mardi 8 septembre 2015

Pas Pleurer - Lydie Salvayre

Par Daphné



















Auteur : Lydie Salvayre
Titre :  Pas pleurer
 Genre : roman
 Langue d’origine : français
Editeur : Seuil
Nombre de pages:279


Résumé de l'éditeur:


Deux voix entrelacées.

Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre "les mauvais pauvres".
Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et "mauvaise pauvre", qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.
Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.


Mon avis:

J'ai d'abord eu beaucoup de mal à rentrer dans ce livre. Déroutée par l'écriture, j'ai failli en abandonner assez rapidement la lecture. Je suis contente d'avoir persévéré car j'aurais vraiment manqué quelque chose en refermant ce livre trop vite!

Deux voix s'entremêlent dans cette histoire. tout d'abord, il y a celle de Montse, la mère de la narratrice. Atteinte de la maladie d’Alzheimer, alors que tous ses souvenirs se confondent et se perdent, elle raconte à sa fille la seule période de sa vie dont elle n'a rien oublié, celle dont elle se souvient avec une étonnante précision: l'été 1936 durant lequel, âgée de 15 ans, elle verra sa vie bouleversée par l'éclatement de la guerre civile en Espagne. Dans un joyeux mélange de français et d'espagnol, elle conte à sa fille, sa vision de cette période, son enthousiasme devant les changements qui s'amorçaient puis l a désillusion devant tout ce qui a suivi.

La deuxième voix est celle de l 'écrivain Georges Bernanos, fervent catholique qui assiste avec horreur à la montée de la violence. La narratrice, qui parallèlement au récit de sa mère lit celui de Bernanos, rend un grand hommage à sa mère mais également à l'écrivain.

Deux voix, deux visions. Une petite histoire dans la grande: l'histoire de Montse et celle de la guerre civile d'Espagne. L'envie de croire à la liberté et à l'amour se mêlent à l'horreur et à la violence.  Le français se mêle à l'espagnol, et le style de langage bancal et maladroit de Montse se mêle à celui, irréprochable de Bernanos. Un livre, donc, où tout s'emmêle, dans un style étrange que j'ai d'abord eu du mal à suivre. Intéressée par l'histoire, je me suis cependant accrochée et ai fini par apprécier ce curieux "patchwork" littéraire qui m'a beaucoup appris sur la guerre civile d'Espagne.



Extrait:

"Ce soir, je l’écoute encore remuer les cendres de sa jeunesse perdue et je vois son visage s’animer, comme si toute sa joie de vivre s’était ramassée dans ces quelques jours de l’été 36… Je l’écoute me dire ses souvenirs que la lecture parallèle que je fais des « grands cimetières sous la lune » de Bernanos assombrit et complète."

1 commentaire:

  1. A noter donc qu'il ne faut pas hésiter à persévérer pour lire ce livre !

    RépondreSupprimer