Par Ariane
Auteur :
Cécile Pivot
Titre :
Les lettres d’Esther
Genre :
roman
Langue
d’origine : français
Editeur :
Calmann-Lévy
Nombre de
pages : 320p
Date de
parution : septembre 2020
Mon avis :
Les rencontres de lecteurs organisées par la librairie Mots
et Cie ont été suspendues pendant un bon moment à cause de l’épidémie de
coronavirus et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé les autres lecteurs il y a
quelques semaines. Parler littérature avec d’autres passionnés en dégustant une
bonne tasse de thé, quel plaisir ! L’occasion aussi d’échanger sur nos
lectures et de découvrir de nouveaux livres, comme ce roman de Cécile Pivot qui
m’a été recommandé et prêté par Catherine. Merci !
Esther est libraire dans le nord de la France. Alors qu’elle
vient de perdre son père, avec qui elle entretenait une correspondance
régulière, elle a l’étrange idée de lancer un atelier d’écriture épistolaire. Une
vingtaine de personnes répondent à son annonce, mais seules cinq d’entre elles
décident effectivement de se lancer dans l’aventure : Jeanne, jeune
retraitée qui vit seule à la campagne et qui souffre de la solitude, Samuel,
tout juste sorti de l’adolescence et qui ne parvient pas à trouver sa place
après la mort de son grand frère, Juliette qui a sombré dans une grave
dépression du post-partum après la naissance de sa fille, son mari Nicolas
bouleversé de voir la femme qu’il aime souffrir et effrayé pour l’avenir de sa
famille et Jean un homme d’affaires toujours entre deux avions qui mène une
brillante carrière mais n’a pas su garder sa famille auprès de lui. Tous traversent
une période de bouleversement émotionnel et sont à la recherche de réponses, qu’ils
trouveront peut-être dans les lettres d’inconnus.
S’il n’est pas évident d’écrire à un inconnu, les
personnages de ce roman parviennent peu à peu à se livrer sans fards. Leurs lettres
sont un lieu de rencontre, entre deux personnes a priori sans point commun. Que
pourraient avoir à se dire une prof de piano retraitée et un jeune homme en
rupture ? Une libraire de province et un riche homme d’affaires ?
Pourtant ensemble, ils vont évoquer leurs souffrances, leurs espoirs, leurs
peurs, leurs joies et leurs doutes.
A travers les voix de ces personnages, Cécile Pivot nous
parle des problèmes et des interrogations que chacun d’entre nous rencontre au
quotidien : la famille, la parentalité, le deuil, la carrière, l’écologie,
l’argent, … Et il est véritablement question de voix, car lire leurs mots, c’est
entendre leurs voix et s’attacher à eux. C’est parfois se reconnaitre et se
livrer à une introspection en même temps que les personnages du roman.
C’est un livre qui fait du bien, car non seulement il traite
de thèmes qui nous sont proches, mais surtout car il y a beaucoup d’humanité,
de douceur, de bienveillance dans cette histoire. Et on a beau dire, ça fait du
bien ! Pourtant je n’accroche pas du tout avec tous ces romans feel good,
qui me semblent la plupart du temps bien mièvres et superficiels. Point de
mièvrerie ou de superficialité ici, même s’il y a beaucoup de bons sentiments. Et
après tout, ce n’est pas une mauvaise chose que d’avoir de bons sentiments ?
Que de se sentir bien après une lecture ?
J’aime beaucoup lire des lettres, des cartes, tous ces
petits mots que l’on échange avec ceux qui nous sont chers. Ou plutôt que l’on
échangeait… la plupart de nos échanges écrits avec nos proches ne se font plus
que sous forme de SMS. Ecrit-on encore des lettres ? Peu il me semble.
Alors, en terminant ma lecture, j’ai commencé une lettre pour mon amie d’enfance.
Nous nous sommes tant écrit lorsque nous étions au collège et au lycée !
Les petits mots glissés dans la trousse, les longues lettres pendant les
vacances, … Et si trente après nous sommes toujours aussi proches, nous parlons
régulièrement au téléphone pendant des heures, nous envoyons souvent des messages,
mais nous ne nous écrivons plus. Quel dommage ! Alors voilà, des années
après, j’ai écrit une nouvelle lettre. Une part de moi pour elle qui me connaît
si bien… Me répondra-t-elle ?