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mardi 7 mars 2023

L'instant - Amy Liprot

Par Ariane


Auteur : Amy Liptrot

Titre : L’instant

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Editeur : Phébus

Nombre de pages : 224

Date de parution : février 2023

 

Mon avis :

Dans son premier livre, L'écart, Amy Liptrot racontait son combat contre l’alcool. C’est en revenant sur son île natale dans les Orcades, que la jeune femme avait repris contact avec elle-même, avait réussi à se reconstruire au contact de la nature, loin du rythme effréné de Londres. Deux ans plus tard, elle décide de partir pour Berlin avec l’espoir de vivre une histoire d’amour. Son nouveau roman raconte cette année berlinoise.

J’avais eu beaucoup de mal à accrocher avec L’écart au début de ma lecture. Mais au final, je m’étais prise dans le récit, en grande partie grâce à l’immersion dans ces magnifiques îles écossaises que Amy Liptrot nous faisait partager. J’ai eu beaucoup plus de mal à me sentir à l’aise dans les rues de Berlin que sur les chemins des Orcades. Je me suis peu intéressée aux démêlés amoureux de la narratrice, en revanche, l’aspect naturaliste du récit m’a beaucoup intéressée. Au cœur même de la ville, la vie sauvage se cache, il faut savoir où regarder. Amy est à l’affut de toutes ces traces, se plaît à des observations ornithologiques, part à la recherche des ratons laveurs. Quel plaisir d’imaginer cette vie sauvage tout près de nous !  

Sans surprise j'ai beaucoup moins apprécié ce roman que le premier et je reste sur une impression mitigée. 

Je remercie Babelio et les éditions Phébus pour m'avoir permis de découvrir ce roman lors d'une opération masse critique. 

 

mardi 22 novembre 2022

L'illusion du mal - Piergiorgio Pulixi

Par Ariane


Auteur : Piergiorgio Pulixi

Titre : L’illusion du mal

Genre : roman policier

Langue d’origine : italien

Traducteur : Anatole Pons-Reumaux

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 608p

Date de parution : septembre 2022

 

Mon avis :

Il y a quelques jours, je présentais mon avis sur Darwyne de Colin Niel, un auteur découvert lors de ma participation au prix des lectrices de Elle, avec Entre fauves. C’est également à cette occasion que j’ai lu le premier roman de Piergiogio Pulixi, L’île des âmes. Je retrouve donc avec plaisir les enquêtrices Mara Rais et Eva Croce.

Au même moment, des dizaines de milliers de personnes reçoivent un lien vers une vidéo. On peut y voir un homme attaché à un fauteuil de dentiste, toutes ses dents ont été arrachées, et à ses côté un autre homme qui prend la parole. Le prisonnier est un pédophile, qui a violé plusieurs petites filles mais sans jamais être condamné. A chaque fois, il s’en est sorti pour des questions de vice de procédure et de prescription. La justice au service du peuple a échoué, alors l’homme masqué offre au peuple de rendre directement la justice et de se prononcer : la vie ou la mort ? Ils ont 3 heures pour voter…

Si le premier opus des aventures des deux inspectrices avait des accents fantastiques, ce n’est absolument pas le cas ici, même si cette fois encore, l’auteur dénonce les failles du système judiciaire et les dérives de ceux qui veulent rendre la justice eux-mêmes. Ainsi il pousse le lecteur dans ses retranchements, faisant appel aux sentiments de révolte et de colère que chacun ressent lorsqu’on entend régulièrement parler de ces affaires de récidives, de criminels condamnés à des peines qui semblent insignifiantes au regard de l’horreur de leurs actes voire même acquittés faute de preuves ou pour toute autre raison. Sans oublier la théâtralisation de ces affaires par les médias et notamment par ces émissions racoleuses spécialisées dans les faits divers.

C’est parfaitement construit, l’intrigue se déploie sans temps morts en nous laissant tout de même le temps de suivre les personnages et de profiter d’un petit séjour en Sardaigne ! Une lecture parfaitement réussie pour moi, pourtant peu adepte de polars.

Je remercie Babelio et les éditions Gallmeister pour cette lecture grâce à la dernière opération Masse critique !

samedi 11 septembre 2021

Le fils de l'homme - Jean-Baptiste Del Amo

 Par Ariane


Auteur : Jean-Baptiste Del Amo

Titre : Le fils de l’homme

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 240p

Date de parution : août 2021

 

Mon avis :

Tous les ans le même rituel… Repérer parmi les centaines de livres à paraître, ceux que je vais choisir. Un titre, une couverture ou un résumé qui accroche. De nouveaux auteurs à découvrir. Et d’autres que l’on retrouve. Le petit frisson de plaisir en lisant le nom d’un auteur chouchou dans la liste des parutions. Ou d’autres que l’on a envie de retrouver après une lecture marquante. Parmi ceux-ci : Jean-Baptiste Del Amo. Il y a quelques années, Règne animal, une lecture coup de poing, bouleversante, inoubliable. Et il réitère…

Un homme, une femme, un enfant. Une maison en ruine isolée en pleine forêt. Le père a quitté sa famille des années plus tôt et il espère renouer les liens en les emmenant dans la maison de son enfance.

C’est un texte  qu’on lit dans un état de tension permanente, un huis clos angoissant entre trois personnages, amplifié par l’isolement de la masure et l’immensité de la forêt. La nature est au cœur de ce roman. La nature qui les entoure, une beauté à couper le souffle, sauvage et brutale, oppressante, un monde millénaire où l’homme n’est qu’un animal parmi d’autres. Mais aussi, nature de l’homme, violente et meurtrière depuis l’aube des temps, comme nous le rappellent les premières pages du roman dans un texte déroutant. Des milliers d’années après l’époque de ce court mais intense prologue, la civilisation n’a rien changé, la sauvagerie de l’homme est toujours là. Des milliers d’années plus tard, ils sont les mêmes : le père, la mère, l’enfant. Sans jamais les nommer, avec peu de dialogues mais des diatribes enflammées et insensées du père, sans explorer leurs émotions ou nous les décrire, Jean-Baptiste Del Amo leur donne une dimension mythique, universelle.

Un roman sombre et puissant dont on ne sort pas indemne…

 

Je remercie Babelio et les éditions Gallimard pour m’avoir fait découvrir ce livre en avant-première, même si au moment où je publie mon billet il est déjà sorti depuis quelques semaines !

 

Edit : non seulement il est déjà sorti, mais il est lauréat du prix Fnac du roman !

 

Extrait :

« Dans cet apparent silence, le fils éprouve violemment sa solitude et, dans le même temps, l’impression de sa présence au monde, de la nature déployée autour de lui, de l’immensité et de la multitude dans laquelle son existence a pris forme et se trouve à cet instant précis. »

 

 Catégorie Être humain



samedi 13 mars 2021

Les danseurs de l'aube - Marie Charrel

Par Ariane

Auteur : Marie Charrel

Titre : Les danseurs de l’aube

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : éditions de l’Observatoire

Nombre de pages : 256p

Date de parution : janvier 2021

 

Mon avis :

Tout d’abord, je remercie Babelio et les éditions de L’Observatoire pour m’avoir envoyé ce livre dans le cadre d’une opération Masse critique.

A 18 ans, Lukas est troublé par son identité et son apparence androgyne. Fasciné par le danseur de flamenco Sylvin Rubinstein, il part à Hambourg sur les traces du danseur tueur de nazis. En marge des manifestations anti-capitalistes, il rencontre Iva, flamenca d’origine rom. L’alchimie est totale entre les deux jeunes danseurs. Ensemble, ils dansent et parcourent le monde à la recherche du duende, tandis que Lukas raconte l’histoire de Sylvin et de sa sœur jumelle Maria.

Une histoire fictive d’un côté, une histoire réelle de l’autre. Deux couples de danseurs à l’alchimie particulière, confrontés à la haine, à la violence et aux préjugés des hommes. Et le flamenco, flamboyant, intense, tragique, comme un fil rouge.

Découvrir le parcours incroyable de Sylvin Rubinstein, fils d’un aristocrate russe fusillé par les Bolchéviques et d’une danseuse juive. Avec sa sœur jumelle, Maria, il danse le flamenco. Duo magnifique et fusionnel, sous le nom d’Imperio et Dolores. Esprit libre, provocateur et fantasque, Sylvin n’a pas l’intention de faire profil bas et entre en résistance. Après la disparition de Maria, il la fait vivre en lui en s’habillant en femme et en dansant sous nom, tuant des nazis pour venger la disparue.

Mais 70 ans plus tard, certaines choses n’ont pas changé. Les Roms doivent fuir sous la menace et subissent les préjugés et la violence. Indésirables partout où ils vont, accusés de tous les maux. Et cette jeune fille, belle et libre, sensuelle et féminine. Duo improbable avec Lukas, aussi blond qu’elle est brune, corps fin et élancé, androgyne, troublant.

C’est un très beau roman que nous propose Marie Charrel. Un roman comme une ode à la liberté, à l’acceptation de soi, aux êtres qui ne sont pas ce que l’on croit. Ombre et lumière. Une très belle découverte.  

 

Extrait:

« C’est une drôle de chose, le corps. Une enveloppe, qu’on idolâtre ou qu’on ravage, dans l’espoir que la vie y palpite un peu plus fort, ou seulement pour la beauté du geste. Un carcan dont on aspire à jaillir afin de devenir une émotion pure, libre comme le vent, sans attache. Qui n’a jamais rêvé d’être un oiseau ? »