vendredi 7 juillet 2017

Max - Sarah Cohen-Scali

Par Daphné













Titre : Max
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Gallimard
Date de parution : 2013
Nombre de pages : 472

Résumé de l'éditeur :


«19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Fürher. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans loi. Sans rien d'autre que la force et la rage. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler!»

Max est le prototype parfait du programme «Lebensborn» initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich.

Une fable historique fascinante et dérangeante qu'on ne peut pas lâcher. Une lecture choc, remarquablement documentée, dont on ne sort pas indemne.

Mon avis:


Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps. Max est le genre de livre qui ne laisse pas indifférent, qui bouleverse et dérange. Max est un bébé mais pas n'importe quel bébé. C'est un bébé des lebensborn, un bébé créé et sélectionné pour répondre aux critères aryens. Né, qui plus est, le jour de l'anniversaire d'Hitler. Conçu sans amour, né pour pour combattre et représenter la jeunesse hitlérienne, Max, ou plutôt Konrad, a été bercé in utéro déjà par la propagande nazie. Des quelques heures précédant sa naissance en 1936 à l'âge de neuf ans, il nous raconte son histoire.

Si l'on a beaucoup parlé et écrit sur la seconde guerre mondiale, il ne me semble pas que le sujet des lebensborn soit souvent évoqué. Et pourtant quelle invention abominable que ces endroits créés pour mettre au monde et élever des enfants nés sur critère, des enfants censés représenter la "perfection" et par là même la folie.

Ce livre est tout simplement glaçant. Glaçant par son histoire, glaçant par l'insoutenable  nous soit raconté par un enfant. L'enfant censé représenter l'innocence représente ici le crime et la folie de l'homme et sans doute est-ce ce qui fait à la fois toute la force et  l'horreur de ce livre. Konrad est tout sauf innocent. Il nous dicte et adhère à toute la violence nazie avec un calme faisant froid dans le dos, ignorant tout de la tendresse et de l'amour. Il grandit ainsi, suivant le chemin pour lequel il a été programmé. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de Lukas...

Glaçant par son histoire, donc mais aussi, dés le premier abord, glaçant par l'illustration de sa couverture : fœtus anonyme sur un fond rouge sang portant un brassard avec une croix gammée. Fœtus anonyme mais dont chaque mesure est précisée. Enfant des lebensborn, anonymat parmi tant d'autres, conçu de "toutes pièces", sélectionné et manipulé. cette couverture représente à elle-seule la barbarie et, avant même d'avoir ouvert le livre, nous donne le ton de l'histoire. 

Extrêmement bien documenté, ce livre interpelle, dérange et choque. On ne peut que ressentir un profond malaise à sa lecture. Le tabou n'existe pas, l'auteur ne nous épargne rien. Elle nous décrit chaque détail du programme infâme des lebensborn ainsi que la manière dont la propagande agit et ce dés le plus jeune âge. Un livre choc, particulièrement bien construit, qui ne peut que faire frémir son lecteur.





Extrait :

"Notre Führer bien-aimé a dit : 'Nous devons construire un monde nouveau ! Le jeune Allemand du futur doit être souple et élancé, vif comme un lévrier, coriace comme du cuir et dur comme de l'acier de Krupp !'
Voilà. C'est exactement ce que je veux : être souple. Elancé. Vif. Dur. Coriace. Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Je combattrai au lieu de prier."





2 commentaires:

  1. Un roman qui me tentait beaucoup au moment de sa sortie et je n'ai pourtant pas sauter le pas. Peut-être l'occasion d'y remédier.

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    Réponses
    1. Je te le conseille, je pense vraiment qu'il vaut la peine d'être lu.
      Daphné

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