Par Ariane
Auteur :
Philipp Kerr
Titre :
La trilogie berlinoise
Genre :
roman policier
Langue
d’origine : allemand
Editeur :
Le livre de poche
Nombre de
pages : 1024p
Date de
parution : janvier 2010
Mon avis :
Il m’arrive d’avoir des envies de polars. Mais bien qu’ayant
une liste de livres à lire plus que conséquente, il y a peu de titres du genre.
Je me suis donc tournée vers des amateurs de mon entourage et tous m’ont
conseillé La trilogie berlinoise. Forcément, ma curiosité a été piquée…
Cette trilogie de l’auteur écossais Philip Kerr, met en
scène Bernie Gunther, ancien policier qui a démissionné suite à l’accession au
pouvoir des nazis. Devenu détective privé, il s’est spécialisé dans la
recherche de personnes disparues, ce qui ne manque pas sous le régime nazi…
L’été de cristal,
premier roman de la trilogie, se déroule au cours de l’été 1936. Alors que la
capitale allemande s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques, Bernie Gunther
est contacté par un riche industriel dont la fille et le gendre ont été tués
dans un incendie volontaire. Le père en deuil souhaite découvrir l’identité du
criminel, mais également retrouver un collier de diamants disparu du
coffre-fort de sa fille.
Le second roman, La
pâle figure, se passe en 1938. Une riche veuve fait appel à Gunther pour
découvrir l’identité d’un maître chanteur et récupérer des lettres compromettantes
pour son fils. Il est également convoqué par Heydrich qui le charge d’enquêter
sur un tueur en série qui s’attaque à de jeunes aryennes.
Dans Un requiem
allemand, dernier roman de la trilogie, l’Allemagne et les allemands se
remettent difficilement de la guerre. Bernie Gunther est chargé de prouver l’innocence
d’un ancien collègue de la police accusé du meurtre d’un soldat américain à
Vienne.
J’ai beaucoup apprécié chacun de ces romans. Les intrigues
sont bien construites, le style est percutant, l’humour (noir évidemment) bien
présent. Bernie Gunther est tout ce que l’on peut attendre d’un détective
privé. Un peu cynique, séducteur, grande gueule… Des ingrédients classiques
mais qui font mouche.
Mais le grand atout de cette série, c’est le contexte
historique admirablement recréé par l’auteur. Philip Kerr a mené un remarquable
travail de recherche pour reconstituer le climat propre à chacune des périodes
de ses romans, sur les nombreux personnages que Gunther est amené à rencontrer,
sur les tensions et enjeux politiques autant que sur la vie quotidienne des
berlinois. C’est toujours instructif, jamais ennuyeux, mais bien souvent
effrayant…
Des années après la publication de la trilogie, Philipp Kerr
a repris le personnage de Bernie Gunther et continué la série pour une dizaine
de tomes supplémentaires. Je me suis rapidement lancée !
Extraits :
« Jesse Owens, après un départ foudroyant, se détacha
nettement dans les premiers trente mètres. La bourgeoise était de nouveau
debout. Elle avait eu tord, pensai-je, de décrire Owens comme une gazelle. A
voir avec quelle grâce le Noir accélérait peu à peu sa course, ridiculisant du
même coup toutes les théories foireuses sur la supériorité aryenne, je me dis
qu'Owens n'était rien d'autre qu'un homme. Courir de la sorte donnait un sens à
l'humanité entière, et si une race supérieure devait jamais exister, elle ne
pourrait certainement pas exclure de son rang un individu comme Owens.
Je me réjouis de voir que sa victoire déclenchait une formidable ovation de la
part du public, et je me dis que, après tout, l'Allemagne ne voulait peut-être
pas la guerre. »