vendredi 22 septembre 2017

Par le vent pleuré - Ron Rash

Par Daphné















Auteur : Ron Rash
Titre : Par le vent pleuré
Genre : roman
Langue d’origine : américain
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 200
Date de parution : 2017
Résumé de l'éditeur :


Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d'ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s'appelait Ligeia, et personne n'avait plus entendu parler d'elle depuis un demi-siècle.

1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l'insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C'est l'époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d'un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d'une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu'elle était apparue.

À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l'éternelle confrontation d'Abel et de Caïn.
Mon avis :

Entrer dans la bibliothèque juste au moment où le nouveau Ron Rash est mis en rayon, n'est ce pas de la chance? Est-il bien utile de vous dire que je me suis littéralement jetée dessus ?

En 1969, Eugène a seize ans et vit avec son grand-père, sa mère et son frère, Bill. Cet été là, il fera la connaissance de Ligeia et avec elle découvrira le sexe, la drogue et l'alcool. quarante-six ans plus tard, devenu alcoolique et ayant ruiné sa vie de famille, Eugène, dans un article de journal, découvre un article stipulant que le reste du corps de Ligeia a été retrouvé au bord de cette même rivière où ils se sont rencontrés. Disparue aussi vite qu'elle est apparue, Ligeia bouleverse l’existence de Bille et d'Eugène, au delà ce que que peut penser celui-ci.

Alternant passé et présent, l'histoire d’Eugène nous plonge au cœur des années Peace and Love, de la liberté sexuelle, de la musique et de l’insouciance mais également dans une vie guidée et dévorée par l'alcool. Le personnage d’Eugène est très bien construit et décrit avec finesse une existence sous l'emprise alcoolique. Les autres personnages, Ligeia, manipulatrice et éprise de liberté, Bill le grand frère protecteur, le grand-père dur et tyrannique et la mère effacée ont tous une profondeur les rendant très réalistes. 

Une fois de plus, je me suis laissée prendre par la plume de Ron Rash et ai avalé ce livre d'une seule traite. Cet auteur a le don d'immerger complètement le lecteur dans ces histoires et de  séduire par son écriture vive et imagée. si l'on retrouve le style de l'auteur, le thème en revanche, diffère de ses autres livres. Nul hymne à la nature dans ce roman là, davantage axé sur la psychologie des personnages, les relations fraternelles, le poids des conflits familiaux, le contexte des années hippies et l'intrigue de la mort de Ligeia. Des livres que j'ai pu lire de cet auteur, ce n'est pas celui que j'ai préféré mais j'ai tout de même passé un excellent moment et ne peut qu'en recommander la lecture!

Extrait :


"La pluie s'arrête et le soleil se montre, mais elle est prête désormais et la berge tremble un instant et se soulève, et les filaments de la bâche se déroulent et elle se déverse dans le courant, et elle est libre. Des fragments d'os se rassemblent dans un remous, forment un bref collier. Le flot poursuit sa course vers la mer. "

jeudi 21 septembre 2017

Les indiscrétions d'Hercule Poirot - Agatha Christie

Par Ariane



Auteur : Agatha Christie

Titre : Les indiscrétions d’Hercule Poirot

Genre : roman policier

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Jean-Marc Mendel

Editeur : Editions du Masque

Nombre de pages : 288p

Date de parution : 1ère parution 1954

Présentation de l’éditeur :

« Richard Abernethie est décédé brusquement chez lui d'une crise cardiaque. » C'est ce qu'ont écrit les journaux. Tous les proches accourent pour les obsèques et tout se serait bien passé si cette écervelée de Cora n'avait bêtement demandé : « Il a bien été assassiné, n'est-ce pas ? » Cette question incongrue jette, évidemment, un froid dans la réunion de famille. Six ou huit coups de hache assenés, dès le lendemain, par une main anonyme sur le crâne de la bavarde, et un peu d'arsenic fourré dans le gâteau de sa dame de compagnie, justifieront l'intervention d'Hercule Poirot. Son fameux sens de la déduction prouvera que la question de Cora n'était pas si sotte...



Mon avis :

Où je retrouve ce qui me plaît tant dans les romans d’Agatha Christie !

Après les funérailles de Richard Abernethie, toute sa famille est rassemblée, jusqu’à ce que Cora, la cadette excentrique de la famille, balance tout à trac une remarque qui jette un froid. Personne ne la prend au sérieux, jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée assassinée. C’est l’ami et avoué de la famille qui décide de faire discrètement appel à Hercule Poirot, lequel n’hésitera pas à jouer un rôle pour mener son enquête.

J’ai beaucoup aimé ce roman. L’intrigue est classique mais bien ficelée, tellement bien, que pour une fois je n’ai pas du tout deviné l’identité du meurtrier. J’ai toujours plaisir à me plonger dans cette ambiance typiquement british et surannée. Et au-delà de l’intrigue policière, Agatha nous raconte une société en mutation. Les grandes maisons sont désormais trop coûteuses pour les familles, les convenances d’autrefois disparaissent, tout un mode de vie est sur le point de disparaître.

Une lecture bien plaisante.  

mercredi 20 septembre 2017

Mercredi, c'est le jour des petits - Tout s'métisse, voyages musicaux à travers le monde

Par Daphné





 





C'est un petit voyage musical que je vous propose de vous faire découvrir aujourd'hui avec la collection Tout s'métisses. Mes filles et moi sommes sous le charme de ces CD accompagnés d'un livre qui nous font découvrir la musique à travers le monde. Ils ont été créés par une association qui oeuvre à promouvoir la diversité culturelle à travers la musique et la lecture. 


Et quelle magnifique découverte, en effet ! A travers les livres et les chansons, nous découvrons des instruments de musique, l'histoire de différents pays, sa faune, sa flore... 




Les chansons, souvent très entraînantes, alternent les voix d'adultes et d'enfants ainsi que les langues. Il est parfois surprenant de découvrir des versions différentes de chansons traditionnelles telles que nous les connaissons. Ainsi, dans Yemaya, "A la Claire fontaine" version Amérique Latine prend une tout autre dimension! Les chansons mi en français mi dans une autre langue nous offrent souvent de véritables merveilles, les langues se mariant magnifiquement bien entre elles. Mes filles et moi aimons particulièrement, dans l'album Dounia la très belle version de "Colchique dans les prés" chantée mi en arabe mi en français. quel plaisir de découvrir de nouvelles langues et des instruments peu familiers à travers ces si belles mélodies!


Les livres ne sont pas en reste. Joliment illustrés, ils nous donnent la traduction des chansons, nous donnent divers renseignements sur les pays présentés, nous présentent les instruments de musique ou la cuisine traditionnelle. Ils sont particulièrement bien faits et accessibles pour les enfants. 




Pour l'instant, nous ne connaissons que Yemaya (Amérique Latine), Dalaka (Afrique de l'ouest), Dounia (Maghreb) et Kalenda (Créole) mais il existe aussi un album de musique de la Nouvelle-Orléans que nous n'avons pas encore découvert mais venons d'emprunter à la médiathèque (ce sera pour les prochains jours!). Les quatre albums que nous avons déjà lu et écouté nous ont enchanté mes filles et moi. Ma fille de trois ans et demi  apprécie particulièrement les musiques créoles sur lesquelles elle aime beaucoup danser. 

Une collection à découvrir absolument!










mardi 19 septembre 2017

Au nord du monde - Marcel Theroux

Par Ariane






Auteur : Marcel Theroux

Titre : Au nord du monde

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Stéphane Roques

Editeur : 10 : 18

Nombre de pages : 360p

Date de parution : novembre 2011


Présentation de l’éditeur :

« Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis.»
Au nord du monde, la terre s’étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d’un temps qui n’existe plus et d’une humanité à reconstruire. Ravivant à l’horizon la lueur d’une rédemption…

Un roman visionnaire et obsédant sur la beauté du monde et sa fragilité.



Mon avis :

Décidément, ce tour d’horizon des romans post-apocalyptiques me réserve de belles surprises ! On pourrait craindre que toutes ces lectures sur le même thème, ce soit redondant à la fin. Mais pas du tout. Alors même si dans ce roman, j’ai trouvé des ressemblances avec certaines de mes lectures précédentes, j’y ai aussi trouvé des différences. Je l’ai trouvé notamment bien plus perssimiste et sa vision de l’humanité encore plus noire.

A Evangeline, petite ville de Sibérie, il ne reste que le shérif Makepeace. Jusqu’à ce qu’un événement inattendu l’incite à prendre la route à la recherche d’une humanité quasi-disparue.

Difficile de faire un résumé de l’histoire sans trop en dire, car Makepeace rencontrera de nombreuses embûches sur son chemin. Ce personnage tout d’abord. Quelle personnalité ! J’ai beaucoup aimé ce personnage qui nous raconte son histoire avec pudeur et qui sous un aspect rébarbatif cache un bon cœur et une grande intelligence.

Qu’est-il arrivé au monde ? Theroux ne répond pas à cette question, car le récit de Makepeace se déroule plusieurs années après les événements, même si certains détails de son récit apportent des indices. Mais est-ce vraiment important ? Le monde décrit par Theroux est très sombre et la plupart des personnes rencontrées par Makepeace ne donnent pas vraiment foi en l’humanité, bien au contraire. Et pourtant, l’espoir subsiste. Incarné par des personnes comme Makepeace, ou Ping, ou Chamsoudine, ou le vieux prêtre,…

La famille de Makepeace a quitté une vie confortable aux Etats-Unis pour s’exiler dans ces terres hostiles afin de vivre au plus près de la nature (et de leurs principes religieux). Cette question du lien entre l’homme et la nature, ou plutôt du lien rompu, se retrouve chez plusieurs auteurs. Et c’est une problématique passionnante.

L’auteur s’interroge aussi sur la place de la religion et son influence sur la vie humaine. Après tout, c’est aussi pour vivre pleinement leur religion que les parents de Makepeace et d’autres colons ont tout quitté ; c’est la religion encore qui coûtera cher à Makepeace après son arrivée à Hober ; et c’est encore au nom de la religion que d’autres justifieront des actes ignobles. Plusieurs hommes de Dieu sont présents dans le récit de Makepeace : lâches, cruels ou ignorants. En quoi ces hommes méritent-ils le nom d’hommes de Dieu ? D’autres le mériteraient bien plus par leurs actes. Caux qui font preuve de courage, de persévérance, de générosité, de pitié. Comme Makepeace qui finalement porte bien son prénom.

Plus qu’une belle découverte, c’est une pépite !



Extrait :

« Je lui ai dit que, d’après mes observations, il ne fallait pas plus de trois jours avant que le désespoir et la faim sapent tout instinct civilisé chez une personne. Il a souri et répondu que j’avais une vision sombre de la nature humaine et que, d’après son expérience, c’était plutôt quatre. »

J'ai partagé cette lecture avec Laure (son billet à venir plus tard)

D'autres avis chez AifellePapillonHélène, Keisha,