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mardi 9 mai 2023

Basil - Wilkie Collins

Par Ariane

Auteur : Wilkie Collins

Titre : Basil

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Royaume-Uni)

Traductrice : Marie-Thérèse Carton-Piéron

Editeur : Phébus

Nombre de pages : 368p

Date de parution : novembre 2001

 

Mon avis :

Encore un auteur que je m’étais promis de relire, mais que j’ai fait traîner bien trop longtemps dans ma PAL. Mais une envie de classique m’a poussée vers ce roman et je m’en réjouis !

Basil est le fils cadet d’une famille aristocratique. Fils modèle, contrairement à son aîné Ralph, il se plie aux valeurs d’honneur et de dignité inculquées par son père. Mais il suffit d’un regard pour qu’il tombe amoureux de Margaret et décide sur un coup de tête d’épouser la jeune fille, malgré la différence de rang. Il sait bien que son père n’acceptera jamais cette union avec la fille d’un marchand, mais éperdu d’amour, Basil est convaincu qu’il parviendra à le convaincre d’accepter sa jeune épouse. Le père de Margaret lui propose de garder le mariage secret pendant un an et Basil accepte cette condition…

Contemporain et ami de Dickens, Wilkie Collins est considéré comme le précurseur du roman policier. Et effectivement, on retrouve ici les éléments fondateurs du genre. Bien qu’il n’y ait ni crime ni enquête, le développement de l’intrigue et la montée en tension en sont caractéristiques. Cela se ressent particulièrement dans le rythme et le ton du récit qui nous fait basculer du roman d’amour victorien dans un drame empli de haine et de vengeance. Collins utilise habilement le suspense pour maintenir l'intérêt de son lecteur, avec des retournements de situation inattendus et des révélations choquantes.

Il s’y entend également à brosser les caractères de ses personnages, qu’il s’agisse de la douce Clara, du protecteur Ralph, du naïf Basil, de la sournoise Margaret ou du machiavélique Mannion. Il dépeint si bien ses personnages, que l’on voit pourtant à travers le regard de Basil, que l’on se demande comment il peut être aveugle à ce point quant à la vraie nature de ceux qui l’entourent ! Comme on dit, l’amour rend aveugle… Description précise de ses personnages, mais également des lieux et décors qui les entourent. Cette attention aux détails et aux dialogues, nous offre un roman immersif et fascinant.

A travers cette intrigue romanesque, Collins se permet une critique sociale en explorant les contraintes de classe et l’hypocrisie sociale de la société victorienne.

Basil est un roman plein de rebondissements, de secrets et de drames. Une lecture passionnante et enrichissante !

mercredi 9 juin 2021

Mercreci, c'est le jour des petits : Mon amie la licorne - Briony May Smith

Par Ariane



Autrice et illustratrice : Briony May Smith

Titre : Mon amie la licorne

Editeur : Gallimard jeunesse


Mon avis :

Quand une erreur offre un beau coup de cœur... 

Sur le site de la médiathèque, j'ai réservé ce livre pour ma seconde fille qui aime beaucoup les licornes. Je pensais qu'il s'agissait d'un roman jeunesse mais c'est un album que j'ai récupéré. C'est donc avec mon petit garçon que je l'ai lu (même si sa grande sœur l'a piqué et aimé!). 

Pendant que ses parents déballent les cartons dans leur nouvelle maison, Lily fait un petit tour dans la campagne environnante. Elle assiste alors émerveillée au passage d'une horde de licornes et découvre une petite licorne perdue. En attendant le retour des licornes au printemps, Lily va prendre soin de la petite licorne et nouer une belle amitié avec l'animal extraordinaire. Mais au printemps, la petite licorne doit rejoindre les siens...


 

Quelle jolie histoire ! La belle amitié de Lily et de la licorne, la beauté des illustrations, la profondeur du message... Ôde à la nature, aux animaux libres, aux choses simples, à l'amitié. Grâce à l'histoire de Lily et de la petite licorne, nous avons parlé de la liberté des animaux, du respect et de la bienveillance que nous leur devons, de l'amitié qu'ils peuvent nous offrir. Des sujets qui me tiennent particulièrement à coeur et des valeurs que je tiens à transmettre à mes enfants. 

Un très bel album à lire absolument !



mardi 23 juin 2020

Le secret de Lady Audley - Mary Elizabeth Braddon

Par Ariane


Auteur : Mary Elizabeth Braddon
Titre : Le secret de Lady Audley
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrices : Madeleine Jodel et Joëlle Losfeld
Editeur : Rivages
Nombre de pages : 480p
Date de parution : mai 2001

Mon avis :
Robert Audley, en compagnie de son ami Georges Talboys, rend visite à son oncle Lord Audley qui a épousé quelques mois plus tôt une jeune et jolie institutrice. Mais peu de temps après leur arrivée, George disparaît mystérieusement. Y a-t-il un lien entre le comportement étrange de la charmante lady Audley et cette disparition soudaine ? Aussi invraisemblable que cela paraisse, Robert en est persuadé.
Considérée comme une pionnière du roman policier, Mary Elizabeth Braddon écrit ici une histoire particulièrement bien ficelée. Si le mystère n’en est pas réellement un, car le lecteur devine très rapidement le fin mot de l’histoire, l’autrice mène habilement son lecteur aux côtés de Robert Audley, lui faisant partager ses doutes et ses tourments. L’intrigue repose principalement sur l’affrontement sans merci que se livrent Robert et sa tante par alliance. Deux figures antagonistes, lui riche mais sans ambition aucune, partagé entre l’affection pour son oncle et la loyauté envers son ami. Elle, tout son contraire, pauvre mais vénale, n’ayant d’autre fidélité qu’à sa propre personne. Le lecteur croyant ainsi tout savoir, suit avec bonheur le cheminement de Robert pour faire éclater la vérité. Pourtant, Mary Elizabeth Braddon lui réserve une surprise inattendue dans les dernières pages du roman…
J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture, séduite tant par la plume que par l’intelligente intrigue imaginée par Mary Elizabeth Braddon.

Extrait :
« Que chaque homme fasse un calcul de son existence, soustrayant les heures pendant lesquelles il a été foncièrement heureux... En trente années de mornes mois de décembre, de mars tempétueux, d'avrils pluvieux et de ciels sombres de novembre, il aura peut-être sept ou huit resplendissantes journées d'août pendant lesquelles le soleil aura brillé d'un éclat sans nuages. »

« C’était un beau garçon, paresseux, insouciant de tout, d’environ vingt-sept ans, fils unique du plus jeune frère de sir Michael Audley. Son père lui avait laissé quatre cents livres de rente, revenu que ses amis l’avaient engagé à augmenter en embrassant le barreau. Comme il avait trouvé, après mûres considérations, plus d’ennui à s’opposer aux désirs de ses amis qu’à consommer tous ces dîners et prendre un appartement dans le Temple, il avait adopté le dernier parti et, sans rougir, s’intitulait lui-même avocat. »



mardi 9 juin 2020

Pension Vanilos - Agatha Christie

Par Ariane


Auteur : Agatha Christie

Titre : Penson Vanilos

Genre : roman policier

Langue d’origine : anglais

Editeur : éditions du Masque

Mon avis :

Incroyable ! Miss Lemon, la secrétaire d’Hercule Poirot, a fait non pas une, mais trois fautes d’orthographe ! Inimaginable de la part de celle qui est l’incarnation même de la parfaite secrétaire. Mais il faut dire qu’elle est préoccupée à cause de sa sœur. Celle-ci, gouvernante d’une pension pour étudiants, fait face à une série de menus larcins. Intrigué, Poirot décide de mettre son grain de sel dans l’affaire.

Ce qui est surprenant avec Agatha Christie, c’est qu’avec les mêmes ingrédients de base, elle parvient à chaque fois à écrire une nouvelle histoire et comme toujours ça fonctionne. Hercule Poirot est égal à lui-même, on en apprend plus sur sa fidèle secrétaire et le récit est une fois de plus habilement mené. Ce que j’aime surtout dans les romans d’Agatha Christie, c’est l’atmosphère de ses romans, le charme suranné d’une époque disparue, l’innocence d’un âge d’or idéalisé. Alors même que les morts s’accumulent !

Lire Agatha Christie, c’est faire une petite parenthèse, c’est une petite gourmandise toujours agréable à retrouver. 


mardi 19 septembre 2017

Au nord du monde - Marcel Theroux

Par Ariane






Auteur : Marcel Theroux

Titre : Au nord du monde

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Stéphane Roques

Editeur : 10 : 18

Nombre de pages : 360p

Date de parution : novembre 2011


Présentation de l’éditeur :

« Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis.»
Au nord du monde, la terre s’étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d’un temps qui n’existe plus et d’une humanité à reconstruire. Ravivant à l’horizon la lueur d’une rédemption…

Un roman visionnaire et obsédant sur la beauté du monde et sa fragilité.



Mon avis :

Décidément, ce tour d’horizon des romans post-apocalyptiques me réserve de belles surprises ! On pourrait craindre que toutes ces lectures sur le même thème, ce soit redondant à la fin. Mais pas du tout. Alors même si dans ce roman, j’ai trouvé des ressemblances avec certaines de mes lectures précédentes, j’y ai aussi trouvé des différences. Je l’ai trouvé notamment bien plus perssimiste et sa vision de l’humanité encore plus noire.

A Evangeline, petite ville de Sibérie, il ne reste que le shérif Makepeace. Jusqu’à ce qu’un événement inattendu l’incite à prendre la route à la recherche d’une humanité quasi-disparue.

Difficile de faire un résumé de l’histoire sans trop en dire, car Makepeace rencontrera de nombreuses embûches sur son chemin. Ce personnage tout d’abord. Quelle personnalité ! J’ai beaucoup aimé ce personnage qui nous raconte son histoire avec pudeur et qui sous un aspect rébarbatif cache un bon cœur et une grande intelligence.

Qu’est-il arrivé au monde ? Theroux ne répond pas à cette question, car le récit de Makepeace se déroule plusieurs années après les événements, même si certains détails de son récit apportent des indices. Mais est-ce vraiment important ? Le monde décrit par Theroux est très sombre et la plupart des personnes rencontrées par Makepeace ne donnent pas vraiment foi en l’humanité, bien au contraire. Et pourtant, l’espoir subsiste. Incarné par des personnes comme Makepeace, ou Ping, ou Chamsoudine, ou le vieux prêtre,…

La famille de Makepeace a quitté une vie confortable aux Etats-Unis pour s’exiler dans ces terres hostiles afin de vivre au plus près de la nature (et de leurs principes religieux). Cette question du lien entre l’homme et la nature, ou plutôt du lien rompu, se retrouve chez plusieurs auteurs. Et c’est une problématique passionnante.

L’auteur s’interroge aussi sur la place de la religion et son influence sur la vie humaine. Après tout, c’est aussi pour vivre pleinement leur religion que les parents de Makepeace et d’autres colons ont tout quitté ; c’est la religion encore qui coûtera cher à Makepeace après son arrivée à Hober ; et c’est encore au nom de la religion que d’autres justifieront des actes ignobles. Plusieurs hommes de Dieu sont présents dans le récit de Makepeace : lâches, cruels ou ignorants. En quoi ces hommes méritent-ils le nom d’hommes de Dieu ? D’autres le mériteraient bien plus par leurs actes. Caux qui font preuve de courage, de persévérance, de générosité, de pitié. Comme Makepeace qui finalement porte bien son prénom.

Plus qu’une belle découverte, c’est une pépite !



Extrait :

« Je lui ai dit que, d’après mes observations, il ne fallait pas plus de trois jours avant que le désespoir et la faim sapent tout instinct civilisé chez une personne. Il a souri et répondu que j’avais une vision sombre de la nature humaine et que, d’après son expérience, c’était plutôt quatre. »

J'ai partagé cette lecture avec Laure (son billet à venir plus tard)

D'autres avis chez AifellePapillonHélène, Keisha,