lundi 11 avril 2022

La vérité sur la lumière - Auður Ava Ólafsdóttir

 Par Daphné










Auteur : Audur Ava Olafsdottir

Titre : Auður Ava Ólafsdóttir
Genre : roman
Langue d’origine :islandais
traducteur: Eric Boury
Editeur :points
Nombre de pages : 224

Date de parution : 2021

Résumé de l'éditeur :

Dýja descend d’une lignée de sages-femmes islandaises. Seules sa mère et sa sœur y échappent : l’une travaille dans les pompes funèbres, l’autre est météorologue – naître, mourir, entre les deux quelques tempêtes.
Elle aide à mettre au monde son 1922e bébé, et note à quel point le plus difficile est toujours de s’habituer à la lumière. Alors qu’un ouragan d’une force inouïe menace l’île, elle apprivoise l’appartement mal fichu hérité de sa grand-tante, avec ses meubles qui font doublon, des ampoules qui clignotent sous la menace d’un court-circuit et un carton à bananes rempli de manuscrits. La transmission sera aussi littéraire, Tante Fífa ayant poursuivi le grand œuvre de l’arrière-grand-mère : recueillir les récits, pensées et témoignages des sages-femmes (« mères de la lumière » en islandais) qui parcouraient la lande sous le blizzard et dans la nuit noire. Aujourd’hui comme hier, le fil ténu qui relie à la vie est aussi fugace et fragile qu’une aurore boréale.
Sous la mansarde, au dernier étage de l’immeuble, un touriste australien égaré semble venu des antipodes simplement pour réfléchir. Décidément, l’être humain reste l’animal le plus vulnérable de la Terre.

Mon avis :

Les livres de Auður Ava Ólafsdóttir sont toujours pour moi de véritables petits bijoux. Ils ont toujours un côté doux, poétique et sincère, un charme bien à eux, que je ne retrouve dans nul autre écrit. Ici, c'est de Dýja, que nous parle l'autrice. Dýja est sage-femme, savoir qui dans a famille, se transmet de génération en génération. Elle partage sa vie entre les bébés qu'elle met au monde et l'appartement hérité de sa grand-tante, appartement d'une autre génération, vieux, délabré et plein de surprises. Elle y redécouvre Fifa, la grand-tante dont elle a été si proche en lisant les écrits de cette dernière, d'étranges récits décousus se questionnant sur la vie, l'être humain, la lumière...

Voilà un roman tout aussi décousu que les écrits de Fifa car il peut paraître totalement désordonné, mais pour ma part, j'ai beaucoup aimé. Réflexions philosophiques et scientifiques s'entremêlent ici avec la naissance, vie, la mort, l'existence, l'obscurité et la lumière. On y croise un carton à bananes, un appartement venu d'un autre temps, des nouveau-nés, une tempête, un étrange voisin... C'est décousu, c'est confus, c'est tendre et plein de poésie, cela interroge, c'est authentique, délicat... C'est une histoire de lignée, de  transmission de vie. C'est étrange, inclassable, et c'est ce qui en fait tout le charme. 

Un petit bijou de plus, et me voilà à attendre impatiemment un nouveau livre de cette autrice!

Extrait :

"On dit que l'homme ne se remet jamais d'être né. Que l'expérience la plus difficile de la vie, c'est de venir au monde. Et que le plus difficile ensuite, c'est de s'habituer à la lumière."


samedi 9 avril 2022

La panne - Friedrich Dürrenmatt

Par Ariane


Auteur : Friedrich Dürrenmatt

Titre : La panne

Genre : allemand

Langue d’origine : français

Editeur : Le livre de poche

Nombre de pages : 128p

Date de parution : Albin Michel

 

Mon avis :

Quel curieux petit roman ! Dont je n’aurais probablement jamais entendu parler sans les rencontres entre lecteurs organisées par ma librairie préférée !

Alfredo Traps, voyageur de commerce, tombe en panne dans un petit village. L’auberge étant complète, il trouve refuge chez un juge à la retraite, lequel l’invite également à dîner le soir-même avec quelques amis. Les vieillards lui expliquent qu’ils ont l’habitude de se retrouver pour réendosser les rôles de leurs anciennes professions. En plus du juge, il y a là un avocat, un procureur et un bourreau. Ensemble, ils rejouent les grands procès de l’histoire ou en intentent à certains personnages historiques. Ils proposent à Traps de se joindre à eux dans le dernier rôle vacant : celui de l’accusé. Ne reste plus qu’à trouver un crime…

Ce court huis-clos, qui se déroule au cours d’une soirée devant un repas gargantuesque et bien arrosé, est une critique acerbe du fonctionnement de la justice. Traps, décidément pas très malin, se laisse manipuler par les questions habiles du procureur et du juge, tient des propos irréfléchis savamment détournés par l’accusation sans même s’en rendre compte. Pour le lecteur, la tension monte malgré l’ambiance joyeuse du festin.

Une petite pépite, cynique et jubilatoire à la fois !   

 

Extrait :

« Curieux et intrigué, Traps s'enquit du crime dont il aurait à répondre.
"Aucune importance!" lui répondit le procureur tout en essuyant son monocle. " Vraiment, c'est la moindre des choses : un crime, on en a toujours un!" »
 

vendredi 8 avril 2022

Bilan de mars (Daphné)

 Par Daphné

Je n'ai pas beaucoup lu le mois dernier. Après avoir découvert les livres de Delphine de Vigan en février, j'ai poursuivi cette découverte en mars avec Rien ne s'oppose à la nuit et Les heures souterraines. Une lecture assez marquante avec La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines. Et un grand coup de cœur avec S'adapter. J'espère lire un peu plus en avril mais je ne suis pas sûre que cela soit bien parti... on verra bien!

Et vous, quelles ont été vos dernières lectures ?


 




mardi 5 avril 2022

Le temps des grêlons - Olivier Mak-Bouchard

Par Ariane


Auteur : Olivier Mak-Bouchard

Titre : Le temps des grêlons

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Le tripode

Nombre de pages : 352p

Date de parution : mars 2022

 

Présentation de l'éditeur :

Du jour au lendemain, partout sur la planète, c’est la stupéfaction : les appareils photographiques ont cessé de fonctionner, ils refusent d’enregistrer la présence des personnes ! C’est à croire que l’univers, saturé de nos présences, a décidé de se révolter contre l’espèce humaine. En Provence, trois enfants doivent grandir avec ce phénomène inexplicable, et voient leur monde basculer dans une direction que personne n’aurait imaginée...

Mon avis :

Il y a des livres dans lesquels on se glisse avec délice, qu’on referme avec des étoiles plein les yeux et le sourire aux lèvres, auxquels on repense avec joie… Le dit du mistral, premier roman d’Olivier Mak-Bouchard est de ceux-là. Alors forcément, quand mon regard tombe sur son nouveau roman sur une table de la librairie, je ne lis même pas le résumé, je le prends aussitôt et attend avec impatience le soir pour me plonger dans ma lecture…

Olivier Mak-Bouchard imagine une situation totalement incroyable : du jour au lendemain, il devient impossible de photographier ou de filmer quelqu’un ! L’image des êtres humains ne se fixe plus… Les scientifiques ont beau se creuser la tête, ils ont bien quelques idées pour expliquer le phénomène, mais pas le moindre début de solution. Alors tant bien que mal il faut bien s’y faire. Le journal télévisé est présenté par un portrait du présentateur vedette, les reportages illustrés par des dessins, les documents d’identité font figurer un portrait dessiné officiel… Mais le Cloud est décidément trop saturé et se met à relâcher des grêlons, exacte réplique de personnes, anonymes ou célèbres, prises en photo au cours des siècles.

Le narrateur de cette histoire est un gamin âgé d’une dizaine d’années au commencement du récit. Un garçon un peu naïf, voire même un peu simplet parfois, qui porte sur les événements un regard innocent.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier ma lecture est : déroutant. L’histoire, le narrateur, le ton du récit… tout est venu bouleverser mes attentes et mes habitudes. Mes attentes, car après mon énorme coup de cœur pour le premier roman de l’auteur, je m’attendais un peu à retrouver certains des éléments qui m’avaient tant plu. Mes habitudes, car ce n’est jamais facile pour un auteur ou un lecteur de se glisser dans la peau d’un enfant, et quand l’histoire qu’il nous raconte est aussi surprenante que celle-là, tous les repères sont brouillés.

J’ai été tellement déconcertée par cette lecture, qu’au départ je ne savais pas vraiment qu’en penser. Je me disais « ce n’est pas que je n’aime pas, mais… ». Pourtant, plusieurs semaines après avoir refermé le livre, mes pensées y reviennent régulièrement. Car sous l’apparence d’une fable fantastique, les sujets abordés sont sérieux et d’actualité. Et en cela, ce nouveau roman n’est pas si différent du premier…

Olivier Mak-Bouchard a su écrire un deuxième roman original et surprenant, qui ne laisse pas indifférent. Bravo !

samedi 2 avril 2022

Bilan de mars (Ariane)

Par Ariane

Un nouveau mois commence et c'est l'heure du traditionnel bilan mensuel. un mois bien chargé en lectures, mais malheureusement c'est toujours le calme plat du côté des billets de lecture... J'ai beau faire, j'ai beaucoup de mal à trouver le temps et l'envie pour m'installer devant mon ordinateur et écrire. Et quand j'y arrive, rien ne vient ! Bref le retard s'accumule avec plus d'une quarantaine de livres à chroniquer en attente. 

J'ai commencé les lectures pour les 68 premières fois avec trois titres : La fille que ma mère imaginait d'Isabelle Boissard, Décomposée de Clémentine Beauvais et Saint Jacques de Bénédicte Belpois. 

Après mon coup de cœur pour son premier roman, j'étais très heureuse de découvrir Le temps des grêlons, le nouveau roman d'Olivier Mak-Bouchard. Des retrouvailles également avec Rick Bass et son recueil de nouvelles, La rivière en hiver. Une première rencontre avec une nouvelle maison d'édition pour Les choses que nous avons vues de Hanna Bervoets.

J'ai poursuivi la série des aventures de Bernie Gunther de Philipp Kerr, avec le 4ème tome, La mort, entre autres. Grâce au rendez-vous de lecteurs organisé par ma librairie préférée, j'ai découvert un curieux petit roman, La panne de Friedrich Dürrenmatt, conseillé par un autre lecteur. 

C'est une également une autre habituée de la librairie qui m'a conseillé Tananarive de Marc Eacersall. Et exceptionnellement, je n'ai pas lu une, mais deux bandes dessinées ! J'avais emprunté Jours de sable de Aimée de Jongh pour mon compagnon, mais j'ai été attirée par la couverture.








En ce moment, j'ai la grande joie de lire un auteur chouchou


Mon programme de lectures pour avril commence à se charger avec les derniers livres reçus pour les 68 premières fois, mes derniers emprunts à la médiathèque et les livres de ma PAL qui me font de l’œil en ce moment. Et j'espère réussir à écrire !