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jeudi 23 mai 2024

Circé - Madeline Miller

 Par Daphné










Auteur : Madeline Miller
Titre :Circé

Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : pocke
Nombre de pages : 576
Date de parution :2019

Résumé de l'éditeur :

Helios, dieu du soleil, a une fille : Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don : la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent.
Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croise tous les personnages importants de la mythologie : le minotaure, Icare, Medée et Ulysse....
Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu'elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu'elle a appris à aimer.

Mon avis :

J'ai toujours aimé la mythologie mais cela faisait un moment que je n'avais rien lu la concernant. Qu'à cela ne tienne, je n'ai pas tardé à dévorer ce livre là sitôt qu'une de mes amies me l'a mis entre les mains!

Circé la sorcière, Circé la magicienne, est une figure mythologique plutôt connue mais dont, finalement, on parle assez peu.  L'autrice ici, fait de sa vie un roman, nous contant son histoire, sa vie, ses ressentis. Elle nous dépeint tut d'abord l'enfance de Circé, fille du soleil et d'une nymphe. Enfant considérée comme moins jolie que ses frères et sœurs et moquée à cause de sa voix d'humaine, elle n'a ni la pouvoirs de son père ni le charme de sa mère et se sent peu à sa place parmi les dieux. Très vite attirée par le monde des mortels, elle se découvre, en portant secours à l'un d'eux, des pouvoirs insoupçonnés qu'elle développera en se retrouvant exilée, seule sur une île. 

On fait donc connaissance de l'enfant, puis de la jeune fille, de la femme, de la mère, de l'amante, de la sorcière que fut Circé. Résolument féministe avant l'heure, Circé est bien plus que la terne et discrète petite nymphe à qui les dieux ont d'abord cru avoir affaire. Non, Circé est bien plus que ça. Si elle ne possède pas de pouvoirs divins lui tombant du ciel sans effort, elle a en elle une magie puissante, une magie qu'il lui faudra développer par elle-même. Toute sa vie, elle se battra pour obtenir ce qu'elle souhaite.

Ce n'est pas l'action qui fait toute la force de ce livre. Non, en près de 600 pages, de l'action, il y en a finalement très peu. Et portant, on ne s'ennuie pas. Est-ce la manière dont l'autrice met en scène la sorcellerie, instrument de révolte et d'épanouissement? Est-ce la manière si approfondie dont elle nous décrit Circé, son caractère, sa psychologie, son évolution ? Est ce la manière dont entrent en scène différentes figures mythologiques toutes vue à travers le regard de Circé? Est ce la manière dont elle dépeint le monde impitoyable des dieux et celui, si fragile, des mortels ? Est-ce son talent de conteuse, qui nous fait ressentir chaque sentiment de Circé, qui nous donne l'impression de nous trouver nous aussi, entourés de lions, sur l'île déserte? Je ne saurai dire exactement ce qui m'a le plus plu dans ce livre mais il est certain qu'une fois en main, je n'ai plus pu le lâcher. Sans doute Circé m'a t-elle jeté un sort à moi aussi!

Extrait :

"Laissez-moi vous expliquer ce que la sorcellerie n'est pas : ce n'est pas un pouvoir divin, qui vient en un clin d’œil, d'une simple pensée. Elle nécessite d'agir, de manipuler, de planifier, rechercher, fouiller, sécher, couper et moudre, bouillir, parler et chanter. Et même après toutes ces étapes elle peut échouer, ce qui n'arrive pas aux dieux. Si mes herbes ne sont pas suffisamment fraîches, si mon attention diminue, si ma volonté est faible, les drogues deviennent vertes et rance entre mes mains."


lundi 1 avril 2024

Racines - Haley Alex

 Par Daphné








Auteur :Haley Alex
Titre : Racines 

Genre : roman
Langue d’origine : anglais 
TRaductrice : Maud Sissung
Editeur : J'ai lu
Nombre de pages : 750
Date de parution :2000

Résumé de l'éditeur:

" Sous la lune et les étoiles, seul avec son fils, Omoro procéda au dernier rite de l'imposition du nom. Il marcha jusqu'aux confins du village, et là, élevant le petit en lui tournant le visage vers le ciel, il murmura tout doucement : " Regarde, cela seul est plus grand que toi ". Alors qu'il ramassait du bois pour en faire un tambour, le fier Kinté, fils d'Omoro, est capturé par des toubabs qui l'envoient récolter le coton de l'autre côté de l'Océan, en Virginie. Le destin de sa race est scellé : ses descendants seront esclaves de père en fils, humiliés, battus, vendus au plus offrant, séparés de ceux qu'ils aiment. En faisant revivre son aïeul et sa lignée sur sept générations, l'auteur retrace l'histoire terrible, déchirante et véridique de ses ancêtres africains. Une immense saga.

Mon avis:

L'auteur nous conte ici l'histoire de son ancêtre, Kunta Kinté, dont il a entendu parler depuis tout petit et dont il est parvenu à remonter la trace. Né en Gambie, en 1767, Kunta est le premier-né de sa famille. Il grandit dans son village selon les traditions de son peuple mais sa vie prendra un tournant différent - et tragique- le jour où il sera enlevé et emmené en Amérique où il deviendra esclave. 

Débutant en premier jour de la vie de Kunta jusqu'à la génération de l'auteur, ce livre ne nous épargne rien. On suit d'abord les premiers pas de Kunta, son enfance, la manière dont il grandit au sein de son village et de sa famille, puis l'horreur : l'arrachement aux siens, à sa terre, les détails insoutenables de la traversée en bateau, la mise en esclavage, les tentatives de fuite... Entre Kunta et l'auteur, il y a plusieurs générations, celles qui naîtront et mourront esclaves, celles qui connaîtront la liberté. Et il y a la tradition orale, qui permettra à l'auteur de retrouver les traces de son ancêtre, de connaître son histoire et de l'écrire. Car Kunta a voulu transmettre son histoire, ne pas oublier d'où il venait. Et ce qu'il a transmis à sa fille, Kizzy, cette dernière l'a transmis à son tour.  Ne pas oublier. Tel est sans doute l'un des messages les plus forts de ce livre. Ne pas oublier ce qui est arrivé à Kunta, et à tant d'autres. Ne pas oublier la cruauté, l'horreur, le cri qui se perpétue de génération en génération, ce cri poussé par tant de personnes.

Non, ce livre ne nous épargne rien, C'est un livre douloureux et indispensable, un livre où l'on voit cependant poindre l'espoir. Un livre à lire absolument pour ne pas oublier.

Extrait :

"Les fouets claquèrent pour les pousser vers un endroit où se trouvaient déjà une dizaine d'hommes enchaînés sur lesquels on déversait des seaux d'eau de mer remontés par-dessus le bordage. Et puis, malgré leurs cris, les hommes furent frottés par les toubabs avec des brosses à long manche. Kounta se mit lui aussi à hurler sous le flot d'eau salée qui pénétrait comme du feu dans les sanglantes zébrures du fouet et dans la marque au creux de ses épaules. Mais lorsqu'on se mit à le frotter à la brosse, en insistant bien, pour décoller les plaques d'ordure, la douleur devint intolérable, car les durs brins pénétraient dans les sillons sanglants du fouet, arrachaient la peau, fouillaient la chair à vif. A leurs pieds, l'eau moussait rose. Puis on les repoussa jusqu'au milieu du pont, où ils s'effondrèrent, pressés les uns contre les autres."

vendredi 16 février 2024

Huit battements d'aile - Laura Trompette

 Par Daphné








Auteur : Laura Trompette
Titre : Huit battements d'aile

Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Charleston
Nombre de pages : 320
Date de parution :2022

Résumé de l'éditeur :

Huit femmes. Huit destins. Une journée.

Elles sont huit Parmi elles, une conductrice de poids lourd sur les routes de France, la porte parole de la Maison Blanche, une prisonnière en Chine ou encore une orpheline en Inde. À priori, tout les sépare Et pourtant, en l'espace de 24 heures, ce 24 avril 2020 où le monde semble s'être mis à l'arrêt, leurs destins vont se rejoindre et leurs vies irrémédiablement se lie

Mon avis:

Huit battements d'ailes, ce sont huit voix. Huit voix féminines, venues de plusieurs endroits dans le monde, dont les histoires, le temps d'une journée, se rejoignent. En pleine cris de covid, chacune d'entre elles a une manière très différente de vivre le confinement. Ce n'est pas un livre sur le confinement bien qu' il soit bel et bien présent, en toile de fond. Non, c'est un livre qui aborde de nombreux thèmes :  la violence conjugale, la maltraitance des animaux, l'inceste, la solitude, la résilience, la solidarité, l'abandon... 

Le temps d'une journée, on rencontre donc une femme enfermée dans son appartement avec son mari violent, sa voisine qui l'entend crier et ne sait comment lui venir en aide, une petite fille orpheline dont le meilleur ami sera prochainement adopté par une riche famille, une chauffeuse de poids lourds venant en aide à une passagère clandestine, la porte-parole de la maison blanche prête à tout pour arriver à ses fins, une ourse prisonnnière dont on extrait la bile pour fabriquer des médicaments, une vieille femme qui tente de maîtriser les réseaux sociaux pour communiquer avec sa famille et qui chante avec sa petite voisine de balcon à balcon, une chanteuse célèbre qui s'apprête à révéler dans l'une de ses chansons son plus terrible secret, une jeune infirmière qui se bat pour le droit des femmes... Chacune vient d'un pays différent, a une culture différente, une histoire différente. Si l'une est absolument abjecte, la plupart sont touchantes, certaines tout particulièrement. 

C'est un livre engagé, sur celles qui se battent, sur celles aussi qui ne peuvent se battre, un livre où la solidarité prend tout son sens. 

Extrait :

"Il y a des gens que l’on connaît très bien et auxquels on ne dit jamais rien de profond. Il y a ceux que l’on croise furtivement et avec lesquels on retire l’armure sans crier gare. L’éphémère autorise parfois plus que la permanence."

lundi 5 février 2024

Eden - Auður Ava Ólafsdóttir

 Par Daphné


Auteur : Audur Ava Olafsdottir
Titre :Eden

Genre : roman
Langue d’origine :islandais
traducteur: Eric Boury
Editeur :points
Nombre de pages : 224
Date de parution :2023


Résumé de l'éditeur:

Alba voyage aux quatre coins du monde pour des colloques sur les langues en voie d’extinction. De retour à Reykjavík, elle fait le compte : pour compenser son empreinte carbone, il lui faudrait planter 5 600 arbres. Ni une ni deux, elle repère un terrain de roche, de lave et de sable avec une petite maison. Rien n’est censé pousser là mais Alba y projette déjà une colonie de bouleaux. Peu à peu, Alba tente d’apprivoiser son jardin d’Éden. Elle s’équipe au rayon bricolage de la boulangerie, prête l’oreille à son voisin qui lutte contre un projet d’usine à glaçons, et s’attache à un jeune réfugié prêt à absorber tout le dictionnaire... Ode au pouvoir infini des mots, Éden explore notre faculté à déjouer les paradoxes de l’existence, à nous réinventer. Un régal d’humour et d’humanité.

Mon avis:

Lire un roman d'Auður Ava Ólafsdóttir, c'est toujours pour moi, un moment un peu spécial, un moment à la fois doux et lumienux, un moment teinté de fantaisie mais où transparait toujours quelque chose de vrai, d'authentique. Je savoure ces livres plus que je ne les lis. Ce livre-là n'est peut-être pas mon préféré mais il a totu de même été un régal à lire!

J'ai aimé cette plongée en Islande, où l'on découvre cette langue dont nous parle Alba, cette langue auquel elle prête de nombreuses réflexions, s'interroge sur les mots, leur sens, leur orogine. A ces nombreuses réflexions se mêlent aussi celles à propos de l'écologie, de l'immigration. Les questionnements d'Alba défilent au fur et à mesure des pages, d'une manière un peu contemplative, qui semble parfois un peu détachée sans réellement l'être pour autant. 

Comme toujours dans les livres de cette autrice, ce n'est pas l'action qui prime, mais à aucun moment on ne s'ennuie et on arrive au bout de ces pages le sourire aux lèvres et avec l'envie d'avoir quelques lignes de plus à lire. Tout me semble presque parfait dans ses livres, que ce soit les personnages, l'histoire, les interrogations qui en découlent ou l'écriture.

A n'en pas douter, Auður Ava Ólafsdóttir est véritablement pour moi une autrice incontournable dont j'attend toujours avec impatience le prochain livre!

Extrait :

"Il me vient brusquement à l'esprit que le besoin le plus fondamental de l'être humain est d'avoir un foyer. Quiconque perd son chez -soi essaie aussitot de recréer un havre où se mettre à l'abri. Quel que soit le matériau de construction utilisé, bois, pierre, tente, voire bâche en plastique ou carton, sable séché au soleil, arbres ou branches, cela constitue quoi qu'il en soit un foyer."



dimanche 14 janvier 2024

Requiem pour une apache - Gilles Marchand

 Par Daphné










Auteur : Gilles Marchand
Titre : Requiem pour une apache
Genre : roman
Langue d’origine : français
nombre de pages : 384
Éditeur : Aux forges de Vulcain
Date d'édition : 2022

Résumé de l'éditeur:

Jolene n'est pas la plus belle, pas la plus fine non plus. Et pas forcément la plus sympa. Mais lorsqu'elle arrive dans cet hôtel, elle est bien accueillie. Un hôtel ? Plutôt une pension qui aurait ouvert ses portes aux rebuts de la société : un couple d'anciens taulards qui n'a de cesse de ruminer ses exploits, un ancien catcheur qui n'a plus toute sa tête, une jeune homme simplet, une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation. Ce petit monde vivait des jours tranquilles jusqu'à ce que Jolene arrive. En quelques mois à peine, l'hôtel devient le centre de l'attention et le quartier général d'une révolte poétique, à l'issue incertaine.

Mon avis:

Je n'ai pas été très assidue sur ce blog en 2023 : je crois n'avoir pas chroniqué la moitié des livres que j'ai lu. Et je ne les chroniquerais sans doute jamais étant donné le retard accumulé! En revanche, je vais essayer de ne pas du totu prendre de retard dans mes lectures de 2024 et de ne plus "laisser passer" aucune de mes lectures. Histoire de me motiver pour cela, je commence l'année par un auteur que j'aime beaucoup. Quoi de mieux qu'un coup de coeur comme première lecture de l'année?

Cela faisait longtemps que j'avais envie de lire ce livre d'autant plus que j'en avais entendu le début il y a deux ans -en direct!- lu par l'auteur lui-même. Un Père-Noël bien attentionné l'a déposé au pied de mon sapin e tje l'ai littéralement dévoré!

Comment décrire ce livre qui navigue entre la fable et la lutte politique et sociale, ce livre auquel les personnages, tous un peu cabossés par la vie, nous entraîne dans une histoire au souffle véritable, une histoire où se mêlent de manière très habile imaginaire et réalité, une histoire de poing levé? Un poing levé, oui, celui de Jolène et, derrière elle, ceux qui ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds mais qui, jusque là, n'osaient pas se rebeller, ceux qui sont en marge, ceux qu'on ignore, qu'on rejette ou dont on se moque, un peu ou beaucoup parce qu'ils n'entrent pas tout à fait dans le moule. Jolène fait partie de ces personnes-là et le jour où elle osera enfin dire non, le jour où montera en elle une révolte qu'elle a toujours fait taire, elle se retrouvera, sans vraiment le vouloir et sans même vraiment comprendre pourquoi, à la tête de toute cette troupe d'anti héros qui, à ses côtés, oseront à leur tout lever le poing. 

Le style de Gilles Marchand, un peu décalé, a un côté très fantaisiste mais aussi très réaliste car sous leurs allures de conte, ses livres abordent toujours des sujets importants, des sujets qui me touchent. Toute son originalité réside dans cette écriture un peu décalée et cela fait tout le charme des ses livres dont la plupart ont été pour moid e grands coups de coeur! Celui-ci ne fait pas exception!

Extrait :

"On pourra te confisquer ton argent, ta montre, ta maison, ton travail. Même ta virginité et ton honneur peuvent être volés. Personne ne pourra jamais te voler reprendre les livres que tu as déjà lus. C'est pour ça que l'on fait croire aux pauvres et aux miséreux que la culture n'est pas faite pour eux : parce que l'on sait que s'ils parviennent à l'acquérir, jamais on ne pourra la leur reprendre."


mardi 5 décembre 2023

Chez Scarlette - Hervé Bellec

 Par Daphné









Auteur  : Hervé Bellec

Titre : Chez Scarlette
Genre : roman

Langue d’origine : français
Date d'édition : 2023
Nombre de pages : 416

Editeur : Pocket

Résumé de l'éditeur :

Nous sommes en novembre, miz du en breton, le mois noir, dans une île bretonne à une heure du continent. Scarlette, la patronne du bar de la Falaise, vit là, tout simplement parce qu’elle y est née, et son bistrot en est l’épicentre. Solange, la Parisienne, est venue y trouver refuge pour fuir un passé trop encombrant et un avenir trop douloureux. Phanie, la jeune policière, aussi, peut-être pour tout remettre en question. Marina, l’énigmatique médecin de l’île, soulage les peines de chacun comme elle peut. Morgane, la fille de Scarlette, se morfond, loin de son île, à Nantes où elle fait ses études et veut rentrer quoi qu’il en coûte.
La tempête gronde, les falaises s’effondrent, les digues cèdent, les arbres se couchent et les grandes marées menacent de submerger l’île, comme au temps d’une antique légende. L’île est maintenant totalement isolée. Mais les femmes s’entraident, se soutiennent, chantent et dansent autour du vieux juke-box en buvant du champagne comme pour narguer le mauvais sort. Pierrot la Lanterne, gardien de phare à la retraite, et Baptiste le trompettiste restent en retrait et les observent, tantôt amusés, tantôt fascinés.
Sur une île au large de la Bretagne, cinq destinées de femmes malmenées par les tempêtes d’automne vont se croiser au fil de la plume nostalgique, cocasse, drôle et désenchantée à la fois de l’écrivain breton, Prix de la ville de Vannes 2020.

Mon avis:

J'ai commencé ce livre avec enthousiasme : la Bretagne, une île, une histoire de femmes... plusieurs ingrédients étaient ici réunis pour me plaire. Sans compter que les critiques que j'avais pu en lire étaient plutôt favorables. 

Mais pour être franche, ce livre m'a laissé un sentiment en demi teinte. Il est bien écrit, le cadre m'attirait, la découverte des personnages aussi. Mais j'avoue m'être un peu ennuyée. Le rythme est lent, ce qui n'est pas pour me déplaire dans certaines romans. Je trouve même souvent un certain charme à la lenteur dans bon nombre de livres. Dans un monde toujours si rapide et stressant, prendre son temps au fil des pages pour raconter une histoire me paraît souvent être une bonne initiative. Mais cette fois, non, ce rythme ne m' a pas tellement convenu. On sent bien que le but de l'histoire n'est pas d'enchaîner action sur action mais tout simplement de décrire des vies, de s'y attarder, de les observer. Mais tout de même, un minimum d'action aurait peut-être été la bienvenue... 

Si j'ai aimé les descriptions de l'île, j'ai cependant passé toute ma lecture à attendre l'élément qui déclencherait réellement l'histoire... mais j'ai attendu jusqu'à la dernière page. Un livre dont j'ai aimé l'écriture mais qui m'a laissé un goût d'inachevé.

Extrait :

"La légende arthurienne affirmait que Morgane était une fée née de la mer, une sorte de sirène tantôt maléfique, tantôt bienveillante, une magicienne ensorceleeuse initiée par le mage Merlin, capable du pire comme du meilleur. Elle était reine de l'île d'Avalon et possédait le pouvoir de transformer, une fois consommée l'œuvre de chair, ses amants en bouc ou en lézard. Morgane imagina son compagnon d'une nuit se réveillant métamorphosé en gros lézard et ne put s'empêcher de ricaner bêtement sous le drap."


lundi 20 novembre 2023

Pourvu que mes mains s'en souviennent - Quentin Ebrard

 Par Daphné










Auteur  : Quentin Ebrard

Titre : Pourvu que mes mains s'en souviennent
Genre : roman

Langue d’origine : français
Date d'édition : 2023
Nombre de pages : 192

Editeur : Belfond

Résumé de l'éditeur:

On ne sait pas bien ce qu’il se passe dans ce château cerné par des champs de tournesol, dans cette étrange colonie de vacances. Certains pensionnaires sont là de leur plein gré, d’autres ont été arrachés à leur famille. On tâtonne dans le noir aux côtés de Louise, la narratrice. Ici et là, on entend parler de mauvais traitements, certains sont abrutis par les médicaments, d’autres disparaissent du jour au lendemain. Perdue, Louise n’a qu’une obsession : sauver sa peau. Prête à tout, elle décide de s’échapper grâce à un projet aussi fou que secret. Avec l’aide de deux de ses camarades, Juliette, l’armoire à glace qui passe sa vie à pleurnicher, et Simon, le bricoleur amoureux d’elle, Louise va tout risquer pour quitter cet enfer… À moins que tout cela ne soit qu’une vue de l’esprit. Un premier roman hors des sentiers battus, qui cache une révélation complètement inattendue.

Mon avis :

Louise, enfermée dans un étrange château fait des fugues à répétition.  Voilà un roman qui repose presque tout entier sur la "vérité", la chute de l'histoire que l'on ne découvre qu'à la fin... sauf que cette fin m'a paru évidente dés le début. Mais peut-être est-ce uniquement à cause du travail que je fais que cela m'a semblé d'emblée une évidence et sans doute est-ce pour cette même raison que toute l'histoire, du coup, m'a paru invraisemblable. 

Malgré ce "bémol", j'ai passé tout de même un moment de lecture agréable en compagnie de Louise, personnage haut en couleur, auquel on s'attache très vite. La plume de l'auteur est fluide, le rythme rapide, cela se lit très vite et on ne s'ennuie pas. 

Il est difficile de parler de ce livre sans en dévoiler le "mystère", aussi n'en parlerais-je pas beaucoup, mais même si j'ai très rapidement deviné celui-ci, je dois reconnaître que le thème principal est abordé d'une manière très originale, ce qui fait tout le charme de ce roman!

Extrait :

"Ici, j'oublie tout, absolument tout. La date du jour. Mes envies et mes rêves. Le visage de mes parents s'efface, celui de mes amis aussi."



lundi 6 novembre 2023

Funambule - Frédéric Surgan

 Par Daphné








Auteur :Frédéric Surgan

Titre : Funambule
Genre : roman

Langue d’origine : français
Date d'édition : 2023
Nombre de pages : 330

Editeur : 5 Sens Editions

Résumé de l'éditeur :

Lisette a fui la France dès la fin 1945 pour s’installer en Louisiane avec l’espoir d’y entamer une nouvelle vie, emportant avec elle un lourd secret. Ses deux fils, Lanny et Roly, ont grandi là, comme à l’écart, entre les méandres du bayou Teche et le lac Fausse Pointe. Quand, au printemps 1959, Lisette disparaît dans des circonstances troubles, Roly s’engage sur une route de plus en plus inquiétante pour découvrir ce qui est arrivé à sa mère et que justice soit faite, au grand dam de Lanny, pour qui la quête de son frère devient une forme de cauchemar dans lequel il redoute de basculer. Il semble bien cependant que Lisette ne soit pas la seule à avoir fait le voyage en Louisiane au lendemain de la guerre...

Mon avis :

Merci tout d'abord aux 5 Sens Editions et à Babelio pour l'envoi de ce roman.

Je dois avouer que j'ai dû m'accrocher pour parvenir à "entrer" dans ce livre. L'histoire m'intéressait mais j'ai eu du mal avec l'écriture, une écriture un peu trop "brouillonne" et au style un peu trop familier pour moi. Pendant un bon moment, je n'ai pas vraiment compris où voulait en venir l'auteur au juste car il me semblait que l'on se perdait un peu dans les disgressions. Ce n'est qu'au bout d'une centaine de pages que j'ai vraiment réussi à me faire à cette écriture et à véritablement entrer dans l'histoire. Une histoire sombre, où pointe certes parfois un certain humour, mais où la noirceur l'emporte bel et bien. 

Présentée sous la forme d'un thriller psychologique, on y découvre deux frères. Deux frères rivaux dont la mère a disparu dans des conditions plus que douteuses. L'un d'eux va mener l'enquête et découvrir, par une petite plongée dans l'Histoire,  ce qui est véritablement arrivé à sa mère et surtout pourquoi cela lui est arrivé. 

Ce n'est pas  le genre d'enquête qu'on est habitué à lire. L'approche est plutôt originale, le déroulement de l'histoire est très bien mené et la fin surprend assurément. Une fois passée le mont de "grand flou" des premiers chapitres, on se laisse emporter par l'histoire. Si je n'avais pas reçu ce livre par le biais de Babelio, je ne l'aurais sans doute pas lu jusqu'au bout ce qui en définitive aurait été dommage car j'ai finalement passé un bon moment de lecture.



lundi 18 septembre 2023

Coeur du Sahel - Djaïli Amadou Amal

 Par Daphné








Autrice :Djaïli Amadou Amal

Titre : Coeur du Sahel
Genre : roman

Langue d’origine : français
Date d'édition:2022
Nombre de pages :364

Editeur : Emmanuelle Colas

Résumé de l’éditeur:

 Faydé vit dans les montagnes dans l’extrême-nord du Cameroun. Pour que sa mère, ses frères et sa sœur ne soient pas dans le besoin, son beau-père ayant disparu au cours d’une razzia de Boko Haram, la jeune adolescente décide de partir à Maroua, la ville la plus proche, où elle sera domestique. Comme ses comparses, elle devra se faire à sa nouvelle vie, citadine et difficile pour les filles. Mépris de classe, mauvais traitements, viols… Comment Faydé parviendra-t-elle à se frayer son chemin dans un environnement, où son destin semble tracé à l’avance ?

Mon avis :

Faydé a 15 ans et vit dans un petit village du Sahel dans des conditions très difficiles où les sécheresses se succèdent. Pour subvenir aux besoin  e sa mère et de ses frères et sœurs, elle décide de tenter sa "chance" en allant travailler en ville pour une riche famille. Elle y découvre une vie bien différente de la sienne, une vie où elle doit se rendre invisible aux yeux de ses patrons, où tout le travail accompli ne mérite qu'un pauvre salaire et bien peu de reconnaissance, où elle se retrouve confrontée au mépris, aux injures, où les hommes ont plein pouvoir sur elle. Faydé pourtant, tombe sur une "bonne "maison où elle découvre aussi certains avantages mais n'échappera pas au chagrin, au mépris, verra certaines de ses amies s'en sortir plutôt bien alors que d'autres connaîtront un destin cruel. 

Ce livre nous plonge en plein cœur du Sahel  où les conditions de vie des femmes ne nous sont pas épargnées. On y découvre que si être femme dans un village isolé et soumis à la sécheresse est terrible, être femme en ville n'est pas enviable non plus. Si nous sont décrites plus particulièrement les vie des domestiques et du mépris et de l'indifférence auxquelles elles sont soumises, on y rencontre aussi les femmes des concessions, filles ou co-épouses, qui, si elles ont l'avantage de la richesse, restent sous la domination masculine. 

 Ce livre est un cri de révolte, un cri d'espoir aussi car, oui, l'espoir y est bel et bien présent. C'est un livre on ne peut plus engagé, un livre qui défend l’éducation des filles, la place de la femme dans une société ô combien patriarcale. Faydé n'a pas une vie facile mais c'est un personnage lumineux auquel on ne peut que s'attacher. 

Me restent à découvrir les autres livres de cette autrice que j'ai maintenant très envie de lire!

 

Extrait  

 "Ouvre grandes tes oreilles et écoute bien ce qu’on te dit car on ne va pas le répéter. Ils sont les patrons et tu dois les respecter comme tels. Ne jamais t’asseoir à côté d’eux mais plutôt en retrait. S’ils sont sur un fauteuil, tu restes sur le tapis. S’ils sont sur une natte, tu t’installes sur le sable. Si tu remarques qu’ils ont des places préférées, même si c’est au pied d’un arbre, jamais, au grand jamais, tu ne dois t’approcher de cette place-là. Sauf, bien sûr, pour la nettoyer."

lundi 28 août 2023

L'attente du soir - Tatiana Arfel

 Par Daphné








Auteur :Tatiana Arfel

Titre :L'attente du soir

Genre : roman

Langue d’origine :français

Editeur :José Corti

Nombre de pages :352

Date de parution :  2009


Résumé de l'éditeur:

 Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde.
Il y a d'abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu'il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le Sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie.
Il y a la femme grise sans nom, de celles qu'on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. Elle parle en ligne et en carrés, et récite des tables de multiplications en comptant les fissures au plafond pour éloigner l'angoisse.
Et puis il y a le môme, l'enfant sauvage qui s'élève seul, sur un coin de terrain vague abandonné aux ordures. Le môme lutte et survit. Il reste debout. Il apprendra les couleurs et la peinture avant les mots, pour dire ce qu'il voit du monde.
Seuls, ces trois-là n'avancent plus. Ils tournent en rond dans leur souffrance, clos à eux-mêmes. Comment vivre ? En poussant les parois de notre cachot, en créant, en peignant, en écrivant, en élargissant chaque jour notre chemin intérieur, en le semant d'odeurs, de formes, de mots. Et, finalement, en acceptant la rencontre nécessaire avec l'autre, celui qui est de ma famille, celui qui, embarqué avec moi sur l'esquif ballotté par les vents, est mon frère.
On ne cueille pas les coquelicots, si on veut les garder vivants. On les regarde frémir avec ces vents, dispenser leur rouge de velours, s'ouvrir et se fermer comme des cours de soie. Giacomo, la femme grise, le môme, que d'autres ont voulu arracher à eux-mêmes, trouveront chacun dans les deux autres la terre riche, solide et lumineuse, qui leur donnera la force de continuer.

Mon avis:

Il y a des livres comme ça, qui vous happent du début à la fin, des livres où tant l'écriture que l'histoire et les personnages vous accrochent le cœur. Il y a  des livres auxquels on s'attache, qu'on ne parvient pas à lâcher avant d'en avoir lu la dernière ligne, des livres que l'on voudrait recommencer sitôt qu'on les a fini. L'attente du soir, pour moi, fait partie de ces livres-là. 

On y rencontre trois personnages, en marge de la société, trois personnages très différents et tous aussi touchants les uns que les autres, qui, en principe n'aurait jamais dû avoir de lien ente eux. Il y a Giacomo,  le clown blanc, poursuivi par le Sort, qui aime voir fleurir les sourires des enfants sous le chapiteau de son cirque. Il y a Mademoiselle B., qui, faute d'avoir été regardée par ses parents, par son entourage, a appris à se rendre invisible. Et il y a le Môme, enfant abandonné sur un terrain vague qui voit le monde à travers les couleurs et qui, s'il lui manque les mots, s'exprime par la peinture. Trois personnages hors norme, trois personnages solitaires et malheureux qui pourtant, s'accrochent à la vie. 

 Il y en a de la souffrance dans ce livre, il y en a de la solitude. Et pourtant, c'est un livre empreint d'une grande beauté, un livre qui fait appel aux sens, un livre plein de poésie où des touches de lumière viennent percer la noirceur. 

Je pourrais en parler pendant longtemps mais comme je ne veux pas trop en dire, je m'arrête là. 

Un grand, grand coup de cœur!

Extrait :

"Il regarde la lumière naître peu à peu sur le deuxième tapis. C'est encore une autre couleur. C'est la couleur que prend la grande lumière ronde du ciel le soir. C'est une couleur qui fait aboyer de contentement quand on la regarde, comme le vert, mais pas pareil. Cette couleur-ci n'étanche pas la soif. On dirait qu'elle tire à elle le jour qu'elle brille plus que les autres. Elle est enveloppante et fait chaud à la peau, mais pas autant que le rouge. Le môme a du mal à s'en tirer sans comparer aux couleurs connues. Il essaie de se concentrer. Cette couleur fait quelque chose à son cœur, mais pas mal. Elle le gonfle, presque trop pour sa poitrine maigre, elle le fait respirer fort et plus loin que le terrain vague gris marron. Cette couleur donne autre chose que ce qui existe. Le môme découvre en même temps le jaune et l'espoir. L'espoir, c'est un mot piège et il ne l'aurait jamais employé. Moi qui survis au môme, moi qui l'abrite dans mon corps d'homme, je peux expliquer l'espoir. On peut manger des herbes et sucer des cailloux, on peut faire les poubelles et dormir sur la terre sale. On tient le coup, le corps tient le coup pour nous. Mais quand on fait tout ça, le cœur devient aussi gris marron que le carré de boue sur lequel on s'allonge. Quand le jaune est là, il dit qu'autre chose est possible."






samedi 26 août 2023

Zéphyr, Alabama - Robert McCammon

Par Ariane

 


Auteur : Robert McCammon

Titre : Zéphyr, Alabama

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Traducteur : Stéphane Carn

Editeur : Monsieur Toussaint Louverture

Nombre de pages : 608p

Date de parution : février 2022

 

Mon avis :

Cet été je suis partie pour Zéphyr, Alabama. Ce voyage littéraire dans une petite ville américaine au cœur des années 60 m’a enchantée.

Zéphyr, c’est la petite ville américaine telle qu’on l’imagine, celle que l’on a pu voir à travers tant de films et de séries. A Zéphyr, la vie s’écoule tranquillement. Il y a le cinéma, le terrain de baseball, l’école et l’église, le magasin général, le cabinet du médecin et celui du vétérinaire, la mairie, le diner. A Zéphyr, les mamans font la cuisine et prennent soin de leur maison, pendant que les papas travaillent à l’extérieur. Il y a le barbier, le laitier, le shérif, l’homme à tout faire. Et bien sûr il y a le quartier noir, séparé du quartier blanc.

C’est à travers le regard de Cory, un garçon de douze ans, que nous découvrons Zéphyr. Il nous raconte les quelques mois suivant un événement qui va bouleverser sa vie et celui de nombreux habitants. Un matin, le garçon accompagne son père sur sa tournée de livraison. Alors qu’ils longent le lac à la sortie de la ville, une voiture se précipite devant eux et tombe dans le lac. Voyant que le conducteur ne parvient pas à sortir du véhicule, le père de Cory plonge. Il découvre un homme menotté au volant, le visage tuméfié au point d’en être méconnaissable et une corde de piano autour du cou. La violence de ce crime hante le père de Cory, d’autant plus que le coupable ne peut être qu’un habitant de Zéphyr. Qui parmi ces gens qu’il pensait si bien connaître, est capable d’un geste si odieux ? Cory est un enfant à l’esprit vif et à l’imagination fertile, incapable lui aussi d’oublier l’homme du lac, il va mener l’enquête.

Pourtant n’allez pas croire qu’il s’agit d’un roman policier. S’il y a un mystère à résoudre, cela ne constitue qu’un aspect de l’histoire que nous raconte Cory. Le jeune narrateur nous raconte tous les événements, petits et grands, de sa vie d’enfant aux portes de l’adolescence. Ses jeux avec sa bande de copains, la gamine étrange qui a le béguin pour lui, les gamins qui les brutalisent, les histoires qu’il imagine pour ses copains, l’ennui des heures de classe, son amour pour son chien. Et bien sûr, il nous raconte Zéphyr et ses habitants. La petite ville si tranquille vit de nombreux bouleversements. Les jeunes dansent au son des Beach Boys, l’installation d’un supermarché modifie les habitudes et les habitants du quartier noir demandent le droit d’accéder à la piscine réservée aux blancs.

Mais Zéphyr nous réserve encore des surprises. Cory nous a prévenus dès le début. Zéphyr est une ville magique : une dame aux pouvoirs magiques veille sur les habitants, un monstre vit dans l’eau de la rivière, une voiture fantôme roule pour l’éternité, un mystérieux cerf blanc vit dans la forêt. Le fantastique se mêle au réel, tant et si bien qu’on ne sait ce qui est vrai ou ce qui a été imaginé par Cory.

J’ai lu avec plaisir chaque page de ce gros pavé, je suis passée par toute une gamme d’émotions et j’ai refermé le livre avec nostalgie. Un grand plaisir de lecture que je ne peux que conseiller !