vendredi 15 janvier 2016

Les disparus de Mapleton - Tom Perrotta

Par Ariane






Auteur : Tom Perrotta

Titre : Les disparus de Mapleton

Genre : roman

Langue d’origine : américain

Traducteur : Emmanuelle Ertel

Editeur : fleuve noir

Nombre de pages : 429p

Date de parution : août 2013

Présentation de l’éditeur : 
Que feriez-vous si certains de vos proches, de vos amis, de vos voisins, disparaissaient en même temps, en une fraction de seconde ? Sans aucune explication ? Pourriez-vous continuer à vivre comme si de rien n’était ?

C’est la question que se posent les habitants de Mapleton.

Même s’ils n’ont pas été directement touchés, Kevin, le nouveau maire, sa femme Laurie et leurs deux enfants, Tom et Jill, se débattent pour retrouver un sens à leur vie. Laurie part rejoindre une secte de « pénitents », Tom un groupe d’illuminés hippies, et Jill, autrefois lycéenne modèle, se livre à tous les excès.

Une chronique décapante et émouvante, un portrait sans concession mais humaniste de gens ordinaires dépassés par un extraordinaire bouleversement. 

Mon avis : 
J’ai regardé récemment la série télévisée Leftovers que j’ai trouvé plutôt bien (je crois que la présence de Justin Théroux y était pour beaucoup, enfin bref). Je suis souvent curieuse de lire les livres ayant inspirée des films ou séries (dans les cas où je ne connais pas le livre avant le film/la série), ma bibliothèque préférée en ayant un exemplaire je me suis donc laissée tenter.

Dans cet ouvrage la catastrophe passe au second plan. A aucun moment l’auteur ne donne d’explication sur les causes de la disparition simultanée de millions de personnes à travers le monde. Car ce qui importe ici ce n’est pas l’évènement lui-même mais ce qui se passe après, une fois passée la stupeur. Comment reprendre une vie normale après un tel bouleversement ? Lorsque tout ce que l’on tenait pour acquis a été chamboulé ?

Les disparus non plus ne sont pas au cœur du récit, ils ne sont que des fantômes à peine entraperçus, seuls ceux qui restent importent. Pour certains les disparus deviennent des héros  qui ou quoiqu’ils aient pu être dans leur vie passée. Paradoxe difficile pour les proches qui doivent concilier souvenir réel et souvenir idéalisé de la personne disparue. Face à l’incompréhensible certains se noient, d’autres cherchent des explications, d’autres encore tentent de survivre ou de revivre.

L’ouvrage de Tom Perrotta aborde des questions délicates telles que le deuil impossible (comment faire le deuil de ses proches quand on n’a aucune explication sur ce qui leur est arrivé ?), la culpabilité du survivant, l’espoir, la rédemption, la seconde chance,…


Enfin, j’ai trouvé le livre très terre à terre bien que l’évènement de départ soit surnaturel. Très éloigné en ce sens de la série qui est parfois complètement surréaliste !

En ce qui concerne les qualités littéraires, on est proche du néant absolu ! 
Un détail toutefois me turlupine. Qu’une catastrophe comme celle-ci entraîne l’apparition de quantités de groupuscules sectaires je le comprends. La philosophie de certains d’entre eux semblant plus logique que d’autres. Mais il y a vraiment une chose que je ne comprends pas avec le groupe qu’a rejoint Laurie : c’est quoi leur truc avec la cigarette ??? Pourquoi leurs membres sont obligés de fumer à longueur de journée ? J’avoue ne pas comprendre le message. Alors leur trip vêtements blanc, vœu de silence, se dépouiller de toute possession,… j’arrive à comprendre la logique. Mais la cigarette ? Qu’est-ce que ça a à voir avec le reste ? C’est peut-être idiot, mais tant avec la série qu’avec le livre, ce détail m’a perturbée. Mais c’est peut-être le but justement ? 
Mais pourtant, même si ce n’est pas exceptionnel cela se lit rapidement et facilement. Tout à fait le genre de livre qu’on peut lire en vacances sur la plage. C'est distrayant mais oublié très vite.

Extrait : 
« Meg se tenait tout près, observant avec une expression avide tandis que Laurie défaisait méthodiquement le travail de sa fille –enlevait le ruban, brisait le scotch, retirait le papier. Laurie pensa que la boîte devait contenir un bijou, mais quand elle souleva le couvercle, elle y trouva un briquet en plastique bon marché, posé sur une couche de coton. Rien de sophistiqué, juste un Bic rouge jetable et trois mots peints sur la partie réservoir avec ce qui semblait être du Typex.

Ne m’oublie pas.

Meg sortit ses cigarettes et, chacune à leur tout, elles en allumèrent une avec le nouveau briquet. C’était un cadeau vraiment adorable, et Laurie ne put s’empêcher de pleurer un peu, s’imaginant sa fille à la table de la cuisine en train d’inscrire ce message simple et sincère à l’aide d’un petit pinceau. C’était un objet à chérir, chargé de valeur sentimentale, ce pourquoi Laurie n’eut pas d’autre choix que de se mettre à genoux et de le laisser tomber dans le premier collecteur d’eaux pluviales qu’elles virent, le poussant à travers la grille comme une pièce dans la fente d’une machine. Sa chute sembla durer longtemps, et il atterrit presque sans un bruit. »

L'avis de Mimi

4 commentaires:

  1. Rapide, facile et distrayant, tu ne vas pas me convaincre avec ce genre d'argument (sans compter le fait que tu a été très moyennement emballée par cette lecture ;) )

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    1. Effectivement, rien dans ce billet n'est convaincant !
      Ariane

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  2. je l'ai dans ma PAL depuis des lustres, et la diffusion de la série m'avait donné envie de le lire, mais du coup ton avis ne me motive pas trop ...

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