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vendredi 25 septembre 2020

La petite fille et le monde secret - Maren Uthaug

Par Daphné


 






Auteur : Maren Uthaug
Titre : La petite fille et le monde secret
Genre : roman
Langue d’origine : danois
Traducteur : Jean-Baptiste Coursaud
Editeur : Actes Sud
Nombre de pages :288
Date de parution : 2017

Résumé de l'éditeur :

A l'âge de sept ans, Risten est forcée de quitter sa mère dans le Nord de la Norvège et d'aller vivre avec son père dans le Sud du Danemark où il a décidé de s'installer avec sa nouvelle femme. Habitée par les croyances et superstitions ancestrales de la culture Sami, elle se retrouve, du jour au lendemain, complètement déracinée. Et sans sa grand-mère, il n'y a plus personne pour la protéger contre les ruses maléfiques des sous-terriens...
Un voyage surprenant dans l'imaginaire d'un enfant aliéné qui se heurte à la norme d'une société moderne dominée par le culte des bonnes intentions.


Mon avis :

Une lecture en demi teinte qui m'a laissé un peu perplexe. Risten a sept ans lorsque, sans comprendre ce qu'il se passe, elle est forcée de tout quitter : sa mère, sa grand-mère, sa maison, la Norvège où elle a toujours vécu, la culture Same qu'elle a toujours connu. Se retrouvant au Danemark avec son père et la nouvelle femme de ce dernier, elle doit apprendre à vivre dans un monde qui lui est totalement inconnu et grandir dans le silence et les secrets.

A priori, ce livre avait tout pour me plaire : des secrets de famille, la découverte d’une culture, un fond teinté de légendes, une petite plongée dans les pays du nord... Et il m'a plu, par moments : j'ai aimé l'ambiance un peu étrange, la relation de Risten avec sa grand-mère et les histoires que celle-ci lui transmet, la manière dont est retranscrit le déracinement de l'enfant... 

Cependant, j'aurais aimé en apprendre plus sur la communauté Same (d'après le résumé, je pensais que ce serait le cas). Et surtout, j'ai trouvé certains passages de l'histoire très embrouillés. Ce n'est qu'à la toute fin de l'histoire qu'on en comprend réellement le sens et, si ce genre de chute est en fait plutôt courant, là, cela m'a un peu dérangé. Beaucoup de confusion pour finalement une conclusion un peu trop rapide. Du moins, c'est ainsi que je l'ai ressenti mais il n'en reste pas moins que ce livre possède un certain charme, souvent propre à la littérature nordique et que j'ai pris plaisir à lire certains passages même si d’autres m'ont laissé un peu perplexe...

Extrait :

"En attendant de maîtriser, quelques années plus tard, la langue danoise et sa prononciation impossible, elle développa un vocabulaire passé à l’aspirateur linguistique pour qu’il soit dépourvu de tout mot contenant la lettre r. Si elle allait déjeuner chez quelqu’un et qu’on lui demandait si elle voulait du fromage ou du pâté de foie, elle choisissait systématiquement le pâté – et tant pis si en réalité elle avait une nette préférence pour le fromage. Le rouge n’était plus sa couleur préférée, si d’aventure on lui posait la question. Et si enfin on lui présentait une opération de calcul simplissime, à savoir combien faisaient deux et deux, elle prétendait sans ciller que ça faisait cinq et non quatre. Mieux valait être sotte que différente."


vendredi 12 juin 2020

Le marin américain - Karsten Lund

Par Daphné













Auteur : Karsten Lund
Titre : Le marin Américain
Editeur : Babel
Langue d'origine : danois
Traducteur: Inès Jorgensen
Nombre de pages : 405
Date d'édition : 2010


Résumé de l'éditeur :

En l’an 1902, un trois-mâts fait naufrage au large de Skagen, à l’extrême nord du Danemark. Le seul survivant, un marin américain, aux cheveux et aux yeux noirs, est hébergé chez un jeune couple.

Le marin disparaît à l’aube, sans laisser de trace. Neuf mois plus tard naît un enfant qui ne ressemble pas aux autres. Tout au long de sa vie, Anthon sera surnommé Tonny, ou l’Américain, et devra supporter les rumeurs persistantes sur ses origines. Mais sa réussite en tant que patron-pêcheur de haute mer lui permettra de surmonter ce qui est un véritable handicap dans cette petite ville du nord, où chacun est blond et sait d’où il vient.

Un siècle plus tard, au cours duquel Skagen est passé d’un gros bourg de pêcheurs aux maisons basses à une ville riche de ses pêcheries industrielles et célèbre par les peintres qui s’y sont installés, un homme roule de nuit le long des dunes, dans le paysage lunaire, balayé par les sables. Il se sent investi d’un obscur devoir de réhabilitation et veut élucider le mystère qui plane sur les origines de son grand-père, ce secret qui pèse sur la famille depuis quatre générations.

Avec une douce ironie scandinave, Le marin américain raconte le destin d’hommes et de femmes ordinaires et remarquables, d’une époque révolue à la vie de nos jours, tout au nord du sauvage Jutland.


Mon avis :

Livre hasard, trouvé déposé sur un banc en quête d'un nouveau lecteur, Le marin américain me sort de ma période Harry Potter

Voici un livre aux goûts de mer, de sel et de poissons, un livre qui nous parle d'une famille et d'un secret connu de tous, celui de la naissance d'un enfant né de l’adultère. Adultère commis avec un beau marin disparu aussi vite qu'il était venu, dont personne ne sait rien. 

Un livre où l'écriture, tout comme l'histoire, prennent leur temps. Il y a de nombreuses longueurs dans ce roman, qui m'ont parfois donné envie de le refermer sans le terminer. Je l'ai terminé cependant et tant mieux puisqu'il ne révèle son véritable secret que dans les dernières pages. 

Il y a de jolies descriptions dans ce livre et on imagine tout à fait ce lieu au croisement de deux mers et aux odeurs d'embrun. On ressent aussi très bien la mentalité danoise de l'époque (l'histoire commence en 1902) et on y apprend beaucoup, notamment sur la vie des pêcheurs. 

Un livre qui a ses qualités, donc, mais qui plusieurs fois cependant, m'a un peu ennuyée et a failli me perdre en route. Ce fut malgré tout une lecture avec d'agréables moments.



Extrait :

"Jamais elle n'avait vu un homme aussi beau. Il était différent de tous ceux qui vivaient par ici. Il avait une moustache noire, des cheveux noirs et de longs cils. Un visage étroit, un long nez droit et une petite bouche."

vendredi 16 mars 2018

Le jour avant le lendemain - Jorn Riel

Par Daphné















Auteur : Jorn Riel
Titre : Le jour avant le lendemein
Genre : roman
Langue d’origine : danois

Traductrice : Inès JorgensenEditeur : Gaïa
Nombre de pages : 198
Date de parution : 1998


Résumé de l'éditeur :

Le nord-est du Groenland, vers 1860. Ninioq est une très vieille femme qui appartient à la tribu de Katingak, son fils, grand chef et pêcheur réputé. Elle sait que sa vie est sur le point de s'achever. Bientôt va venir pour elle le moment d'aller s'allonger sur la glace afin de mourir dignement. C'est avec sérénité que Ninioq envisage sa fin, car son existence bien remplie la satisfait. Pourtant, une sourde angoisse vient contrarier cette quiétude, un sentiment qu'elle ne sait définir et qui la taraude. Aussi quand, à la fin de l'été, vient le moment, après une pêche miraculeuse, d'aller faire sécher le poisson sur la petite île de Neqe, Ninioq voit avec soulagement l'occasion de se retirer un peu et de profiter de cette solitude pour réfléchir. Manik, son petit-fils préféré, insiste pour l'accompagner et sera le bienvenu. Ils conviennent que leur tribu passera les chercher juste à temps pour participer à la cueillette des myrtilles. Mais le temps passe et la tribune revient pas. L'angoisse de Ninioq commence alors à se préciser et l'idée prend forme que Manik et elle aient pu être abandonnés, qu'ils se retrouvent définitivement seuls au monde. Quel effroyable destin pour le tout jeune Manik, et quelle responsabilité pour Ninioq, si proche de sa fin. Le jour avant le lendemain est une petite perle de sagesse : un récit intense, parfois rude, tout en simplicité, sur le destin, la vie, la mort, par la voix chaleureuse du fabuleux conteur qu'est Jorn Riel.

Mon avis :

Voici un tout petit livre mais qui possède une grande force! au Groenland, dans les années 1960, Ninioq,  se souvient des événements de sa vie. Elle envisage sa mort prochaine sans angoisse car elle a eu une existence bien remplie. Or, elle se retrouve seule sur une île avec Manik son petit-fils de sept ans, sans que personne ne viennent les chercher. La tribu de Nanioq était censée venir les chercher à temps pour la cueillette des baies. Que s'est il passé? Comment la vieille femme et l'enfant vont-ils survivre loin de toute autre vie humaine?

Ce petit livre, plein  sagesse et de beauté nous conte une histoire de filiation, l'histoire de la vie. dans la tribu de Niniok, tout se transmet, que ce soit l'apprentissage de la chasse, la manière de conserver la nourriture, les légendes, les croyances... Tout ce que transmet Ninioq à Manik leur permettent de continuer à exister, à vivre malgré leur solitude et la disparition de leur tribu. 

J'ai appris beaucoup de choses sur la vie des tribus Inuits au XIXème siècle, tant sur leur manière de vivre que sur leur environnement. Malgré le froid glacial du Groenland et les rudes conditions de vie, il y a dans ce livre quelque chose qui réchauffe le cœur, une grande tendresse.  La rudesse du climat contraste avec la douceur de l'écriture. C'est triste et émouvant mais tellement beau à la fois. Un livre dont je me souviendrai.



Extrait :

"Tout était éternel. L’immense nature ne pouvait être anéantie, et l’homme ne faisait-il pas partie de cette nature? Tout ce qui était vivant poussait, se reproduisait et mourait au même rythme éternel que les changements de saison."