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samedi 12 novembre 2022

L'île du serment - Peter May

Par Ariane

Auteur : Peter May

Titre : L’île du serment

Genre : roman

Traducteur : Jean-René Dastugue

Editeur : éditions du Rouergue

Nombre de pages : 432p

Date de parution : septembre 2014

 

Mon avis :

Après Jersey (L’heure des oiseaux), la Sicile (Le choix), l’île du soldat (La vérité sur ils étaient dix) et les îles Flannan (Les gardiens du phare), direction l’île d’Entrée dans l’archipel de La Madeleine, au large du Canada.

Un riche homme d’affaires a été poignardé chez lui en pleine nuit par un intrus, sa femme, qui a réchappé à l’attaque, est le seul témoin du meurtre et aussi la principale suspecte. Une équipe d’enquêteurs de la Sûreté du Québec est dépêchée sur place, dont Sime MacKenzie, chargé de mener les interrogatoires. Dès sa rencontre avec la veuve, Kirsty, l’inspecteur a l’étrange impression de la connaître.

Peter May a pris plaisir ici à imbriquer plusieurs histoires : l’enquête sur le meurtre, l’étrange sentiment de Sime pour Kirsty et l’histoire d’un jeune paysan écossais forcé de fuir son île au 18ème siècle. Chacun de ces aspects donne une tonalité différente au roman, tantôt roman policier classique, puis saga historique, enfin histoire fantastique. Tout ça fonctionne très bien, il n’y a pas de temps mort, on ne s’ennuie pas une seconde, on ne se perd pas entre passé et présent, et les pages défilent à toute vitesse.

Mais la force de Peter May réside ici, comme dans la Trilogie écossaise, dans sa capacité à nous faire voir, les paysages de ces îles. Il nous transporte sur ces îles battues par les flots, nous fait ressentir l’odeur de la mer et la morsure du vent, nous fait voir la beauté sauvage de ces landes isolées.

Décidément, j’aime quand Peter May nous emmène sur une île !

mardi 15 février 2022

La trilogie berlinoise - Philip Kerr

Par Ariane

 


Auteur : Philipp Kerr

Titre : La trilogie berlinoise

Genre : roman policier

Langue d’origine : allemand

Editeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 1024p

Date de parution : janvier 2010

 

Mon avis :

Il m’arrive d’avoir des envies de polars. Mais bien qu’ayant une liste de livres à lire plus que conséquente, il y a peu de titres du genre. Je me suis donc tournée vers des amateurs de mon entourage et tous m’ont conseillé La trilogie berlinoise. Forcément, ma curiosité a été piquée…

Cette trilogie de l’auteur écossais Philip Kerr, met en scène Bernie Gunther, ancien policier qui a démissionné suite à l’accession au pouvoir des nazis. Devenu détective privé, il s’est spécialisé dans la recherche de personnes disparues, ce qui ne manque pas sous le régime nazi…

L’été de cristal, premier roman de la trilogie, se déroule au cours de l’été 1936. Alors que la capitale allemande s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques, Bernie Gunther est contacté par un riche industriel dont la fille et le gendre ont été tués dans un incendie volontaire. Le père en deuil souhaite découvrir l’identité du criminel, mais également retrouver un collier de diamants disparu du coffre-fort de sa fille.

Le second roman, La pâle figure, se passe en 1938. Une riche veuve fait appel à Gunther pour découvrir l’identité d’un maître chanteur et récupérer des lettres compromettantes pour son fils. Il est également convoqué par Heydrich qui le charge d’enquêter sur un tueur en série qui s’attaque à de jeunes aryennes.

Dans Un requiem allemand, dernier roman de la trilogie, l’Allemagne et les allemands se remettent difficilement de la guerre. Bernie Gunther est chargé de prouver l’innocence d’un ancien collègue de la police accusé du meurtre d’un soldat américain à Vienne.

J’ai beaucoup apprécié chacun de ces romans. Les intrigues sont bien construites, le style est percutant, l’humour (noir évidemment) bien présent. Bernie Gunther est tout ce que l’on peut attendre d’un détective privé. Un peu cynique, séducteur, grande gueule… Des ingrédients classiques mais qui font mouche.

Mais le grand atout de cette série, c’est le contexte historique admirablement recréé par l’auteur. Philip Kerr a mené un remarquable travail de recherche pour reconstituer le climat propre à chacune des périodes de ses romans, sur les nombreux personnages que Gunther est amené à rencontrer, sur les tensions et enjeux politiques autant que sur la vie quotidienne des berlinois. C’est toujours instructif, jamais ennuyeux, mais bien souvent effrayant…

Des années après la publication de la trilogie, Philipp Kerr a repris le personnage de Bernie Gunther et continué la série pour une dizaine de tomes supplémentaires. Je me suis rapidement lancée !


Extraits :

« Jesse Owens, après un départ foudroyant, se détacha nettement dans les premiers trente mètres. La bourgeoise était de nouveau debout. Elle avait eu tord, pensai-je, de décrire Owens comme une gazelle. A voir avec quelle grâce le Noir accélérait peu à peu sa course, ridiculisant du même coup toutes les théories foireuses sur la supériorité aryenne, je me dis qu'Owens n'était rien d'autre qu'un homme. Courir de la sorte donnait un sens à l'humanité entière, et si une race supérieure devait jamais exister, elle ne pourrait certainement pas exclure de son rang un individu comme Owens.
Je me réjouis de voir que sa victoire déclenchait une formidable ovation de la part du public, et je me dis que, après tout, l'Allemagne ne voulait peut-être pas la guerre. »