samedi 2 juillet 2022

Bilan de juin (Ariane)

Par Ariane

Je poursuis mes lectures de la sélection des 68 premières fois avec de très belles lectures : Blizzard de Marie Vingtras et Le parfum des Cendres de Marie Mangez.


Je n'ai jamais aimé les bandes dessinées et je n'ai jamais eu vraiment envie d'en lire. Mais j'imagine que je traverse une phase parce que j'en dévore en ce moment ! J'ai notamment découvert avec plaisir les adaptations de romans dont La nuit des temps de René Barjavel par Christien de Metter, un roman que j'avais beaucoup aimé, Les étoiles s’éteignent à l'aube de Richard Wagamese par Vincent Turhan et Le bal des folles de Victoria Mas par Véro Cazot, deux romans qui figurent depuis longtemps dans ma liste à lire.  
 


Autre préjugé vaincu ce mois-ci : la littérature japonaise. là encore, je n'avais jamais été vraiment attirée mais j'ai découvert avec bonheur Le poids des secrets, la pentalogie d'Aki Shimazaki.




vendredi 1 juillet 2022

Les heures souterraines - Delphine de Vigan

 Par Daphné








Autrice : Delphine de Vigan

Titre : Les heures souterraines

Genre : roman 

Langue d’origine : français

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 299

Date de parution : 2009

Résumé de l 'éditeur :

Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l’attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l’immense solitude qu’elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’arrête. Autour d’eux s’agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mon avis :

Je ne lis pas beaucoup en ce moment mais j'enchaîne les livres de Delphine de Vigan, notamment parce qu'ils se lisent vite et bien, et que ses histoires touchent toujours un sujet sensible.  Ici, c'est de solitude dont il est question. Solitude de Mathilde, harcelée sur son lieu de travail. Solitude de Thibault, médecin aux urgences médicales qui souffre d'une récente rupture amoureuse et se heurte à une autre solitude, celle des patients  qu'il visite chaque jour.

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas, n'ont rien en commun si ce n'est que se battre devient pour eux trop difficile. Deux solitudes dans la foule, deux personnes qui se retrouvent à baisser les bras. solitude, abandon, désarroi, désillusion. Harcèlement, cruauté, ambiance urbaine étouffante. Vous l'aurez compris, ce livre n'est pas gai, loin de là. Si je devais lui donner une couleur, ce serait le gris, non le gris d'un nuage gorgé de pluie mais un gris de pollution, un gris terne, déprimant. Non, décidemment, ce livre n'est pas gai, il est oppressant, à l'image de Mathilde dans son minuscule bureau sans fenêtre. Si l'écriture peut paraître légère, il n'en est rien de l'histoire en elle-même. Ce n'est pas un livre à lire quand on n'a pas le moral. 

Et pourtant... pourtant, j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé la manière dont l'autrice nous entraîne dans la lente descente aux enfers de Mathilde, dont elle dénonce le harcèlement dans tout ce qu'il a de plus cynique et de plus manipulateur. J'ai aimé la manière dont elle décrit la pesanteur de toutes ces vies qui se croisent sous terre dans un métro bondé. J'ai aimé la manière dont elle décrit avec des mots si simples la machine à broyer les âmes qu'est la société, dans toute sa violence, dans toute cette course à la performance qui met à terre les plus fragiles. 

Il n'est pas gai, ce livre, non, mais il est réussi. Réussi dans le message qu'il veut faire passer, réussi dans son écriture qui dit bien plus qu'on en pourrait d'abord le croire.

Extrait :

"Elle a cru qu'elle pouvait résister.
Elle a cru qu'elle pouvait faire face.
Elle s'est habituée, peu à peu, sans s'en rendre compte. Elle a fini par oublier la situation antérieure, et le contenu même de son poste, elle a fini par oublier qu'elle travaillait dix heures par jour sans lever la tête.
Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible.
Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d'y remédier."

lundi 20 juin 2022

Le cerf-volant - Laetitia Colombani

 Par Daphné








Autrice :Laetitia Colombani

Titre : Le cerf-volant

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Graset

Nombre de pages : 208

Date de parution :  2021

Résumé de l'éditeur :

Après le drame qui a fait basculer sa vie, Léna décide de tout quitter. Elle entreprend un voyage en Inde, au bord du Golfe du Bengale, pour tenter de se reconstruire. Hantée par les fantômes du passé, elle ne connait de répit qu'à l'aube, lorsqu'elle descend nager dans l’océan Indien. Sur la plage encore déserte, elle aperçoit chaque matin une petite fille, seule, qui joue au cerf-volant.
Un jour, emportée par le courant, Léna manque de se noyer. La voyant sombrer, la fillette donne l'alerte. Léna est miraculeusement secourue par la Red Brigade, un groupe d'autodéfense féminine, qui s'entraînait tout près. Léna veut remercier l'enfant. Elle découvre que la petite travaille sans relâche dans le restaurant d’un cousin, qui l'a recueillie et l'exploite. Elle n'a jamais été à l'école et s’est murée dans un mutisme complet.
Aidée de Preeti, la jeune cheffe de brigade au caractère explosif, Léna va tenter de percer son secret. Jadis enseignante, elle se met en tête de lui apprendre à lire et à écrire. Au cœur de ce monde dont elle ignore tout, commence alors une incroyable aventure où se mêlent l’espoir et la colère, la volonté face aux traditions, et le rêve de changer la vie par l’éducation… La rencontre inoubliable et réparatrice entre une femme, une jeune fille et une enfant au milieu d'une Inde tourmentée.

Mon avis :

Je me souviens il y a quelques années, avoir été très attirée par La tresse, autre livre de cette autrice, dont j'avais entendu beaucoup de bien et dont l'histoire tout autant que le schéma narratif, m'intéressait. Malheureusement, j'avais été déçue. Qu'à cela ne tienne, devant le résumé de ce nouveau livre, je me suis dit qu'il devrait me plaire et l'ai ouvert avec beaucoup d'enthousiasme... Et bien c'est encore raté! Et pourtant, une fois encore, j'avais lu beaucoup d'avis positifs sur ce livre.

Tout comme pour La tresse, je n'ai rien à reprocher à ce livre. Il se lit très vite et très bien, l'histoire est intéressante et a priori touchante (sauf que ça ne m'a pas touchée). Ce livre aborde des sujets fort et révoltants : la condition de vie des femmes en Inde, les Intouchables, la misère... Il parle aussi de solidarité, de résilience. ce sont des sujets qui m'émeuvent en général et dont il est essentiel de parler. Et pourtant, je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire sans même savoir exactement pourquoi. Le thème est réaliste et pourtant je ne croyais pas vraiment à ce que je lisais comme si tout était "trop facile". Pourtant, je le répète, il n'y a rien que je puisse vraiment reprocher à ce livre. Je pense que tout simplement, les écrits de cette autrice ne sont pas faits pour moi...

Extrait :

"L’avenir d’une gosse de dix ans ne les intéresse pas. Le sort des filles n’émeut personne. Elles sont abandonnées de tous, illettrées et asservies, dans ce pays qui ne les aime pas. Voilà la vérité. Voilà l’Inde, la vraie, conclut-elle. Celle qu’aucun guide touristique n’osera lui raconter."

lundi 13 juin 2022

On l'appelait Vermicelle - Fanny Vella

 Par Daphné








Résumé de l'éditeur:

De sa naissance à son adolescence, Vermicelle tente d'échapper aux difficultés familiales qui la dépassent : absences, tabous, non-dits, violences et sexisme ordinaires. Forte de sa merveilleuse imagination, elle s'invente un univers coloré et lumineux dans lequel s'évader quand la vie s'emballe. Et nous voilà entraînés dans une fable familiale sensible et profonde : l'amour y est parfois maladroit parfois toxique, mais la résilience et le bonheur de Vermicelle , malgré des moments sombres, sont au bout du chemin.

Mon avis :

Je ne lis pas souvent de BD mais en voilà une qui m'a bien plu. Je connaissais déjà l'autrice, Fanny Vella, bien connue sur les réseaux sociaux, qui sensibilise à travers ses dessins sur différents thèmes tels que la violence éducative, le sexisme, les violences conjugales... Cela faisait un moment que j'avais envie de la lire un peu plus qu'au travers de quelques illustrations. J'ai donc commencé par cette BD.

On fait ici la connaissance de Vermicelle, que l'on suivra avant même sa naissance jusqu'à l'âge adulte. Petite fille pleine d'énergie, elle traverse la vie cahin-caha dans un monde où les adultes qui l'entourent ne se rendent pas compte des ravages qu'ils provoquent par de simples mots. La vie n'est pas simple pour Vermicelle entre tous ces mots qui font mal, le handicap de sa petite sœur, l'alcoolisme caché de  sa grand-mère, un grand traumatisme dont elle ne parlera pas mais qui aura des conséquences sur sa vie future... Heureusement, Vermicelle a un super-pouvoir, celui de son imagination. Cela peut sauver une vie, l'imagination!

A travers cette BD, Fanny Vella nous parle de toutes ces manières qu'ont les adultes de blesser les enfants, sans s'en rendre compte, par de petites phrases en apparence anodines mais qui, mises bout à bout, peuvent faire bien du mal. Il y a des petits rien qui deviennent un grand tout. 

D'une manière très douce, cette bande dessinée évoque et sensibilise à de nombreux sujets. On se prend d'affection pour cette petite fille jugée un peu trop vive pour son entourage, qui a parfois du mal à vivre dans un monde qui ne la comprend pas. 

J'ai bien aimé le graphisme, ces teintes dans les tons de bleu où surgissent soudain, chaque fois que Vermicelle se laisse emporter par son imagination des bulles pleines de couleur.

C'est un message fort qui nous est délivré à travers ces pages, une message qui incite à se mettre à la place de ses enfants et à faire attention à nos actes et à nos paroles.


vendredi 10 juin 2022

Le sang des sorcières - Carole Sandrel

 Par Daphné








Autrice :Carole Sandrel

Titre : Le sang des sorcières

Genre : essai, document

Langue d’origine : français

Editeur : François Bourin

Nombre de pages : 320

Date de parution :  2016


Résumé de l'éditeur :

Qui transforma en sorcières ces milliers de femmes torturées et brûlées vives entre le XVe et XVIIe siècles ?
Ces prétendues sorcières étaient surtout des paysannes, des guérisseuses apportant au village le réconfort de leur solidarité et de leurs connaissances en herbes médicinales. Sans médecins ni médicaments, il fallait bien quelqu'un pour faire accoucher les femmes, soigner les malades, assister les mourants et toiletter les morts. Mais trop de mort-nés et trop d accouchées mourant de fièvre puerpérale désignaient les sorcières à la vindicte générale. Et la misogynie ambiante fit le reste. Au motif qu' il fallait trouver les marques que le diable imprimait en guise de signature dans le secret de leur chair, on leur fit subir des tortures au-delà de l'imaginable.
Un récit inédit qui nous retrace la tragédie de ces femmes sacrifiées et oubliées. Une négation de la chair et un crime contre la féminité trop longtemps sous-estimés.

Mon avis :

De tous les livres que j'ai pu lire sur le sujet (et il commence à y en avoir un certain nombre!), celui-ci est certainement le mieux documenté et le plus complet. C'est une véritable mine d'informations, un vrai travail de recherches. L'autrice nous explique les raisons qui ont menées au chasses aux sorcières et la manière dont celles-ci étaient menées avec une grande précision, nous explique à qui cela au juste profitait, à la manière dont se déroulaient les procès, s'appuyant sur plusieurs exemples, mes histoires de plusieurs femmes condamnées pour sorcellerie entre le XVe et XVIIe siècle. 

Disons le tout net : cela fait froid dans le dos. On se demande comment un tel massacre se déroulant sur autant de temps a pu avoir lieu en suscitant aussi peu de réaction. A la lecture de ce livre, on peut voir que c'était quelque chose de bien plus "organisé" que cela puisse paraître...

Un livre très intéressant, révoltant aussi, dont la lecture m'a appris beaucoup de choses. 



mercredi 8 juin 2022

Mercredi, c'est le jour des petits - Le tout petit-quoi ? - France Quatromme et Sandra Solinet

 Par Daphné








Autrice : France Quatromme

Illustratrice : Sandra Solinet

Titre : Le tout Petit-Quoi

Editeur : La langue au chat

Résumé :

Ce matin, un tout-petit est sorti d'un œuf. Un tout petit quoi ? Personne ne le lui a dit, alors tout seul il est parti à la recherche de sa maman. Une belle histoire qui invite l'enfant à partir avec le héros à la rencontre des animaux autour de la mare. A l’âge où l’enfant relève le défi de l’autonomie, cet album le rassure sur la séparation avec sa maman : Elle le retrouvera toujours. Ce livre donnera aussi confiance à l'enfant en ses capacités, il a en lui des trésors cachés qu’il devra découvrir puis nourrir…

Mon avis :

A 17 mois, mon fils commence tout juste à s'intéresser aux livres... ou plutôt, à deux livres : Cap ou pas cap? , un livre que mes filles aimaient aussi beaucoup quand elles étaient petites, et celui-ci : Le tout Petit-Quoi? Le lui ayant lu plusieurs fois aujourd'hui, je me dit qu'il est temps d'en parler sur ce blog!

Un livre qui a le format d'un œuf, c'est déjà rigolo. Mais ce n'est pas pour rien qu'il a ce format là, car cette histoire commence par la sortie de l'œuf, d'un... mais un quoi, au fait ? Eh bien il ne le sait pas puisque personne n'était présent lors de sa naissance. Alors voilà notre tout Petit-Quoi parti à la recherche de sa maman. Celle-ci est elle un écureuil? Une grenouille? Une lapine ? Mais non, notre tout Petit-Quoi ne sait ni grimper aux arbres, ni sauter, sa robe n'est ni verte ni rousse ni grise. Mais alors que sait-il faire, et qui est-il ?

Un album bien sympathique qui démontre que chacun a ses propres capacités et que les mamans ne sont jamais bien loin de leurs petits. Avec son petit format tout en rondeur, sa couverture cartonnée et ses jolies couleurs, il est parfaitement adapté aux petites mains des bébés. Et mon bébé à moi en est un grand fan!

lundi 6 juin 2022

Bilan de mai (Daphné)

 Par Daphné

Un bilan de lecture un peu mitigé ce mois-ci : autant j'ai aimé Sauvagines et En automne, autant je'ai été plutôt déçue par Une mère etc et Le cerf-volant. J'ai eu du mal à entrer dans Là où se croisent quatre chemins que j'ai finalement beaucoup aimé. J'ai plutôt apprécié Les loyautés. Enfin une lecture très intéressante avec 65 activités Montessori pour les 6-12 ans. 

Et vous, quelles ont été vos lectures du mois de mai ?