samedi 10 septembre 2022

Debout dans l'eau - Zoé Derleyn

Par Ariane

Auteur : Zoé Derleyn

Titre : Debout dans l’eau

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Editions du Rouergue

Nombre de pages : 144p

Date de parution : mai 2021

 

Mon avis :

La narratrice (l’autrice ?) vit avec ses grands-parents dans le Brabant flamand Pour l’enfant, onze ans presque douze, l’univers c’est la maison, l’étang, la campagne à perte de vue, les chiens. C’est l’été, la liberté. Les grandes histoires qu’elle imagine et les petits riens du quotidien. Le grand-père se meurt à l’étage, les émotions nouvelles qu’elle ressent au contact du jeune jardinier. Un roman constitué de courts chapitres, successions de moments dans la vie et dans les pensées de la petite.

Rares sont les auteurs qui parviennent à se mettre dans la peau d’un enfant. En général, le résultat est soit trop gnangnan, soit trop adulte pour être crédible. Mais Zoé Derleyn a trouvé le ton juste entre la naïveté de l’enfance et la maturité d’une enfant aux portes de l’adolescence. C’est un personnage de fillette assez attachant, un peu sauvageonne, avec une imagination débordante et en même temps profondément ancrée dans l’instant présent, les sensations, le rapport physique et émotionnel à la nature.

Ce roman m’a heureusement surprise parmi la sélection des 68 premières fois. En lisant le résumé, je n’étais pas vraiment tentée et finalement, j’ai beaucoup aimé cette lecture, immersive, sensitive et sensible.

 

Extrait :

« Debout, de l’eau jusqu’à la taille, je suis capable de rester immobile dans l’étang très longtemps. Mes pieds disparaissent peu à peu dans la vase. À travers le reflet de mon maillot rouge, j’aperçois mes jambes, tronquées aux chevilles. Je laisse les poissons s’approcher de moi jusqu’à ce qu’ils m’embrassent les mollets, les genoux, les cuisses. Je ne bouge pas, j’oscille légèrement, je respire au rythme de l’eau, je fais partie de l’étang. »

 

mardi 6 septembre 2022

Ubasute - Isabel Guttierez

Par Ariane



Auteur : Isabel Guttierez

Titre : Ubasute

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : La fosse aux ours

Nombre de pages : 128p

Date de parution : août 2021

 

Mon avis :

Au Japon, lorsque la mort approche pour un parent âgé, on l’abandonne dans la montagne. C'est une légende, mais c'est ce que souhaite Marie. Elle est malade, elle sait qu’elle va bientôt mourir et elle demande à son fils de la porter. Une ascension silencieuse, le fils portant sa mère sur son dos, chacun plongé dans ses pensées. Marie visite ses souvenirs, le frère perdu, les parents absents, les grands-parents aimants, l’homme de sa vie, les enfants…Un voyage intérieur, un adieu au monde.

C’est un très court roman. Mais en si peu de pages, Isabel Guttierez parvient à nous offrir un texte délicat et poétique, porté par une écriture lumineuse et un très beau personnage. Marie est une femme forte et douce, passionnée et sensible. Quelques pages suffisent pour donner vie à cette femme et l’ancrer dans le paysage intérieur du lecteur.

Un vrai, beau et magnifique plaisir de littérature.    

 

Extrait :

« Marie n’est pas si âgée, mais elle a découvert tardivement ce que vivre signifiait et elle s’en est saisi. Les mains en corbeille, elle a accueilli les odeurs piquantes de la tristesse et de l’amour, les cris de plaisir et de désespoir des hommes, toutes sortes de vies, des couleurs éclatantes, des lumières presque éteintes. Demain, elle partirait gonflée de ce saisissement. »

samedi 3 septembre 2022

Bilan d'août (Ariane)

Par Ariane


Quel bonheur de profiter de quelques semaines de vacances ensoleillées pour passer du temps en famille, visiter, découvrir, se reposer, se baigner, déguster et faire de belles lectures ! Mon mois d'août a été riche en lectures, j'ai repris le travail reposée et motivée, la tête pleine de beaux souvenirs de lecture à partager. 

J'avais décidé d'être patiente et de me garder la lecture de la saga Blackwater de Michael MacDowell pendant les vacances. Bien m'en a pris, c'est la lecture idéale pour ça !




Quel superbe roman que L'autre moitié du monde de Laurine Roux ! J'ai embarqué pour L'île du serment de Peter May, pour une enquête policière mêlant souvenirs et réminiscence d'un passé lointain. Petite déception pour Les gardiens du phare de Emma Stonex.


Je me suis régalée avec La vérité sur "ils étaient dix" de Pierre Bayard.

Deux lectures pour les 68 premières fois : Ubasute de Isabel Guttierez, un roman tout en délicatesse, Debout dans l'eau de Zoé Derleyn, fenêtre ouverte sur l'enfance et Faire Corps de Charlotte Pons.

 



Des bandes dessinées, encore ! Ça va devenir une habitude ! La trilogie Melvile de Romain Renard est aussi belle à regarder que passionnante à lire.


En ce moment je lis ...

En septembre, mes lectures seront principalement consacrées aux dernières parutions. J'ai craqué dans ma librairie préférée pour les titres que j'avais repérés.










mardi 30 août 2022

Blackwater - Michael McDowell

Par Ariane





Auteur : Michael McDowell

Titre : Blackwater

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Yoko Lacour et Hélène Charrier

Editeur : Toussaint Louverture

Nombre de pages : 1560p en 6 tomes

Date de parution : avril-juin 2022

Tome 1 : La crue

Tome 2 : La digue

Tome 3 : La maison

Tome 4 : La guerre

Tome 5 : La fortune

Tome 6 : Pluie

 

Mon avis :

Avant tout, il convient de saluer le coup de maître des éditions Toussaint Louverture ! En faisant le pari de publier les six romans de cette saga familiale sous forme de feuilleton (comme lors de leur publication initiale aux Etats-Unis dans les années 80), la maison d’édition a ferré les lecteurs. Il faut dire que la saga est carrément addictive ! J’ai tout de même été patiente pour une fois et j’ai attendu que tous les livres soient publiés avant de plonger. Bon choix, car l’histoire des Caskey a parfaitement accompagné mes vacances !

L’histoire commence en 1919 dans la ville de Perdido en Alabama. Construite au confluent de deux rivières, la ville dont l’activité tourne quasi exclusivement autour de l’industrie du bois, connaît une crue sans précédent cette année-là. Explorant la ville inondée à bord d’une barque, Oscar Caskey et son domestique Bray, découvrent une jeune femme aux cheveux ocre seule dans une chambre de l’hôtel. Qui est-elle, comment est-elle arrivée là, pourquoi n’a-t-elle pas évacué la ville, comment a-t-elle survécu seule sans eau ni nourriture pendant plusieurs jours ? Autant de questions auxquelles Elinor, donnera des réponses évasives. Avec cette rencontre, débute la saga familiale des Caskey que l’auteur déroule sur près de soixante ans…

On retrouve dans les six romans tous les ingrédients habituels d’une saga familiale : des drames, des mariages, des naissances, des morts, des querelles, des luttes de pouvoir, des histoires d’amour, … tandis que l’on traverse tout un pan de l’histoire américaine. Toutefois, des éléments étranges, surnaturels même, tournant autour du personnage mystérieux d’Elinor et de son lien étroit avec la rivière viennent perturber cette apparente normalité et confèrent une atmosphère particulière au roman. Du Dallas mâtiné de Stephen King ! Ou de Tim Burton plutôt, l’auteur ayant notamment co-écrit le scénario de Beetlejuice.

J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à cette lecture, qu’on imagine d’ailleurs bien adaptée à l’écran (par Mike Flanagan par exemple). Saluons également au passage la beauté de l’objet livre. Les couvertures dorées, aux détails travaillés, dessinées par Pedro Oyarbide rappellent les cartes de tarot ou les couvertures d’anciens romans de Jules Verne. Magnifique !