vendredi 25 août 2017

Plus haut que la mer - Francesca Melandri

Par Daphné

























Auteur : Francesca Melandri
Titre : Plus haut que la mer
Genre : roman
Langue d’origine : italien
Editeur : Danièle Valin
Nombre de pages : 208
Date de parution : février 2015

Présentation de l’éditeur :


1979. Paolo et Luisa prennent le même bateau, chacun de son côté, pour se rendre sur l’Île. Mais ce n’est pas un voyage d’agrément, car c’est là que se trouve la prison de haute sécurité où sont incarcérés le fils de Paolo et le mari de Luisa. Ce dernier est un homme violent qui, après un meurtre commis sous le coup de la colère, a également tué un surveillant en prison, tandis que le premier a été reconnu coupable de plusieurs homicides politiques sur fond de révolution prolétarienne. L’homme et la femme ne se connaissent pas, Paolo est professeur de philosophie, mais il n’enseigne plus ; Luisa, elle, est agricultrice et élève seule ses cinq enfants. À l’issue du voyage et de la brève visite qu’ils font au parloir de la prison, ils ne peuvent repartir comme ils le devraient, car le mistral souffle trop fort. Ils passent donc la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco Nitti, avec qui une étrange complicité va naître. Pour ces trois êtres malmenés par la vie, cette nuit constitue une révélation et, peut-être aussi, un nouveau départ.
Avec Plus haut que la mer, Francesca Melandri livre un deuxième roman incisif et militant, une superbe histoire d’amour et d’idées qui est aussi une subtile réflexion sur le langage, celui de la politique et celui du monde dans lequel nous vivons.

Mon avis :

Un grand merci à Ariane qui m'a fait découvrir ce livre lors de notre dernier swap!

Une île en haute met sur laquelle se trouve une prison, forteresse inviolable qui garde les prisonniers sous haute sécurité. Un père, une épouse, un gardien de prison. Un mistral empêchant les visiteurs de l'île de rentrer chez eux. La réunion improbable de trois personnages qui n'auraient jamais du se côtoyer. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce livre un roman très puissant. 

Ce livre parle avant tout d'un échange. Un échange entre trois êtres meurtris. Paolo est venu voir son fils et Luisa son mari. Tous les deux ont des histoires et des vies très différentes mais un point commun : celui auquel ils rendent visite, condamné pour meurtre, est enfermé sur cette île. Bloqués sur l'île à cause du mistral, ils se retrouvent sous la surveillance de Pierfrancesco, un agent carcéral. Ainsi, ce livre  met l'accent non sur les personnes incarcérées elles-mêmes mais sur leur entourage. Et si ce sont surtout les personnes proches qui sont ici mises à l'honneur, l'auteur donne tout de même, de manière subtile, la parole aux personnes incarcérées mais également à leurs victimes

Voilà un roman qui nous parle de solitude, de culpabilité et de violence mais aussi d'observation de l'autre et de compréhension, de partage et de pardon. C'est un livre profondément humain qui parvient à la fois à traiter de l'enfermement et de la libération (non celle du corps mais celle de l'esprit) avec un très bel équilibre. Les personnages sont touchants, l'écriture juste et subtile. 

Un beau livre dont le sujet est traité avec une grande humanité.

Extrait :

"Car si l'on veut garder quelqu'un vraiment à l'écart du reste du monde, il n'y a pas de mur plus haut que la mer."





jeudi 24 août 2017

La fête du potiron - Agatha Christie

Par Ariane



Auteur : Agatha Christie

Titre : La fête du potiron

Genre : roman policier

Langue d’origine : anglais

Editeur : Le club des masques

Nombre de pages : 252p

Date de parution : 1ère parution 1969

Présentation de l’éditeur :

Le 31 octobre, entre sorcières et chauves-souris, c'est la fête du Potiron ! Pour marquer l'événement, Mme Drake, une romancière un peu originale, organise une soirée chez elle pour les adolescents du village. Joyce, l’une des fillettes, se vante devant l’écrivain d'avoir assisté à un meurtre. Bien sûr, personne ne la prend au sérieux : Joyce est connue pour toujours essayer de se rendre intéressante… Pourtant quand la fête est finie c’est bien son cadavre qui est retrouvé dans la bibliothèque… Qui a bien pu vouloir éliminer un si jeune témoin ? Le meurtrier peut trembler car c’est à Hercule Poirot que l’enquête est confiée.



Mon avis :

Peut-être devrais-je lire les romans d’Agatha Christie dans l’ordre chronologique, car les sauts dans le temps sont parfois déstabilisants ! L’intrigue se déroule cette fois vers la fin des années 60 et l’évolution des mœurs est plus qu’évidente dans le comportement et le discours des adolescents que rencontre Poirot. Et j’avoue préférer l’ambiance désuète des romans plus anciens.

Certaines remarques des personnages du roman m’ont fait sourire. Le même genre de remarques que l’on entend fréquemment. Pour résumer : les jeunes de maintenant ne respectent rien, les parents n’ont plus aucune autorité, la justice est trop laxiste… Comme quoi certaines choses ne changent pas !

Bon, venons en quand même à l’histoire en elle-même. Ce n’est clairement pas la meilleure intrigue imaginée par Agatha Christie. Je dirai même qu’elle est assez mauvaise. Il n’y a pas vraiment de mystère et les personnages sont plutôt inintéressants.

Dommage. 


mercredi 23 août 2017

Mercredi, c'est le jour des petits : Le calme de la nuit - Virginie Aladjidi, Caroline Pelissier et Emmanuelle Tchoukriel

Par Ariane




Auteurs : Virginie Aladjidi et Caroline Pellisier
Illustrateur : Emmanuelle Tchoukriel
Titre : Le calme de la nuit
Editeur : éditions Thierry Magnier

Présentation de l'éditeur : 
C’est la nuit, Maman écureuil veille sur son petit, Maman renard rejoint son renardeau et la chouette s’installe sur une branche aux côtés de son bébé…
Quand la nuit tombe et qu’il faut aller dormir, dans la forêt aussi les petits rejoignent leur nid.
Des images tendres aux couleurs du soir, et une douce berceuse à murmurer pour accompagner les petits au moment du coucher.



Mon avis :
Gros, gros coup de cœur pour cet adorable album à lire avant le coucher.
Tout y est magnifique. Le texte poétique, rythmé et apaisant est idéales pour le soir. Tout comme les illustrations sont délicates, les tonalités de bleu et de noir rehaussées d'un orangé vif. 
Depuis plusieurs mois déjà, c'est devenu le rituel du soir avant de coucher mon tout petit. S'il a l'habitude que je lui lise des histoires, il est d'ordinaire très actif pendant la lecture. Mais avec cet album, il s'apaise aussitôt lorsque nous ouvrons le livre.

mardi 22 août 2017

La nature exposée - Erri de Luca

Par Ariane



Auteur : Erri de Luca

Titre : La nature exposée

Genre : roman

Langue d’origine : italien

Traducteur : Danièle Valin

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 176p

Date de parution : mars 2017

Présentation de l’éditeur :

Dans un petit village au pied de la montagne, un homme, grand connaisseur des routes qui permettent de franchir la frontière, ajoute une activité de passeur pour les clandestins à son métier de sculpteur. C’est ainsi qu’il attire l'attention des médias. Il décide alors de quitter le village. Désormais installé au bord de la mer, il se voit proposer une tâche bien particulière : restaurer une croix de marbre, un Christ vêtu d’un pagne.
Réflexion sur le sacré et le profane, sur la place de la religion dans nos sociétés, La nature exposée est un roman dense et puissant, dans lequel Erri De Luca souligne plus que jamais le besoin universel de solidarité et de compassion.



Mon avis :

Erri de Luca est l’un de ces auteurs que j’ai croisé régulièrement sur les blogs sans l’avoir jamais lu. Je n’avais d’ailleurs pas particulièrement prévu de lire ce roman mais lorsque je l’ai vu sur le présentoir des nouveautés à la bibliothèque, j’ai saisi l’occasion.

Le narrateur est un montagnard, un sculpteur qui de temps en temps fait passer la frontière à des clandestins. Mais après que l’un d’entre eux publie un livre racontant son périple, les médias s’intéressent à lui, ce qui suscite l’animosité des autres villageois. Il quitte le village pour une ville au bord de mer où il trouve rapidement un emploi en tant que sculpteur. Il doit restaurer une statue du Christ en ôtant un pagne de marbre ajouté pour cacher sa « nature ».

Je ne sais pas trop que penser de ce roman. J’ai vraiment aimé l’histoire de la restauration de la statue, le lien que le sculpteur tisse avec celle-ci, sa réflexion sur l’œuvre et plus globalement sur la religion et la condition humaine. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé ce personnage humble et taiseux, s’impliquant corps et âme dans son travail.

En revanche, j’ai moins adhéré aux évènements se déroulant lors de son court retour au village. Quel intérêt ? Je ne comprenais pas vraiment le lien entre son implication en tant que sculpteur et ses activités de passeur. Papillon y voit une métaphore de l’artiste montrant le chemin vers la liberté, la compassion ou la transgression. Je n’avais pas du tout perçu les choses ainsi, mais je trouve cette réflexion particulièrement intéressante.

C’est donc une première rencontre plutôt réussie. A réitérer peut-être.



Extrait :

« Celui qui meurt ne se sent pas mourir lui-même ; il sent mourir le monde, les personnes tout autour, les jours, les nuits, les planètes, les mers. Celui qui meurt sent s’éteindre l’univers hors de lui. »

D'autres avis chez Papillon, Kathel, Laure,