vendredi 27 mai 2016

Cœur Tambour - Scholastique Mukasonga

Par Daphné














Auteur : Scholastique Mukasonga
Titre : Cœur Tambour
Langue d'origine :français
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 175
Date de parution : 2015

Résumé de l'éditeur:


Personne ne savait plus trop qui était cette présumée princesse africaine appelée Nyabinghi. Son nom était venu s’échouer sur les plages de la Jamaïque en d’étranges circonstances… Le 12 décembre 1935, peu de temps avant l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, paraissait dans le journal Jamaïca Times un article intitulé "Une société secrète pour détruire les Blancs" : vingt millions de nègres, au nom d’une mystérieuse reine appelée Nya-Binghi, allaient déferler sur l’Europe et l’Amérique, Nya-Binghi signifiant "mort aux Blancs". Les rastas, qui adoptèrent le nom de nyabinghi, n’avaient rien de sanguinaire et, dans la torpeur bienheureuse de l'herbe sacrée, ne songeaient nullement à massacrer quiconque. Les tambours suffisaient à leur rébellion.» 

Du Rwanda à la Caraïbe, à l’Amérique : mystères, initiations, naissance de la musique rasta, et, dans les bouleversements du monde, quand bat le tambour et le cœur de l’Afrique, un crime fondateur... Qui a tué l’inoubliable diva Kitami, surnommée aux quatre points de l’horizon «l’Amazone noire»?...



Mon avis:


J'ai failli passer à côté de ce livre, la première partie m'ayant quelque peu ennuyée...et pourtant, quel bon moment  aurais je manqué si je n'avait pas pas persévéré dans ma lecture!

Cœur Tambour est un livre particulier, un livre composé en trois parties très différentes, qui nous plongent dans un mélange de conte et de réalité. 

Qui est Kitami au juste et que lui est il arrivé? Et qui est cette mystérieuse Nyabingui? D'où son mythe tire t-il ses racines?

Si j'ai eu du mal à entrer dans la première partie qui nous parle, d'un ton assez documentaire, d'une chanteuse et d'un groupe de tambourinaires, j'ai littéralement dévoré la suite de ce roman. La deuxième partie, nous parle de Prisca. Prisca, petite fille Rwandaise, élève studieuse et rêveuse, nous livre son histoire. a travers elle, nous découvrons des légendes et croyances mais également le passé colonial, les conflits entre deux ethnies, la quête des origines, la place de la femme...
Vient ensuite la troisième partie, très courte, celle du tambour...

Ces trois parties sont si différentes qu'elles pourraient sembler provenir de plusieurs livres. et pourtant, elles finissent par s'assembler, telles les pièces d'un puzzle, créant le lien entre Afrique et Caraïbe. 

Ce livre nous fait voyager, nous envoûte au son des tambours et des mythes africains. Mêlant douleurs et légendes, rêves et violence, la plume haute en couleurs de l'auteur m'a emportée. J'espère découvrir bientôt ses autres livres!


Extrait:


"Une petite fille solitaire et rêveuse, cela n’existe pas au Rwanda. Je me demande même si les mots « solitaire et rêveuse », surtout pour qualifier une petite fille, existent bien en kinyarwanda. C’est dans la bibliothèque du lycée ou dans celle du centre culturel français et plus encore dans les romans que je me procurais auprès des revendeurs de livres du marché que j’ai découvert à quelle catégorie de petites filles inconnues au Rwanda j’appartenais : celle des petites filles solitaires et rêveuses."

Lu dans le cadre du Petit Bac 2016,
 catégorie spectacle



Un hiver à Paris - Jean-Philippe Blondel

Par Ariane


Auteur : Jean-Philippe Blondel

Titre : Un hiver à Paris

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Buchet Chastel

Nombre de pages : 272p

Date de parution : janvier 2015

Présentation de l’éditeur :

Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.

On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d’une remontée mais à quel prix ; l’attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l’amertume derrière la joie.

Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l’auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie - pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.



Mon avis :

J’ai lu ce roman juste après avoir terminé la lecture du recueil de nouvelles de Laurent Gaudé, Les oliviers du Négus. Autant dire tout de suite que pour moi il est difficile de soutenir la comparaison avec un livre de Gaudé.

Victor est étudiant en khâgne. Ce jeune homme de 19 ans a quitté sa province pour étudier dans un prestigieux lycée parisien. Issu d’un milieu populaire, il se sent isolé parmi ses condisciples issus de milieux privilégiés. Il ne comprend pas leurs codes, leurs références. Lui qui a toujours frôlé l’excellence se retrouve rapidement à la traîne. Mais il s’accroche malgré la solitude qui lui pèse de plus en plus. Victor commence à nouer des liens avec un autre étudiant, mais celui-ci met fin à ses jours ne supportant plus la pression exercée par ce milieu concurrentiel. La mort de Matthieu chamboule totalement le quotidien de Victor qui va dès lors partir à la dérive. Il s’éloigne et se désintéresse progressivement de ses études mais entre en contact avec les autres. Il va découvrir que ce que les autres donnent à voir d’eux-mêmes n’est pas forcément vrai. Derrière la façade de l’étudiant brillant et arrogant Victor découvre un jeune homme sensible et généreux. Derrière l’étudiante bourgeoise une jeune fille pleinement lucide. Jean-Philippe Blondel explore le thème bien connu de la réalité des êtres. Et en découvrant ce qui se cache derrière les apparences de ceux qu’il rencontre, Victor va apprendre à se connaître lui-même.

Le personnage de Victor est plutôt sympathique. L’auteur a mis beaucoup de lui-même dans ce personnage, jusqu’à quel point ?

L’intérêt du roman se trouve également dans cette critique cinglante de ces écoles d’élite, de la compétition qu’elles développent entre les élèves, du comportement des professeurs mettant en avant une sélection naturelle éliminant les plus faibles pour ne garder que les meilleurs.

Jean-Philippe Blondel écrit principalement pour la jeunesse et je trouve que cela se ressent dans ce roman. Le style est très abordable et simple, ce n’est pas désagréable à lire, mais je n’y trouve pas le plaisir de savourer les mots, les phrases. Je n’y trouve pas de nuances, de poésie, de musicalité.

Au final, je ne garde pas grand-chose de cette lecture qui ne me correspondait pas.



Extrait :

« La vie, c'est long. Il y a un moment où vous accumulez trop de souvenirs. Alors, vous ouvrez une trappe et les plus douloureux disparaissent. »

D'autres avis chez Clara, Enna, Eva

Lu dans le cadre du challenge Petit bac (catégorie lettre isolée)

jeudi 26 mai 2016

J'ai embrassé un zombie (et j'ai adoré) - Adam Selzer

Par Roxane

Auteur : Adam Selzer
Titre : J'ai embrassé un zombie (et j'ai adoré)
Genre : roman jeunesse
Langue d'origine : anglais
Traducteur : Cécile Moran
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 227p

Présentation de l'éditeur :
Alley accable de sarcasmes les filles qui rêvent de sortir avec des vampires, zombies et autres loups-garous. Elle, elle n’est pas comme ça. La preuve, elle sort avec l’irrésistible Doug, chanteur dans un groupe de rock. D’accord, elle ne le voit que le soir, d’accord, il boit un sirop bizarre toutes les quatre heures à cause d’une étrange maladie, mais qu’importe, elle est amoureuse. Lorsqu’elle découvre que c’est un zombie, elle est furieuse. Car sortir avec un garçon déjà mort pose de nombreux problèmes…

Mon avis :
J'ai vraiment aimé cette lecture sans prise de tête qui m'a fait passer un bon moment.

L'un des points positif de ce livre c'est son héroïne : Alley. Elle a un super caractère et n'est pas la parfaite petite héroïne qui vit une love story avec un « post-humain » . Au contraire elle les critique avec son humour ironique. La musique c'est vraiment ce qui la passionne, mais ses goûts ne sont pas forcément ceux des autres élèves.

J'ai bien aimé l'ambiance du lycée, et la vision des différents groupes d'amis en fonction des affinités, et toute la réflexion sur le faite de se retrouver parfois coincé dans le personnage qu'on s'est créé.

Après tout le coté zombie, vampire et post-humain m'a laissée un peu sur ma faim, j'ai souvent maintenant l'impression d'avoir déjà lu cette histoire…

Aussi je trouve la morale très belle et j'adore la conclusion du livre, j'aime cette idée qu'on se rend compte de la chance qu'on a de faire quelque chose (ici vivre) que quand on ne peut plus la faire.

Pour résumer un bon petit livre sympa sans prise de tête. 
 

Citation :

« L'idée de changer fait toujours un peu peur au début et ensuite, on s'aperçoit que c'était une bonne chose. »


mardi 24 mai 2016

Djamilia - Tchinghiz Aïtmatov

Par Ariane


Auteur : Tchinghiz Aïtmatov

Titre : Djamilia

Genre : roman

Langue d’origine : kirghiz

Traducteur : A. Dimitrieva et Louis Aragon

Editeur : Folio

Nombre de pages : 128p

Date de parution : septembre 2003

Présentation de l’éditeur :

«Djamilia était vraiment très belle. Élancée, bien faite avec des cheveux raides tombant droit, de lourdes nattes drues, elle tortillait habilement son foulard blanc, le faisant descendre sur le front un rien de biais, et cela lui allait fort bien et mettait joliment en valeur la peau bronzée de son visage lisse. Quand Djamilia riait, ses yeux d'un noir tirant sur le bleu, en forme d'amande, s'allumaient... Et j'étais jaloux d'elle, comme les jeunes frères sont jaloux de leurs sœurs...»



Mon avis :

Louis Aragon considérait ce roman comme la plus belle histoire d’amour du monde. Et c’est effectivement une très belle histoire d’amour, pleine de douceur et de simplicité, que nous offre Tchinghiz Aïtmatov.

Seït, jeune garçon d’une quinzaine d’années, est l’observateur de l’histoire d’amour naissante entre Djamilia, épouse de son frère, et Danïïar, soldat revenu blessé du front. Une histoire toute en pudeur, en douceur et délicatesse dans le décor totalement dépaysement du Khirghizstan. L’écriture est très littéraire et poétique, est-ce là le style d’origine de l’auteur ou est-ce dû à l’influence de Louis Aragon ? C’est un texte très court mais magnifique.



Extrait :

« S’il m’était possible, fût-ce dans une mesure quelconque, de reproduire la chanson de Danïiar ! En elle, il n’y avait presque pas de mots, elle ouvrait sans mots la grand âme humaine. »



Lu dans le cadre des challenges Petit bac (catégorie prénom), Un classique par mois et Tour du monde (Kirghizstan)