vendredi 23 septembre 2016

Bilqiss - Saphia Azzeddine

Par Daphné :


















Auteur : Saphia Azzeddine
Titre : Bilqiss
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Stock
Nombre de pages : 216
Date de parution : 2015

Présentation de l’éditeur :

« Vous priez encore Dieu ?
– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?

– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.

– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »


Bilqiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l’histoire d’une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie Allah.


Mon avis :

Merci tout d'abord à Ariane qui m'a fait découvrir ce livre lors de notre dernier swap.

Dans un lieu jamais nommé mais qui ne peut que nous faire penser à l’Afghanistan, une jeune femme, Bilqiss, va être lapidée pour avoir fait, à voix haute, l'appel à la prière. ayant fait entendre sa voix dans un pays où les femmes n'ont nul droit à la parole, elle va être lapidée.  Refusant toute aide d'un avocat pour se défendre, Bilqiss fera entendre sa voix, encore et encore, pour dénoncer  la condition de la femme. Jugée par un homme aux sentiments ambigus, son procès va se retrouver sur internet, amenant jusqu'à elle, Leandra, une journaliste américaine.

Ce livre est un véritable hymne à la femme. A travers la voix de Bilqiss sont dénoncées les conditions de vie de milliers de femmes et les nombreuses  absurdités et injustices auxquelles elles sont chaque jour confrontées.

Trois voix s'entremêlent ici. Celle de Bilqiss, une voix haute en couleurs, écorchée, indignée. Une voix qui ne laisse personne indifférent. Celle de Leandra, la journaliste américaine dont le portrait de femme occidentale s'oppose avec beaucoup d'intelligence et de finesse à celui de Bilqiss. Et enfin, la voix du juge, homme suivant les lois de son pays, persécuteur de femme dont malgré tout les sentiments éprouvés à l'égard de Bilqiss ne sont pas ceux attendus de celui dont tombera la sentence finale. 

Bilqiss est un livre puissant, à l'écriture franche et directe. Un véritable cri contre  la violence et l'oppression.


Extrait :

"J'étais une femme dans un pays où il valait mieux être n'importe quoi d'autre, et si possible un volatile."


Lu dans le cadre du petit bac 2016, 
catégorie prénom






mercredi 21 septembre 2016

La maison du crocodile amoureux - Daniela Kulot

Par Daphné














Auteur : Daniela Kulot
Titre :  La maison du crocodile amoureux
Editeur : Autrement Jeunesse

Résumé de l'éditeur :

Voici une girafe. Elle est immense. 
Voici un crocodile. Il est tout petit. 
Ils ont très exactement deux mètres 
quarante-trois de différence. 
Et malgré ça, ils sont très amoureux l'un de l'autre... 
et ils ont très envie de vivre ensemble. Ils décident alors 
de s'installer dans la petite maison du petit crocodile. 
Mais ce n'est pas une bonne idée... 
Pas une bonne idée du tout.


Mon avis :

La grande girafe et le petit crocodile sont amoureux et décident de vivre ensemble. Or, très vite, ils se heurtent à un gros problème pratique : chez la girafe, tout est trop haut pour le crocodile et chez le crocodile, tout est trop petit pour la girafe. Comment concilier leur vie face à une telle différence de taille? 

Voici un livre qui nous a beaucoup plu à mes filles et moi. Avec l'histoire de la girafe et du crocodile se pose la question de vivre ensemble, de s'adapter l'un à l'autre et de faire des différences une véritable richesse. L'accès à un lieu pour les grands et les petits, c'est aussi l'accès pour tous à la vie en société. Ainsi, l'histoire du petit crocodile et de la grande girafe est une jolie métaphore de l'accessibilité universelle. L'idée des trois portes en une seule sur la dernière page en est un bon exemple!

Les dessins sont vraiment sympas, amusants à observer et plein d'intelligence. On y repère ainsi toutes les solutions trouvés par ce couple décidément bien sympathique!




















Lu dans le cadre du petit bac 2016,
catégorie animal

Mercredi, c'est le jour des petits : Mon premier imagier d'art - Béatrice Fontanel

Par Ariane

Auteur : Béatrice Fontanel
Titre : Mon premier imagier d'art
Editeur : Tourbillon
A partir de : 4 ans

Présentation de l'éditeur :
Une première initiation à l’art avec des œuvres picturales adaptées aux enfants. Des explications concrètes (techniques, histoire de l’art...) amèneront l’enfant à échanger avec le parent et à développer son imaginaire.

Mon avis :
Cet imagier propose une ballade passionnante et instructive à travers les siècles et l'art. Présentées par ordre chronologique, les œuvres occupent une page tandis que la page d'à côté donne quelques explications sur l'artiste, l’œuvre en elle-même (technique et caractéristiques) et le contexte historique. 
D'Arcimboldo à Degas, de Goya à Kandinsky en passant par Fragonard et Warhol, nous découvrons des œuvres et artistes célèbres et d'autres un peu moins, mais des œuvres représentatives d'une époque, d'un courant, d'une technique. Car si la peinture est particulièrement présente, sont également présentées des sculptures, des céramiques, des tapisseries, des photographies. 
Ce n'est bien sûr pas un livre que les enfants feuillettent seuls, mais c'est très intéressant de le regarder en famille. De s'intéresser à une œuvre, de demander à l'enfant de la décrire et d'adapter les explications du texte à son âge. 
Une lecture instructive aussi bien pour les enfants que pour les parents !


lundi 19 septembre 2016

San Miguel - T.C. Boyle

Par Ariane



Auteur : T.C. Boyle

Titre : San Miguel

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Bernard  Turle

Editeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 672p

Date de parution : juin 2016

Présentation de l’éditeur :

San Miguel, une île minuscule au large des côtes californiennes. Sur ce bout de terre aride, à plusieurs décennies de distance, les destinées de deux familles se croisent. Le jour de l’an 1888, Marantha Waters débarque sur l’île. Son mari, Will, espère que cet exil sauvage lui redonnera la force et le goût de vivre. Un demi-siècle plus tard, la famille Lester, qui fuit la Grande Dépression et le souvenir traumatisant de la Première Guerre mondiale, s’établit à son tour sur San Miguel et tente de créer, en microcosme, une société idéale.
Dans ce roman, salué par la critique américaine comme l’un de ses plus beaux, T.C. Boyle peint une ode pastorale grandiose où, à travers la voix de trois femmes, il met en scène, avec une puissance rarement atteinte, l’un de ses thèmes de prédilection : l’éternelle confrontation de l’homme et de la nature.



Mon avis :

J’ai toujours plaisir à lire T.C. Boyle et cette fois-ci ma lecture m’a surprise, car ce roman est très différent de ceux que j’ai déjà pu lire de l’auteur même si on y retrouve certains de ses thèmes de prédilection.

San Miguel, petite île de 37km2 des Channel Islands au large de Santa Barbara. Un bout de terre battu par le vent et la pluie où rien ne pousse, peuplé principalement de phoques, où l’on trouve aussi un gigantesque élevage de mouton. En 1888, la famille Waters s’y installe. Will, homme rude, marqué par la guerre, rêve d’avoir enfin quelque chose à lui et a promis à sa femme Marantha, que l’air pur de l’île guérirait sa tuberculose. Mais l’île est inhospitalière, le climat froid et humide, les conditions de vie précaires. Marantha et sa fille Edith ne supportent pas cette vie de solitude bien éloignée de leur quotidien bourgeois. En 1930, Elise jeune mariée débarque avec son mari Herbie. Comme Will, Herbie est un homme marqué par la guerre, mais contrairement à son prédécesseur, c’est un homme joyeux et aimant, mais qui connaît des périodes de profond abattement. Deux petites filles naîtront de leur union et grandiront sur cette île sauvage.  

Marantha, Edith et Elise, trois femmes dont le destin est inextricablement lié à l’île. A chacune d’entre elles, T.C. Boyle consacre une partie. Le grand talent d’un écrivain est de construire des personnages différents et Boyle y parvient avec brio, donnant voix et vie à ces trois personnalités. Un récit sombre et sans espoir pour Marantha, la tristesse et la révolte d’Edith, la paix et la sérénité d’Elise.

Si les expériences de ces femmes sont relativement semblables, elles ne vivent pas du tout la vie à San Miguel de la même façon. Pour Marantha et sa fille, la nature est hostile, la solitude un fardeau, la monotonie du quotidien d’un ennui mortel, la nature hostile. Au contraire pour Elise l’île s’apparente à un paradis perdu où l’homme vit en harmonie avec la nature, la simplicité de l’existence un retour aux sources et la vie solitaire un refuge. Pourtant Marantha et Elise ont des points communs. Ce sont des femmes cultivées, issues de famille aisées, ayant vécu la majorité de leur vie dans le confort d’une grande ville. Leurs références littéraires marquent toutefois leurs différences de point de vue concernant San Miguel : les Brontë pour l’une et Thoreau pour l’autre.

La différence tient principalement à l’homme qui partage leur vie. Will est un taiseux, égoïste et rude, tandis que Herbie est sensible et fantasque.

De plus, les Waters ont vécu dans un isolement quasi complet, leur solitude n’étant rompue que tous les deux à trois mois par l’arrivée d’un bateau. Pour les Lester au contraire, les contacts sont plus fréquents avec le continent, notamment grâce à un ami qui vient régulièrement avec un petit avion. L’arrivée de la radio chez les Lester les met en contact avec le monde et fait entrer dans leur quotidien l’actualité, les émissions, la musique.

Les Lester acquièrent une certaine notoriété. Des journalistes viennent régulièrement sur l’île et ces nouveaux Robinson font rêver une Amérique en proie à une crise économique sans précédent. La famille reçoit de nombreux courriers, des cadeaux (bien souvent inutiles sur une île), des propositions de films, des invitations,…  

Ce sont donc deux visions antinomiques d’une expérience semblable que nous expose Boyle. Un quotidien fait de souffrance et de peur pour la première, une vie saine et sereine pour l’autre. On retrouve donc deux des thèmes chers à l’auteur : les relations familiales et le lien entre l’homme et la nature. Dans les deux cas cela peut être un paradis ou un enfer.

J’ai appris en faisant quelques recherches qu’il ne s’agissait pas totalement d’une œuvre de fiction. Les personnages du roman ont réellement existé et T.C. Boyle a construit son récit à partir des carnets de Marantha Waters et Elise Lester, d’articles de journaux.

Un roman qui détonne dans l’œuvre de l’auteur mais que j’ai lu avec grand plaisir. 

Elise et Herbie Lester et leurs filles




Extrait :

« C’était bien l’île, l’île qui la détruisait, elle le savait depuis le début, et elle aurait pu le dire tout fort, le hurler, elle aurait pu dire n’importe quoi, jurer et tempêter, pensant Voici ce à quoi ressemble la mort, ce poids, cet écrasement. »

D'autres avis : Clara,


http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.htmlhttps://deslivresdeslivres.wordpress.com/2014/06/05/challenge-1-pave-par-mois/comment-page-1/
 

dimanche 18 septembre 2016

Activités de saison d'après la pédagogie Montessori - Brigitte Ekert

Par Daphné

















Auteur : Brigitte Ekert
Titre : Activités de saison d'après la pédagogie Montessori
Editeur : Eyrolles
Date de parution : 2011
nombre de pages : 171

Résumé de l'éditeur :


Au fil des saisons, à la maison comme à l'extérieur, ce livre vous propose plus de 70 activités pas-à-pas à réaliser avec votre enfant à partir de 3 ans, selon les principes pédagogiques de Maria Montessori. De la lanterne d'Halloween aux décorations de Noël, en passant par les jeux d'écriture. les recettes de cuisine, les comptines et les exercices de yoga, il constitue une véritable promenade sensorielle au service des apprentissages fondamentaux : préparation à l'écriture et à la lecture, reconnaissance des formes, découverte de l'environnement... Ces ateliers d'éveil, simples à mettre en place tout au long de l'année, sont largement illustrés de photos. Ils vous permettront d'accompagner votre enfant sur le chemin de l'autonomie en développant son habileté perceptive, motrice et intellectuelle.

Mon avis :


Maman de deux petites filles de quatre ans et demi et deux ans et demi, je m’intéresse beaucoup à la pédagogie Montessori même si je ne l'applique pas vraiment au quotidien. Sans y être vraiment assidue, j'y pioche souvent quelques éléments dans ma manière d'être avec mes enfants. Par ailleurs, j’aime organiser différentes activités avec mes filles. Ce livre m'a donc particulièrement attirée.

On retrouve ici un certain nombre d'activités à faire avec des enfants au fil des quatre saisons. Mes filles et moi en avons essayé quelques unes cet été et j'en garde plusieurs en réserve dans un coin de ma tête pour la saison à venir!

La plupart des idées données dans ce livre sont facilement réalisables, ne nécessitant pas forcément de matériel. Elles sont bien expliquées, nous indiquant les compétences mobilisées chez l'enfant, le matériel à utiliser et sont bien  illustrées par des phots ou des dessins. 

Un livre à garder à portée de main!




samedi 17 septembre 2016

Le bouc émissaire - Daphné du Maurier

Par Ariane


Auteur : Daphné du Maurier

Titre : Le bouc émissaire

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Denise Van Moppès

Editeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 480p

Date de parution : 1ère parution 1957

Présentation de l’éditeur :

John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean…



Mon avis :

Encore du Maurier ! Décidément, cette année est très orientée vers la (re)découverte de l’œuvre de la célèbre britannique.

John un historien britannique et Jean un aristocrate français se rencontrent par hasard dans une petite ville de province. Les deux hommes n’ont rien en commun si ce n’est leur apparence : mêmes traits, même voix, même sourire, même gestuelle. Ils sont identiques. Si Jean s’amuse de la ressemblance, John lui en est troublé. Mais il se laisse entraîner par son sosie dans une soirée de beuverie. Le lendemain, John se réveille seul. Jean a filé, emportant ses affaires et John se voit contraint d’endosser l’identité de son double. Le voilà donc Comte de Gué, à la tête d’une famille aux relations pour le moins complexes et d’une verrerie en difficulté. Rapidement, John va découvrir la personnalité narcissique et cynique de son alter ego. Cet homme sensible ne peut rester indifférent aux souffrances de l’entourage de Jean et va tenter de réparer les erreurs de ce dernier.

Tout comme avec Rebecca, je me suis totalement laissée porter par l’ambiance et les personnages de ce récit. Daphné du Maurier construit une histoire complexe, mêlant secrets de famille et quête de soi. Alors que l’entourage de Jean de Gué est totalement confondu, le lecteur se fait complice de la supercherie, s’attachant à cet homme qui endosse peu à peu le rôle de bouc émissaire, supportant les fautes commises par un autre, répondant ainsi à ce que lui disait Jean lors de leur rencontre « la seule chose à faire est d’assouvir ces convoitises, de satisfaire les appétits des gens, de leur donner ce qu’ils désirent. »

Au final, cet échange répond aussi au désir secret et profond de John , amoureux de la France mais étranger dans ce pays qu’il aime tant et solitaire « être l’un d’entre eux, élevé, instruit parmi eux, uni à eux par des liens de famille et de sang qu’ils reconnaîtraient ».

Un roman passionnant qui m’a tenue en haleine jusqu’à la fin.



Extrait :

« Nous sommes tous des ratés. Le secret de l'existence, c'est de reconnaître ce fait assez tôt et de s'y résigner. Ensuite, ça n'a plus d'importance. »

http://ennalit.canalblog.com/archives/2016/01/01/33098969.htmlhttp://profplatypus.fr/challenge-classique-2016/