jeudi 23 juillet 2015

Le livre d'un été - Tove Jansson

Par Daphné


Auteur : Tove Jansson
Titre : Le livre d'un été
Genre : roman
Langue d’origine : suédois
Traducteur : Jeanne Gauffin
Editeur : le livre de poche
Nombre de pages : 167
Date de parution : 1978

Résumé de l'éditeur:

Observer les oiseaux sauvages, écrire un livre sur les vers de terre ou guetter les marins de passage, tel est le quotidien de la petite Sophie, qui passe ses vacances d’été sur une île du golfe de Finlande avec sa grand-mère. Une femme hors du commun, à la fois douce et espiègle, qui fume en cachette, jette sa canne pour prendre un bain de mer, et construit Venise avec des boîtes d’allumettes. À mi-chemin du rêve et de la réalité, leurs dialogues complices révèlent l’amour entre une femme qui connaît profondément la vie, et une enfant avide de la connaître. 

Mon avis:

Sophie vit sur une île avec sa grand mère et son père. Celui ci est rarement évoqué, toute l'histoire se concentrant sur la relation qui existe entre Sophie et sa grand-mère. Un lien très fort les unit. Sophie découvre la vie et sa grand-mère l'observe, répond à ses questions, lui fait part de sa propre vision des choses. Quelques cris entre elles mais surtout un grand amour. 

Ce livre, relativement court, est composé de tous petits moments qui, au final, constituent la base d'une relation entre grand-mère et petite-fille. Ensemble, elles explorent l'île, abordent des sujets graves, d’autres plus légers. Vivant en parfaite harmonie avec l'île, elles apprennent l'une de l'autre. en observant les oiseaux ou en sculptant un palais d'allumettes, elles évoquent leurs idées, la vie, la nature...

Nulle action véritable mais simplement les activités et dialogues divers d'une grand mère et d'une petite-fille. La vie tout simplement, l'enfance et la vieillesse, une grande complicité, une relation intergénérationnelle en parfaite adéquation avec la nature.

Les descriptions sont particulièrement réussies. Je me suis crue à plusieurs reprises sur cette île à entendre le vent souffler et le bruit des vagues.

Un petit livre qui se lit très rapidement et dont les chapitres, sans véritable lien les uns avec les autres (si ce n'est les personnages récurrents de Sophie et de la grand mère) peuvent se lire indépendamment les uns des autres. 

Un livre, certes très court, mais profondément beau. 


Extrait:


"Elle demanda comment Dieu pouvait faire attention à tous les gens qui le priaient en même temps.

- Il est très sage, murmura la grand-mère en somnolant sous son chapeau .

- Réponds correctement, dit Sophie . Comment a-t-il le temps?
- Il a des secrétaires ...
- Mais comment arrive -t-il à exaucer votre prière s'il n'a pas le temps de parler avec ses secrétaires avant que ça ne tourne mal?
Grand-mère fit semblant de dormir, mais elle savait bien qu'elle ne trompait personne et, finalement elle déclara qu'il s'était arrangé pour que rien ne puisse arriver entre le moment où on priait et celui où il recevait votre prière. Mais sa petite fille demanda alors ce qui arrivait quand on tombait d'un sapin et qu'on priait pendant qu'on était en l'air."


Lu dans le cadre du challenge Petit Bac 2015, catégorie "Objet"





mercredi 22 juillet 2015

Mercredi, c'est le jour des petits : Le pépé de mon pépé - Noé Carlain et Ronan Badel

Par Ariane


Auteur : Noé Carlain
Illustrateur : Ronan Badel
Titre : Le pépé de mon pépé
Editeur : L'élan vert
Date de parution : mars 2010


Présentation de l'éditeur :
— Dis, pépé, toi aussi tu as eu un pépé ?
— Bien sûr. Mon pépé était le plus fort du monde.
Il soulevait les charrettes pendant que d’autres
réparaient les roues.
— Et le pépé de ton pépé ?…

Un grand-père farceur et son petit-fils
remontent le temps au travers d’une galerie
de portraits hauts en couleur : homme-canon,
terrible pirate, chasseur de mammouth…

Mon avis :
Attention pépite !
Un petit garçon demande à son pépé si il a eu un pépé. Le pépé se lance alors dans l'histoire de son pépé, puis du pépé de son pépé, puis du pépé du pépé de son pépé et ainsi de suite. Tous ces pépés ont connu un destin rocambolesque. L'on peut ainsi aborder avec l'enfant l'histoire puisque l'on remonte le temps avec ces pépés.
Mais ce livre est avant tout plein d'humour aussi bien dans le texte que dans les illustrations. Au sujet des illustrations se n'est pas le style que je préfère mais elles s'accordent à merveille avec le texte.
Il existe apparemment un autre titre intitulé La mémé de ma mémé que je pense découvrir également.



Mercredi, c'est le jour des petits - Le loup qui découvrait le pays des contes - Orianne Lallemand et Eléonore Thuillier

Par Daphné















Auteur : Oriane Lallemend
Illustrateur : Éléonore Thuillier
Titre : Le loup qui découvrait le pays des contes
Editeur :Auzoux

Résumé:


Cette année, pour le banquet du Printemps, Loup veut faire un gâteau aux pommes. Oui mais… il ne sait pas cuisiner. Il attrape son petit panier et sort, bien décidé à trouver quelqu’un pour l’aider. Et qui donc Loup va-t-il rencontrer dans la forêt ? Trois petits cochons, le Petit Chaperon rouge, une horrible sorcière... Et bien d’autres encore ! Il faut au moins cela d’aventures pour réaliser le délicieux gâteau de Tatie Rosette ! Bon appétit !




Mon avis:

Chez nous, les histoires du loup sont très appréciées: ma fille aînée en raffole! J'ai en général, plutôt tendance à éviter les héros de livres qui ont trop de succès: produits dérivés, place de choix dans les librairies...Je préfère partir à la recherche de livres moins connus. Et pourtant, je suis comme ma fille: j'aime beaucoup  le loup!

Ici, le loup décide de faire un gâteau aux pommes mais ne connait pas la recette. Il part donc à la recherche d'une recette et de ses ingrédients et, page après page, ingrédient après ingrédient, il rencontre des personnages de contes. Et bien entendu, tous ces personnages commencent par avoir peur de lui. Et oui, il est le loup n'est ce pas! Quoi de plus naturel que les trois petits cochons ou la maman des sept chevreaux se méfient de lui! Loup ne veut pourtant manger personne: il veut juste faire un gâteau!

Les références aux contes sont très bien faites: si le petit lecteur connait les contes traditionnels, il s'en amusera. S'il ne les connait pas, ce sera l'occasion pour lui de les découvrir. Chez nous, ma fille ne connaissait que "Le petit chaperon rouge" mais elle n'en n'a pas moins apprécié l'histoire!

Dans cette histoire, en dépit de son innocence, le loup se heurte aux préjugés des personnages de conte. Une jolie petite histoire sur la tolérance, l'amitié, et la découverte de l'autre...et également sur les étapes à suivre dans une recette de cuisine!

Petit bonus: la recette de Tatie Rosette nous est donnée à la fin du livre!










mardi 21 juillet 2015

Plus haut que la mer - Francesca Melandri

Par Ariane



Auteur : Francesca Melandri

Titre : Plus haut que la mer

Genre : roman

Langue d’origine : italien

Editeur : Danièle Valin

Nombre de pages : 208p

Date de parution : février 2015

Présentation de l’éditeur :

1979. Paolo et Luisa prennent le même bateau, chacun de son côté, pour se rendre sur l’Île. Mais ce n’est pas un voyage d’agrément, car c’est là que se trouve la prison de haute sécurité où sont incarcérés le fils de Paolo et le mari de Luisa. Ce dernier est un homme violent qui, après un meurtre commis sous le coup de la colère, a également tué un surveillant en prison, tandis que le premier a été reconnu coupable de plusieurs homicides politiques sur fond de révolution prolétarienne. L’homme et la femme ne se connaissent pas, Paolo est professeur de philosophie, mais il n’enseigne plus ; Luisa, elle, est agricultrice et élève seule ses cinq enfants. À l’issue du voyage et de la brève visite qu’ils font au parloir de la prison, ils ne peuvent repartir comme ils le devraient, car le mistral souffle trop fort. Ils passent donc la nuit sur l’Île, surveillés par un agent, Pierfrancesco Nitti, avec qui une étrange complicité va naître. Pour ces trois êtres malmenés par la vie, cette nuit constitue une révélation et, peut-être aussi, un nouveau départ.
Avec Plus haut que la mer, Francesca Melandri livre un deuxième roman incisif et militant, une superbe histoire d’amour et d’idées qui est aussi une subtile réflexion sur le langage, celui de la politique et celui du monde dans lequel nous vivons.



Mon avis :

Une île prison et trois personnages qui vont se rencontrer. Voilà le point de départ de ce roman. Et Francesca Melandri parvient à nous offrir une histoire magnifique et émouvante.

Paolo et Luisa rendent visite à leurs proches emprisonnés dans cette prison de haute sécurité et Pierfrancesco est un gardien chargé de les escorter.

Paolo qui porte en lui la culpabilité des crimes de son fils, culpabilité que celui-ci ne semble pas ressentir. Mais il n’en aime pas moins son fils et continue à lui rendre visite. Les souvenirs de l’enfance de son fils lui reviennent souvent et ces jours heureux sont une blessure.

Luisa, rend visite à son mari. L’emprisonnement de son mari fut une libération pour cette femme battue, même si elle s’est retrouvée à élever seule ses cinq enfants et à gérer une exploitation agricole. C’est une femme courageuse, travailleuse, terre à terre. Elle ne s’en laisse pas compter. C’est une femme de devoir, raison pour laquelle elle rend visite à cet homme qu’elle déteste.

Pierfranscesco le gardien semble presque aussi prisonnier de l’île que les prisonniers. Il se renferme sur lui-même, incapable de partager avec sa femme son quotidien, à la fois pour la protéger à la fois pour se protéger lui-même de la réalité du travail de gardien de prison. Alors il se tait, il tait les violences et les insultes, celles des prisonniers comme celles des gardiens.

Trois personnages éloignés les uns des autres, qui lorsque Luisa et Paolo se retrouvent coincés sur l’île à cause du vent, vont être obligés de passer la nuit ensemble. Un moment hors du temps où ils se rapprocheront, se découvriront, s’ouvriront et se pardonneront à eux-mêmes.

Il y a une certaine lenteur dans la narration qui s’accorde avec le contexte. Beaucoup de subtilité dans les rapports entre les personnages, dans les non-dits autant que dans les paroles.

Francesca Melandri aborde avec beaucoup de justesse une période sombre de l’histoire de son pays. Elle parvient à donner une juste place aux victimes (à travers une unique photo), aux criminels et à leurs proches.

Une belle découverte.



Extrait :

« Il se rendit compte que, pour la première fois depuis de nombreuses années, il allait passer un certain temps non loin de son fils, peut-être plusieurs jours, ou du moins tant que le mistral soufflerait. Une poignée de kilomètres seulement les séparaient ; ils posaient les pieds sur la même bande de terre émergeant de la mer. Cette tempête les unissait comme cela n’était plus arrivé depuis que son fils était entré dans la clandestinité. Peut-être même encore avant. »

Lu dans le cadre du challenge Petit bac pour la catégorie taille et voisins, voisines pour l'Italie
D'autres avis chez Clara, Kathel, Aifelle,
 

lundi 20 juillet 2015

C'est lundi, que lisez-vous ? (28)


Le lundi on retrouve le rendez-vous hebdomadaire organisé par Galleane. Il suffit de répondre à 3 questions :

1. Qu’ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ? 

Ariane 

Qu'ai-je lu la semaine dernière ? 



De très belles lectures étaient au programme de la semaine dernière. J'ai commencé avec le roman de Nicolas Delesalle Un parfum d'herbe coupée, en lecture commune avec Daphné. Puis j'ai lu le magnifique roman de Francesca Melandri Plus haut que la mer. J'ai enchaîné avec le sublissime Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé.

Que lis-je en ce moment ?


Je lis Maman a tort de Michel Bussi.

Que lirai-je ensuite ?




J'ai prévu de lire Incandescences de Ron Rash et Quand rentrent les marins de Angela Huth.


Daphné

Qu'ai-je lu la semaine dernière? 






J'ai lu  cette semaine Le livre d'un été de Tove Jansson et Le mur invisible de Marlen Haushofer.


Que lis-je en ce moment ?




Je lis en ce moment  La vie des elfes de Muriel Barbery

Que lirai-je ensuite ?



Je lirai ensuite en même temps toute la terre et tout le ciel de Ruth Ozeki


Et vous que lirez-vous cette semaine ?

samedi 18 juillet 2015

Faber le destructeur - Tristan Garcia

Par Daphné














Auteur : Tristan Garcia
Titre : Faber le destructeur
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 478
Date de parution : 2013

Résumé de l'éditeur:


«Je ne me rappelle plus clairement notre fuite dans la cour vide du collège. Une lumière blanche aveuglante, à la manière d'un projecteur directement venu du ciel, nous a suivis un instant. Puis Faber a fait le mur derrière les toilettes. Le temps d'enjamber le parapet en ciment, de me râper les genoux contre la pierre crayeuse et le mortier, et nous revoilà en train de galoper dans la ruelle, juste derrière le collège Octave-Joly. Jamais nous n'y sommes retournés. 

Nous avons repris nos esprits. Lorsque le Grand-Cours familier s'est ouvert devant nous, les voitures bourdonnantes du petit matin ont entamé leur ronde routinière sur le boulevard. En s'étirant, Madeleine a ouvert les yeux : "Qu'est-ce qui s'est passé?" 

Faber m'a adressé un clin d'œil. 

Il a indiqué le vieux bâtiment dans notre dos : "On lui a dit adieu." 
"Ah." Madeleine a bâillé. "À qui?" 
"L'enfance, évidemment."»


Mon avis:


Histoire de d'amitié, histoire de violence, histoire de rêves, histoire de désillusion, histoire de trahison: "Faber", c'est tout cela à la fois. 

Enfants, Faber, Madeleine et Basile sont inséparables. Depuis que Faber, à l'école primaire, a défendu Madeleine et Basile contre les moqueries d'autres élèves, ces deux là ne jurent plus que par lui. ensemble, ils vivront leur enfance, puis leur adolescence, unis comme les doigts de la main. Parvenus à l'âge adulte, cependant, leur chemin se séparera.

Ce roman à trois voix nous est conté sur plusieurs années. Nous suivons les personnages durant plusieurs années et assistons ainsi à la dégradation puis à la  chute de leur amitié.

Faber, personnage central autour duquel est construit ce récit est quelqu'un de très énigmatique. Dés l'enfance, on sent que l'on a affaire à quelqu'un hors du commun. Mais qui est il exactement? Un enfant doté d'une remarquable intelligence  ou le diable en personne?  Ou simplement l'incarnation de la désillusion de la jeunesse? Que les chapitre soient narrés de son point de vue, de celui de Basile ou de celui de Madeleine, la même question se pose: qui est réellement Faber? Comment a t-il pu avoir une telle influence sur se deux camarades dont la vie, bien que leur chemin se soient séparés, continuent à tourner autour de lui ? Comment ce personnage si charismatique a t-il pu se retrouver dans l'état pitoyable où le découvre Madeleine au début du livre? 

Toutes ces questions, je me les suis posé, et c'est avec impatience que j'ai attendu la fin du livre afin de pouvoir y répondre. J'ai suivi avec intérêt l'évolution des trois personnages, m'attachant à eux, éprouvant envers Faber la même fascination que Basile et Madeleine. La désillusion m'a paru poignante. Tant de rêves, tant d'espoir de changer les choses pour en arriver à si peu au bout du compte. Quelle cruauté dans cette désillusion si propre au glissement vers l'âge adulte. Faber refuse l'acceptation et cela le poussera à la destruction.

Je me suis donc retrouvée totalement prise dans cette histoire. Et puis, est arrivée la fin...et là...et bien je n'ai toujours pas compris pourquoi l'auteur avait fait le choix d'une telle fin. Étrange, déroutante, pessimiste. Si j'ai aimé la construction de ce roman, l’ambiguïté du personnage de Faber, l'amitié à la fois salvatrice et étouffante qui unit les trois personnages, je n'ai pas tellement apprécié cette fin. Mettant un terme à tout espoir, elle m'a laissé un goût plutôt amer...




Extrait:


"Nous étions des enfants de la classe moyenne d’un pays moyen d’Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n’étions ni pauvres ni riches, nous ne regrettions pas l’aristocratie, nous ne rêvions d’aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nos parents avaient travaillé, mais jamais ailleurs que dans des bureaux, des écoles, des postes, des hôpitaux, des administrations. Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. 

Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chansons — par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d’attendre une vie différente. Nous avons fait des études — un peu, suffisamment, trop —, nous avons appris à respecter l’art et les artistes, à aimer entreprendre pour créer du neuf, mais aussi à rêver, à nous promener, à apprécier le temps libre, à croire que nous pourrions tous devenir des génies, méprisant la bêtise, détestant comme il se doit la dictature et l’ordre établi. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu’il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler. A ce moment-là, c’était la crise économique et on ne trouvait plus d’emploi, ou bien c’était du travail au rabais. Nous avons souffert la société comme une promesse deux fois déçue. Certains s’y sont faits, d’autres ne sont jamais parvenus à le supporter. Il y a eu en eux une guerre contre tout l’univers qui leur avait laissé entr’apercevoir la vraie vie, la possibilité d’être quelqu’un et qui avait sonné, après l’adolescence, la fin de la récréation des classes moyennes. "



Lu dans le cadre du challenge Petit Bac 2015, catégorie prénom



Une famille délicieuse - Willa Marsh

Par Ariane


Auteur : Willa Marsh

Titre : Une famille délicieuse

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traducteur : Eric McComber

Editeur : Autrement

Nombre de pages : 477p

Date de parution : mars 2014

Présentation de l’éditeur :

« - Je connais un secret. Elle se mit à sourire légèrement, d'un air malin. Sa voix était plus forte, maintenant, et elle avait pris cette vieille intonation chantante. La peur piqua Nest au ventre. »
Mina et Nest vivent à Ottercombe House, imposante demeure familiale plantée au cœur de la lande, entourées de leurs chiens et unies par le souvenir d'une enfance idyllique. L'arrivée de Georgie, la sœur aînée atteinte de démence sénile, fait ressurgir un passé douloureux qu'elles auraient préféré oublier. Pire, Georgie s'apprête à révéler des secrets au pouvoir destructeur... Les deux cadettes sont prêtes à tout pour empêcher que la vérité n'éclate au grand jour. Qui aurait cru que ces respectables vieilles dames avaient tant de choses à dissimuler ?



Mon avis :

Willa Marsh nous offre une jolie histoire de famille servie par une écriture délicate. Cela se lit agréablement. Les secrets révélés sont relativement attendus mais cela n’enlève rien au charme qui se dégage de ce roman. Les personnages sont bien construits et attachants, riches d’une forte personnalité, riches de l’affection qu’ils se portent. Les flash-back nous permettent de découvrir la vie de tous ces personnages et de découvrir les enfants et les jeunes femmes passionnées que furent les deux respectables vieilles dames.

C’est un roman sur la famille, la transmission et le temps qui passe. Une histoire dont se dégage une certaine nostalgie mais une nostalgie heureuse, une nostalgie qui ne craint pas l’avenir mais qui au contraire est porteuse d’espoir.

Voilà une lecture bien agréable à savourer avec une tasse de thé et quelques scones !



Extrait :

« La voix de leur mère est aussi calme, aussi musicale que le chant du ruisseau, et tout aussi envoûtante, habile à les apaiser, à faire s'effacer et s'évanouir leur univers familier pour les attirer dans un autre monde: le pays de l'imaginaire, celui des "Il était une fois". »

L'avis de Clara