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lundi 24 avril 2023

Le chat qui venait du ciel - Takashi Hiraide

 Par Daphné








Auteur : Takashi Hiraide

Titre :Le chat qui venait du ciel

Genre :roman

Langue d’origine :japonais

Traductrice : Elisabeth Suetsugu

Editeur : Philippe Picquier

Nombre de pages :130

Date de parution : 2006

 

Résumé de l'éditeur:

Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d'une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s'en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d'un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l'incarnation même de l'âme du jardin, gagné peu à peu par l'abandon, foisonnant d'oiseaux et d'insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis...

Mon avis :

Si j'ai été attirée par ce livre, c'est parce qu'il nous parle de chats. D'un chat plus précisément. En France, nous n'avons pas le même regard sur les chats qu' au Japon où ils sont considérés comme des porte-bonheur. Je ne suis pas japonaise mais je suis une grande amoureuse des chats. Aussi, en voyant ce livre sur les rayons de la bibliothèque, me suis-je dis que j'allais y trouver mon bonheur (c'est le cas de le dire!) mais je suis ressortie de cette lecture un peu mitigée.

 Ce livre, à l'écriture très poétique, est avant tout contemplatif.  Pas d'action ici mais de la lenteur, de la douceur, un grand calme. C'est un livre qui s'attache au moindre détail et s'arrête sur les insectes, les plantes, les mouvements gracieux d'un petit félin. Si on aime les chats, on ne peut qu’être sensible à ces pages emplies de douceur.

 Mais il se trouve qu'au moment où j'ai lu ce livre, j'avais sans doute davantage envie d'un livre avec un peu plus d'action car je n'ai pas réussi à l'apprécier pleinement et avoue m'être parfois un peu ennuyée. Je n'ai pourtant rien contre les livres poétiques et lents auxquels je trouve même souvent un certain charme. Or, même si je reconnais beaucoup de qualités à ce livre, j'ai quand même eu l'impression de ne pas réussir à l'apprécier à sa juste valeur. Peut-être devrais je le relire  plus tard afin d'être sûre de ne pas passer à côté.

Extrait : 

 "L'attention qu'il portait aux choses se déplaçait avec une rapidité étonnante, caractéristique qu'il n'a pas perdue, même en grandissant. Etait-ce le fait de jouer seul la plupart du temps dans l'immense jardin qui lui avait appris à réagir avec vivacité aux insectes et aux lézard. J'avais presque fini par croire qu'il était sensible aux métamorphoses invisibles du vent ou la lumière."

lundi 20 mars 2023

Le goûter du lion - Ito Ogawa

 Par Daphné

 


 

 

 

 

 

 

 

Auteur : Ito Ogawa

Titre : Le goûter du lion

Genre : roman

Langue d’origine : japonais

Traductrice : Déborah Pierret-Watanabe

Editeur : éditions Picquier

Nombre de pages : 272

Date de parution :  2022

Résumé  de l'éditeur :

 Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau ; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuku a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.
Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires – ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille – ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.
Avec la délicatesse d’écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuku sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d’un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d’exister.


Mon avis :

Shizuku a à peine plus de trente ans et se sait déjà condamnée. Elle choisit de passer les derniers jours de  sa vie dans la Maison du Lion ,  un lieu qui accueille les personnes en fin de vie tout en essayant de leur apporter le plus de sérénité possible. 

 J'ai un peu hésité avant d'ouvrir ce livre : un roman sur la fin de vie, je m'attendais à quelque chose de triste et je n'avais pas vraiment envie de lecture triste. Je l'ai ouvert quand même et je ne l'ai pas regretté. Ce n'est pas un livre triste, pas vraiment, bien qu'il parle des derniers instants d'une vie qui s'éteint. Bien qu'il soit teinté d'une douce mélancolie, ce livre est surtout lumineux, plein de tendresse et de philosophie. C'est un livre serein, qui nous rappelle avec subtilité ce que sont les petits moments qui font une vie : ces petits moments éphémères, plein de douceur, ceux que l'on pourrait laisser passer sans y penser alors qu'ils ont tant d'importance. 

Tous les sens sont mis en éveil dans ce livre, avec une petite mention spéciale pour celui du goût car ce roman a une côté culinaire qui n'est pas sans éveiller la gourmandise de son lecteur. Les repas, les goûters sont si bien décrits qu'il nous en mette l'eau à la bouche et l'on se surprend à se demander, comme les pensionnaires de la maison du lion, quels sont les goûter qui ont marqués notre vie, quelle est la madeleine de Proust que nous aimerions déguster à nouveau avant de quitter ce monde.

A travers l'histoire de Shizuku, c'est une livre plein de délicatesse  et d e sagesse que nous offre l'autrice. Bien que ce roman touche à la mort, il est en réalité une véritable ode à la vie.

Extrait :

"La vie est semblable à une bougie. Elle ne peut allumer ou souffler sa flamme elle-même. Et une fois la flamme allumée, il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre qu'elle se consume et disparaisse, en laissant la nature suivre son cours. Mais il arrive parfois qu'elle s'éteigne, soufflée par une force supérieure, comme cela a été le cas pour vos parents biologiques.
Vivre, c'est être la lumière de quelqu'un d'autre.
User sa propre vie en offrant sa lumière à l'autre. Et de cette façon, s'éclairer l'un l'autre."

 " Du côté où nous nous trouvons, c'est une sortie. Mais de l'autre côté, c'est une entrée. C'est pourquoi je dis que la vie et la mort, en un sens, c'est un peu la même chose. Nous ne faisons que tourner en rond, en changeant simplement d'apparence. C'est un cycle qui ne connaît ni début ni fin."

mardi 27 décembre 2022

Le goûter du lion - Ito Ogawa

Par Ariane


Auteur : Ito Ogawa

Titre : Le goûter du lion

Genre : roman

Langue d’origine : japonais

Traductrice : Déborah Pierret-Watanabe

Editeur : éditions Picquier

Nombre de pages : 272p

Date de parution : août 2022

 

Mon avis :

Après ma lecture de la pentalogie de Aki Shimazaki, j’avais envie de retrouver la délicatesse d’un roman japonais. Et mon regard s’est posé sur ce roman présenté sur la table des nouveautés de la bibliothèque. J’ai failli le reposer après avoir lu le résumé, je n’avais pas vraiment envie de lire sur ce sujet ! Mais j’ai bien fait de le garder quand même.

Shizuku vient d’apprendre qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Sans famille proche, la jeune femme décide de se rendre sur l’île aux citrons en mer intérieure de Seto. La maison du lion accueille des personnes en fin de vie. Dans un cadre apaisant, entourés d’un personnel bienveillant et attentionné, les invités vivent leurs derniers jours dans la sérénité. Chaque dimanche, tous se retrouvent autour d’un goûter choisi par un invité et tiré au sort.

Un roman sur la fin de vie d’une jeune femme. Dit comme ça, ça ne donne pas envie. Mais loin d’être déprimant, ce roman est lumineux et réconfortant. Pendant les quelques semaines qu’elle va passer à la maison du lion, Shizuku va faire de belles rencontres, être heureuse et aimée, faire la paix avec elle-même, se plonger dans ses souvenirs, profiter de l’instant présent.  J’ai particulièrement aimé sa relation avec la petite chienne Rokka, toute tendresse et partage.

C’est un très joli roman, sensible et poétique. Gourmand aussi. Je n’avais jamais lu l’autrice, mais c’est apparemment un thème récurrent chez elle. Le séjour à la maison du lion est marqué par l’expérience gustative qui est offerte aux invités. Les sœurs Mai et Shima sont aux fourneaux et cuisinent des mets subtils. Les descriptions des plats traditionnels japonais, de leurs odeurs et textures, mettent l’eau à la bouche du lecteur ! Et il y a bien sûr le goûter. Une madeleine de Proust finalement. Une gourmandise qui nous rappelle les jours passés. On en a tous une j’imagine…

Je crois que je choisirais un flan. Comme celui que ma grand-mère m’achetait chaque fois que j’étais en vacances chez elle. Le boulanger passait avec son camion et klaxonnait devant la maison. Je me précipitais avec elle et j’avais le droit de donner la monnaie. Je l’aidais à préparer le repas (pourquoi est-ce que dans mon souvenir on écosse toujours des haricots sur la terrasse ? On devait manger autre chose quand même !). Et pour le dessert, cette magnifique part de flan. Quel bonheur ce gâteau parfumé !

 

Extrait :

« Mais les repas à la Maison du Lion étaient d'un genre différent. Leur goût résonnait dans l'âme. »

« Vivre, c’est être la lumière de quelqu’un d’autre. User sa propre vie en offrant sa lumière à l’autre. Et de cette façon, s ‘éclairer l’un l’autre. »

« L'air était délicieux, bien trop bon pour ne pas me resservir une deuxième, une troisième fois. Ces respirations ont suffi à me rassasier. Depuis quand n'avais-je pas aspiré l'air comme on aspire le jus d'un fruit bien mûr ? »

samedi 3 décembre 2022

Le poids des secrets - Aki Shimazaki

Par Ariane






Auteur : Aki Shimazaki

Titre : Le poids des secrets (pentalogie)

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Babel

 

Mon avis :

Parfois on se met des idées en tête. Je n’aime pas la littérature japonaise. C’est ce que je me suis dit pendant des années, après plusieurs lectures qui ne m’avaient pas du tout plu. Mais lors d’une réunion de mon club de lecture, une lectrice m’a prêté cette pentalogie, certaine qu’elle me plairait et j’ai été enchantée par cette lecture.

Le 9 août 1945, une bombe atomique est larguée sur la ville de Nagasaki, tuant instantanément des milliers de personnes. Yukiko a survécu. Des années plus tard, elle écrit une lettre et révèle à sa fille le secret qu’elle a caché toute sa vie.

Difficile de faire un résumé, car dans ces cinq romans, la même histoire est racontée par différents personnages. Ou plutôt un bout de l’histoire. Les récits et les voix s’entremêlent, le fil se déroule non pas de manière linéaire, mais s’enroulant sur lui-même, promenant le lecteur à travers plusieurs décennies d’histoire familiale et japonaise. L’intrigue est brillamment construite et jamais redondante, chaque personnage vient apporter un éclairage nouveau à l’histoire.

Les livres sont très courts et se dévorent, mais ils méritent une seconde lecture. Cette fois pour savourer la délicatesse de l’écriture, épurée et subtile. Je ne dirai plus désormais que je n’aime pas la littérature japonaise… Merci Katell !

 

Extraits :

« C'étaient les camélias qui fleurissent en hiver. Dans la campagne près de Tokyo, quand il neigeait, je trouvais les fleurs dans le bois de bambous. Le blanc de la neige, le vert des feuilles de bambous et le rouge des camélias. C'était une beauté sereine et solitaire. » (Tsubaki)

« Je marche quelques pas derrière ma mère pour aller à l'église. Je vois sa jupe évasée s'agitant au rythme de sa marche et de ses longs cheveux noirs. Les couleurs des fleurs d'hortensia. Le bruit de la pluie, qui tombe sur le parapluie de papier huilé. Les escargots. La barbe noire de l'homme étranger. La silhouette de la petite fille s'éloignant avec son père. Et le bruit du coquillage.
Ces images sont gravées si profondément dans ma mémoire que jamais elles n'ont pâli avec le temps. »
(Hamaguri)

« Je lève les yeux.
Couvert de nuages épais, le ciel s'étend à l'infini. Il fait anormalement chaud et humide pour une fin d'été. C'est encore le matin. Pourtant, je sens ma chemise déjà trempée de sueur.
Au-dessus de moi, un couple d'hirondelles passe rapidement. Elles vont et viennent entre le toit d'une maison et un fil électrique. Elles partiront bientôt vers un pays chaud. J'aimerais bien voyager librement comme elles.
Ma mère m'a dit une fois : " Si on pouvait renaître, j'aimerais renaître en oiseau. " »
(Tsubame)

« Il pleut tous les jours. C'est la saison des pluies. Je vais au laboratoire à pied. En marchant, je vois partout des hortensias en fleurs. Je m'arrête et les regarde émerveillé par la beauté de toutes ces couleurs vives. Lorsque je trouve un escargot entre des feuilles, je me souviens de mon enfance passée avec Sono. Je lui rendais visite après l'école. Dans son petit jardin, je cherchais des escargots et les mettais dans une bouteille avec des feuilles mouillées. Je me plaisais à observer ces petites bêtes. Je me demande "où est Sono maintenant ?". » (Wasurenagusa)

« J’entendais le doux bruit de l’eau. Je voyais une luciole émettre de la lumière dans une touffe d’herbe. Je me suis assise sur une pierre. En fixant mon regard sur la surface de l’eau, je pensais distraitement : «  Si l’eau était assez profonde, je pourrais me jeter dedans… » (Hotaru)