Auteur :
Trevanian
Titre :
Shibumi
Genre :
roman
Langue
d’origine : anglais (américain)
Editeur :
Gallmeister
Nombre de
pages : 456p
Date de
parution : octobre 2008 (1ère parution 1979)
Présentation de l’éditeur :
Nicholaï Hel est l'homme le plus recherché du monde. Né à
Shanghai en plein chaos de la Première Guerre mondiale, fils d'une aristocrate
russe et protégé d'un maître de go japonais, il a survécu à la destruction
d'Hiroshima pour en émerger comme l'assassin le plus doué de son époque. Son
secret réside dans sa détermination à atteindre une forme rare d'excellence
personnelle : le shibumi. Désormais retiré dans sa forteresse du Pays basque en
compagnie de sa délicieuse maîtresse, Nicholaï accueille une jeune étrangère
venue lui demander son aide. Il se retrouve alors traqué par une organisation
internationale de terreur et d'anéantissement – la Mother Company – et
doit se préparer à un ultime affrontement.
Mon avis :
C’est en cherchant des titres pour mes lectures
post-apocalyptiques, que j’ai trouvé ce titre. Alors je ne sais pas qui avait
classé ce titre en science-fiction post-apocalyptique, mais soit c’est une
erreur, soit il faut arrêter la fumette.
A la fin des années 70, une fusillade dans un aéroport fait
plusieurs morts. Si l’attaque semble le fait de terroristes, elle a en fait été
orchestrée par la CIA et la Mother Compagnie. Cette organisation est inconnue
du grand public, pourtant elle détient un quasi-monopole sur les différentes
sources d’énergie, agissant dans l’ombre elle tire les ficelles des relations
internationales, les gouvernements dépendent d’elle et elle sait tout de tout
le monde. Mais une survivante du massacre parvient à rejoindre Nicholaï Hel,
tueur d’envergure internationale, un sérieux grain de sable dans les plans de
la Mother Compagnie.
Ce n’est donc pas un roman post-apocalyptique, mais un roman
d’espionnage. Je ne l’aurai donc probablement pas lu s’il n’y avait eu cette
erreur. Parce que les romans d’espionnage ce n’est vraiment pas mon truc. Ni les
films d’ailleurs. James Bond, pfff… quel ennui ! Mais ce n’est pas un
roman d’espionnage classique, loin de là. D’ailleurs, l’intrigue en elle-même
ne brille pas par son originalité et le suspense n’en est pas vraiment un. L’affrontement
entre un héros solitaire et une multinationale omnipotente et sans scrupule, c’est
un classique du genre.
L’intérêt du roman réside avant tout dans son personnage
littéraire. Ce surhomme à la fois beau, brillant et riche pourrait être surfait
tant sa perfection pourrait paraître superficielle. Si ses origines sont
occidentales, il est de cœur et d’esprit l’incarnation parfaite du samouraï. Nicholaï
est un être supérieur que ce soit sur les plans physique, intellectuel,
psychique et même sexuel. Sa supériorité en fait un être à part, bien
éloigné de l’humanité, auquel il est difficile de s’attacher, mais pourtant
fascinant. J’ai vraiment aimé la partie consacrée à la jeunesse de Nicholaï de
sa naissance à Shangaï d’une aristocrate russe et de son jeune amant allemand à
ses années de captivité avant de commencer sa carrière de tueur à gages.
J’ai été plutôt désarçonnée par la critique acerbe de la
société américaine et du peuple américain. Plus encore, c’est toute la culture
occidentale qui est critiquée, mise en balance face à la culture orientale.
Certains passages sont d’une virulence surprenante mais qui ne manquent d’interroger
le lecteur. J’ai trouvé très intéressant de voir l’Occident d’un point de vue
oriental, même si Trevanian n’est pas asiatique et que Hel ne l’est pas
réellement.
Le roman aborde également de nombreux sujets : le jeu
de go, les relations internationales des années 70, la spéléologie, l’indépendantisme
basque, le terrorisme, l’assassinat de sportifs israéliens aux Jeux Olympiques
de Munich, l’érotisme japonais,…
Quelques bémols tout de même. Tout d'abord j'ai trouvé certains personnages assez caricaturaux, notamment Diamond, Able et Starr. Ensuite, j'ai trouvé très très longs les passages consacrés à l'exploration de grottes. Je manque peut-être de subtilité mais je n'en ai absolument pas perçu l'intérêt.
Une petite remarque concernant le résumé de l'éditeur : celui qui l'a écrit a-t-il lu le livre ? parce que Hel n'est pas né pendant la Première Guerre mondiale mais au milieu des années 20, il n'a pas non plus survécu au bombardement d'Hiroshima puisqu'il n'a jamais été dans cette ville, et c'est plusieurs années après la fin de la guerre qu'il est devenu un tueur.
Un roman original et déroutant, porté par une écriture
précise et efficace. Un roman inclassable qui tient plus du roman noir que du
roman d’espionnage (et pas du tout du roman post-apocalyptique !).
Extrait :
« (…) la conception américaine du gouvernement
représentatif impliquant que les qualités intellectuelles et morales requises
pour diriger une puissante nation sont précisément celles qui devraient l’empêcher
de se soumettre à la chasse aux votes et du marchandage des candidats. C’est un
truisme de la politique américaine qu’un homme à même de remporter une élection
n’en a jamais l’étoffe. »
J'ai partagé cette lecture avec Laure
L'avis de Nicole
C'est effectivement étonnant de trouver ce roman classé dans la catégorie post-apocalyptique :-). Peut-être le temps passé dans les grottes... ;-) Bon, quoi qu'il en soit, c'est effectivement une diatribe féroce contre l'Amérique, par un américain demeuré assez mystérieux ce qui a sûrement contribué à alimenter sa légende. Un auteur que l'on peut continuer à explorer via La sanction et L'expert qui mettent en scène un spécialiste en histoire de l'art exécuteur de basses oeuvres pour le gouvernement pour mettre du beurre dans les épinards. Savoureux.
RépondreSupprimerC'est un roman très atypique.
SupprimerPas du tout post-apocalyptique, mais un sacré livre. Comme toi, les livres d'espionnage, en général, je les fuis, mais celui là, je l'ai trouvé vraiment exceptionnel ! Je vais aller exploiter vers La Sanction, si ça te dit :-)
RépondreSupprimerNon pas post-apocalyptique ! Je ne suis pas sûre de continuer plus avant.
SupprimerJe l'avais emprunté à la bibliothèque, mais pas eu le temps de le lire et pas trop accroché aux premières pages. Je lui redonnerai sûrement une chance.
RépondreSupprimerIl mérite une seconde chance.
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