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vendredi 5 novembre 2021

Espèces d'espaces - Georges Perec

  Par Daphné








Auteur : Georges Perec
Titre : Espèces d'espaces
Genre : essais

Langue d’origine : français
Editeur : Galilée
Date de parution : 2000

Nombre de pages : 185

Résumé de l'éditeur:

Espèces d'espace, réflexions de l'auteur sur les lieux - la chambre, l'appartement, les escaliers, le mur, l'immeuble, la rue, le quartier, la ville, la campagne, le monde - sert de fil conducteur à ce portrait de Georges Perec.

Mon avis :

Un livre très original tant dans son contenu que dans son écriture. Un livre qui nous parle d'espaces. Les espaces qui nous paraissent si quotidiens, si banals qu'on y prête à peine attention. Et pourtant, à travers ce petit livre, ils prennent une toute autre dimension, ces espaces là. On y réfléchit, on se questionne, on observe ce que l'on n'avait jamais pensé à observer auparavant. 

Combien y a t-il de pièces chez nous et combien passons nous de temps dans ces pièces ? Qu'est ce qu'on y fait ? Dans combien de chambres avons nous dormi au cours de notre vie ? Et si chaque pièce n'était pas utilisée pour son contenu mais par rapport aux jours de la semaine ?Que représente notre immeuble, notre rue, notre quartier ? Qui les a construit ? En quelle année ? Les apprécie t-on à leur juste valeur ? Et si on notait tout ce que l'on voit dans une rue à différents moments de la vie ? Et ces rues, justement, de quelle manière sont elles numérotées ? 

Tant de questions et mille et une autre auxquelles on ne pense généralement pas et sur lesquelles on se questionne ensuite une fois ce livre refermé. On n'a pas tellement envie de le refermer d'ailleurs, mais plutôt de s'y replonger, de noter chaque question (et d'y répondre en ce qui nus concerne!), de relever le plus de citations possibles et, pourquoi pas, de découvrir un autre livre de Georges Perec !


Extraits :

Pour tout dire, j'avais bien envie de noter chaque extrait de ce livre mais je vais me contenter de trois et vous laisser la surprise de découvrir le reste!

"Quitter un appartement. Vider les lieux. Décamper. Faire place nette. Débarrasser le plancher.
Inventorier ranger classer trier
Éliminer jeter fourguer
Casser
Brûler
Descendre desceller déclouer décoller dévisser décrocher
Débrancher détacher couper tirer démonter plier couper
Rouler
Empaqueter emballer sangler nouer empiler rassembler entasser ficeler envelopper protéger recouvrir entourer serrer.
Enlever porter soulever
Balayer
Fermer
Partir"

"Bref, les espaces se sont multipliés, morcelés et diversifiés. Il y en a aujourd'hui de toutes tailles et de toutes sortes, pour tous les usages et pour toutes les fonctions. Vivre, c'est passer d'un espace à un autre, en essayant le plus possible de ne pas se cogner."

"Je mets un tableau sur un mur. Ensuite j'oublie qu'il y a un mur. Je ne sais plus ce qu'il y a derrière ce mur, je ne sais plus qu'il y a un mur, je ne sais plus que ce mur est un mur, je ne sais plus ce que c'est qu'un mur. Je ne sais plus que dans mon appartement, il y a des murs, et que s'il n'y avait pas de murs, il n'y aurait pas d'appartement. le mur n'est plus ce qui délimite et définit le lieu où je vis, ce qui le sépare des autres lieux où les autres vivent, il n'est plus qu'un support pour le tableau. Mais j'oublie aussi le tableau, je ne le regarde plus, je ne sais plus le regarder. J'ai mis le tableau sur le mur pour oublier qu'il y avait un mur, mais en oubliant le mur, j'oublie aussi le tableau. Il y a des tableaux parce qu'il y a des murs. Il faut pouvoir oublier qu'il y a des murs et l'on n'a rien trouvé de mieux pour ça que les tableaux. Les tableaux effacent les murs. Mais les murs tuent les tableaux. Ou alors il faudrait changer continuellement, soit de mur, soit de tableau, mettre sans cesse d'autres tableaux sur les murs, ou tout le temps changer le tableau de mur."

jeudi 1 avril 2021

Pour une pensée écologique positive - Patrick Scheyder

 Par Daphné








Auteur : Patrick Scheyder

 Titre : Pour une pensée écologique positive
 Genre : essai
 Langue d’origine : français
 Editeur : Belin Editeur

Date d'édition : 2020

Résumé :

La nécessaire prise de conscience écologique est prise en otage par les discours dramatiques, le déni ou les incantations. Loin de tout urgentisme ou solutionnisme, ce livre propose de renouer nos liens perdus avec la Nature. Parce que les plantes, les arbres, les forêts... , ont rendu l'humain possible, l'auteur nous rappelle qu'une existence harmonieuse est encore possible. A condition de repenser notre place dans cet écosystème et de transformer notre relation à l'environnement, devenue mortifère, en un échange constant, à bénéfice mutuel.
Un plaidoyer convaincant pour une écologie bienveillante, qui s'appuie sur l'histoire de la pensée écologique depuis Aristote, et l'intervention de scientifiques, philosophes et défenseurs de la biodiversité, tels que Boris Cyrulnik, Michel Onfray, Francis Hallé ou Allain Bougrain-Dubourg. Patrick Scheyder nous invite ainsi à une balade philosophique et écologique à travers les siècles pour redécouvrir au bout du chemin, la sagesse.

Mon avis :

Merci tout d'abord à Babelio et aux éditions Belin Editeur pour l'envoi de ce livre.

Si j'ai lu plusieurs livres traitant de l'écologie, ces derniers portaient tous sur -l'alarmant!- contexte actuel. Celui-ci se distingue du lot en remontant le temps, nous expliquant l'écologie telle qu'elle a été pensée ou tout simplement été au travers des siècles. On apprend ainsi que le concept même de l'écologie ne date pas d'hier et a toujours existé et ce depuis la nuit des temps.

 L'auteur nous propose à la fois un point de vue historique et sociétal pour comprendre le présent par la connaissance du passé. Il nous parle ainsi de l'histoire de l'écologie depuis l'existence des premiers chasseurs cueilleurs , en passant également par l'Antiquité, le Moyen-Age, la Renaissance, la révolution industrielle...

Le livre est entrecoupé d'entretiens avec différents spécialistes ce qui ajoute encore à son intérêt.

Il en résulte un ouvrage particulièrement intéressant, mettant en lumière le rapport de l'homme avec la nature, ce qui nous pousse à nous interroger sur la situation actuelle et surtout à mieux la comprendre. il a l'avantage de voir sous un autre angle la situation écologique actuelle et d'apprendre à son lecteur une foule d'informations. Un livre à découvrir et à méditer.


lundi 7 décembre 2020

Tu seras un homme -féministe- mon fils - Aurélia Blanc

 Par Daphné








Auteur : Aurélia Blanc
Titre : Tu seras un homme -féministe- mon fils
Genre : essai
Langue d’origine : français
Editeur : Marabout
Nombre de pages : 688
Date de parution : 2018

Résumé de l'éditeur :

Le premier livre d'éducation non-sexiste à l'usage des garçons !

Depuis des décennies, on ne cesse de réfléchir sur le sens de la féminité, sur l'éducation de nos filles, que l'on veut voir fières et émancipées; on lutte à l'école, dans la rue, dans les familles, pour leur donner les mêmes chances qu'aux garçons. Mais on continue d'élever nos fils dans le même moule qu'avant, comme si on pouvait déconstruire le sexisme sans s'interroger sur la masculinité !

Grâce à des analyses d'experts, des témoignages et des informations pratiques, Aurélia Blanc décortique les stéréotypes et rassemble tous les outils pour aider les parents à élever leur garçon dans une société qui promeut l'égalité !

Toutes les astuces pour :
. Se déconditionner soi-même du « sexisme bienveillant » véhiculé par l'entourage et notre propre éducation.
. En finir avec les injonctions : Un homme ça ne pleure pas, ça ne fait pas de sentiment, ça collectionne les conquêtes, ça fait passer son travail avant ses enfants...
. L'armer face aux pressions sociétales : « c'est un truc de fille »...
. Lui apprendre le respect de soi et des autres : la question du consentement

Mon avis :

Suite à une longue et très intéressante discussion avec une de mes amies, elle m'a offert ce livre... lequel s'est révélé tout aussi intéressant que la conversation en question!

Dans ce livre, l'auteure s'interroge sur l'éducation qu'elle souhaite donner à son fils, la manière de reconnaître et d'éviter tous les stéréotypes fille/garçon afin de protéger non seulement les filles d'une société trop patriarcale mais également les garçons qui souffrent sans forcément s'en rendre compte de ce sexisme qu'on leur inculque dés le premier âge.

Il en résulte un ouvrage particulièrement intéressant et qui ne manque pas de nous faire réfléchir en tant que parent. On parle de plus en plus en plus du problème du sexisme dans notre société et de nombreux parents en sont conscients et tentent de protéger leurs filles en leur inculquant certaines valeurs, en les poussant vers des voies ou des jeux que l'on "réservait" jusque là aux garçons... Oui, mais tentons nous pour autant de changer quelque chose dans l'éducation des garçons ? Leur parlons nous de ce phénomène du sexisme de la même manière qu'à nos filles ? Pourquoi une petite fille qui aime jouer avec des petites voitures et refuse de porter des robes est elle simplement considérée comme un "garçon manqué" alors qu'un petit garçon aimant  les poupées et la couleur rose sera rejeté ? Et d'ailleurs, d'où vient cette classification des couleurs et de quand date-t-elle ?Comment aborder avec les garçons la question du consentement ? Comment casser tous les préjugés qui entourent la manière d'être de nos enfants selon leur sexe ? a partir de quand et de quelle manière commence à se creuser l'inégalité entre fille et garçon ? Le fait que les garçons aient plus tendance à avoir des conduites à risque que les filles ne vient-il pas directement du fait qu'on a tenté de les endurcir dés le premier âge ? Ne souffrent finalement pas autant que les filles de cette situation ? Autant de questions que se pose Aurélia Blanc en nous donnant un certain nombre de pistes de réflexion.

Il est certain que ce sujet ne manque pas d'interpeller et que, sans autant tomber dans l’extrême en ne proposant aux petites filles que des jouets dits de petits garçons et inversement, il est important d'y réfléchir. Pour ma part, je me souviens être tombée des nues lorsque ma fille, à même pas trois ans et tout juste entrée à l'école en est revenue un jour en me disant que le foot, ce n'était pas pour les filles et que les garçons n'avaient pas le droit de porter du rose! A ce moment là, je me rappelle avoir véritablement surprise que de tels propos puissent se tenir dans les cours de maternelle...  Plus tard, à son entrée en CP, je me suis rendue compte avec effroi à quel point même les affaires scolaires étaient non pas unisexes mais véritablement triées en deux rayons différents... et pas seulement pour les cartables mais aussi pour les trousses, les taille-crayons, les gommes.... !

Depuis, je m'interroge souvent sur ce sujet, surtout quand je vois mes filles jouer : elles n'échappent pas aux clichés, aiment les poupées, les robes et les princesses. Est-ce mal pour autant ? Est-ce moi qui les oriente sans vraiment m'en rendre compte vers des jouets dits féminins et est-ce que cela influera leur comportement futur ? Est ce que je serais gênée plus tard si mon futur petit garçon a lui aussi les mêmes jeux que ses sœurs ? A priori, je dirais que non mais je n'en sais rien en fait : peut-être, une fois qu'il sera né, l'orienterais je inconsciemment vers des jeux dits de  garçon  ? Mais qu'est-ce au juste qu'un jeu de garçon et un jeu de fille ? Pourquoi une poupée serait-elle réservée aux filles et une mallette de bricolage aux garçons ? N'est ce pas franchement radical de vouloir à tout prix imposer le contraire selon le sexe de son enfant ou de ne choisir que des jouets dits "mixtes" mais n'est-il  pas encore plus radical de n'offrir que des poupées à une fille et des voitures à un garçon ? Et où trouver la mixité dans un monde où même des legos, jouets qui étaient à mes yeux un jeu complètement mixte sont maintenant séparés en deux mondes et deux rayons bien distincts? 

Tout cela pour dire que  le livre d'Aurélia Blanc et son sujet donnent véritablement à réfléchir et qu'il est important d'y accorder de l'importance... bien entendu pour l’intérêt des filles mais aussi pour celui pour celui des garçons!



lundi 5 octobre 2020

Eloges des mangeurs d'hommes : loups, ours, requins... sauvons les - Yves Paccalet

 Par Daphné








Résumé de l'éditeur :

Vivent les mangeurs d'hommes ! Requins, loups, ours, lions, crocodiles, piranhas? ces créatures à la fois haïes et admirées, belles ou étonnantes, parfois dangereuses pour l'homme sont pour la plupart en voie d'extinction. Notre espèce ? qui a dépassé les sept milliards ? se juge « menacée » par le tigre (moins de trois mille sujets) ou le requin blanc (à peine plus)? Et pourtant, l'ennemi du berger en France n'est pas le loup, mais l'éleveur de moutons d'Australie ou de Nouvelle-Zélande : trop facile, pour le politicien, d'accuser le prédateur. Le requin, réputé mangeur d'hommes, tue moins de dix humains chaque année, quand les hommes pêchent dans le même temps, cent millions de squales...Dans cet essai teinté d'humour noir, Yves Paccalet ne milite pas seulement pour ces créatures magnifiques mais aussi pour la préservation des mythes et des légendes qu'elles ont inspirés. En perdant ces espèces, nous perdrions, en vérité, des pans entiers de notre histoire et de notre culture, c'est-à-dire de notre humanité même?

Mon avis :

Voici un livre très intéressant, cynique à souhait mais qui ne manque pas de faire réfléchir. Balayant les croyances selon lesquelles, ours, requins et grands méchants loups se délectent de notre chair humaine, l'auteur défend ici les grands prédateurs, rétablissant certaines vérités, rappelant leur importance dans la chaîne alimentaire et indiquant les manières de les protéger. 

Il rappelle ainsi qu'en dépit des célèbres croyances faisant des loups des dévoreurs d'enfants, des ours  et requins des monstres sanguinaires, il n'en reste pas moins que la plupart des attaques de ces animaux envers les humains sont en réalité de bêtes accidents. S'acharner contre ces prédateurs les a mener à se retrouver en voie de disparition et cela à cause de l'homme... qui lui, est loin, mais alors très loin, d’être en voie de disparition lui aussi. 

Avec une grande intelligence et une bonne dose d'humour noir, il nous rappelle l'urgence et l'importance de protéger ces espèces si mal aimés et victimes des croyances qui les entourent. Une lecture importante, à ne pas négliger.

Extrait :

" J'ai le regret de constater que nous penchons vers vers le pire. De mauvais esprits ont calculé qu'en se faisant la guerre, de "der des der" en "der des der", les homo sapiens ont occis, depuis l'Antiquité, plus de 600 millions de leurs semblables. Une performance digne d'éloges! Le problème est que nous tuons, désormais, le même nomùbre d'animaux, non pas en cinq mille ans : tous les cinq jours!"


samedi 12 septembre 2020

Monstres fabuleux - Alberto Manguel

Par Ariane


Auteur : Alberto Manguel

Titre : Monstres fabuleux

Genre : essai

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 288p

Date de parution : février 2020

Mon avis :

Lectrices et lecteurs le savent bien, certains personnages nous marquent à vie et peuplent un petit coin de notre esprit. Qu’on les ai aimés ou détestés, ces personnages vivent en nous, ils nous ont forgés, accompagnés, guidés et instruits.

Alberto Manguel, que l’on pourrait qualifier de lecteur professionnel, consacre ce livre à ceux qu’il nomme ses amis littéraires. Personnages de contes ou de la pop culture, héros bibliques ou légendaires, figures littéraires de premier plan ou moins connues, Alberto Manguel dresse de chacun d’eux un portrait érudit, entre histoire de la littérature et autobiographie, mêlant réflexions philosophiques et littéraires.

Si certains de ces personnages sont très connus des lecteurs et du grand public (Dracula, Spiderman, Alice,…), d’autres le sont nettement moins (Qeeqeg, Casaubon, Wakefield). Il faut avoir une solide culture littéraire pour le suivre dans chacun de ces portraits et je reconnais humblement que ce n’est pas mon cas !

Et vous, qui sont vos amis littéraires ? 

Extrait :
"La biologie nous dit que nous descendons de créatures de chair et de sang mais nous avons la conscience intime d'être les fils et les filles de fantômes d'encre et de papier."

"L'expérience du monde - l'amour, la mort, l'amitié, la perte, la gratitude, la confusion, l'angoisse, la peur -, toutes ces choses et ayssi ma propre identité changeante, je les ai apprises des personnages imaginaires rencontrés au fil de mes lectures, bien plus que de mon visage indistinct dans le miroir ou de mon reflet dans les yeux d'autrui."

"Peut-être pourrait-on définir les pays grâce aux personnages les plus aimés de leurs livres d’enfant. On verrait l'Angleterre comme Alice, sans cesse confrontée à des règles sociales et à des préjugés absurdes, l'Italie comme un Pinocchio rebelle et joyeux, qui veut devenir un "vrai garçon", la Suisse comme Heidi la petite fille bien sage, le Canada comme Anne, la survivaliste intelligente et concernée des Pignons verts. Peut-être les Etats-Unis se verraient-ils reflétés par Dorothée, une héroïne qui finira par découvrir que la cité d'Emeraude doit sa merveilleuse couleur aux lunettes teintées de vert que ses citoyens sont obligés de porter, et que la magicien qui la gouverne n'est qu'un imposteur dont le succès réside dans le fait qu'il donne aux gens se qu'ils croient vouloir sous le coup de brèves crises émotionnelles."

samedi 11 juillet 2020

L'homme et la nature - Peter Wohlleben

Par Daphné















Auteur : Peter Wohlleben
Titre : L'homme et la nature
Genre : document
Langue d’origine : allemand
Traducteur : Lise Deschamps
Éditeur : Les Arènes

Résumé de l'éditeur :

A partir des dernières découvertes scientifiques et de ses propres observations, le forestier le plus célèbre du monde nous ouvre les yeux sur les interactions secrètes entre l’homme et la nature.
Les plantes réagissent positivement au toucher humain et sont capables d’entendre. Les arbres dorment, ressentent la douleur et ont comme un cœur qui bat. Notre tension artérielle se normalise à leur voisinage et la couleur verte nous apaise.
En conteur incomparable, Peter Wohlleben nous révèle un cosmos merveilleux où l’homme n’est pas un être supérieur mais fait partie d’un tout, à l’égal de chaque plante, de chaque animal. Il nous donne des conseils pratiques pour transformer nos promenades en aventures et aiguiser nos sens. Il nous fait prendre conscience que respecter la nature, c’est nous protéger.


Mon avis :

Merci tout d'abord à "Babelio" et aux éditions Les Arènes pour l'envoi de ce livre. Est-il vraiment utile de dire qu'il m'a tout autant captivée que les autres livres de cet auteur ? 

Cette fois, Peter Wohlleben nous parle du rapport entre l’homme et la nature, la manière dont nous sommes en lien avec elle, même sans forcément s'en apercevoir. Savez-vous par exemple pour quelle raison l'homme perçoit-il le vert des arbres à l'inverse de nombreux animaux ? Quel est l'impact sur notre santé lors d'une promenade en forêt ? Comment les arbres e protègent-ils ?

Ce livre donne à méditer : l'homme a sans aucun doute besoin de cette nature qu'il s'obstine à détruire. La nature, elle, existait bien avant l'arrivée de l'homme... et pourtant quel est sur elle l'impact de ce dernier ? A quoi cela mène-t-il de vouloir contrôler la nature et pourquoi en est-on arrivé là ? Comment en revenir aux forêts primaires ?

Ce livre nous alerte sur de nombreuses choses mais vise aussi à nous faire découvrir la beauté du monde qui nous entoure et à nous faire prendre conscience que nous en faisons parti. Ni supérieurs ni inférieurs aux autres être vivants mais simplement là avec eux. Et nous sommes plus proches de la nature que nous ne le pensons.

Alors comment renouer avec la nature ce lien qui fut pourtant si fort et que l'homme a tendance à perdre de plus en plus ? Comme toujours avec Peter Wohlleben, ce livre fourmillant de détails tous plus intéressants les uns que les autres, est à lire ! Absolument !


Extrait :

"Suivre les saisons, respecter le temps est essentiel pour la forêt. L'intemporalité lui irait bien, elle qui par nature ne change qu'à l'aune des millénaires. l'homme gestionnaire, quant à lui, vit moins longtemps et soumet l'écosystème à ses préférences du moment. Celles-ci sont encore visibles des dizaines d'années plus tard du fait de la longévité des arbres. C'est ainsi que les forêts reflètent aussi notre passé culturel."

vendredi 22 novembre 2019

Petit manuel de résistance contemporaine - Cyril Dion

Par Daphné
















Auteur : Cyril Dion
Titre : Petit manuel de résistance contemporaine
Genre : essai
Langue d’origine : français
Editeur : Acte Sud

Résumé de l'éditeur :

Que faire face à l’effondrement écologique qui se produit sous nos yeux ?
Dans ce petit livre incisif et pratique, l’auteur de Demain s’interroge sur la nature et sur l’ampleur de la réponse à apporter à cette question. Ne sommes-nous pas face à un bouleversement aussi considérable qu’une guerre mondiale ? Dès lors, n’est-il pas nécessaire d’entrer en résistance contre la logique à l’origine de cette destruction massive et frénétique de nos écosystèmes, comme d’autres sont entrés en résistance contre la barbarie nazie ? Mais résister contre qui ? Cette logique n’est-elle pas autant en nous qu’à l’extérieur de nous ? Résister devient alors un acte de transformation intérieure autant que d’engagement sociétal…
Avec cet ouvrage, Cyril Dion propose de nombreuses pistes d’actions : individuelles, collectives, politiques, mais, plus encore, nous invite à considérer la place des récits comme moteur principal de l’évolution des sociétés. Il nous enjoint de considérer chacune de nos initiatives comme le ferment d’une nouvelle histoire et de renouer avec notre élan vital. À mener une existence où chaque chose que nous faisons, depuis notre métier jusqu’aux tâches les plus quotidiennes, participe à construire le monde dans lequel nous voulons vivre. Un monde où notre épanouissement personnel ne se fait pas aux dépens des autres et de la nature, mais contribue à leur équilibre.


Mon avis :

Demain, un nouveau monde est en marche de Cyril Dion est une lecture qui m'avait particulièrement interpellée. Dans ce nouveau livre, Cyril Dion nous dresse d'abord un bilan écologiquement très alarmant de la situation actuelle. Il nous explique ensuite la manière dont on a pu en arriver à un tel point (une question que je ressasse souvent, me demandant comment les choses ont pu ainsi se dégrader) en analysant très finement la société. 

Ainsi, il nous parle de notre temps, réparti entre les heures de travail obligatoires à effectuer et les "divertissements" de plus en plus envahissants que sont les écrans et ce qui a trait à la société de consommation, ainsi que des lois auxquelles se soumettent les gens. avec tout autant de finesse, il analyse les raisons qui poussent notre cerveau à faire "comme si de rien n'était"alors qu'il est désormais notoirement connu que l'on court à la catastrophe ainsi que le besoin de fiction de l'être humain. Ce besoin de fiction qui nous pousse à accomplir de si belles choses mais également à se laisser manipuler. Ce propre à la fiction de l'être humain est, pour Cyril Dion, une piste pour amener l'homme à réagir, à s'inventer de nouvelles fictions pour changer sa manière de vivre. Ce cheminement de pensée est particulièrement intéressant et bien développé. 

Résister, changer notre façon de penser, s'organiser pour changer la société, agir ensemble font partie des pistes que nous donne Cyril Dion pour non éviter le choc qui se prépare mais pour l'amortir au mieux, pour croire qu'il est encore possible de faire quelque chose et de ne pas laisser l'homme détruire la terre sur laquelle il vit. 

Un livre très intéressant à laisser entre toutes les mains...

Extrait :  

"Au départ, nous n'avons de pouvoir que sur nous-même. Nous sommes notre propre empire, celui que nous pouvons gouverner, réformer, transformer. Agir sur nous-même, sur notre environnement proche n'est pas une finalité, mais l'amorce de réalisations plus vastes. En transformant notre fiction individuelle, nous proposons à ceux qui nous entourent le ferment d'un récit collectif. Et lorsque ce récit sera suffisamment partagé, il sera temps d'unir nos forces, par millions, pour modifier les architectures qui régissent nos vies. D'engager la bascule. Quand ? je n'en ai pas la moindre idée. Comment exactement ? Je n'en sais rein non plus. Est-ce que l’effondrement écologique n'aura pas déjà eu lieu ? C'est possible. Mais quel autre projet adopter ? Chaque jour est une petite bataille à mener. Une opportunité de créer une autre réalité. Et cela commence aujourd’hui."

"Imaginez, si l’ensemble de l’énergie productive et créative des personnes qui travaillent chaque jour sur la planète n’était pas concentrée à faire tourner la machine économique, mais à pratiquer des activités qui leur donnent une irrépressible envie de sauter du lit chaque matin, et que cette énergie soit mise au service de projets à forte utilité écologique et sociale… Il y a fort à parier que le monde changerait rapidement."

vendredi 18 octobre 2019

Les fées ont une histoire - Claudine Glot

Par Daphné















Auteur : Claudine Glot
Titre : Les fées ont une histoire
Genre : essai, document
Langue d’origine : français

Editeur : Ouest-France
Nombre de pages : 173
Date d'édition : 2014


Résumé de l'éditeur :

Selon les époques et les aléas de la société, elles s'effacent ou reviennent, toujours les mêmes et toujours différentes.
D'où viennent-elles ? Comment sont-elles nées ? Comment et pourquoi réapparaissent-elles ?
Féministes, libertaires, écologistes avant la lettre, que nous disent-elles, à chaque fois, des préoccupations des hommes, de leurs inquiétudes, de leurs espoirs ? Comment incarnent-elle l'éternel besoin chez l'homme de rester lié aux forces de l'imaginaire et aux rythmes de la nature ?
C'est à toutes ces questions que répond ce livre passionnant.
Il permettra à tous les rêveurs des outres-mondes, aux amoureux des secrets cachés derrière le voile du réel, de revenir à l'origine de nos rêves et de nos fantasmagories.

Mon avis :

Je connaissais déjà Claudine Glot pour quelques un de ses écrits sur les légendes arthuriennes mais cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un de ses livres. Celui-ci est tout simplement passionnant. 

L'auteure nous entraîne ici dans le monde de fées à travers les âges. Comment sont-elles représentées à travers les siècles ? Vues au travers des contes, de la mythologie grecque ou celtique, ou de l'époque romantique, les fées vont et reviennent, toujours changeantes, toujours fascinantes.  


Ce livre est divisé en plusieurs parties : le Moyen-Age au cours duquel apparaissent les premières fées, notamment dans les premiers romans. Ce n'est au'au XII ème siècle que le mot "fée" apparaît bien qu’auparavant, on ai pu trouver des récits parlant d'esprits de la nature qui peuvent s'en rapprocher. La fée apparaît dans cette transition entre les anciennes religions et le christianisme. On la retrouve bien sûr sous la forme de la célèbre Mélusine mais aussi de Viviane ou Morgane, figures féminines bien connues des légendes arthuriennes. Les fées médiévales semblent au premier abord très libres mais sont malgré tout soumises à une figure masculine. Elles seront ensuite diabolisées par l'église. Ainsi, Viviane, et surtout Morgane  deviennent souvent maléfiques et les romans arthuriens se recentrent sur la quête du Graal, modifiant ainsi le côté merveilleux des légendes.

La deuxième partie est centrée sur la Renaissance, période où les fées sont représentées non plus sous la forme de femmes ordinaires mais miniaturisées non seulement par la taille mais aussi par leurs pouvoirs. Shakespeare en particulier, les rend davantage amusantes que puissantes, les "dédiabolisant" ainsi aux yeux de l'église pour qui elles sont maintenant vues plus comme un jeu charmant que comme une menace. Plus tard, au XVIIIème siècle, elles réapparaîtront avec le classicisme. A la cour du Roi Soleil, les dames se serviront d'elles pour écrire des contes et revendiquer une liberté qui ne leur est pas accordée. Leurs contes seront oubliés au profit de ceux de Perrault et fortement dénigrés, les femmes n'étant "pas censé être faites pour écrire" selon l'opinion bourgeoise. 

La troisième partie concerne la fin du XVIIIème siècle, où les contes de fées les plus célèbre sont réécris, tels que celui de Mélusine et collectés, un par un, notamment par les frères Grimm. C'est aussi l'époque où Andersen écrit ses célèbres contes dont "La petite sirène" , inspiré de l'histoire de Mélusine ou du roman d'Ondine. Bien d'autres se lanceront par la suite dans la collecte des contes populaires, ressuscitant ainsi les fées d'antan. Les fées apparaîtront également dans les chants, les opéras et les ballets. Elles se feront aussi présentes dans de nombreuses peintures. 

Les fées reviennent donc encore et toujours, quelles que soient les époques, quelles que soient les formes et les pouvoirs qu'on leur attribue. La manière dont en parle l'auteure et dont elle nous montre le rôle qu'elles ont joué à travers les siècles est très intéressante. J'ai beaucoup aimé redécouvrir ainsi les contes d'une autre manière et voir la façon dont les fées ont pu être sans cesses réinventées selon les époques. Un livre qui vaut vraiment la peine d’être lu!

Extrait :

" Les fées parcourent les pages de nos livres aussi gracieusement que nos forêts les plus mystérieuses; elles traversent les rêves de nos nuits comme les miroirs des eaux et leurs reflets scintillent dans les espoirs de nos enfants."