samedi 11 juin 2016

Un été 42 - Herman Raucher

Par Ariane


Auteur : Herman Raucher

Titre : Un été 42

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Renée Rosenthal

Editeur : La belle colère

Nombre de pages : 345p

Date de parution : mai 2015 (1ère parution 1970)

Présentation de l’éditeur :

Hermie, Oscy, Benjie : trois amis, une énergie infinie et une ignorance crasse des choses de la vie. Mais du haut de leurs quinze ans, ils ont bien l’intention de devenir des hommes. Dans leur quête aussi ambitieuse que maladroite, ils partagent l’intuition que tout se joue dans les bras des filles, sont persuadés que leur amitié les tirera à chaque fois d’un mauvais pas, et suivent les commandements d’un manuel d’anatomie dévoilant les “douze étapes de la sexualité”.

Et puis, il y a “la femme”. Dorothy. Une déesse de vingt-deux ans, merveille des merveilles, aux jambes longues et lisses, aux lèvres humides et entrouvertes sur trente-deux petites dragées scintillantes, aux cheveux de soie pure, aux longs cils de velours voilant délicatement des iris couleur émeraude. Poser le regard sur elle fait monter les larmes aux yeux de Hermie. Pourquoi pleure-t-on en contemplant la beauté ? Quelle émotion profondément enfouie le spectacle de la splendeur met-il à jour ?

Tandis que, de l’autre côté de l’océan, des hommes à peine plus agés qu’eux sont emportés dans le fracas des armes, nos adolescents insouciants s’essaient à la tendre guerre. Herman Raucher tisse avec humour et élégance un roman plus profond qu’il n’en a l’air, parce que l’amour est souvent, aussi, l’histoire d’une perte. On pourrait appeler ça la fin de l’innocence. On pourrait aussi résumer la grâce d’Un été 42 à un verbe, beau et tragique à la fois : grandir.



Mon avis :

J’ai lu beaucoup de roman mettant en scène des adolescentes à la croisée des chemins entre enfance et âge adulte, mais je crois que c’est la première fois que je lis ce type de roman mettant en avant de jeunes garçons.

Hermie, Oscy et Benjie ont 15 ans. Ces trois amis passent les mois d’été sur une île de Nouvelle-Angleterre. Mais Hermie et Oscy se désintéressent de leurs jeux d’enfants et n’ont désormais qu’une obsession : coucher avec une fille. Mais Hermie va aussi découvrir l’amour en rencontrant une jeune femme plus âgée dont le mari est parti à la guerre.

J’ai été touchée, amusée, surprise et parfois exaspérée par ces trois adolescents. Et je me suis projetée 15 ans dans le futur en imaginant l’adolescence du petit garçon que je porte. Quel genre de garçon deviendra-t-il : un rêveur romantique comme Hermie ? un timide froussard comme Benjie ? une grande gueule comme Oscy ?

Henry Chapier qualifiait ce roman de « chef d'œuvre de finesse psychologique, et d'humour ». Je dois avouer que je ne suis pas du même avis. L’humour est certes présent mais il est loin d’être fin, tout comme les personnages qui sont par moments d’une lourdeur typiquement adolescente ! Cela en exaspérera sans doute certains mais je pense au contraire que cela convient parfaitement aux personnages et à cette période de leur vie.

En revanche, il se dégage beaucoup de mélancolie de l’histoire de ces trois adolescents. Car le roman débute sur une image d’Hermie devenu adulte qui retourne sur l’île et revit son adolescence. Par ailleurs, Herman Raucher a écrit ce roman en hommage à son meilleur ami tué pendant la guerre de Corée. C’est donc sa propre adolescence qu’Herman Raucher nous dévoile avec nostalgie et pudeur, alors même qu’il dévoile tout sans concessions.

L’histoire se passe au cours de l’été 1942. La guerre fait rage, mais sur cette petite île elle semble bien lointaine même si elle est omniprésente au quotidien : tickets de rationnement, membres de la famille mobilisés, journaux, drapeaux,… quel décalage entre la vie insouciante que mène la petite bande et ce qu’endurent d’autres jeunes à peine plus âgés qu’eux.

C’est un roman très touchant, très personnel et très humain que nous a offert Herman Raucher.



Extrait :

« Trois misérables billes dans le flipper de la vie, voilà ce qu’ils étaient. Et avec un style inimitable, ils tentaient de marquer des points. »


L'avis de Jérôme

6 commentaires:

  1. Je ne suis pas très tentée par ces histoires d'adolescents, ça ne me concerne plus guère.

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    1. J'ai encore quelques années avant d'être à nouveau concernée !
      Ariane

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  2. Un roman que j'avais vraiment beaucoup aimé. Très touchant comme tu dis.

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    1. C'est toi qui m'avais donné envie de le lire.
      Ariane

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