jeudi 9 juin 2016

Les enfants de Vienne - Robert Neumann

Par Daphné














Auteur : Robert Neumann
Titre : Les enfants de vienne
Langue d'origine : allemand (Autriche)
Traductrice: Nicole CasanovaEditeur : Liana Levi
Nombre de pages : 218

Résumé de l'éditeur :


Vienne. Hiver 45. Dans la cave d'une maison à demi effondrée, six enfants livrés à eux-mêmes se sont arrangé  un semblant d'existence. Il y a là Yid et Goy, experts en trafics et larcins, Eva, prostituée occasionnelle, Ate, ancienne chef de section des jeunesses Hitlériennes, et Curls. Ensemble ils veillent sur une petite fille au ventre gonflé. Lorsque le révérend noir américain H.W. Smith débarque dans leur étrange abri, "ce qu'il voit et entend là, il ne le croit pas". Alors, quand il promet de les arracher à leur misère, de les conduire vers la vraie vie, l'espoir illumine ce grotesque royaume.

Bouleversant huis clos en 3 actes, Les enfants de Vienne est aussi une parabole crue sur la déshumanisation engendrée par la guerre. Après, tout est détruit, corrompu - y compris la langue. Extraordinaire jongleur de mots, Robert Neumann excelle à restituer le chaos d'une époque pas tout à fait révolue.


Mon avis :


Dans une cave, sous les restes d'une maison effondrée, vivent  six enfants. Six enfants rescapés de la guerre, six enfants issus des milieux les plus divers. Sans la guerre, sans doute ne se seraient ils jamais rencontrés.

Plus aucune innocence dans l'enfance. Horreur des traces de la guerre, horreur de la solitude de ces enfants livrés à eux même. horreur de l'innocence perdue. Et portant dans cette cave, persiste l'humanité et peut être même un peu d'espoir au travers de ces enfants qui, malgré un avenir inimaginable tant il semble improbable, veillent les uns sur les autres. 

La grande dureté de ce livre est contrebalancée par le  mélange linguistique avec lequel il est conté. Mêlant à l'allemand de l'argot viennois, du yiddish et du slang américain, les dialogues, qui composent l'essentiel de l'histoire, illustrent bien les divers origines et passés des enfants. Le chaos de cette étrange langue fait écho à celui de la vie des enfants.

Il est d'ailleurs à noter que l'auteur n'a décidé de traduire ce livre en allemand qu'un an avant sa mort et près de 30 ans après sa première parution en anglais. Juif Autrichien, il s'était jusque là refusé d'écrire dans la langue de ceux qui avaient détruit sa vie.

Ce livre, empli de violence, et où subsiste cependant une pointe d'humanité, nous montre l'ampleur des traumatismes suite à la guerre, le désarroi de tous ces enfants restés seuls. Un livre horrifiant et bouleversant à la fois.


Extrait :


"Une bonne place! Une fois les yeux habitués à la pénombre, ça ne ressemble pas à une cave. On l'a vraisemblablement étayée pour pouvoir y descendre en cas d'alerte aérienne ou d'alerte au gaz, ou que sais je. Voilà pourquoi tout n'a pas été écrasé quand la maison s'est effondrée par dessus. C'est drôle, une maison tout entière s'écroule sur sa propre cave et pas un trou, pas une fissure."

Lu dans le cadre du petit bac 2016,
catégorie lieu





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