mercredi 21 avril 2021

Mercredi cest le jour des petits : Barnabé soigne la planète - Gilles Bizouerne et Béatrice Rodriguez

Par Ariane :

Auteur : Gilles Bizouerne

Illustratrice : Béatrice Rodriguez

Titre : Barnabé soigne la planète

Editeur : Didier jeunesse




Mon avis :

Après Loup gris, voici Barnabé, un autre personnage très sympathique de Gilles Bizouerne.

Barnabé est un blaireau. Apprenant que la planète est malade, il décide de la soigner avec l'aide de ses amies Constance la tortue et Claire la taupe.

Ce petit album est l'occasion de passer un message aux enfants et de parler de protection de l'environnement et de recyclage. Faire comprendre que chacun peut agir à son niveau et faire un geste pour soigner notre pauvre planète malade de la pollution. 

Un joli petit album sur un sujet d'actualité important, abordé avec sensibilité pour les plus petits.




mardi 20 avril 2021

Le mal-épris - Bénédicte Soymier

Par Ariane


 Auteur : Bénédicte Soymier

Titre : Le mal-épris

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Calmann-Lévy

Nombre de pages : 336p

Date de parution : janvier 2021

 

Mon avis :

C’est le portrait d’un homme ordinaire, celle d’un homme qui crève d’une enfance qui l’empoisonne, qui crève de l’amour qu’il n’a jamais connu, jusqu’à ce que la rage et la tristesse éclatent par les mots qui brisent et les poings qui cognent. Pourtant, le bonheur était là… à portée de main.

Entre son petit appartement et le bureau de poste où il travaille, Paul mène une vie solitaire et discrète. Pas d’amis, pas de loisirs, ses sœurs pour seule famille. Paul ressasse son enfance sous les coups du père, son rôle de frère protecteur, sa solitude, son physique ingrat. Jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle voisine. Si belle… Paul l’observe, l’épie, note ses moindres faits et gestes dans un carnet, collectionne les photos volées… Une amitié se noue entre les deux solitaires, Paul espère, se prend à rêver, mais la belle Mylène lui échappe, le fuit et la voilà dans les bras d’un grand brun séduisant. Paul enrage, la haine et la colère l’empoisonnent. Arrive alors Angélique, jolie et chaleureuse, joyeuse et gentille. La possibilité du bonheur peut-être ? Mais le poison coule dans les veines de Paul. La colère, les cris, les coups…

Dès le début du roman, Paul inspire autant le malaise que la pitié. L’histoire est abordée de son point de vue, ce qui créé entre le lecteur et ce personnage une proximité dérangeante. Car bien sûr, Paul est de ceux que l’on voudrait détester. Mais Bénédicte Soymier réussit à dresser un portrait très humain de cet homme, à exposer ses souffrances sans minimiser la gravité de ses actes. Pas question d’accepter l’inacceptable, d’excuser l’inexcusable, mais juste comprendre un peu ce qui se cache derrière ces poings brandis, chercher la source de la violence.

Un excellent roman qui décortique avec justesse les mécanismes d’une spirale infernale.   

lundi 19 avril 2021

La prisonnière du temps - Kate Morton

 Par Daphné








Auteur : Kate Morton
Titre :La prisonnière du temps

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Australie)
Traducteur : Anne-Sylvie Homassel
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 616
Date de parution : 2019

Résumé de l'éditeur :

À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proche des Préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily avec qui il vit une passion ravageuse, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais à la fin de sa retraite, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est brisée.

Plus d'un siècle plus tard, Elodie Winslow, jeune archiviste à Londres fiancée à un golden-boy qui l'ennuie, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi le Birchwood Manor semble-t-il si familier à Elodie ? L'inconnue de la photo pourra-t-elle enfin livrer tous ses secrets ? Et si, en l'entraînant sur les traces d'une passion d'un autre siècle, son enquête l'aider à percer le mystère de ses propres origines et à enfin mener la vie qu'elle désire ?

Mon avis :

Généralement, je passe toujours un bon moment avec les livres de Kate Morton. Ce sont des lectures agréables, toujours construites sur le même schéma mais sans que cela ne soit dérangeant. Au contraire, si la construction est toujours la même et que les personnages ont souvent de nombreux points communs, je prends toujours plaisir à suivre ses histoires qui nous entraînent dans des va-et-vient entre passé et présent. Pourtant, cette fois-ci, mon avis est un peu plus mitigé.

Comme dans les romans précédents, une jeune femme, de nos jours, tente de démêler les fils du passé. On alterne donc passé et présent et la jeune femme profite de cette enquête pour s'épanouir : le schéma classique de l'autrice, lequel fonctionne toujours, je me suis laissée prendre aux questionnements et aux alternances entre les époques. mais cette fois, j'ai eu un peu de mal à relier le tout. 

L'idée de départ m'a beaucoup plu car l'un des points de vue du récit est particulièrement original puisqu'il s'agit de celui... d'un fantôme! J'ai beaucoup aimé cette idée, le fait de laisser la parole à un personnage mort depuis des années, personnage qui hante les lieux et voit défiler au fil des années de nombreux visiteurs. Oui, mais voilà : des visiteurs, il y en a beaucoup, sans doute un peu trop pour moi. A peine commençais-je à m'intéresser à l'histoire de l'un d'eux que cette histoire était remplacée par celle d'un autre personnage, à une autre époque. Ce n'est qu'à la fin que l'on comprend réellement les liens entre eux (si ce n'est bien sûr qu'il sont vécus au même endroit sous les yeux du fameux fantôme) et donc leur place réelle dans toute cette histoire. C'est plutôt bien construit et bien pensé... mais j'ai failli me perdre en route, notamment parce que j'ai trouvé toutes ces histoires un peu inégales. Certaine sont retenu mon attention et j'ai ensuite été déçue de ne pas les voir davantage approfondies alors que d'autres m'ont plutôt ennuyée. Et comme ce livre ne compte pas moins de 616 pages, quand on s'ennuie, cela peut paraître long. Cependant, le fil conducteur de l'histoire, ce fameux fantôme qui voit défiler tant de monde dans le lieu qu'il occupe, reste pour moi une idée qui m'a beaucoup plu et c'est donc cela que je retiendrais le plus.


Extrait :

"Le temps ne connaît qu'une direction. Le temps ne s'arrête jamais. Il coule, fleuve inlassable, et ne laisse à personne le temps de réfléchir. La seule manière de le remonter est de se souvenir."

samedi 17 avril 2021

Indice des feux - Antoine Desjardins

Par Ariane

Auteur : Antoine Desjardins

Titre : Indice des feux

Genre : nouvelles

Langue d’origine : français (Québec)

Editeur : La peuplade

Nombre de pages : 360p

Date de parution : janvier 2021

 

Mon avis :

Singulier parmi la sélection des 68 premières fois, ce recueil de nouvelles du québécois Antoine Desjardins, évoque la crise écologique qui couve depuis des décennies et dont les premiers feux éclatent régulièrement.

Chaque nouvelle met en scène un personnage, narrateur de son histoire, à un moment déterminant de son existence. Faire face à sa propre mort ou à celle d’être aimés, grandir ou devenir père, voir s’éloigner un frère ou surmonter la fin d’un mariage. Tranches de vie ordinaires, mais pleines d’émotions, racontées avec sensibilité mais sans sensiblerie. Là réside le talent d’un auteur de nouvelles : offrir une histoire marquante et des personnages forts en quelques pages.

Ces histoires de vie sont l’occasion d’évoquer les maux qui rongent notre monde : des animaux meurent à cause de la pollution, de la déforestation, de la diminution de leurs habitats, le réchauffement climatique provoque des catastrophes naturelles … Et là, on sent le sent un frisson glacé courir le long de l’échine. Car dans le monde qui se dessine, ce qui est ordinaire aujourd’hui pourrait tout aussi bien ne plus être… Quelles vies pourraient exister dans un monde où les océans et le ciel resteraient vides et silencieux, la forêt étouffée sous le béton, les arbres moribonds ?

Mais l’espoir est là… à travers l’enfant qui va naître, à travers le frère qui choisit une autre voie, à travers cet homme qui essaie de sauver un arbre, à travers cette femme qui offre un refuge aux oiseaux. Les feux sont là, mais il reste possible d’agir pour empêcher l’incendie d’éclater et de tout dévaster.

 

Extrait :

« S'accrocher à la vie. Parle-moi d'un beau cliché. Parle-moi d'une belle calice de niaiserie. Comment dire ? On s'accroche pas à la vie ? On la laisserait aller, si on avait le choix, mais c'est pas comme ça que ça marche. C'est elle qui s'accroche, avec ses ongles de dix pouces de long ben plantés dans nos corps cancéreux sans défense. »

 

« Il faut prendre soin, mon homme. Prendre soin de tout, en particulier de ce qui est en train de disparaître. »

 

« - Penses... Penses-tu que ça...Que ça se peut encore... un enfant... Un enfant, dans ce monde-là ? »

 


 

mercredi 14 avril 2021

Mercredi c'est le jour des petits - La petite princesse - Frances H. Burnett

Par Daphné


 








Auteur : Frances H. Burnett
Titre : La petite princesse
Editeur : Folio junior

Langue d'origine : anglais

Traductrice : Paulette Vielhomme-Calais

Nombre de pages : 284

Résumé de l'éditeur :

Sarah Crewe, fille d'un riche Anglais installé aux Indes, arrive à Londres dans un pensionnat réservé aux jeunes filles de la bonne société. Son originalité lui vaut quelques amitiés fidèles et de solides rancunes. Le jour de l'anniversaire de Sarah, une fête somptueuse se prépare mais un homme de loi, vêtu de noir, se présente, porteur d'une terrible nouvelle qui va bouleverser la vie de la fillette. Le père de Sarah vient de mourir. Ruiné, il laisse sa fille seule et sans appui…

Mon avis :

Après avoir vu la série animée et lu la BD, ma fille de 9 ans a enfin découvert le roman qui est à l'origine de tout cela (oui, elle a fait les choses un peu à l'envers!). Et comme prévu, elle s'est toute de  suite retrouvée captivée par les aventures de Sarah Crewe. Elle avait beau connaître l'histoire, elle n'a pas lâché ce livre sitôt ouvert!

Et c'est vrai qu'elle est attachante cette petite Sarah, enfant pleine d'imagination et riche héritière dont le destin bascule à la mort de son père. Comme ma fille, j'ai toujours aimé ce personnage : Antithèse de Mary Lennox, autre personnage bien connue de l'autrice, Sarah est fantasque, courageuse, gentille et généreuse, un personnage comme on les aime.  On déteste la terrible directrice ou la peste Lavinia, on s'attache à Sarah et à ses amies. Les bons et les méchants sont bien tranchés, sans tellement de subtilité mais peu importe, ils font totue la force de ce roman.

A travers Sarah, on découvre le Londres de la période victorienne, sa société, la vie dans les pensionnats de jeunes filles de l'époque. Le contraste entre les différentes périodes de sa vie que connaît Sarah représente bien celui qui existait à ce moment là entre les différentes classes de la société.

Oui, La petite princesse est un classique de la littérature jeunesse à ne pas manquer. Même à l'âge adulte, j'ai pris plaisir à le relire sitôt refermé par ma fille! Il me reste maintenant à lui faire découvrir Le jardin secret de la même autrice, ce fameux livre que j'ai tant aimé, le grand coup de cœur de mon enfance.

Extrait :

"Non contente de savoir raconter des histoires, Sara adorait ça. Pendant qu'elle inventait toutes sortes de péripéties merveilleuses, debout ou assise au milieu de son auditoire, ses yeux verts s'agrandissaient, ses joues devenaient roses et elle jouait la comédie sans même s'en apercevoir. Elle haussait ou baissait le ton, penchait et balançait son corps menu en faisant de grands gestes pendant que le récit devenait en chanteur ou inquiétant. Elle oubliait qu'elle parlait et qu'on l'écoutait. Elle vivait avec les fées ou les rois, les reines ou les belles dames dont elle racontait les aventures. Et lorsque, tout excitée, elle arrivait à al fin de son histoire, elle portait parfois la main à son cœur qui battait à un rythme accéléré, en riant un peu comme si elle se moquait d'elle même.
- je n'ai pas l'impression d'inventer, disait-elle. Sur le moment, ce que je raconte me paraît plus vrai que tout ce qui m'entoure - plus réel que vous, que cette classe. Il me semble que je deviens les personnages les uns après les autres. C'est vraiment bizarre."