vendredi 25 janvier 2019

Sauveur & fils, saison 1 - Marie- Aude Murail

Par Daphné














Auteur : Marie-Aude Murail
Titre : Sauveur & fils
Genre : roman jeunesse
Langue d’origine : français

Editeur : L'école des loisirs




Résumé de l'éditeur :

Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?


Mon avis :

Et dire que ce livre traînait dans ma PAL depuis un temps indéterminé et que je ne l'en avait toujours pas sorti! Marie-Aude Murail étant  pourtant l'une des auteures phare de mon adolescence, je n'avais guère de risque d'être déçue. Collégienne, j'ai en effet dévoré la série des Emilien (mes préférés!), des Nils Hazard, ai lu et relu Oh boy!  et j'en passe... Mais ce n'est que récemment que j'ai renoué avec Marie-Aude Murail en lisant 3000 façons de dire je t'aime et que je me suis dis qu'il en fallait pas perdre de vue cette auteure dont j'ai tant aimé les livres.

On fait ici connaissance avec Sauveur, psychologue clinicien, et de son fils Lazare, 8 ans, qui écoute les consultations de son père caché derrière une tenture. Et il en reçoit, Sauveur, des gens en consultation! Tous ont des problèmes différents mais un mal-être ou une souffrance en commun. Et au milieu de tout ça, le petit Lazare se retrouve confronté au racisme de certaines personnes et son père à un passé douloureux dont il en sait comment parler avec son fils. 

J'ai bien reconnu là la plume de Marie-Aude Murail, son humour mais aussi sa tendresse envers ses personnages, la finesse dont elle fait preuve dans son observation du quotidien et de la vie des adolescents et des enfants. Les sujets abordés dans ce livre ne sont pas forcément légers mais elle les traite avec une certaine malice et sait parfaitement doser l'humour et la tendresse. On ne peut que s'attacher à ses personnages, tous tellement différents et si réalistes.

Je crois que je n'ai plus qu'à lire les deux tomes suivants ! Et je suis à deux doigts de courir dans ma maison d'enfance pour récupérer ma précieuse série des Emilien et m'y replonger ! 

Extrait :

"On ne sauve pas les gens d'eux- mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s'il le veut, s'il le peut. Tu peux aider les autres, Lazare, mais tu n'es pas tout-puissant."

mercredi 23 janvier 2019

Mercredi, c'est le jour des petits : Le renard Tokela - Pog et Marianne Alexandre

Par Ariane



Auteur : Pog
Illustrateur :Marianne Alexandre
Titre : Le renard Tokela
Editeur : Des ronds dans l'O

Présentation de l'éditeur :

La jeune Winona vit heureuse dans la tribu des Oceti sakowin oyate, le peuple des sept feux où chacun y vit respecté de tous. Au départ des caribous, la tradition veut que les jeunes partent à la chasse et tue leur animal-totem. Ils devront se recouvrir de leur peau et rentrer au village. Le totem devient alors leur protection. Mais Winona ne veut pas tuer. Elle va croiser Tokela, le renard, qui épargné, va l'aider à rentrer au village parée d'une peau de bête.

Mon avis :
Premier coup de cœur dans la sélection CE1 du prix des Incorruptibles ! 
Ce très joli album nous conte l'histoire de Winona une petite fille qui refuse de tuer alors que la tradition l'exige. 
J'aime quand les livres font rêver et réfléchir, et c'est le cas avec l'histoire de Winona, qui du haut de son jeune âge, refuse de se plier à une tradition qu'elle n'accepte pas. Elle nous montre que si la tradition soude une communauté, elle peut évoluer. 
Et cette fois encore, les illustrations m'ont beaucoup plu. Colorées et douces à la fois, dans un style bd qui pourtant n'est pas ce que j'apprécie le plus. 
Une jolie lecture que j'ai aimé partager avec mes filles. 




L'avis de Chloé :
C'est l'histoire d'une tribu, d'une petite fille et d'un renard. Et la petite fille n'aimait pas la chasse, mais dans sa tribu les enfants devaient tuer un animal totem. Quand c'était l'heure de tuer un animal totem, la petite fille a vu le renard tokela, elle allait tirer mais elle pleurait, et elle n'a pas tiré. Ils sont devenus amis et elle lui a dit ce qui la rendait triste, et le renard tokela a eu une idée. Elle est rentrée dans sa tribu avec le renard tokela sur la tête comme si elle l'avait tué, mais il n'était pas mort et le chef de la tribu l'a senti et il été fâché. Il a lancé son tomahawk dans les airs, mais un chamane a dit "les traditions sont faites pour être dépassées." Et du coup, ils ont changé la tradition et au lieu de tuer un animal totem, ils l'ont apprivoisé.


J'ai bien aimé, parce que j'aime bien les renards et je n'aime pas la chasse comme la petite fille. Je l'aimait bien parce qu'on a des qualités pareilles. 


Les dessins étaient jolis, j'aimais bien le renard. Je l'ai trouvé trop chou quand il la regardait pour la remercier de ne pas l'avoir tué.


J'ai aimé cette histoire, parce que j'aime les animaux et que j'aime bien les indiens. La petite fille a désobéi mais parce qu'elle n'a pas voulu tuer le renard parce qu'elle ne trouvait pas ça juste. 




ligne jeunesse catégorie animal


mardi 22 janvier 2019

La belle amour humaine - Lyonel Trouillot

Par Ariane


Auteur : Lyonel Trouillot

Titre : La belle amour humaine

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Actes Sud

Nombre de pages : 176p

Date de parution : août 2011

Présentation de l’éditeur :

A bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d’Haïti où elle espère retrouver les traces d’un père qu’elle a à peine connu et éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Le caractère particulier de ce voyage encourage bientôt Thomas à prévenir la jeune femme qu’il lui faudra très probablement renoncer à une telle enquête pour faire l’expérience, dans ce village de pêcheurs dont il est lui-même issu, d’un véritable territoire de l’altérité où les lois sont amicales et flexibles, les morts joyeux, et où l’humaine condition se réinvente sans cesse face aux appétits féroces de ceux qui, à la manière du grand-père d’Anaïse et de son complice en exactions, le “colonel” – tous deux jadis mystérieusement disparus dans un incendie –, cherchent à s’octroyer un monde qui appartient à tous.
Dans ce roman qui prône un exercice inédit de la justice et une fraternité sensible entre les hommes sous l’égide de la question : “Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?”, Lyonel Trouillot, au sommet de son art, interroge le hasard des destinées qui vous font naître blanc ou noir, puissant ou misérable, ici ou ailleurs – au Nord ou au Sud. S’il est vrai qu’on est toujours “l’autre de quelqu’un”, comment et avec qui se lier, comment construire son vivre-ensemble sinon par le geste – plus que jamais indispensable en des temps égarés – d’accueillir, de comprendre ?



Mon avis :

Dans son taxi, Thomas emmène Anaïse à Anse-à-Fôleur, un village côtier. Et il raconte, le village et ses habitants, mais aussi le grand-père d’Anaïse et le colonel, hommes cruels et froids, morts mystérieusement dans l’incendie de leurs maisons.

Une très jolie plume, poétique et rythmée. Je me suis totalement laissée porter la musicalité du texte. Au-delà de la beauté de la forme elle-même, le fond est tout aussi agréable. Loin de l’image de violence et de pauvreté que l’on associe à Haïti, c’est un village heureux que Thomas raconte, à la vie s’écoule lentement et paisiblement. Une vision idéale bouleversée par l’arrivée de deux étrangers, apportant avec eux la violence et la peur.

Quelle jolie lecture !



Extrait :

« S’ils te demandent à quoi cela sert de découvrir l’astuce par laquelle le lait qui n’a pas de jambes s’arrange pour grimper jusqu’au cœur de la noix de coco, c’est qu’ils souhaitent que tu comprennes que peu de choses méritent qu’on en saisisse les origines, les pourquoi et les conséquences. Qu’il est des faits sans importance qui ne valent pas le bavardage, et d’autres dont les causes sont d’une telle profondeur qu’elles échappent à toute analyse, et qu’il convient pour être heureux de les laisser à leur mystère « Laissez les choses à leur mystère », voilà ce qu’ils te répondront. »


« De mémoire de villageois, jamais ils ne vécurent meilleur matin ni meilleure nuit, et, n'était le souvenir charnel des mets et des baisers, ils pourraient croire avoir rêvé. Voilà ce que les hommes te diront. Les femmes ajouteront pour leur part qu'il ventait ce soir-là un air de parfum frais, mélange de petit baume, de jasmin et d'ilang-ilang. »


« Le visage humain est, dit-il, la plus petite unité de la beauté et de la laideur des espèces vivantes, le plus petit territoire sur lequel s'affrontent la bonté et la cruauté, la bêtise et l'intelligence. »

Ligne générale, catégorie adjectif

lundi 21 janvier 2019

La nuit du porte-lumière - Peter Tremayne

Par Daphné

















Auteur : Peter Tremayne
Titre : La nuit du porte-lumière
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrice : Corine Derblum
Editeur : 10/18
Nombre de pages : 354
Date  d'édition : 2017

Résumé de l'éditeur :

Irlande, 671. Alors que les préparatifs de la fête païenne de Samhain vont bon train, frère Eadulf découvre, au milieu du bois assemblé pour le bûcher, le cadavre d'un homme, exécuté selon l'ancien rituel de la "triple mort" : la gorge tranchée, le crâne fracassé et poignardé en plein Cœur. Quand apparaît Brancheo, femme étrange couverte d'un manteau de plumes noires qui prophétise le retour des anciens dieux et leur vengeance contre ceux qui les ont oubliés, elle attire rapidement les soupçons. Mais, dans leur recherche du meurtrier, sœur Fidelma et Eadulf vont comprendre qu'une ombre plus malfaisante encore menace la forteresse. Car leur enquête se révélera liée à la disparition d'un livre volé aux archives secrètes du pape, qui pourrait détruire la nouvelle foi chrétienne dans les cinq royaumes...

Mon avis :

Voici pour moi une lecture en demi-teinte. Je savais en ouvrant ce livre qu'il y avait autant de chance pour qu'il me plaise pour que je m'y ennuie. 

Qu'il me plaise car il se passe à une époque et dans un contexte historique qui m’intéresse. J'ai en effet beaucoup lu, passé un temps, sur cette époque où les anciennes religions se sont retrouvées supplantées par le christianisme. L'opposition entre les rites et les croyances païennes et chrétiennes sont ici finement détaillées et explorées. On en apprend beaucoup sur les traditions païennes et sur la manière dont elles ont été peu à peu étouffées par la nouvelle religion. On sent que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet et il nous promène à travers l'Irlande médiévale de manière très convaincante. 

Il y avait cependant un risque pour que cette lecture m'ennuie quelque peu. D'une part parce qu'elle ait partie d'une série et que ce n'est pas l'un des premiers tomes. Même si les livres de sœur Fidelma peuvent se lire indépendamment les uns des autres, il est toujours risqué de ne pas commencer par le premier (mais ce tome-ci était le seul disponible à la bibliothèque!). D'autre part, parce que c'est une intrigue policière et que les polars ne font généralement par partie de mon domaine de prédilection. Voilà ce que je me suis dit en ouvrant ce livre et... C'est à peu près ce qu'il s'est passé. N'ayant pas lu les autres livres de la série, je ne connaissais pas les personnages de Fidelma et d'Eadulf et cela a nuit à ma lecture. J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages, ce qui n'aurait peut-être pas été le cas si j'avais pu suivre leur évolution depuis le début. Par ailleurs, l'enquête est bien menée mais la manière d'enquêter de Fidelma m'a parut parfois trop abrupte et manquant de subtilité.

Je retiendrai toutefois ce livre pour son côté historique particulièrement intéressant. Peut-être lirai-je le premier tome qui pourrait me permettre de mieux m'imprégner du contexte et des personnage et de mieux apprécier les suivants.


Extrait : 

" Lui-même avait été élevé dans la culture des ses ancêtres. Dans son village de Seaxmund's Ham, au pays des south folk des Angles de l'est, on célébrait une fête similaire, la Modranight ou nuit de la Terre Mère. Elle était suivie du mois de Blotmonath, où l'on offrait des sacrifices aux dieux afin d'obtenir leur protection contre les esprits des bois et des lieux déserts - il frissonna à cette simple évocation. Adolescent, il avait accepté avec ferveur les enseignements des missionnaires chrétiens venus évangéliser le royaume. Néanmoins, des usages et des croyances remontant à la nuit des temps ne s'effaçaient pas aussi vite. il ressentait parfois l'influence des coutumes d’antan que le christianisme avait tenté d'absorber, faute de parvenir à les supprimer."

samedi 19 janvier 2019

Le signal - Maxime Chattam

Par Ariane


Auteur : Maxime Chattam
Titre : Le signal
Genre : roman fantastique
Langue d’origine : français
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 752p
Date de parution : octobre 2018

Présentation de l’éditeur :
La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls.
Un havre de paix.
Du moins c’est ce qu’ils pensaient....
Meurtres sordides, conversations téléphoniques brouillées par des hurlements inhumains et puis ces vieilles rumeurs de sorcellerie et ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse leurs adolescents.....

Mon avis :
Quand j’étais ado, j’ai dévoré les romans d’horreur. King, Masterton, Matheson, Herbert, Rice, Koontz et leurs prédécesseurs Lovecraft, Poe ou Stoker me sont passés entre les mains. Puis l’intérêt s’est émoussé et j’ai abandonné le genre. Mais de temps en temps, cela me titille d’y revenir et de retrouver ce frisson. Pour cela, j’aurai pu renouer avec un auteur connu, voire relire un livre particulièrement marquant, mais j’ai décidé de découvrir Maxime Chattam Le résultat n’aura pas été à la hauteur de mes attentes.
Tom et Olivia Spencer, accompagnés de leurs enfants Chad et Zoey et d’Owen, le neveu d’Olivia qu’ils ont recueilli suite à un drame familial, décident de quitter New-York pour une petite ville de Nouvelle-Angleterre. Ils ont eu un coup de cœur pour une vieille ferme centenaire, rénovée par une de leur connaissance. Mais très vite des événements troublants se produisent.
Bon, déjà rien qu’avec ce résumé on sent que ça manque d’originalité. Après tout, la famille idéale qui débarque dans une petite ville et se voit confrontée à des phénomènes surnaturels, c’est l’un des thèmes récurrents dans la littérature ou le cinéma d’horreur. Mais ça ne s’arrête pas là. C’est une accumulation de clichés.
 Tout y est : la ville construite sur le lieu d’un massacre d’indiens, une innocente accusée de sorcellerie lors des procès de Salem, le tueur en série, les légendes indiennes, l’épouvantail qui prend vie dans son champ de maïs,… 
Même les personnages sont ceux que l’on retrouve partout. A croire que l’auteur a écrit son roman à l’aide d’une liste des clichés récurrents de la littérature/cinéma d’horreur : la jolie baby-sitter, check ! la présence invisible et menaçante, check ! le chef de la police qui ne veut rien voir, check ! le jeune flic tout juste arrivé d’une grande ville pour fuir un passé douloureux et qui espère trouver dans cette petite ville tranquille la tranquillité à laquelle il aspire mais qui comprend d’instinct que quelque chose cloche, check ! 
Et les lieux dans lesquels se déroule l'action ? Même chose : la vieille ferme, le cimetière abandonné, le champ de maïs, les égouts, l’asile, le lycée,… Pfff !
Apparemment, Stephen King est un modèle pour Chattam et ça se voit. Les références sont très nombreuses. Trop. Et très visibles. Trop. Maisl’histoire imaginée par Chattam n’est pas à la hauteur de celles des grands noms de la littérature fantastique. Sans parler du style. Lourd et répétitif (quasiment à chaque page on trouve « la peur primale de l’animal humain, qui perçoit le danger avant de le voir et reconnaît la mort, la terreur le paralyse et lui coupe les jambes, tandis que la présence terrifiante, glaçante à l’odeur ancienne et morte s’approche » (ce n’est pas une citation exacte mais une sorte de résumé), tout ça manque cruellement de personnalité.
Ah ! Un dernier détail m’a dérangée. Le liseré noir qui encadre le texte. A part gâcher inutilement de l’encre, quel intérêt ?
En utilisant tous les codes du genre, Chattam livre un roman efficace mais totalement dénué d’originalité. Ça se lit bien, mais c’est tout de même une impression générale de superficialité qui domine. A la question de la quatrième de couverture « Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un ivre ? », je dirai « oui, mais pas cette fois ». Aussitôt lu, aussitôt oublié. Bref, pour une première rencontre, ce n’est pas vraiment une réussite. Pas sûre qu’il y en ait une deuxième.