Affichage des articles dont le libellé est Les livres de ma vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les livres de ma vie. Afficher tous les articles

jeudi 20 août 2015

Les livres de ma vie - Les contes de la rue Broca et les contes de la Folie Méricourt - Pierre Gripari


Par Daphné







Auteur : Marlen Haushofer
 Titres : Les contes de la rue Broca et Les contes de la Folie Méricourt
 Genre : contes
 Langue d’origine : français
 Éditeur : La table ronde



Résumé:

La rue Broca n'est pas une rue comme les autres. Bien qu'à chacune de ses extrémités elle débouche sur Paris, elle n'est pas tout à fait Paris. Peu éloignée, mais sur un autre plan, souterraine en plein air, elle constitue, à elle seule, comme un petit village. Voici quelques années, un curieux personnage se mit à hanter cette rue. Mal vêtu, mal rasé, écrivain sans lecteurs, il disait s'appeler Monsieur Pierre. Mais les enfants de la rue Broca eurent tôt fait de le démasquer : c'était en réalité une vieille sorcière ! De la rencontre entre cet homme et cette rue sont nés les contes de ce recueil, tentative de définir une sorte de folklore urbain du vingtième siècle.

Mon avis:

Les contes de la rue Broca et de la folie Méricourt sont pour moi de grands souvenirs! Petite, on me les a beaucoup raconté et combien de fois les ai je raconté à mon tour! Ils font parti des incontournables de mon enfance. J'entend encore la voix de ma maman me les racontant, remplaçant le prénom de la petite chaussure Nina par le mien et je me revois racontant inlassablement "La sorcière du placard au balais" à mes petites cousines!

Monsieur Pierre, Bachir, Papa Saïd, Nadia, les fées, les sorcières, les géants, et même les chaussures : tout ce petit monde nous offre une série de contes tout aussi différents, amusants et surprenants les uns que les autres! L'humour ne manque pas: l'auteur joue avec les rimes et les mots et parsème ses écrits d'une agréable petite touche de poésie. Il revisite les contes traditionnels, se met lui même en scène dans certains contes. Tendresse et drôlerie s'entremêlent donnant lieu à un recueil de contes irrésistible.

Si "La sorcière du placard aux balais" reste mon histoire préférée j'ai également un gros faible pour "La paire de chaussures", "Pirlipipi, deux sirops, une sorcière" ou "Le gentil petit diable". Sans oublier bien sûr, "La sorcière de la rue Mouffetard", sans doute, à ce jour, la plus connue. Mais si l'histoire de la sorcière de la rue Mouffetard et ses envie de manger une petite fille à la sauce tomate ne vous est pas inconnue, il serait dommage de passer à côté des autres contes!

Un livre à faire découvrir à tous les enfants et à lire et relire à l'âge adulte!

Extrait: 

"Sorcière, sorcière, Prends garde à ton derrière ! Bien entendu, je ne risquais rien, puisque j'étais dehors. J'arrive dans la grand-rue : Sorcière, sorcière... je m'arrête devant ma porte: Prends garde à ton derrière !... Je sors la clef de ma poche : Sorcière, sorcière, je ne risquais toujours rien... Je glisse la clef dans la serrure : Prends garde à ton derrière... Je tourne, j'entre, je retire la clef, je referme la porte derrière moi, je m'engage dans le couloir en direction de l'escalier… Sorcière, sorcière, Prends garde à ton derrière ! Zut ! Ça y était ! Cette fois, je l'avais dit ! Au même moment j'entends, près de moi, une petite voix pointue, aigre, méchante : - Ah, vraiment! Et pourquoi est-ce que je dois prendre garde à mon derrière?"

vendredi 5 juin 2015

Les livres de ma vie - Petit miracle et autres essais - Barbara Kingsolver

Par Daphné























Auteur : Barbara Kingsolver
Titre : Petit miracle et autres essais
Genre : essais
Langue d’origine : anglais (américain)
Traducteur : Dominique Peters, Valérie Morlot et Julie Sibony
Éditeur : Rivages
Nombre de pages : 348
Date de parution : 2002

Résumé de l'éditeur:


Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 qui ont endeuillé les États-Unis, la romancière a été sollicitée pour partager ses émotions et réflexions.

Le livre s’ouvre et se referme sur la tragédie qui a ébranlé l’Amérique, mais il va bien au-delà de ces événements puisque l’auteur emmène le lecteur en Iran, en Arizona, au Costa Rica, en terre Maya, au Japon et dans le poulailler de sa fille. Elle partage ses craintes face aux habitudes de consommation des Américains, aux dérives de la télévision, à la prolifération des OGM, au recours trop systématique à la violence, au manque de respect de l’environnement…

Farouche militante pour les droits de l’homme, engagée aux côtés des défenseurs de la nature, cette biologiste de formation a répondu à l’appel avec la sincérité, la passion et la raison qui caractérisent son œuvre de fiction.

Mon avis:

Eh oui, me voilà encore sur le point de poster un article à propos d'un livre de Barbara Kingsolver! Mais j'aime tellement cette auteur que je vais finir par tous les commenter, je pense! Celui là est un peu différent des autres puisqu'il en s'agit pas d'un roman mais d'un recueil d'essais.

Barabara Kingsolver a été sollicitée pour écrire ses réflexions suite aux attentats du 11 septembre et c'est ainsi qu'est né ce recueil. elle nous fait part alors de son amour pour son pays mais également de la consternation qui la saisit pourtant à propos de la société dans laquelle elle vit et de son malaise suite à certaines décisions politiques, notamment à propos de la guerre en Irak (suite à cela, elle a d'ailleurs été accusée de "ne pas être patriote").

Elle écrit également à propos de divers sujets, dont certains, chers à son cœur, sont présents dans nombre de ses romans. Ainsi, la protection de l'environnement tient il une place importante parmi ces essais : "Quand nous, les humains, décidons d'appliquer notre volonté, nous sommes tragiquement efficaces. Après avoir épuisé toutes les grandes plaines, nous avons maintenant entrepris de brûler les forêts tropicales afin de dégager des pâturages pour le bœuf des fast food, décimant chaque année un nouveau morceau grand comme le Tennessee, après quoi il ne nous restera nulle part où aller. " 
 On ressent, à travers son écriture, l'amour et le profond respect que voue l'auteur à la nature. Je ne peux qu'admirer la manière dont elle milite pour ce en quoi elle croit, la manière dont elle sensibilise ses filles tout en leur laissant faire leurs propres choix et en les laissant réfléchir par elles mêmes. 

Si la politique des Etats-Unis et la protection de l'environnement tiennent une grande place dans ce livre, d'autres sujets y sont également abordés tels que des réflexions autour des guerres et de la violence, de la fusillade du lycée de Columbine, des personnes sans-abris, de la télévision, du fait de permettre aux petites librairies indépendantes de fonctionner...

L'amour pour la famille de l’auteur est également présent dans ce livre. On ressent toute la tendresse et l'amour qu'elle éprouve pour elles lorsqu'elle mentionne ses filles. Les chapitres sur les lettres qu'elle écrit à sa mère et à sa fille aînée sont magnifiques: "Voici un secret que tu dois connaitre à propos des mères: nous vous espionnons. Oui. nos enfants. Cela commence à la naissance. Les premiers mois , nous passons vingt trois heures par jour à tenter de vous endormir, reconnaissante que vous ne compreniez pas encore les mots car on arrive à épuiser tout le répertoire de berceuses et à chanter "fais dodo,ma fille,mon calvaire, fais dodo, sinon t'auras bobo". Et quand finalement vous vous assoupissez, que crois tu que nous fassions? Nous allons lire un livre? non, nous restons penchées sur votre berceau et  nous vous regardons en pensant "seigneur, ces petits ongles. Ces cils. D'où vient donc cette créature parfaite?""

Barbara Kingsolver, à travers ce livre, nous pousse à réfléchir, à revoir notre manière de vivre, de consommer, de penser, à prendre conscience de ce que l'être humain inflige à la planète mais également à lui même. Qu'elle nous parle d'écologie ou de violence, on sent qu'elle s'interroge, cherche des solutions, des explications au monde dans lequel nous vivons. J'aime sa manière de penser, tout autant que sa manière de l'écrire.

Ce livre est véritablement un "livre de ma vie". Un livre qui m'a appris des choses, qui m'a donné à réfléchir, qui est proche de ma façon de voir le monde. J'aime, souvent, le sortir de ma bibliothèque et en relire quelques passages. 

Extrait:

"Les urgences politiques vont et viennent, mais, quand l'arrogance règne en maître et tente de contraindre l'espoir à la clandestinité, c'est une assez belle vocation que de frotter une allumette l'une après l'autre pour écarter l'isolement que procure le noir. Il me semble qu'il y a encore tellement à dire que je ferais bien de faire monter un hurlement par dessus la barrière. J'ai des histoires de choses auxquelles je crois: une rivière qui persiste, une forêt à l'orée de la nuit, la religion à l'intérieur d'une graine, la surprise des battements d'ailes quand une rouge étincelle de vie apparaît contre toute raison dans l'obscurité. . un enfant, une ourse. J'aimerais parler de petits miracles et de la possibilité de reprendre courage."


vendredi 1 mai 2015

Les livres de ma vie - Violette la princesse triste - Yann Pommaux

Par Ariane

auteur : Yvan Pommaux
titre : Violette la princesse triste
éditeur : L'école des loisirs
nombre de pages : 60p

Mon avis : 
Il y a quelques semaines, ma co-blogueuse Daphné présentait son premier coup de cœur de lectrice. Et effectivement, quel meilleur exemple pour cette rubrique ? 
Violette la princesse triste est le premier livre que j'ai lu seule lorsque j'avais 6 ans.
La princesse Violette vit dans un château. Le roi et la reine se désolent de voir leur fille si triste. La tristesse de la jeune princesse flotte sur la cour où plus personne n'ose rire ni parler. Les conseillers suggèrent aux monarques d'avoir recours à la solution ultime : accorder la main de leur fille à celui qui saurait la faire sourire. Mais ceux-ci n'osent pas car ils savent bien "que dans ces cas-là, c'est souvent un homme du peuple, un roturier, un gueux, qui épouse la princesse."
Je me souviens de mon bonheur à lire seule cette histoire, je me souviens de ce sentiment d'exaltation et d'excitation.
J'aimais beaucoup cette jeune princesse qui s'ennuie à la cour et rêve d'une vie simple, d'amour véritable et de rires. Car Violette n'est pas triste bien au contraire, on découvre que la princesse est joyeuse et fantasque, éprise de liberté.  
Une belle histoire que j'ai aimé enfant et que j'ai désormais plaisir à lire à mes filles. 

Extrait :
"Je ne connaissais pas ça : l'air de la nuit, les bruits, l'odeur des herbes... Je frissonnais un peu. J'étais bien."


mercredi 15 avril 2015

Les livres de ma vie - Chut chut Charlotte - Rosemay Wells

Par Daphné
















Auteur : Rosemary Wells
Titre : Chut chut Charlotte
Editeur : Folio Benjamin

Résumé:


Bruno, le petit dernier, Mange toujours le premier ! Cathie, qui est l'aînée, Passe son temps à jouer ! Et Charlotte pendant ce temps ? Pendant ce temps, Charlotte attend. Un livre espiègle qui trouve le ton juste pour désamorcer les petites jalousies fraternelles. 

Mon avis:

Voici le tout premier livre de ma vie, celui que je récitais par cœur inlassablement, à l'âge de trois ans et que j'ai réclamé en "histoire du soir" pendant très longtemps. J'en connais encore le texte aujourd'hui sur le bout des doigts, c'est dire si je l'ai aimé!

Charlotte, petite souris espiègle est prise entre sa grande sœur, Cathie, qui  sait faire tant de choses, et Bruno, son petit frère qui demande beaucoup d’attention. "Et Charlotte pendant ce temps? Pendant ce temps, Charlotte attend." Elle attend qu'on s'occupe d'elle et accumule les bêtises afin d'attirer l'attention de ses parents. 


Bien que Charlotte soit l'enfant du milieu, les enfants, quelle que soit leur place dans la fratrie peuvent s'identifier à cette petite souris qui trouve que ses frère et sœur prennent trop de place.  Cela dit, j'ai craqué sur cette histoire alors que j'étais encore fille unique! Comme quoi il ne suffit pas d'être parfois un peu jaloux de sa fratrie pour l'apprécier!

Le texte est en vers, rythmé par quelques phrases répétitives: "Papa et maman chuchotent: chut chut Charlotte". En résulte une jolie ritournelle, agréable à écouter et à lire à voix haute. 

Les illustrations sont jolies, très vivantes. J'ai pour ma part, une ancienne édition où les dessins sont en noir et blanc mis à part certains détails et les habits des personnages qui sont en couleurs. Une nouvelle édition ayant été offerte récemment à ma fille, j'ai pu constater que les dessins étaient maintenant entièrement colorés.

Un joli livre plein d'espièglerie, où la jalousie  finit par se mêler au jeu!

Mon tout premier coup de cœur! 









dimanche 1 mars 2015

Les livres de ma vie - American rigolos - Bill Bryson

Par Ariane

Les livres qui nous marquent sont ceux qui nous procurent une émotion intense et parfois cette émotion c'est la joie ! Aujourd'hui c'est donc l'un de ces livres que j'ai envie de présenter. C'est un livre que j'ai découvert il y a déjà une bonne dizaine d'années. La 1ère fois que je l'ai lu j'ai pleuré de rire presque tout le long de ma lecture. Je l'ai relu plusieurs fois et j'ai toujours ri. Encore maintenant quand parfois j'ai un petit coup de mou, il me suffit de lire une ou deux chroniques pour déclencher une bonne crise de rire. Ça fait du bien ! J'ai souvent conseillé et prêté ce livre et tous ceux à qui je l'ai prêté l'ont également adoré.

American rigolos - Bill Bryson
Auteur : Bill Bryson

Titre : American rigolos

Genre : récit

Langue d’origine :américain

traducteur :Christiane et Davis Ellis

Éditeur: payot

nombre de pages : 377p

date de parution :avril 2003
Présentation de l'éditeur :
De retour aux États-Unis après avoir vécu vingt ans en Angleterre, Bill Bryson s'étonne : "Les Américains ont produit plus de prix Nobel que le reste du monde réuni. Et pourtant, selon un sondage, 13 pour 100 des Américaines sont incapables de dire si elles portent leur slip sous ou sur leurs collants."

Durant les dix-huit premiers mois de son établissement en Nouvelle-Angleterre, notre héros se lance alors à la "redécouverte" de l'Amérique avec l'humour pour seule arme. Rien n'échappe à son sens de l'observation ni à son manque de sens pratique. Il lui faut guerroyer avec l'administration et les supermarchés, avec la publicité et les séries télé, avec l'informatique et le jardinage, avec les créatures de la forêt et son coiffeur, et même avec son épouse britannique, qui deviendra vite une Américaine accomplie.


Mon avis :
Bill Bryson, journaliste et chroniquer américain a passé 20 ans de sa vie en Angleterre. Il s'y est marié, a eu des enfants et un jour il rentre au pays. Mais le décalage est énorme entre la vie en Angleterre et la vie aux États-Unis. Durant l'absence de Bryson beaucoup de choses ont changé, et lui l’américain pure souche se retrouve dans la peau d'un expatrié découvrant un nouveau pays "Pendant vingt ans, être américain avait été la première de mes caractéristiques.".
Bill Bryson à travers une série de chroniques, décortique les petits travers des États-Unis et des américains. Il s'étonne des habitudes de la vie quotidienne de ses compatriotes, décrit les aléas de l'administration ou de la vie moderne, reste perplexe devant la justice, est atterré par l'inculture générale qui règle,...  C'est toujours drôle, parfois caustique, mais jamais méchant. Et sous l'humour de Bryson on sent un profond attachement à son pays, de l'affection et de la tendresse pour ces habitants. 
C'est parfois touchant aussi, plein d'émotions. Dans l'une de mes chroniques favorites il décrit le sentiment de nostalgie qui l'a envahi après le départ de son fils aîné pour l'université "non seulement notre fils nous a quittés mais le petit garçon qu'il était a disparu pour toujours. Je donnerai n'importe quoi pour les récupérer tous les deux."
Bill Bryson est un personnage attachant, plein d'humour, d'auto-dérision et de sincérité. C'est un grand gamin qui s'amuse d'un rien "il y a des gadgets tellement formidables dans la vie américaine qu'il m'arrive d'avoir du mal à maîtriser mon enthousiasme. Parmi eux je mettrai sans hésitation au premier rang le broyeur d'ordures ménagères.Un broyeur d'ordures ménagères réunit tout ce que doit être un bon robot ménager - chose rare -, autrement dit un appareil bruyant, amusant, extrêmement dangereux et qui accomplit si bien sa tâche qu'on se demande comment on a bien pu s'en passer. Si vous m'aviez dit il y a un an et demi que mon principal hobby deviendrai l'introduction d’objets divers dans le trou de l'évier je vous aurais ri au nez. Et pourtant c'est le cas."
J'ai également appris des choses notamment sur l'histoire des présidents américains ou sur les états. 
C'est un livre que je garde précieusement, une petite pépite d'humour que j'aime partager avec ceux que j'aime, que j'aime relire de temps en temps juste pour rire un peu.

Extrait :
"Les chasseurs vous diront que l'élan est un animal des bois rusé et féroce. En fait, c'est un gros boeuf dessiné par un bambin de trois ans. Rien de plus. De tous les animaux de la forêt il est sans conteste la créature au design le plus invraissemblable et à la naïveté la plus touchante qui soient. L'élan est un animal énorme et d'une gaucherie royale. Il court comme s'il n'vaait jamais bien compris qu'il possède quatre pattes. Même ses bois sont ridicules. D'autres bêtes sont équipées d'une ramure aux bouts pointus dont le profil majestueux inspire le respect à leurs adversaires. Les élans, eux, sont nantis de bois qui ressemblent à des gants de cuisine.
(...) il y a quelque chose de choquant dans le fait de chasser et de tuer un animal aussi bêtement anodin qu'un élan. Tirer sur un élan n'est pas un exploit. J'en ai déjà rencontré dans la nature et je peux vous garantir qu'on n'aurait aucune peine à s'en approcher pour les abattre avec un journal."

lundi 9 février 2015

Les livres de ma vie - Le jardin secret - Frances H. Burnett

Par Daphné

                                          














Auteur : Frances H' Burnett
Titre : Le jardin secret
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
traducteur : Antoine Lermuzeaux
Éditeur: pocket junior
nombre de pages: 318
date de parution : 1992 (1ère parution 1911)


"Le jardin secret" est l'un des grands livres qui a marqué mon enfance. Je l'ai découvert à l'âge de huit ans et ne l'ai plus lâché pendant des années, le relisant régulièrement. Si "Les yeux dans les arbres" est mon livre chouchou à l'âge adulte, il est certain que "Le jardin secret" est celui de mon enfance. Combien de fois me suis je plongée dans ce livre avec le même enthousiasme que si je le découvrais pour la première fois! 

Hier, afin de pouvoir écrire ce billet, j'ai récupéré ce livre dans la bibliothèque de ma chambre d'enfant. Il y a fort à parier que je ne saurais résister et m'y plongerais à nouveau dans les jours qui suivent. Le verrais je différemment à travers des yeux d'adulte?

Avant d'écrire un billet sur ce livre, j'ai hésité, me demandant si je ne devais pas d'abord le relire mais il m'a finalement paru quelque part plus sincère, plus "vrai", d'en parler tel que je m'en souviens.

Résumé de l'éditeur

Mary lennox est une enfant peu engageante. Privée d'affection, elle n'a jamais appris, dans son extrême solitude, à sourire ni à aimer. À la mort de ses parents, emportés par une épidémie de choléra, Mary quitte son Inde natale. Exilée dans le manoir anglais d'un oncle toujours absent, Mary trouve du réconfort dans l'amitié. Elle va partager avec Dickon et le rouge-gorge, un merveilleux secret : un jardin oublié de tous, dont la clef, comme par magie, ouvre aussi la porte des cœurs...


Mon avis:

Que de mystères dans ce livre! Le mystère de cette immense maison à l'atmosphère si lugubre dans laquelle résonnent parfois des cris étranges, celui de cet oncle quasiment inconnu et bien entendu celui de ce jardin: ce mystérieux jardin qui représente tant aux yeux de Mary. 

Bien que le personnage de Mary ne soit pas très sympathique au premier abord, je m'y suis rapidement attachée. Petite fille  égoïste et gâtée, elle s'ouvre aux autres en même temps que s'ouvre à elle le fameux jardin. avec l'éclosion des fleurs, c'est pour elle l'éclosion d'une nouvelle vie qui va lui apparaître. Et en s'ouvrant à la vie, Mary va s'ouvrir aux autres. Ainsi, elle se liera d'amitié avec son cousin, Colin, un petit garçon malade, tout aussi égoïste et gâté qu'elle même. Tel un reflet l'un de l'autre, les deux enfants découvriront le bonheur. 
Mary deviendra également Mary avec Dickon, enfant très proche de la nature et des animaux, qui lui apprendra à voir le monde autrement. Un lien très fort va se nouer enter les trois enfants qui, ensemble, redonneront vie au jardin. Ce jardin est un personnage à part entière de l'histoire. Un personnage qui a sa propre histoire.

D’autres personnages prendront également beaucoup d’importance pour Mary, tels que Martha, la jeune domestique, Ben, le jardinier, sans oublier le rouge gorge. Solitaire et malheureuse au début du roman, nous assistons à une véritable métamorphose de cette petite fille qui s'ouvre à la vie, aux autres et à la nature.

La nature est très présente dans ce livre. Si je ne l'ai pas lu depuis longtemps, je me souviens de magnifiques descriptions de la lande et bien entendu, du jardin. Les descriptions sont telles qu'à la lecture de ce livre, j'avais l'impression d'être moi aussi dans le jardin. C'était tout juste si je ne sentais pas le parfum des fleurs et l'odeur de la terre et si je n'entendais pas le chant du rouge-gorge et les rires des enfants. 

L'auteur réussit donc parfaitement  à transporter son lecteur en plein cœur du Yorkshire. Il est à noter que c'est le même auteur qui a écrit "Petite Princesse" et "Le petit Lord Fauntleroy" Si vous ne les avez pas lu, je suppose que vous connaissez au moins les dessins animés: qui n'a jamais entendu parler de "Princesse Sarah"?) Enfant, ayant lu les trois livres, je me souviens avoir été amusée de constater que Mary, au début du roman, est l'exacte antithèse de Sarah et de Cédric, le petit lord, aussi capricieuse et égoïste que ces deux autres personnages sont bons et généreux. Tout cela pour dire que les caractères des personnages de cette auteur sont décrits avec une grande profondeur. Tout comme elle nous transporte au cœur du Yorkshire et du petit jardin, elle parvient à nous faire ressentir un véritable attachement pour les personnages. 

Oui, "Le jardin secret" est véritablement un livre de ma vie, un livre qui m'a profondemment émerveillé et souvent rappelé que parfois, il suffit de croire très fort à quelque chose pour que tout s'arrange. Un livre qui nous parle de l'amitié, de l'espoir, de la nature, et de la vie.

Extrait:


" Mary sentit sous ses doigts une plaque métallique: la serrure de la porte...fermée depuis dix ans. elle glissa une main dans sa poche, sortit la clef et s'assura qu'elle s'adaptait à la serrure. La clef entrait! Elle l'enclencha. Il fallait s'y prendre à deux mains, ce qu'elle fit, et la clef tourna
 Elle reprit son souffle, tenta de retrouver son calme...!elle jeta un rapide coup d’œil derrière elle, à gauche et à droite, pour voir si personne ne venait...Personne! Personne, apparemment, ne venait jamais jusqu'ici. Elle eut un profond soupir, inspira et, repoussant le lierre, elle s'arc-bouta contre la porte, qui s'entrouvrit; elle s'ouvrait difficilement mais peu à peu, elle céda! entrebâillement était suffisant pour que Mary s'y glissât. Dés qu'elle fût à l'intérieur, elle ferma la porte derrière elle et s'adossa au chambranle, haletante, ouvrant grand les yeux. 
  Elle se trouvait enfin dans le jardin secret."





vendredi 2 janvier 2015

Les livres de ma vie : Des souris et des hommes - John Steinbeck

Par Ariane

Dans un précédent billet je parlais du fameux classement établi par l'émission la Grande Librairie suite aux réponses des téléspectateurs et internautes à la question "quel livre a changé votre vie ?". J'avais alors évoqué les livres ayant marqué mon parcours de lectrice citant 20 livres ayant particulièrement compté à mes yeux. Des livres qui ont façonné mon amour de la lecture, des livres qui ont contribué à forger ma vision du monde, des livres qui m'ont aidée à avancer, des livres qui ont marqué une étape particulière de ma vie. Bien sûr cette liste n'était pas exhaustive, je m'étais limitée à 20 pour me conformer au classement établi par l'émission.
J'ai donc eu l'idée de présenter une fois par mois l'un de ces livres chers à mon coeur. Bien sûr il m'arrive parfois d'avoir un nouveau gros coup de coeur pour un livre qui vient alors s'ajouter à la liste existante mais je ne parlerai dans ce rendez-vous que de mes lectures passées, les lectures d'avant le blog.

Pour ce premier rendez-vous il était évident pour moi de parler du livre sans doute le plus cher à mes yeux. Mon livre doudou en quelque sorte, celui vers lequel je reviens régulièrement avec toujours un plaisir renouvelé. 
J'ai lu ce livre pour la première fois à l'âge de 14 ans. Une lecture imposée par une professeur de français au collège. Si j'ai toujours été une lectrice acharnée, je détestais, et déteste encore, que l'on m'impose une lecture. Je n'étais donc pas vraiment disposée à lire ce livre. Mais je n'avais pas le choix n'est-ce-pas ? Il a bien fallu que je m'y colle de mauvaise grâce. Ce fut une révélation. J'ai découvert la littérature avec ce roman. Jusqu'alors je lisais principalement des romans pour enfants ou adolescents mais sans jamais réellement m'attacher aux qualités littéraires ni chercher une portée symbolique ou philosophique. Un nouvel univers s'est dévoilé à moi grâce à ce livre, un univers qui m'a apporté beaucoup de plaisir au fil des années. 
Ce n'est pas forcément facile pour moi de présenter ce livre que j'aime tant, il y a tant de choses que j'aimerai dire ! 

Des souris et des hommes - John Steinbeck

 


Auteur : John Steinbeck
Titre : Des souris et des hommes
Genre : roman
Langue d’origine :américain
traducteur : M.-E. Coindreau
Éditeur: pocket
nombre de pages
date de parution : avril 1996 (1ère parution 1937)

Synopsis :
L'histoire de Lennie, colosse innocent, et de George, deux ouvriers migrants liés par une solide amitié, sillonnant les routes de Californie des années trente à la recherche d'un travail. 

Mon avis : 
Dans son introduction à ce roman, le traducteur Maurice Edgar Coindreau écrivait " On ne sait ce qu'il convient de louer davantage dans ce petit chef-d’œuvre d'intense sobriété. Tout y est à sa place et il n'y a pas un mot de trop. La rudesse indispensable n'y prend jamais l'allure de basse vulgarité ; le réalisme des personnages est voilé par la poésie du rêve ; la sentimentalité s'arrête juste au moment où l'on pourrait craindre qu'elle ne devînt de la sensiblerie, et la couleur locale, très pittoresque, sait éviter les ton criards de la carte postale en couleurs. Quant au récit il est mené avec une rapidité qui tient plus de l'art dramatique que du roman."
Que j'aurai aimé écrire ces phrases exprimant si justement ce que je ressens ! Tout est en effet si juste dans ce roman. Chaque mot est à sa place, chaque phrase une pépite. A chaque fois je suis saisie par la beauté et la poésie de ce texte. Malgré plus d'une dizaine de lectures l'effet reste le même, je suis subjuguée et je ressens chaque émotion aussi intensément que la première fois. 
Les personnages sont magnifiquement décrits. Les mots de Steinbeck donnent corps et vie à chacun d'eux. Malgré la brièveté du roman chacun d'entre eux a une réelle profondeur. Les deux personnages principaux bien sûr l'innocent colosse Lennie et le teigneux maigrichon George. Une amitié improbable entre ceux deux hommes, mais une amitié profonde et indéfectible. George a voué sa vie à Lennie, sans ce géant attaché à ses pas "ce que la vie serait facile ! J'pourrais me trouver un emploi et travailler. J'aurai pas d'embêtements." Pourtant il reste avec lui, il l'aide et le protège, veille sur lui tel un ange-gardien au sale caractère. Et Lennie ce doux géant idiot à la force herculéenne, inconscient de sa force, incapable de comprendre la différence entre le bien et le mal, adorant plus que caresser la douce fourrure des souris, pauvres bêtes écrasées par ces grandes paluches. Ce personnage innocent est attachant comme un enfant. Tous deux rêvent d'un avenir meilleur, de ne plus vivre de travail saisonnier mais de s'installer dans une ferme et d'élever des lapins à la douce fourrure. La simplicité et la pureté de leur amitié m'ont toujours plu.
Tous les personnages me touchent à leur manière même si j'ai toujours ressenti une sympathie profonde pour Candy, le vieil homme si attaché à son chien et qui lui aussi va se mettre à rêver de ce petit lopin de terre, ainsi que pour Crooks, le palefrenier noir que tous regardent avec mépris, isolé à cause de la couleur de sa peau. 
Tant de thèmes se mêlent dans ce court roman. En à peine 150 pages  John Steinbeck nous livre un texte incroyablement riche. C'est une tragédie. Le drame final semble joué dès le départ, presque annoncé. Les faibles et les innocents sont mis de côté ou sacrifiés, seuls les plus forts survivent. Et le rêve s'écroule ne laissant plus qu'une réalité triste et une vie solitaire.
Ce livre est une merveille, un roman fort et tragique, une perle véritablement. 

Extrait :  
Comment choisir un extrait de ce roman où chaque passage est, à mes yeux, si parfait ? Je choisis donc un passage illustrant la beauté de l'amitié de George et Lennie :
"La voix de George se fit plus grave. Il répétait ses mots sur un certain rythme, comme s'il avait déjà dit cela plusieurs fois.
- Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y a pasplus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez-soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d'argent, et puis ils vont en ville et ils le dépensent tout... et pas plus tôt fini, les v'là à s'échiner dans un autre ranch. Ils ont pas de futur devant eux. 
Lennie était ravi.
- C'est ça... c'est ça. Maintenant, raconte comment c'est pour nous. 
George continua :
- Pour nous c'est pas comme ça. Nous, on a un futur. On a quelqu'un à qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on a pas d'autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.
Lennie intervint.
- Mais pas nous ! Et pourquoi ? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t"occuper de moi, et toi, t'as moi pour m'occuper de toi, et c'est pour ça
Il éclata d'un rire heureux.
- Continue maintenant, George ! 
- Tu l'sais par coeur. Tu peux le faire toi-même.
- Non, toi. Y a toujours des choses que j'oublie. Dis-moi comment ce sera.
- Ben voilà. Un jour, on réunira tout not'pèze, et on aura une petite maison et un ou deux hectares et une vache et des cochons et ... 
- On vivra comme des rentiers, hurla Lennie. Et on aura des lapins. Continue, George. Dis-moi ce qu'on aura dans le jardin, et les lapins dans les cages, et la pluie en hiver, et le poêle, et la crème sur le lait qui sera si épaisse qu'on pourra à peine la couper. Raconte-moi tout ça, George. 
- Pourquoi tu le fais pas toi-même, tu le sais tout.
- Non... raconte, toi. C'est pas la même chose si c'est moi qui le fais. Continue... George. Comment je soignerai les lapins ?
- Eh bien, dir George, on aura un grand potager, et un clapier à lapins, et des poulets. Et quand il pleuvra en hiver, on dira : l'travail, on s'en fout ; et on allumera le feu dans le poêle, et on s'assoira autour, et on écoutera la pluie tomber sur le toit..."

jeudi 4 décembre 2014

Les yeux dans les arbres - Barbara Kingsolver

Par Daphné

                                                               
                                                                                          
                                             




Auteur:  Barbara Kingsolver
Titre: "Les yeux dans les arbres"
Genre: roman
Langue d'origine: anglais (États-Unis)
Traducteur: Guillemette Belleteste
Éditeur: Payot et Rivages
nombre de pages: 660
Date de parution:1998

                   




                                                  
Présentation de l'éditeur:

Nathan Price, pasteur baptiste américain au fanatisme redoutable, part en mission au Congo belge en 1959 avec sa femme et ses quatre filles. Ils arrivent de Géorgie dans un pays qui rêve d'autonomie et de libertés. Tour à tour, la mère et les quatre filles racontent la ruine tragique de leur famille qui, même avec sa bonne volonté et ses croyances de fer, ne résiste à rien, ni à la détresse, ni aux fourmis, ni aux orages...ni aux Saintes Ecritures.



Mon avis : 

Un roman à cinq voix, intense et profond, qui nous conte l’histoire tragique d’une famille sur un fond historique. Ce livre a été pour moi un véritable coup de cœur. On ne peut que s’indigner, en même temps que l’auteur, du rôle joué par l’Occident lors de l’indépendance du Congo. On s'attache à cette famille, dont le drame se jouera parallèlement à celui du Congo. Ce livre nous interroge sur la maîtrise que l'on a sur sa propre vie, sur les évènements. Chaque personnage prend la parole avec un style et une sensibilité totalement différents.

Orleanna, la mère est la seule qui raconte son histoire avec du recul, des années plus tard. Elle nous parle de son ressenti de mère et d' épouse mais également du drame historique qui s'est joué si près d'elle et dont elle n'a pris conscience que des années plus tard.

Ses quatre filles, quand à elles, nous livrent leurs ressentis en temps et en heure, au moment où l'histoire se déroule. Avec un style d'écriture et un caractère très différents, elles nous livrent leur point de vue. Nous découvrons ainsi Rachel, l'aînée, personnage frivole et insouciant, Leah et Adah, les jumelles surdouées, prises au piège dans une relation complexe et Ruth May la petite dernière.
Le personnage du père, bien qu'il ne prête pas sa voix à ce récit, est également très présent. Son fanatisme et sa violence nous glacent.

Les relations qui existent entre les personnages sont profondément bien transmises : la relation de domination entre Nathan et Orleanna ; la relation si complexe entre Adah et Leah, si différentes malgré leur gémellité et entravée par le handicap de Adah ; la relation entre Leah et son père qu'elle admire tant avant de se rendre compte peu à peu de la folie qui l'anime ; la relation des membres de la famille avec Rachel, toujours à contre courant ; la relation entre Orleanna et ses enfants, particulièrement celle avec Ruth May, sa petite dernière , sa préférée. Et enfin cette relation entre chaque personnage et le Congo, Congo qui est décrit comme une véritable personne et qui marquera à jamais chaque membre de la famille d'une manière totalement différente. 

J'ai beaucoup aimé l’histoire et l’écriture. Le Congo, tout comme les sentiments des personnages, est magnifiquement décrit. Je me suis régalée des palindromes d'Adah, de sa relation si spéciale aux mots et à la lecture. 

Pour moi, ce livre reste mon préféré, celui que je relis régulièrement, qui me donne toujours à réfléchir et dont je connais plusieurs passages par cœur. Un livre magnifique, à découvrir absolument !



Extraits:

« Envisage même une Afrique qui n’aurait pas été conquise. Imagine ces premiers aventuriers Portugais aux approches du rivage, scrutant les abords de la jungle à travers leur longue vue de cuivre ajustées. Imagine que par quelque miracle de peur ou de respect, ils aient abaissé leurs lunettes, fait demi-tour, hissé les voiles et repris la mer. Imagine que tous ceux qui sont venus après en aient fait autant. Que serait maintenant l’Afrique ? »
« C'est ainsi qu'il en est du premier- né, quel que soit le genre de mère auquel on appartienne_riche, pauvre, épuisée ou heureuse et satisfaite. Un premier enfant, c'est le premier pas qui coûte et comme tu les encourage ces petits pieds tandis qu'ils s'élancent. Tu guettes la précocité dans les moindres recoins de chair et la crie sur tous les toits.
Mais le dernier : le bébé qui traîne son odeur comme un drapeau de reddition dans ta vie parce qu'il n'y en aura pas d'autres à venir-oh, c'est l'amour au nom différent. C'est l'enfant que tu tiens dans tes bras pendant une heure après qu'elle se soit endormie. Si tu la déposais dans son berceau, elle pourrait se réveiller autre et s'envoler. Alors tu te balances auprès de la fenêtre, buvant la lumière de sa peau, respirant aux rêves qu'elle exhale. Ton cœur gémit au double croissant de lune de ses cils abaissés sur ses joues. Elle est celle que tu ne peux te résoudre à poser. »