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mardi 27 octobre 2020

Héritage - Miguel Bonnefoy

Par Ariane

Auteur : Miguel Bonnefoy

Titre : Héritage

Genre : Roman

Langue d’origine : français

Editeur : Rivages

Nombre de pages : 256p

Date de parution : août 2020

 

Mon avis :

Depuis son premier roman, Le voyage d’Octavio, c’est un plaisir chaque fois renouvelé de retrouver Miguel Bonnefoy.

Dans cette saga familiale aux accents de réalisme magique, on rencontre un vieux vigneron, une marchande de parapluie, un poilu hanté par le fantôme d’un soldat allemand, une ornithologue, une jeune fille qui rêve de voler, un jeune garçon idéaliste et rêveur… Miguel Bonefoy fait vivre devant nous ces personnages extravagants, plus proches des héros de contes que de romans d’aventures. Pourtant des aventures, ils en connaîtront, traversant les événements du siècle, portant en eux physiquement et spirituellement les stigmates de ces temps sombres.

Comme dans ses précédents romans, je retrouve une maîtrise de la narration, un univers étrange et fascinant, une écriture rythmée et poétique. Miguel Bonnefoy a le don de dire beaucoup en peu de pages, en peu de mots. Même lorsqu’il décrit les pires malheurs, il ne nous livre jamais une violence crue, mais malgré le couvert de la poésie, il parvient à nous en faire sentir toute l’horreur. Une scène m’a particulièrement marquée, dans laquelle on voit toute l’absurdité et l’horreur du régime de Pinochet, un régime de violence gratuite, détruisant l’innocence et la beauté. Une scène inoubliable.

Miguel Bonnefoy a puisé dans son histoire familiale pour écrire ce roman empreint de sincérité et de pudeur. Une nouvelle fois un vrai coup de cœur.

 

Extraits :

« Lazare Lonsonier lisait dans son bain quand la nouvelle de la Première Guerre mondiale arriva jusqu'au Chili. A cette époque, il avait pris l'habitude de feuilleter le journal français à douze mille kilomètres de distance, dans une eau parfumée d'écorces de citron, et plus tard, lorsqu'il revint avec une moitié de poumon, ayant perdu deux frères dans les tranchées de la Marne, il ne put jamais réellement dissocier l'odeur des agrumes de celle des obus. »

« Éloignée désormais des accords et des concerts, isolée des grandeurs de Verdi et des opéras de Puccini, Thérèse découvrit le silence des oiseaux, fait de roucoulements et de piaillements, accédant ainsi à un univers inviolable où un autre chant, démêlé, imposait son triomphe et sa loi. »

« Il lui évoquait un univers où vivaient des communautés de femmes guerrières, où des géants se transformaient en statues de bois et où des filles naissaient dans le feu des cannes à sucre. Quand Ilario lui demandait où se trouvait ce pays des merveilles, Aukan pointait la bibliothèque derrière lui et s'exclamait dans un mouvement exalté :
- Ce pays est dans les livres. »

dimanche 8 mars 2015

Portrait sépia - Isabel Allende

Par Ariane


Auteur : Isabel Allende

Titre : portrait sépia

Genre : roman

Langue d’origine : espagnol

Traducteur : Claude de Frayssinet

Editeur : Grasset

Nombre de pages : 392p

Date de parution : juin 2001

Présentation de l’éditeur :  
(j’ai décidé de tronquer la présentation trouvée sur le site de l’éditeur qui dévoilait l’intégralité de l’intrigue)

Le roman se situe au Chili, en Californie et en Europe à la fin du XIX. La richissime Paulina del Valle recueille Aurora, sa petite-fille, âgée de 5 ans : son grand-père Tao Chi'en vient de mourir, et sa femme Eliza accompagne le corps en Chine pour l'y enterrer selon ses vœux. Paulina donne ce qu'elle a de mieux à Aurora, mais elle lui cache la véritable identité de ses parents et ce qui s'est passé dans les premières années de sa vie.


Mon avis :

Encore un roman que je me promettais depuis longtemps de lire et que le challenge petit bac me permet de sortir de ma liste à lire ! Merci Enna !

Aurora Del Valle, petite-fille adorée de la riche et extravagante Paulina Del Valle a reconstitué petit à petit son passé et celui de ses ancêtres, les secrets entourant sa naissance et dans ce roman elle raconte cette histoire, son histoire, leur histoire.

De la Californie au Chili, de 1862 à 1910, c’est donc une multitude de personnages que l’on suit. Des personnages à qui Isabel Allende parvient à donner profondeur et consistance, chacun avec son histoire particulière.

J’ai découvert grâce à un blog que les héros de ce roman étaient les descendants ou les ancêtres d’autres héros d’Isabel Allende. Je trouve cette démarche intéressante et je pense que la curiosité va me pousser à lire les autres livres de l’auteur.

Une fresque familiale comme je les aime avec des personnages hauts en couleur, mais qui pour autant, ne laisse pas un souvenir impérissable.



Extrait :

« L’appareil photographique est une chose simple, il est à la portée du plus ignare, le but est de créer cette combinaison de vérité et de beauté que l’on appelle art. Cette quête est surtout spirituelle. Je recherche la vérité et la beauté dans la transparence d’une feuille en automne, dans la forme parfaite d’un escargot sur la plage, dans la courbe d’une épaule féminine, dans la texture d’un vieux tronc d’arabe, mais aussi dans d’autres formes fuyantes de la réalité. Parfois, en travaillant sur une image dans ma chambre noire, apparaît l’âme d’une personne, l’émotion d’un événement ou l’essence vitale d’un objet, alors la gratitude éclate en moi et je fonds en larmes, je ne peux m’en empêcher. C’est pour cette révélation que je travaille. »

Lu dans le cadre des challenges petit bac catégorie couleur et tour du monde en 8 ans pour le Chili