mercredi 23 septembre 2020

Mercredi, c'est le jour des petits - Sœurs mode d'emploi - Paula Metcalf et Suzanne Barton

Par Daphné


 








Auteure :  Paula Metcalf
Illustratrice : Suzanne Barton
Titre :Sœurs mode d'emploi
Editeur : De la Martinière Jeusesse

Résumé :

"Tout le monde le sait : malgré les enquiquinements, « sœur » rime avec « cœur »."

Mon avis :

Voici un album qui a eu beaucoup de succès auprès de mes filles : il semblerait qu'elles se soient bien reconnues au fil des pages!

Présenté sous forme de guide afin de bien comprendre sa petite sœur -et de savoir comment en tirer parti!-, ce livre, plein de malice, ne peut que faire sourire. Comment chatouiller sa petite sœur ? Comment l'inciter à ranger sa chambre ? Tant de conseils pour les grandes sœurs! 

Mais aussi la description des moments de tendresse, de jeux et de complicité. Les avantages d'être la plus grande... et ceux d'être la plus petite! Le tout agrémenté d'illustrations  tout aussi pleines d'humour et de tendresse que le texte !

Un chouette album qui a beaucoup plu à mes filles... et que sans doute je ferais lire à mes propres petites sœurs afin de leur rappeler quelques souvenirs!






mardi 22 septembre 2020

Nickel boys - Colson Whitehead

 Par Ariane


Auteur : Colson Whitehead

Titre : Nickel boys

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Traducteur : Charles Recoursé

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 272p

Date de parution : août 2020

 

Mon avis :

Voici un roman de cette rentrée littéraire qui tourne beaucoup sur les blogs et qui rencontre un grand succès. L’auteur, Colson Whitehead, avait déjà rencontré un franc succès avec son précédent roman Underground railroad, lequel m’avait personnellement laissée un peu mitigée.

Dans ce dernier roman, l’auteur nous raconte l’histoire de Elwood Curtis. Elevé par sa grand-mère, Elwwod est un gentil garçon, sérieux, honnête et travailleur. Inspiré par les discours du révérend King, il espère intégrer l’université. Mais suite à une erreur judiciaire, il est envoyé à la Nickel Academy, une maison de correction infligeant des traitements inhumains aux garçons emprisonnés.

Le plus choquant dans l’histoire que nous raconte Colson Whitehead est qu’elle n’a rien d’une fiction. La Dozier school for boys, établissement qui accueillit de nombreux garçons entre 1900 et 2011. Dans cet établissement, les garçons étaient battus, humiliés et abusés. Le cimetière renfermait bien plus de corps que de tombes.

Cet aspect du roman m’a rappelé le film Sleepers avec Brad Pitt, Robert de Niro et Kevin Bacon. L’histoire de quatre gamins envoyés en maison de correction suite à une plaisanterie ayant mal tourné. Pendant leurs années d’incarcération ils seront quotidiennement maltraités et violés. Lorsque des années plus tard, deux d’entre eux tomberont par hasard sur l’un de leurs tortionnaires, ils l’abattront.

La différence entre le film et le roman ? Dans le roman de Colson Whitehaed, les gamins sont noirs. La Nickel Academy accueille des garçons blancs et noirs, qui tous subissent la violence des gardiens. Mais être noir est une circonstance aggravante à la Nickel Academy, d’autant plus qu’on est dans les années 60 dans le sud des Etats-Unis. Les garçons noirs sont encore moins lotis que les blancs. Leurs dortoirs sont plus vétustes, leurs uniformes plus miteux et ils subissent au quotidien le racisme primaire de leurs gardiens.

Malgré l’horreur de son propos, Colson Whitehead ne multiplie pas les scènes de violences qui pourraient être difficiles à lire. Mais la violence se ressent dans la terreur des gamins, dans leur colère impuissante et même devenus adultes, ils restent hantés par la Nickel Academy.

Pas étonnant que ce roman ait reçu tant d’éloges. C’est un livre court, qui se lit rapidement, mais intense. Chaque ligne du roman vibre d’une juste colère, celle de tous les gamins de la Dozier school, celle de tous ces afro-américains emprisonnés ou tués à cause de la couleur de leur peau, celle du mouvement Black Lives Matter. A lire absolument.

 

 

Extrait :

« Lorsque le cimetière clandestin fut découvert, Elwood sut qu’il serait obligé d’y retourner. Le bosquet de cèdres au-dessus de l’épaule du journaliste à la télé raviva la chaleur sur sa peau, le chant strident des cigales. Ce n’était pas si loin. Ça ne le serait jamais. » 

« Voilà ce que cette école vous faisait. Et ça ne s’arrêtait pas le jour où vous en partiez. Elle vous brisait, vous déformait, vous rendait inapte à une vie normale. »

« Les garçons avaient été formés à attendre que les blancs leur adressent la parole avant de pouvoir leur parler. Ils l'avaient appris très jeunes, à l'école, dans les rues, et sur les routes de leurs villes poussiéreuses. Nickel leur avait fait bien entrer dans leur crane: " Vous êtes des noirs dans un monde de blancs" »

« Turner n’avait jamais rencontré personne comme Elwood. Solide était l’adjectif auquel il revenait sans cesse, malgré l’apparente douceur du garçon de Tallahassee, à qui on aurait donné le bon Dieu sans confession et qui pouvait se révéler agaçant avec son penchant moralisateur. Malgré aussi ses lunettes, qu’on avait envie d’écraser sous son pied comme un papillon. Quand il parlait on croyait entendre un étudiant blanc, il lisait des livres même quand personne ne l’y obligeait et en extrayait de l’uranium pour sa bombe A personnelle. Malgré tout cela, il était solide. »



lundi 21 septembre 2020

La petite fille au dé à coudre - Michaël Kohlmeier

 Par Daphné








Auteur : Michaël Kohlmeier
Titre : La petite fille au dé à coudre
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Jacqueline Chambon
Nombre de pages : 112
Date de parution : 2017

Résumé de l'éditeur :

« Et puis un soir, l’oncle ne vint pas à l’endroit convenu.
Elle attendit, comme il le lui avait ordonné. Elle mit ses mains dans les moufles, enfonça le bonnet sur ses oreilles et croisa les bras. Elle rentra la tête parce qu’un bout de son cou dépassait du col. Elle tourna le dos au vent. Des gens passèrent près d’elle mais personne ne dit rien. Elle n’avait pas l’air d’être perdue. Elle avait l’air d’attendre. Et c’est ce qu’elle faisait. Elle voyait les stands du marché, elle voyait aussi le magasin de Bogdan. Elle vit les lumières s’éteindre dans le magasin de Bogdan. Puis les lumières de tous les stands et magasins du marché s’éteindre aussi.
Elle avait froid. Elle n’avait pas faim. »
Une petite étrangère de six ans perdue dans une ville inconnue et deux garçons égarés comme elle vont apprendre à survivre dans un monde où ils n’ont pas leur place. Le portrait bouleversant d’une enfance perdue.

Mon avis :

Un livre un peu étrange que ce livre-là... L'histoire, l'écriture, la manière dont se déroulent les événements... tout paraît simple dans ce livre-là, et pourtant rien ne l'est car c'est une histoire particulièrement triste, histoire qui arrive pourtant encore et encore, dans tous les pays, à toutes les époques. L'histoire d'une petite fille, seule, perdue, abandonnée probablement, qui survit comme elle le peut. 

Un livre qui, de mon point de vue, commençait très bien et dont les premières pages m'ont captivé. C'était émouvant, intriguant, j'avais envie de connaître la suite. Sauf que... plus rien : pas vraiment de suite, en fait, juste quelques événements qui s'enchaînent, très rapidement car le livre est court, et dont en réalité on ne sait rien. Qui est cette petite fille ? Que lui est-il arrivé au juste ? D'où vient-elle ? Que devient-elle ? De tout cela, nous ne saurons rien car nulle réponse ne nous ai livré.

La cruauté, la tristesse et la perte sont là, le livre prend parfois des allures de conte sans que l'on sache exactement si cela est dû à l'histoire en elle-même ou à l'imagination des enfants mais de toutes les questions qu'il soulève, non, décidément, nous ne saurons rien. Pour tout dire, malgré un côté qui a su m'émouvoir, je suis restée sur ma faim. Trop énigmatique peut-être, trop court, j'aurais aimé plus de détails, un développement plus poussé mais je suppose que l'effet était voulu. Tant pis, il ne me reste plus qu'à imaginer ma propre suite!


Extrait :

"Elle ne parle pas, dit Bogdan. On va venir la chercher. On va sûrement venir la chercher bientôt. Ça veut dire quoi : arrivée comme ça? demanda l’homme. Je pense que quelqu’un l’a mise à l’abri ici, dit Bogdan. Peut-être son père, ou peut-être qu’elle a un frère aîné. Parce qu’il fait froid dehors et qu’elle gêne, va savoir. Il a quelque chose à faire et il sait pas quoi faire d’elle. C’est une bonne idée, je trouve. Il faudrait pas que ça s’ébruite. Je suis pas doué pour m’occuper d’un jardin d’enfants. Mais elle est mignonne, tu trouves pas? Regarde-la!"


samedi 19 septembre 2020

Sublime royaume - Yaa Gyasi

Par Ariane


Auteur : Yaa Gyasi

Titre : Sublime royaume

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Editeur : Calmann Levy

Nombre de pages : 374p

Date de parution : août 2020

Présentation de l’éditeur :

Gifty, américaine d’origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit accueillir chez elle sa mère, très croyante, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et reste enfermée dans sa chambre. Au fil de souvenirs d’enfance émouvants, Gifty s’interroge sur sa passion pour la science si opposée aux croyances de sa mère et de ses ancêtres. Sublime Royaume raconte les difficultés d’avoir une peau noire en Amérique, et le choc des générations au sein d’une famille issue de l’immigration.



Mon avis :

J’avais envie depuis longtemps de lire No home, le premier roman de Yaa Gyasi, mais c’est finalement avec ce petit dernier que j’ai découvre l’autrice américaine d’origine ghanéenne. A lire le résumé, j’étais certaine que j’allais beaucoup aimer cette lecture. Ce ne fut pas le cas…

Gifty, la narratrice, une jeune scientifique solitaire, se voit obligée d’accueillir sa mère qui s’enfonce dans un état dépressif. Cette femme très pieuse et travailleuse n’est plus que l’ombre d’elle-même et tout en essayant de la ramener à la vie, Gifty se remémore leur vie passée.

Dans ce roman qui aborde des thèmes forts et douloureux : l’exil, les séparations, le deuil, la dépression,… et  aborde des questionnements importants : l’identité, le racisme, les croyances religieuses,… on pourrait s’attendre à trouver de l’émotion, à se sentir en empathie avec les personnages. Mais rien ! Alors que je suis plutôt du genre émotive, je n’ai absolument rien ressenti à cette lecture, je ne me suis absolument pas attachée aux personnages et alors que cela ne fait que quelques jours que j’ai terminé le livre, il ne m’en reste déjà pas grand-chose. Je suis très surprise car je ne m’attendais pas à ça.

Dommage…