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mardi 3 décembre 2019

Le braconnier du lac perdu - Peter May

Par Ariane


Auteur : Peter May
Titre : Le braconnier du lac perdu
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrice :
Editeur : Babel noir
Nombre de pages : 368p
Date de parution : janvier 2014


Présentation de l’éditeur :
Opus final de la trilogie de Lewis, Le Braconnier du lac perdu est aussi le plus apocalyptique. Tandis que les hommes font face à la puissance dévastatrice de la nature, l’heure des derniers comptes sonne sur Lewis et réclame son lot de victimes.

Mon avis :
Enfin ! Après des mois d’attente, j’ai enfin récupéré le dernier tome de la trilogie écossaise de Peter May. Ah, quel plaisir de retrouver l’île de Lewis ! Et le personnage de Finn ! Ce qui aurait été encore mieux, ça aurait été d’aimer ce dernier épisode autant que les deux premiers…
Finn MacLeod est revenu s’installer sur l’île de Lewis. En attendant de finir les travaux dans l’ancienne maison de ses parents, il loge chez Marsaili son amour de jeunesse et leur fils. Sans emploi après avoir quitté la police d’Edimbourg, il est engagé comme chef de la sécurité dans un domaine, chargé notamment de lutter contre le braconnage. Finn connaît d’ailleurs très bien l’un d’entre eux, Whistler, grand ami de son adolescence. C’est d’ailleurs avec Whistler que Finn découvrira le corps d’un autre ami, Roddy, porté disparu depuis près de 20 ans.
Décidément il s’en passe des choses sur l’île de Lewis ! Et particulièrement dans l’entourage de Fin. Une fois encore, il se voit contraint de remuer le passé pour démasquer un meurtrier. Il se souvient de son adolescence, de ses premiers émois et de son amitié avec ceux qui allaient devenir un célèbre groupe de rock celtique.
Comme dans les précédents romans, Peter May déroule une intrigue bien ficelée. Toutefois, il m’a manqué ce petit quelque chose de plus qui m’avait tant plu. Finn est toujours aussi attachant, un personnage très humain, imparfait et plein de bonnes intentions. Dommage que les autres personnages aient été si transparents cette fois, notamment Marsaili, quasi inexistante, quant à Fionlagh, le fils dont il vient de découvrir l’existence, il n’était pas là du tout ! J’ai regretté que cet aspect de la vie de Finn n’ait pas été exploité. Et puis l’ambiance groupe de rock, concerts et fêtes alcoolisées, ça ne me touche pas du tout ! Je préfère nettement les descriptions de l’île et de sa nature sauvage. Et là, un personnage tel que Whistler, ce géant taciturne, brillant et talentueux, vivant en quasi ermite au plus proche de la nature, ça j’aime !
Un peu déçue peut-être, mais malgré cela je garderai un excellent souvenir de cette trilogie. Avec un peu de chance, Peter May se décidera un jour à reprendre ces personnages…

Extrait :
« Un homme est en droit de prendre à la terre que le Seigneur nous a donnée. Et il l'a donnée à chacun de nous, Fin. Tu ne peux pas l'emporter avec toi quand tu meurs alors comment quelqu'un peut-il penser la posséder de son vivant ? »

«La vue qui l'accueillit était presque surnaturelle. Les montagnes du sud-est de Lewis se dressaient tout autour de lui et allaient se perdre dans l'obscurité des nuages les plus bas. À ses pieds, la vallée semblait plus large que pendant la nuit, à la lueur des éclairs. Semblables à des spectres, les gigantesques éclats rocheux jonchant le fond émergeaient de la brume qui progressait depuis l'est où le soleil, encore caché, projetait une inquiétante lueur rouge. On se serait cru à l'aube des temps. Derrière les abris en ruines qu’on appelle des ruches en raison de leur forme, la silhouette de Whistler debout sur une crête dominant la vallée se découpait contre la lumière. »

« Au-delà des dunes, les masses noires des montagnes s'élevaient comme des vagues de pierre léchant le ciel. »

mardi 12 novembre 2019

Les disparus du phare - Peter May

Par Ariane


Auteur : Peter May
Titre : Les disparus du phare
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrice : René Dastugue
Editeur : Actes sud
Nombre de pages : 432p
Date de parution : janvier 2019

Présentation de l’éditeur :
Rejeté par les vagues, un homme reprend connaissance sur une plage. Tétanisé par le froid, frôlant dangereusement le collapsus, il ignore où il se trouve et surtout qui il est ; seul affleure à sa conscience un sentiment d’horreur, obscur et insaisissable. Mais si les raisons de sa présence sur cette île sauvage des Hébrides lui échappent, d’autres les connaissent fort bien. Alors qu’il s’accroche à toutes les informations qui lui permettraient de percer le mystère de sa propre identité, la certitude d’une menace diffuse ne cesse de l’oppresser. Muni, pour seuls indices, d’une carte de la route du Cercueil et d’un livre sur les îles Flannan, une petite chaîne d’îlots perdus dans l’océan marquée par la disparition jamais élucidée, un siècle plus tôt, de trois gardiens de phare, il se lance dans une quête aveugle avec un sentiment d’urgence vitale.
Revenant à l’île de Lewis où il a situé sa “Trilogie écossaise”, Peter May emporte le lecteur dans la vertigineuse recherche d’identité d’un homme que sa mémoire perdue conduit droit vers l’abîme.

Mon avis :
Peter  May encore ! J’attends toujours le dernier volume de la trilogie écossaise (3 mois de retard à la bibliothèque ça devient légèrement énervant…) et je me rabats sur d’autres ouvrages de l’auteur, avec plus ou moins de succès.
Si ce titre ne fait pas partie de la trilogie écossaise, au moins l’histoire se déroule-t-elle sur l’île de Lewis. C’est là la principale qualité de ce roman ! Quel bonheur de se retrouver sur cette île sauvage et magnifique, de lire sous la plume de Peter May la description de ses paysages. On a presque l’impression de sentir et d’entendre le vent, la mer. Je me répète mais ce genre d’île me fait mille fois plus rêver que les îles tropicales. Je préfère les embruns et le vent glacial à la douceur des cocotiers.
Mais toute ressemblance avec la trilogie s’arrête là. Ah non ! Un point commun tout de même : George Gunn, policier et ami de Finn et Marsaili. Mais il faut bien avouer que le pauvre ne sert pas à grand-chose ici. Une caution humoristique peut-être, en plus d’un lien ténu avec la trilogie. C’est léger tout de même.
Peter May nous raconte ici l’histoire d’un homme qui se retrouve amnésique et tente d’en savoir plus sur lui-même. Il découvre qu’il s’appelle Neal MacLean, qu’il est écrivain et s’est installé sur l’île quelques mois auparavant afin d’écrire un livre sur la disparition des gardiens du phare des îles Flannan en 1900. A part ça ? rien. Alors qui est-il réellement ? Cache-t-il un secret ?
Un homme amnésique qui doit démêler les fils de son passé, enquêter sur lui-même et peut-être mettre au jour des secrets oubliés, ça c’est déjà vu, mais bien fait ça peut tout de même donner une bonne lecture. Ici, je ne dirai pas que c’est mal fait, mais ce n’est pas passionnant. On devine un peu trop facilement tout ce qui va se passer, or, la surprise c’est quand même ce que l’on attend avant tout de ce genre de roman. Et puis, je ne l’ai pas trouvé très sympathique ce personnage.
En revanche, le fond de l’histoire est intéressant et particulièrement d’actualité. Utiliser les enjeux écologiques et les manœuvres douteuses de grands groupes chimiques, parler des dangers liés à la disparition progressive et rapide de millions d’abeilles à travers le monde, c’est une excellente idée.
Petite surprise tout de même, je n’avais pas bien lu le résumé ou ce que j’avais lu mettait en avant la disparition des gardiens du phare, car je m’étais imaginé un roman sur ce sujet. J’ai toujours été intriguée par les histoires mystérieuses comme celles-ci. Or, s’il en est question, cela n’a aucun rapport avec l’histoire.
Une lecture en demi-teinte qui aura surtout eu le mérite de me transporter encore une fois sur l’île de Lewis.

Extrait :
« On pourrait croire que nous sommes perchés parmi les nuages et que nous contemplons le monde. Le vent déchire et réduit en lambeaux les formations nuageuses en provenance de l'Atlantique, et la lumière du soleil s'y faufile, formant des rayons d'or pur sur fond noir qui balaient les vagues et le sable argenté comme des projecteurs sur une scène.
Le propre spectacle de la nature, éblouissant et majestueux ... »

« On dit que chacun de nous n'est que la somme de ses souvenirs. Ce sont eux qui font de nous ce que nous sommes. Efface-les, et il ne te reste que du vide. »

mardi 8 octobre 2019

L'homme de Lewis - Peter May

Par Ariane



Auteur : Peter May
Titre : L’homme de Lewis
Genre : roman policier
Langue d’origine : anglais
Traductrice : Jean-René Dastugue
Editeur : Actes sud
Nombre de pages : 384p
Date de parution : janvier 2013

Présentation de l’éditeur :
En rupture avec son passé, Fin Macleod retourne sur son île natale de Lewis. La mort tragique de son jeune fils a détruit son mariage, et il a quitté la police. La lande balayée par les vents, la fureur de l’océan qui s’abat sur le rivage, les voix gaéliques des ancêtres… il pense pouvoir retrouver dans ces lieux de l’enfance un sens à sa vie.
À peine Fin est-il arrivé qu’on découvre le cadavre d’un jeune homme, miraculeusement préservé par la tourbière. Les analyses adn relient le corps à Tormod Macdonald, le père de l’amour de jeunesse de Fin, faisant du vieil homme le suspect n° 1. Mais celui-ci ne peut se défendre, perdu qu’il est dans les brumes de sa maladie d’Alzheimer, Fin va donc l’aider.
Au rythme des fulgurances qui traversent l’esprit sénile de Tormod, le passé ressurgit, douloureux, dramatique, dévoilant le sort que la société écossaise a réservé pendant des décennies aux enfants orphelins ou abandonnés que l’Église catholique envoyait sur les îles Hébrides.

Mon avis :
Après une lecture décevante et une autre sans grand intérêt, je désespérais de retrouver l’auteur qui m’avait tant plu avec L’île des chasseurs d’oiseaux. Mais il semblerait que c’est quand il nous emmène sur l’île de Lewis que je préfère Peter May.
Il n’est pas rare de trouver un corps parfaitement conservé dans la tourbe. Témoignages d’une vie passée, ces morts âgées de plusieurs siècles fascinent les chercheurs. L’un d’entre eux est découvert sur l’île de Lewis lors d’une récolte de tourbe. Mais il se révèle bien moins vieux que prévu lorsque l’on découvre sur son bras un tatouage d’Elvis Presley. Le mystère historique devient enquête criminelle puisque le jeune homme en question a été assassiné. De son côté, Fin MacLeod a démissionné de son poste d’inspecteur, divorcé de sa femme et est de retour sur l’île de Lewis sans trop savoir ce qu’il fait là. Tenter de renouer ce qui a été perdu avec Marsaili son amour de jeunesse et Fionlagh son fils caché. Mais lorsqu’il s’avère que le père de Marsaili a un lien avec le mort, devenant par la force des choses le seul suspect du crime, Fin n’a d’autre choix que de s’impliquer et d’essayer d’en savoir plus sur le passé du vieil homme.
Je crois avoir encore plus aimé ce roman que le premier volet de la trilogie. Il y a déjà le plaisir de retrouver des personnages connus et attachants. Comme alors, Peter May nous propose une intrigue plaisante et bien ficelée, quoique l’on devine assez facilement la vérité. Il faut dire que l’on a l’avantage sur Fin, puisque nous partageons les pensées de Tormod et découvrons son passé. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il ne livre que des bribes de souvenirs à Fin, difficiles à interpréter pour lui, mais qui font sens pour le lecteur. Et l’on s’attache, terriblement, au jeune orphelin prêt à tout pour respecter la promesse faite à sa mère de veiller sur son petit frère, autant qu’au vieil homme que la maladie plonge dans le brouillard.
Et il y a aussi les îles. Peter May nous y entraîne, nous décrit les paysages, nous raconte le quotidien de ses habitants, rappelle leur histoire, leur culture et leurs traditions. Ce n’est pas un guide touristique, loin de là, mais on en apprend beaucoup. Il nous parle aussi des homers, ces orphelins envoyés sur les îles, pour ne pas dire déportés, afin d’y travailler jusqu’à l’âge adulte. Certains sont tombés sur de bonnes familles d’accueil, d’autres n’ont pas eu cette chance.
J’espère aimer autant le dernier tome de la trilogie écossaise !

Extrait :
« Quand on entre dans une maison de retraite, on voit un tas de vieux, simplement assis là. Le regard dans le vide, le sourire triste... Et pourtant, derrière chacun de ces regards, il y a une vie, une histoire qu'ils pourraient nous raconter. De douleur, d'amour, d'espoir et de détresse. Toutes ces choses que nous ressentons, nous aussi. Devenir vieux ne fait pas de toi quelqu'un qui vaut moins que les autres, quelqu'un de moins réel. Et un jour ce sera notre tour. Assis là à regarder les jeunes nous mettre de côté parce que nous sommes vieux. Et à ton avis, tu crois que nous allons le vivre comment ? »

« La plupart des gens passent leur vie sans jamais savoir ce qui se cache sous les pierres sur lesquelles ils marchent. Les flics passent la leur à soulever ces pierres et à affronter ce qu'ils y trouvent. »