des palais parisiens aux faubourgs de Londres.

Alors que l'étau se resserre autour de Flore, la rumeur enfle : et si la jeune femme avait pour mission de remettre le baume sacré au prince d'Angleterre ?

Un seul roi pour les deux royaumes.

L'ultime vengeance...

Mon avis :

Après avoir dévoré le premier tome, j'avais hâte de découvrir le second et de connaître la suite des aventures de Flore. Mais même si j'ai apprécié ce nouveau livre, je ne l'ai pas dévoré avec autant d'enthousiasme que le précédent. On perd ici un peu de vue le contexte et les explications historiques pour laisser place à des courses poursuites qui n'en finit pas et un peu trop de sentimentalisme à mon goût. Les personnages et les histoires ont tendance à se multiplier et j'ai manqué m'y perdre à plusieurs reprises. J'ai donc été un peu déçue d'autant plus que j'avais été agréablement surprise par le premier tome. 

Il n'en reste pas moins que c'est un bon roman, qui s'il ne m'a pas autant convaincu que je l'aurais souhaité, a tout de même éveillé mon intérêt pour une période historique dont j'ignorais presque tout. Et j'avais quand même bien envie de découvrir le secret de la naissance de Flore et la manière dont elle allait se tirer du mauvais pas dans lequel on l'avait précédemment laissée. 

Je pense lire d'autres livres de Mireille Calmel assez rapidement et explorer une nouvelle partie de l'Histoire aux côtés de ses personnages.

Extrait :

Oups... il semblerait bien que j'ai oublié de noter un extrait avant que ce livre ne reprenne le chemin de la bibliothèque...

samedi 16 octobre 2021

La maison hantée - Shirley Jackson

Par Ariane

Auteur : Shirley Jackson

Titre : La maison hantée

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Editeur : Rivages noir

Nombre de pages : 250p

Date de parution : novembre 2016

 

Mon avis :

Cet été, j’ai eu des envies d’histoires de fantômes. Ça me prend régulièrement, j’adore l’ambiance de ces histoires, les thématiques exploitées au-delà de l’intrigue mystérieuse. J’ai tellement dévoré de romans et films d’horreur quand j’étais ado ! Stephen King, Graham Masterson, Richard Matheson…Mais pour une fois, je ne me suis pas tournée vers un roman, mais vers une série. J’ai regardé The haunting of Hill House, l’excellente série réalisée par Mike Flanagan. Après avoir vu la série, j’ai eu envie de relire le roman de Shirley Jackson, dont elle est en partie inspirée. J’avais lu ce roman il y a très longtemps, je ne m’en souvenais pas mais je m’en suis progressivement rappelé au fil de ma lecture.

Le Docteur Montague, spécialiste du paranormal, espère prouver l’existence des fantômes en s’installant dans une maison réputée hantée. Son choix se porte sur Hill house, résidence construite au 19ème siècle par Hugh Crain, un riche homme d’affaires, dans laquelle se sont succédé d’étranges événements. Pour l’assister dans son enquête, il décide de faire venir auprès de lui plusieurs personnes ayant eu des expériences surnaturelles. Seules deux jeunes femmes acceptent de le rejoindre : Eleanor et Theodora. Luke, héritier de la demeure, se joint au groupe sous la pression de sa famille. L’ambiance est insouciante au départ, mais les événements étranges se multiplient.

Dans ce roman d’ambiance, il ne faut pas s’attendre à des scènes terrifiantes toutes les trois pages. Tout est dans la montée du suspense, de la tension entre les personnages et leur personnalité de plus en plus intrigante. La plupart des récits du genre mettent en scène des fantômes aux histoires terrifiantes, mais l’originalité de cette histoire est que c’est la maison elle-même qui semble vivante et malveillante.

J’avais apprécié ma lecture de ce roman lors de ma première lecture, complètement prise dans cette ambiance inquiétante. Je me suis un peu moins laissée prendre lors de ma deuxième lecture, mais j’ai apprécié la montée en tension de l’intrigue, les relations étranges qui se nouent entre les personnages et le sentiment d’étrangeté qui perdure à la fin de la lecture, tant les événements peuvent être interprétés de diverses manières.

La série de Mike Flanagan est très différente du roman, à tel point qu’il est difficile de parler d’adaptation et donc de faire la comparaison entre les deux. Excellente réalisation, excellente intrigue, excellents acteurs, j’ai vraiment beaucoup aimé The haunting of Hill house, tout comme la deuxième saison de la série, inspirée cette fois du Tour d’écrou de Henry James.

 

Extrait :

« Aucun organisme vivant ne peut demeurer sain dans un état de réalité absolue. Même les alouettes et les sauterelles rêvent, semble-t-il. Mais Hill House, seule et maladive, se dressait depuis quatre-vingts ans à flanc de colline, abritant en son sein des ténèbres éternelles. Les murs de brique et les planchers restaient droits à tout jamais, un profond silence régnait entre les portes soigneusement closes. Ce qui déambulait ici, scellé dans le bois et la pierre, errait en solitaire. »

« - Je crois que nous n’avons peur que de nous-mêmes, dit le docteur avec lenteur.
- Non, dit Luke. De nous voir en toute clarté, sans masque.
- De savoir ce que nous voulons réellement. »

« Ils étaient tous silencieux, fatigués par leurs voyages respectifs, perdus dans la contemplation du feu. Je suis la quatrième personne, dans cette pièce, songeait Éléonore. Je suis l'une d'entre eux. Je ne suis pas exclue. »

 

 

mardi 12 octobre 2021

Que sur toi se lamente le Tigre - Emilienne Malfatto

Par Ariane

 

 


Auteur : Emilienne Malfatto

Titre : que sur toi se lamente le Tigre

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Elyzad

Nombre de pages : 80p

Date de parution : septembre 2020

 

Mon avis :

C’est un premier roman très court, mais d’une intensité rare.

Quelques heures plus tôt, une jeune fille a appris qu’elle attendait un enfant. C’est une condamnation à mort. Parce que cet enfant a été conçu hors mariage, elle va être assassinée par son frère aîné. Elle sait qu’elle va mourir et elle ne peut rien faire, alors elle attend. Sa mère, sa belle-sœur, ses autres frères attendent aussi le retour de l’aîné qui ne sait pas encore qu’il va devoir devenir un assassin.

Cette histoire aurait pu être racontée à travers un long roman, mais l’autrice a fait le choix de la sobriété, du minimalisme même, donnant ainsi à cette histoire des allures de tragédies antiques. L’issue est inéluctable et les personnages ne peuvent échapper à la roue du destin qui s’apprête à les écraser. Ils n’ont aucun choix, aucune échappatoire ne s’offre à eux. Leurs voix se croisent, chacun leur tour ils prennent la parole en une longue tirade. Chaque personnage incarne un rôle : la belle-sœur, enceinte elle aussi, mais dont l’enfant aura le droit de naître parce que légitime, elle est la femme qui respecte les règles et s’y soumet sans discussion ; le frère cadet qui n’approuve pas ce qui va arriver mais n’essaiera pas de s’y opposer, parce qu’il n’a pas le choix, parce qu’il est lâche aussi ; le benjamin qui est encore un enfant et qui peut-être un jour aura la possibilité de vivre une autre vie… et le fleuve Tigre, éternel et immuable spectateur des tragédies humaines, chœur de ce récit.

Quelques dizaines de pages pour dire l’indicible, pour raconter l’histoire terrible, parce que vraie, des centaines de femmes et de jeunes filles, victimes de ce qui porte le nom, si mal porté, de crime d’honneur.

C’est un roman fulgurant, chaque mot parfaitement choisi, rien de trop, rien d’inutile. C’est un roman bouleversant et percutant. Magnifique et révoltant.

 

Extrait :

« Mes eaux sont depuis longtemps empoisonnées. Mon flot est large et lourd, mes berges limoneuses, mais je meurs peu à peu. Je meurs car depuis longtemps les hommes ont cessé de m’aimer et de me respecter. Ils ont pris goût au désastre.
Je ne suis plus source mais ressource, et les hommes de cette terre aride ont oublié qu’ils ne pourront pas vivre sans moi. Ils périront avec moi car nos destins sont liés. »

« Je suis l'assassin. Je vais tuer tout à l'heure et je l'ignore encore. Que ferais-je si je le savais ? Ferais-je demi-tour dans l'allée poussiéreuse ? Je vais tuer tout à l'heure et je penserai que je n'ai pas le choix. Sa vie ou notre honneur à tous. Ce n'est pas moi qui tuerai, mais la rue, le quartier, la ville. Le pays. »

« Les femmes de la famille doivent rester propres. Pures. Intouchées. Au prix du sang. Notre corps ni notre honneur ne nous appartiennent. Ils sont la propriété familiale. La propriété de nos pères et de nos frères. »

« Au fond, quelle importance. Nous tuons, nous sommes tués. Nous sommes un pays de victimes et d'assassins. »

lundi 11 octobre 2021

Là où tout se tait - Jean Hatzfeld

 Par Daphné








Auteur :Jean Hatzfeld
Titre :Là où tout se tait 
Genre : témoignages 

Langue d’origine : français
Editeur : Gallimard
Date de parution : 2021

Nombre de pages : 244

Résumé de l'éditeur :

Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w’igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l’image de ce qu’ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d’irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d’admettre qu’il y ait eu des Hutus méritants.
Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires. Chacun trouve les mots pour relater ce chaos dans une langue étrange, familière et nourrie de métaphores, reconnaissable entre toutes pour ceux qui ont lu les précédents livres de l’auteur.

Mon avis :

Voilà une lecture qui n'est pas facile mais nécessaire. Nécessaire pour l'importance de ne pas oublier qu'au milieu de l'horreur, il y a  ceux qui ont risqué leur vie pour sauver celle d'une autre personne. Nécessaire aussi pour ne pas oublier toute cette horreur là, celle d'un génocide, ici celui ayant eu lieu au Rwanda en 1994. 

Dans ce livre, Jean Hatzfeld réunit des témoignages, ceux de personnes ayant sauvé et ayant été sauvées.  Or, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ceux que l'on nomme les Justes, les Hutus qui sont venus au secours de leurs voisins Tutsis, ont encore aujourd'hui, une place difficile. Considérés comme des traîtres par les Hutus et avec méfiance par les Tutsis, ils sont invisibles, n'ont pas eu une grande reconnaissance. C'est à eux que l'auteur de ce livre veut rendre hommage au travers de ces témoignages. 

Un livre pour hommage donc mais aussi un livre pour dénoncer l'horreur du génocide. Comment ne pas frémir à la lecture de ces phrases où l'on prend conscience que "couper" quelqu'un à la machette ait pu sembler aussi naturel ? Certains passages de ces témoignages sont à la limite du supportable et pourtant il est tellement important de les lire...

Extrait :

« Quel mensonge donne la force d’accepter de tuer n’importe qui de passage, les enfants, les vieilles mamans ? »

samedi 9 octobre 2021

Mamma Roma - Luca di Fulvio

Par Ariane


Auteur : Luca di Fulvio

Titre : Mamma Roma

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Slatkine

Nombre de pages : 688p

Date de parution : septembre 2021

 

Mon avis :

Je ne l’avais pas repéré parmi les nouveautés de septembre, mais quand j’ai remarqué le dernier roman de Luca di Fulvio sur l’une des tables de ma librairie préférée en sortant d’une présentation sur la rentrée littéraire, je n’ai pas hésité. Pourtant j’avais noté plusieurs titres mis en avant par les libraires… J’aurais peut-être mieux fait de suivre leurs avis…

Non pas que je n’ai pas aimé ce roman. Ce n’est pas le problème. Le problème c’est que ce roman je l’avais déjà lu.

Pietro et Marta sont jeunes et beaux, ils sont bons et talentueux, ils ont de la force et du caractère et ils s’aiment. Lui a grandi dans un orphelinat et elle dans un cirque ambulant. Ils se rencontrent à Rome, alors en pleine effervescence politique, et ensemble affronteront de terribles épreuves et de cruels personnages, fort heureusement entourés de fidèles amis et de parents (adoptifs) aimants.

Si vous avez déjà lu les précédents romans de l’auteur alors vous voyez le problème… Le contexte est différent, mais l’histoire est la même, les personnages sont les mêmes… Donc mon avis sera le même que pour les autres romans : les personnages sont sympathiques et attachants mais manquent de substance, les méchants sont très méchants mais cachent tout de même pas mal de blessures, il y a pas mal de longueurs et beaucoup de clichés. C’est agréable à lire, mais après avoir lu les quatre romans précédents c’est un peu ennuyeux.

Mais par contre, j’avais déjà remarqué que l’auteur prend pas mal de libertés historiques mais alors là ! Pietro se prend de passion pour la photo et se lance dans la photographie de terrain. Il photographie les rues de Rome, le petit peuple des quartiers populaires et un peu plus tard la prise de Rome. Mais bien sûr ! Luca di Fulvio précise dans ses notes qu’il a pris cette liberté au nom de la créativité… Bon.

Alors c’est une assez bonne lecture, si vous n’avez pas lu les autres romans de l’auteur (ou pas tous).