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lundi 29 mai 2023

Une amitié - Silvia Avallone

Par Daphné


 

 

 

 

 

 

 

Auteur :Silvia Avallone
Titre :Une amitié
Genre : roman
Langue d’origine : italien
Traductrice : Françoise Brun
Editeur :Liana Levy
Nombre de pages :444
Date de parution :2023

Résumé de l'éditeur:

 En l'an 2000 Élisa est une timide adolescente de quatorze ans, mal dans sa peau. Béatrice, sa camarade de classe, flamboyante et extravertie, est résolue à s'emparer de la vie. Une amitié improbable se noue entre elles, malgré leurs différences et celles de leurs familles.
La mère d’Élisa, jeune femme fantasque, mais aimante à sa façon désordonnée, tantôt délaisse ses enfants, tantôt les comble d'envoûtantes marques d'affection qui rendent le lien indestructible.
La mère de Béa, elle, affiche une apparence parfaite, surinvestissant celle de sa fille qu'elle transforme en poupée Barbie.
Les deux gamines, poussées par une volonté de rébellion propre aux ados, font cause commune, mais Élisa est vite dévorée par un sentiment ambigu, mélange d'attraction et de jalousie. Et lorsque son père, un sérieux universitaire, initie sa camarade de classe à Internet, nouveau moyen de communication en train de s'imposer, elle observe avec agacement cet engouement. Une faille qui finira par séparer les deux amies pendant treize longues années, des années durant lesquelles Béa devient une célèbre influenceuse...

Mon avis:

Voilà un livre dévoré d'une traite! Si l'histoire d'Elisa et de Beatrice m'a tant parlé, peut-être est-ce parce que les personnages, à un an près, ont quasiment le même âge que moi et que les références de leur adolescence sont un peu les mêmes que les miennes. Peut-être un peu aussi parce que je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage d'Elisa avec lequel, à l'âge de quatorze ans, j'avais de nombreux points communs. Et sans doute également pour le regard qu'elle porte sur les nouvelles technologies, pour ses interrogations à ce propos qui sont les mêmes que les miennes... Bref, si ce livre m'a plu, c'est probablement en partie parce que je m'y suis retrouvée. 

Mais il ne suffit pas d'un personnage dans lequel on se reconnaît pour apprécier un livre. Il y aussi l'histoire, l'écriture, le rythme, la manière dont sont présentées les choses... Eh bien voilà, autant d'ingrédients réunis pour aimer un livre étaient présents dans celui-ci. J'ai aimé les personnages, le contraste existant Beatrice et Elisa, contraste de plus en plus flagrant auquel l'amitié résistera longtemps avant d'éclater en morceaux. Amitié qui n'a pas été sans me rappeler celle existant entre les personnages principaux de L'amie prodigieuse, même si l'époque et le contexte diffèrent. J'ai aimé l'écriture, entraînante, vivante et, il faut bien le dire, addictive. J'ai aimé l'ambiance, la manière dont est décrite la tension que l'on sent monter entre les personnages mais aussi leurs moments de complicité. J'ai aimé le regard porté par l'autrice sur l'adolescence, le milieu familial, la quête de l'identité, l'amitié et la trahison, mais aussi sa réflexion sur les réseaux sociaux, sa manière de décrire la société italienne... 

 Oui, je l'ai beaucoup aimé, ce livre. Je m'attendais à une autre fin et j'avoue avoir été un peu déçue par celle que j'ai pu lire mais après tout, l'effet de surprise ne fait-il pas parti du charme d'un roman ?

Je m'en vais désormais de ce pas, découvrir d'autres livres de cette autrice...

Extrait :

 " J’avais beaucoup lu, et parmi des milliers de descriptions de personnages invisibles et légendaires, je l’avais reconnue. Elle était magique, sans l’ombre d’un doute : son regard rayonnait du pouvoir des enchanteurs, son sourire ensorcelait. Et à l’instant même je la choisis."

mardi 22 novembre 2022

L'illusion du mal - Piergiorgio Pulixi

Par Ariane


Auteur : Piergiorgio Pulixi

Titre : L’illusion du mal

Genre : roman policier

Langue d’origine : italien

Traducteur : Anatole Pons-Reumaux

Editeur : Gallmeister

Nombre de pages : 608p

Date de parution : septembre 2022

 

Mon avis :

Il y a quelques jours, je présentais mon avis sur Darwyne de Colin Niel, un auteur découvert lors de ma participation au prix des lectrices de Elle, avec Entre fauves. C’est également à cette occasion que j’ai lu le premier roman de Piergiogio Pulixi, L’île des âmes. Je retrouve donc avec plaisir les enquêtrices Mara Rais et Eva Croce.

Au même moment, des dizaines de milliers de personnes reçoivent un lien vers une vidéo. On peut y voir un homme attaché à un fauteuil de dentiste, toutes ses dents ont été arrachées, et à ses côté un autre homme qui prend la parole. Le prisonnier est un pédophile, qui a violé plusieurs petites filles mais sans jamais être condamné. A chaque fois, il s’en est sorti pour des questions de vice de procédure et de prescription. La justice au service du peuple a échoué, alors l’homme masqué offre au peuple de rendre directement la justice et de se prononcer : la vie ou la mort ? Ils ont 3 heures pour voter…

Si le premier opus des aventures des deux inspectrices avait des accents fantastiques, ce n’est absolument pas le cas ici, même si cette fois encore, l’auteur dénonce les failles du système judiciaire et les dérives de ceux qui veulent rendre la justice eux-mêmes. Ainsi il pousse le lecteur dans ses retranchements, faisant appel aux sentiments de révolte et de colère que chacun ressent lorsqu’on entend régulièrement parler de ces affaires de récidives, de criminels condamnés à des peines qui semblent insignifiantes au regard de l’horreur de leurs actes voire même acquittés faute de preuves ou pour toute autre raison. Sans oublier la théâtralisation de ces affaires par les médias et notamment par ces émissions racoleuses spécialisées dans les faits divers.

C’est parfaitement construit, l’intrigue se déploie sans temps morts en nous laissant tout de même le temps de suivre les personnages et de profiter d’un petit séjour en Sardaigne ! Une lecture parfaitement réussie pour moi, pourtant peu adepte de polars.

Je remercie Babelio et les éditions Gallmeister pour cette lecture grâce à la dernière opération Masse critique !

vendredi 11 novembre 2022

La solitude des nombres premiers - Paolo Giordano

 Par Daphné








Auteur : Paolo Giordano

Titre : La solitude des nombres premiers

Genre : roman 

Langue d’origine : italien

Traductrice : Nathalie Bauer

Editeur : Seuil

Nombre de pages : 336

Date de parution :  2009

Résumé de l'éditeur:

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres.

Mon avis:

Alice et Mattia sont tous les deux en marge. En marge de la vie, en marge de leur famille. Deux solitaires dont les blessures d'enfance persistent à travers les années. Tous deux maltraitent leur corps, l'une souffrant d'anorexie, l'autre se mutilant. Deux êtres qui souffrent, deux êtres qui se croisent sans cesse, qui se comprennent mais qui se condamnent à la solitude.

Culpabilité, rancune, traumatisme, mal-être, fragilité et destruction sont les maîtres mots de ce roman. Ce n'est pas gai, c'est le moins qu'on puisse dire et très pessimiste du début à la fin. Pourtant, il y a quelque chose de tendre dans ce livre, quelque chose de délicat. On a souvent envie au fil de la lecture, de prendre dans nos bras ces deux écorchés vifs et de les consoler. Envie de les secouer un peu aussi, parfois. 

Au fond, il ne se passe pas grand chose dans ce livre, on n'est pas dans l'action mais dans la psychologie.... Et la psychologie des personnages est formidablement bien développée. Le mal qu'ils ont à communiquer, le mal qu'ils se font à eux-mêmes, le décalage qu'il existe entre eux et les autres, tout cela est exploré avec une grande minutie. 

Un livre doux-amer, cruel et touchant à la fois. 

Extrait :

"Les années de lycée avaient constitué une blessure ouverte, que Mattia et Alice avaient jugée trop profonde pour qu’elle cicatrise. Ils les avaient traversées en apnée ; lui refusant le monde ; elle, se sentant refusée par le monde, et ils s’étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence. Ils s’étaient construit une amitié bancale et asymétrique, composé de longues absences et de grands silences, un espace vide et propre où ils avaient tout loisir de reprendre haleine quand les murs du lycée se rétrécissaient au point de les étouffer."


mardi 11 octobre 2022

Le choix - Viola Ardone

Par Ariane

Auteur : Viola Ardone

Titre : le choix

Genre : roman

Langue d’origine : italien

Traductrice : Laurz Brignon

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 400p

Date de parution : août 2022

 

Mon avis :

Sicile, 1960. Oliva a 15 ans. Elle est vive et curieuse, elle aime lire et étudier, imaginer des formes dans les nuages avec son ami Saro, courir les champs et les rues du village, lire en cachette des magazines sur les stars de cinéma, chercher des escargots avec son père. Mais ça ne se fait pas pour une fille de savoir trop de choses, de faire des études, de passer du temps avec un garçon, de rêvasser, de s’occuper à des tâches d’homme… Oliva a 15 ans, fini le temps passé avec Saro, fini les études, fini les courses éperdues. Elle doit se comporter comme une jeune fille bien élevée, garder une réputation sans tâche et bientôt se marier.

Le choix… Quels choix peut faire une jeune fille, une femme, en Sicile en 1960 ? Aucun. Elle ne choisit pas de se marier, elle ne choisit pas son mari, elle ne choisit pas d’avoir ou non des enfants, de faire ou non des études, de travailler. Elle doit obéir et se soumettre, à sa famille d’abord puis à son mari, à la tradition toujours. Oliva veut faire ce qu’on attend d’elle, faire plaisir à ses parents, mais elle observe et se pose des questions. Elle voit les femmes de son entourage : sa mère qui a fait un mariage d’amour mais qui le regrette, sa sœur aînée qui a cédé aux avances d’un jeune homme et a été obligée de l’épouser et qui est devenue une ombre aux yeux cernés et au visage marqué, son amie Liliana qui scandalise le village par son attitude et qui rêve de devenir députée pour faire avancer la cause des femmes, l’une de ses amies qui va épouser un jeune homme qu’elle n’a jamais rencontré, …

J’ai beaucoup aimé cette lecture, le personnage d’Oliva et son entourage. Viola Ardone décrit avec justesse la condition des femmes italiennes au début des années 60. J’ai particulièrement aimé la relation d’Oliva et de son père. Un taiseux, faibles pour certains parce qu’il n’utilise pas la force, fort en réalité car il est un soutien, un pilier pour sa famille. J’ai été décontenancée au début de ma lecture par le ton du roman, raconté par Oliva encore adolescente. Mais j’ai dépassé assez rapidement ces réticences pour me plonger avec elle dans le petit village de Martorana et la regarder grandir, souffrir et choisir.

Un très beau roman !

lundi 21 février 2022

Mamma Roma - Luca Di Fulvio

 Par Daphné










Auteur : Luca di Fulvio

Titre : Mamma Roma

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Slatkine

Nombre de pages : 688

Date de parution :  2021

 

Résumé de l'éditeur :

Après New York, Venise ou Buenos Aires, Luca Di Fulvio a choisi Rome pour décor, sa ville natale, l’endroit où il écrit tous ses livres. L’action se passe en 1870, l’année où est née l’Italie. Dans cette ville-monde encore occupée par les troupes françaises, où s’affrontent monarchistes et républicains, trois personnages se croisent, se perdent et se retrouvent. Il y a Pietro, qui veut changer la vie avec un appareil photo, Marta, l’enfant de la balle, et Nella, l’improbable comtesse républicaine. Pietro et Nella sont orphelins. Rome va les adopter.

Mon avis :

J'avais hâte de découvrir ce nouveau livre de Luca Di Fulvio, auteur que j'aime beaucoup. J'ai donc commencé avec beaucoup d'enthousiasme cette histoire, celle de trois personnages, tous trois orphelins, qui évoluent à Rome, année où est née l'Italie. 

Comme toujours c'est une histoire prenante et j'ai aimé en découvrir le contexte historique. En revanche, je ne sais trop comment tourner ce billet sans répéter exactement ce que j'ai écrit pour les livres précédents de l'auteur... car hormis l'époque et le lieu, on se retrouve plongé exactement dans la même histoire avec les mêmes personnages (les deux jeunes amoureux, la figure maternelle, le très très méchant...) et les mêmes thèmes (la violence, l'oppression, l'injustice, la quête de liberté, l'amour...).  Des ingrédients qui fonctionnent bien car on se laisse prendre malgré tout par l'histoire. 

Aimant bien les romans historiques, je suis toujours contente de découvrir une nouvelle époque et un nouveau lieu dans les livres de l'auteur... bien qu'il ne faille pas tout prendre pour argent comptant car il a souvent tendance à prendre quelques libertés historiques (ce qui n'est absolument pas dérangeant dans la mesure où il le précise et qu'après tout, il s'agit avant tout d'un roman et non d'un livre d'Histoire.)

Mais tout de même... cette fois, j'ai bien failli me lasser avant la fin. Un petit effet de surprise sur son prochain livre ne serait pas pour me déplaire !

Extrait :

"Rome était une ville répugnante, quand on la regardait comme ça. Et pourtant, tous les jours, le soleil se levait sur cette ville répugnante. Alors les rues boueuses, les ruines dévorées par les plantes grimpantes, les tricheries, les excréments, les mensonges, tout disparaissait. En fait, tout scintillait. Séduisant chaque jour Romains et étrangers. Les ensorcelant. Ainsi jour après jour, malgré elle, Rome recommençait à se faire pardonner. Et à se faire aimer."