Par Daphné
Auteur : Pierre Delye
Illustrateur :Irène Bonacina
Titre :La drôle de maladie de P'tit Bonhomme
Langue d'origine : français
Editeur : Didier Jeunesse
Date de parution : 2012
Par Daphné
Par Daphné
Résumé de l'éditeur:
Jolene n'est pas la plus belle, pas la plus fine non plus. Et pas forcément la plus sympa. Mais lorsqu'elle arrive dans cet hôtel, elle est bien accueillie. Un hôtel ? Plutôt une pension qui aurait ouvert ses portes aux rebuts de la société : un couple d'anciens taulards qui n'a de cesse de ruminer ses exploits, un ancien catcheur qui n'a plus toute sa tête, une jeune homme simplet, une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation. Ce petit monde vivait des jours tranquilles jusqu'à ce que Jolene arrive. En quelques mois à peine, l'hôtel devient le centre de l'attention et le quartier général d'une révolte poétique, à l'issue incertaine.
Mon avis:
Je n'ai pas été très assidue sur ce blog en 2023 : je crois n'avoir pas chroniqué la moitié des livres que j'ai lu. Et je ne les chroniquerais sans doute jamais étant donné le retard accumulé! En revanche, je vais essayer de ne pas du totu prendre de retard dans mes lectures de 2024 et de ne plus "laisser passer" aucune de mes lectures. Histoire de me motiver pour cela, je commence l'année par un auteur que j'aime beaucoup. Quoi de mieux qu'un coup de coeur comme première lecture de l'année?
Cela faisait longtemps que j'avais envie de lire ce livre d'autant plus que j'en avais entendu le début il y a deux ans -en direct!- lu par l'auteur lui-même. Un Père-Noël bien attentionné l'a déposé au pied de mon sapin e tje l'ai littéralement dévoré!
Comment décrire ce livre qui navigue entre la fable et la lutte politique et sociale, ce livre auquel les personnages, tous un peu cabossés par la vie, nous entraîne dans une histoire au souffle véritable, une histoire où se mêlent de manière très habile imaginaire et réalité, une histoire de poing levé? Un poing levé, oui, celui de Jolène et, derrière elle, ceux qui ne veulent plus se laisser marcher sur les pieds mais qui, jusque là, n'osaient pas se rebeller, ceux qui sont en marge, ceux qu'on ignore, qu'on rejette ou dont on se moque, un peu ou beaucoup parce qu'ils n'entrent pas tout à fait dans le moule. Jolène fait partie de ces personnes-là et le jour où elle osera enfin dire non, le jour où montera en elle une révolte qu'elle a toujours fait taire, elle se retrouvera, sans vraiment le vouloir et sans même vraiment comprendre pourquoi, à la tête de toute cette troupe d'anti héros qui, à ses côtés, oseront à leur tout lever le poing.
Le style de Gilles Marchand, un peu décalé, a un côté très fantaisiste mais aussi très réaliste car sous leurs allures de conte, ses livres abordent toujours des sujets importants, des sujets qui me touchent. Toute son originalité réside dans cette écriture un peu décalée et cela fait tout le charme des ses livres dont la plupart ont été pour moid e grands coups de coeur! Celui-ci ne fait pas exception!
Extrait :
"On pourra te confisquer ton argent, ta montre, ta maison, ton travail. Même ta virginité et ton honneur peuvent être volés. Personne ne pourra jamais te voler reprendre les livres que tu as déjà lus. C'est pour ça que l'on fait croire aux pauvres et aux miséreux que la culture n'est pas faite pour eux : parce que l'on sait que s'ils parviennent à l'acquérir, jamais on ne pourra la leur reprendre."
Par Daphné
Titre : Chez Scarlette
Genre : roman
Editeur : Pocket
Résumé de l'éditeur :
Nous sommes en novembre, miz du en breton, le mois noir, dans une île bretonne à une heure du continent. Scarlette, la patronne du bar de la Falaise, vit là, tout simplement parce qu’elle y est née, et son bistrot en est l’épicentre. Solange, la Parisienne, est venue y trouver refuge pour fuir un passé trop encombrant et un avenir trop douloureux. Phanie, la jeune policière, aussi, peut-être pour tout remettre en question. Marina, l’énigmatique médecin de l’île, soulage les peines de chacun comme elle peut. Morgane, la fille de Scarlette, se morfond, loin de son île, à Nantes où elle fait ses études et veut rentrer quoi qu’il en coûte.
La tempête gronde, les falaises s’effondrent, les digues cèdent, les arbres se couchent et les grandes marées menacent de submerger l’île, comme au temps d’une antique légende. L’île est maintenant totalement isolée. Mais les femmes s’entraident, se soutiennent, chantent et dansent autour du vieux juke-box en buvant du champagne comme pour narguer le mauvais sort. Pierrot la Lanterne, gardien de phare à la retraite, et Baptiste le trompettiste restent en retrait et les observent, tantôt amusés, tantôt fascinés.
Sur une île au large de la Bretagne, cinq destinées de femmes malmenées par les tempêtes d’automne vont se croiser au fil de la plume nostalgique, cocasse, drôle et désenchantée à la fois de l’écrivain breton, Prix de la ville de Vannes 2020.
Mon avis:
J'ai commencé ce livre avec enthousiasme : la Bretagne, une île, une histoire de femmes... plusieurs ingrédients étaient ici réunis pour me plaire. Sans compter que les critiques que j'avais pu en lire étaient plutôt favorables.
Mais pour être franche, ce livre m'a laissé un sentiment en demi teinte. Il est bien écrit, le cadre m'attirait, la découverte des personnages aussi. Mais j'avoue m'être un peu ennuyée. Le rythme est lent, ce qui n'est pas pour me déplaire dans certaines romans. Je trouve même souvent un certain charme à la lenteur dans bon nombre de livres. Dans un monde toujours si rapide et stressant, prendre son temps au fil des pages pour raconter une histoire me paraît souvent être une bonne initiative. Mais cette fois, non, ce rythme ne m' a pas tellement convenu. On sent bien que le but de l'histoire n'est pas d'enchaîner action sur action mais tout simplement de décrire des vies, de s'y attarder, de les observer. Mais tout de même, un minimum d'action aurait peut-être été la bienvenue...
Si j'ai aimé les descriptions de l'île, j'ai cependant passé toute ma lecture à attendre l'élément qui déclencherait réellement l'histoire... mais j'ai attendu jusqu'à la dernière page. Un livre dont j'ai aimé l'écriture mais qui m'a laissé un goût d'inachevé.
Extrait :
"La légende arthurienne affirmait que Morgane était une fée née de la mer, une sorte de sirène tantôt maléfique, tantôt bienveillante, une magicienne ensorceleeuse initiée par le mage Merlin, capable du pire comme du meilleur. Elle était reine de l'île d'Avalon et possédait le pouvoir de transformer, une fois consommée l'œuvre de chair, ses amants en bouc ou en lézard. Morgane imagina son compagnon d'une nuit se réveillant métamorphosé en gros lézard et ne put s'empêcher de ricaner bêtement sous le drap."
Par Daphné
Titre : Pourvu que mes mains s'en souviennent
Genre : roman
Editeur : Belfond
Résumé de l'éditeur:
On ne sait pas bien ce qu’il se passe dans ce château cerné par des champs de tournesol, dans cette étrange colonie de vacances. Certains pensionnaires sont là de leur plein gré, d’autres ont été arrachés à leur famille. On tâtonne dans le noir aux côtés de Louise, la narratrice. Ici et là, on entend parler de mauvais traitements, certains sont abrutis par les médicaments, d’autres disparaissent du jour au lendemain. Perdue, Louise n’a qu’une obsession : sauver sa peau. Prête à tout, elle décide de s’échapper grâce à un projet aussi fou que secret. Avec l’aide de deux de ses camarades, Juliette, l’armoire à glace qui passe sa vie à pleurnicher, et Simon, le bricoleur amoureux d’elle, Louise va tout risquer pour quitter cet enfer… À moins que tout cela ne soit qu’une vue de l’esprit. Un premier roman hors des sentiers battus, qui cache une révélation complètement inattendue.
Mon avis :
Louise, enfermée dans un étrange château fait des fugues à répétition. Voilà un roman qui repose presque tout entier sur la "vérité", la chute de l'histoire que l'on ne découvre qu'à la fin... sauf que cette fin m'a paru évidente dés le début. Mais peut-être est-ce uniquement à cause du travail que je fais que cela m'a semblé d'emblée une évidence et sans doute est-ce pour cette même raison que toute l'histoire, du coup, m'a paru invraisemblable.
Malgré ce "bémol", j'ai passé tout de même un moment de lecture agréable en compagnie de Louise, personnage haut en couleur, auquel on s'attache très vite. La plume de l'auteur est fluide, le rythme rapide, cela se lit très vite et on ne s'ennuie pas.
Il est difficile de parler de ce livre sans en dévoiler le "mystère", aussi n'en parlerais-je pas beaucoup, mais même si j'ai très rapidement deviné celui-ci, je dois reconnaître que le thème principal est abordé d'une manière très originale, ce qui fait tout le charme de ce roman!
Extrait :
"Ici, j'oublie tout, absolument tout. La date du jour. Mes envies et mes rêves. Le visage de mes parents s'efface, celui de mes amis aussi."
Par Daphné
Titre : Funambule
Genre : roman
Editeur : 5 Sens Editions
Résumé de l'éditeur :
Lisette a fui la France dès la fin 1945 pour s’installer en Louisiane avec l’espoir d’y entamer une nouvelle vie, emportant avec elle un lourd secret. Ses deux fils, Lanny et Roly, ont grandi là, comme à l’écart, entre les méandres du bayou Teche et le lac Fausse Pointe. Quand, au printemps 1959, Lisette disparaît dans des circonstances troubles, Roly s’engage sur une route de plus en plus inquiétante pour découvrir ce qui est arrivé à sa mère et que justice soit faite, au grand dam de Lanny, pour qui la quête de son frère devient une forme de cauchemar dans lequel il redoute de basculer. Il semble bien cependant que Lisette ne soit pas la seule à avoir fait le voyage en Louisiane au lendemain de la guerre...
Mon avis :
Merci tout d'abord aux 5 Sens Editions et à Babelio pour l'envoi de ce roman.
Je dois avouer que j'ai dû m'accrocher pour parvenir à "entrer" dans ce livre. L'histoire m'intéressait mais j'ai eu du mal avec l'écriture, une écriture un peu trop "brouillonne" et au style un peu trop familier pour moi. Pendant un bon moment, je n'ai pas vraiment compris où voulait en venir l'auteur au juste car il me semblait que l'on se perdait un peu dans les disgressions. Ce n'est qu'au bout d'une centaine de pages que j'ai vraiment réussi à me faire à cette écriture et à véritablement entrer dans l'histoire. Une histoire sombre, où pointe certes parfois un certain humour, mais où la noirceur l'emporte bel et bien.
Présentée sous la forme d'un thriller psychologique, on y découvre deux frères. Deux frères rivaux dont la mère a disparu dans des conditions plus que douteuses. L'un d'eux va mener l'enquête et découvrir, par une petite plongée dans l'Histoire, ce qui est véritablement arrivé à sa mère et surtout pourquoi cela lui est arrivé.
Ce n'est pas le genre d'enquête qu'on est habitué à lire. L'approche est plutôt originale, le déroulement de l'histoire est très bien mené et la fin surprend assurément. Une fois passée le mont de "grand flou" des premiers chapitres, on se laisse emporter par l'histoire. Si je n'avais pas reçu ce livre par le biais de Babelio, je ne l'aurais sans doute pas lu jusqu'au bout ce qui en définitive aurait été dommage car j'ai finalement passé un bon moment de lecture.
Par Daphné
Résumé de l'éditeur:
Épuisée, gagnée par la dépression, Michaeleen ne sait plus comment gérer
Rosy, sa fille de 3 ans. Crises de rage, demandes incessantes,
pleurnicheries… Elle rencontre des difficultés que tous les parents
connaissent. Tous ? Peut-être pas.
Habituée aux reportages dans les
coins reculés, elle décide d’aller vivre avec Rosy en immersion dans
trois des plus vénérables communautés du monde : les Mayas, les Inuits
et les Hadza. Elle découvre des enfants responsables, autonomes,
participant volontairement aux tâches ménagères, et ce sans cri ni
conflit. Une parentalité aux antipodes de celle qu’elle pratique, sans
aucune des luttes de pouvoir qui jonchent son quotidien avec Rosy. Et si
les Occidentaux avaient tout faux en termes d’éducation ?
Mon avis :
Voici un livre qui me laisse un sentiment assez partagé. A force de le voir partout, j'avais très envie de le lire mais je ne m'attendais pas du tout à ça. J'ai commencé sa lecture en pensant avoir à faire à un livre anthropologique sur les différentes manière dont les parents se comportent avec leurs enfants à travers le monde.
Alors certes, c'est bien une bonne partie du thème de ce livre. A travers le voyage d'une mère, il nous entraîne dans diverses cultures où l'on découvre le quotidien des familles, où l'on se rend bien compte que certaines "pratiques" occidentales envers les enfants sont assez étonnantes. Pas étonnantes de manière positive mais étonnantes par leur manque de logique si tant est qu'on y réfléchit quelques instants. Et pourtant, les parents occidentaux y sont tant habitués que cela leur paraît évident. On découvre à travers ce livre à quel point les cultures dites ancestrales sont éloignées de ces pratiques et à quel point leur manière de voir et d'accompagner leurs enfants dans la vie peut être différente des "pratiques" occidentales. J'ai beaucoup aimé cette partie du livre qui nous fait réfléchir sur notre société, sur tout ce qui nous est inculqué en matière de parentalité, sur la manière de percevoir l'enfant. Regarder comment les choses se passent ailleurs, y réfléchir, s'en inspirer parfois est, anthropologiquement parlant, particulièrement intéressant. Au fond, la plupart des observations relevées par ce livre tombent sous le sens. J'ai donc beaucoup aimé cette partie là du livre.
En revanche, je ne m'attendais pas tellement à lire un manuel de conseils sur "comment rendre votre enfant exactement conforme à vos attentes" : car c'est aussi l'impression que m'a laissé ce livre et cela m'a de nombreuses fois mise assez mal à l'aise. Cette impression que l'autrice voulait formater sa fille à ses attentes. Elle utilise d'ailleurs très souvent l'expression "modeler le comportement", ce qui pour tout dire, m'interpelle. Vouloir "modeler" l'enfant ne revient-il pas à le manipuler de manière à ce qu'il soit tel qu'on voudrait qu'il soit, à gommer les traits de sa personnalité propre et à ne pas l'accepter tel qu'il est ? Je ne sais pas quel est le terme utilisé dans la version originale alors peut-être est simplement la traduction qui m'a interpellée mais cette expressions ans cesse répétée m'a vraiment mise mal à l'aise. De même que les phrases du style : de mon "ennemie", elle est devenue l'une de mes personnes préférées au monde. Cette phrase fait référence à la fille de l'autrice et n'a pas été sans me faire tiquer. Même si le mot "ennemie" est entre guillemet, le fait qu'il s'adresse à une enfant, son enfant, de trois ans me parait un peu inquiétant. De même que le fait que l'enfant en question ne faisait donc pas partie des "personnes préférées" de l'autrice avant qu'elle ne "réussisse à modeler son comportement". Il est vrai que la petite Rosy, la fille de l'autrice nous est décrite comme une enfant assez terrible... d'où la question : mais comment peut on en arriver là avec une enfant aussi jeune? Car le tableau qui nous est dépeint dans les premières pages concernant la fillette, peut en effet paraître assez terrifiant... mais au fond, l'enfant est elle vraiment "terrible" ou est ce la mère qui est étouffante, très étouffante même, si on en croit le fait qu'elle lance à son lecteur le défi de rester au moins 5 minutes sans chercher à occuper son enfant ? Je ne cherche pas du tout à juger la mère qu'est l'autrice du livre, surtout qu'on voit bien qu'elle fait ce qu'elle pense être bon (et dans la majorité des cas, c'est bien là où le bât blesse) et on sent vraiment sa volonté d'améliorer les choses avec sa fille. Mais tout de même, nombre de ses propos m'ont paru assez étranges...
Il n'en reste pas moins que j'ai beaucoup aimé voyager à ses cotés auprès de différentes familles de différentes cultures. Une lecture en demi teinte, donc. Sans doute en retiendrais je surtout le côté anthropologique qui est, au départ, ce que je venais chercher avec cette lecture.
Extrait
"Ces enfants ne sont pas des planètes solitaires. Ils appartiennent à un
système solaire, décrivant des cercles les uns autour des autres, et
sont stabilisés par la présence et la gravité d'autrui.
Ces liens s'expriment de deux manières : les responsabilités envers autrui et un filet de protection invisible."