Par Daphné
Auteur : Françoise Lefevre
Titre : Le petit prince cannibale
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : babel
Nombre de pages : 160
Date de parution : 2005
Résumé de l'éditeur :
Femme déchirée, femme déchaînée, la narratrice est un écrivain qui tente de raconter l'histoire de Blanche, une éblouissante cantatrice que la mort ronge vivante. Mais elle est d'abord la mère de Sylvestre, l'enfant autiste qu'elle veut à tout prix faire accéder à la vie et au monde des autres. Or le petit prince cannibale en ce combat dévore les phrases, les mots de la mère écrivain. Dès lors c'est un véritable duo concertant qui s'élève dans les pages du livre entre deux voix, entre deux femmes, l'une, superbement triviale, s'affrontant à tous les interdits et préjugés qui menacent son enfant, l'autre, la romancière, passionnée, dont les espoirs et les désespoirs se mêlent à ceux de Blanche, son héroïne.
Mon avis :
J'avais lu ce livre il y a quelques années déjà et je m'y suis à nouveau plongée il y a peu. Le petit prince cannibale, c'est l'histoire d'une mère et d'un enfant pas tout à fait comme les autres. C'est aussi l'histoire d'un écrivain et de Blanche, le personnage qui la hante. Mère et écrivain sont une seule et même personne mais qu'il est dur de concilier les deux.
Françoise Lefebvre nous parle ici de son fils atteint d'autisme et de la relation qu'elle entretient avec lui. Une relation basée sur le combat mais surtout sur l'amour. Une mère qui se bat pour ne pas laisser son fils sombrer dans un monde où nul ne pourra l’atteindre. C'est avec des mots très justes qu'elle nous parle de son petit prince cannibale, petit prince car vivant sur une planète un peu différente de la nôtre, cannibale car son autisme dévore sa mère et le dévore lui-même.
Ce livre est un cri d'amour d'une mère à un fils, un appel au secours et un sauvetage à la fois. Appel au secours d'une mère mais aussi d'un écrivain, dont les élans d'écriture sombrent avec les difficultés de son fils : "Ce n'est pas tant la mère que tu asphyxies, c'est l'écrivain."
Un sauvetage également car la mère ne laisse jamais l'enfant s'éloigner dans son monde et n'aura cesse de tenter de le ramener dans le sien, ne cédant jamais à la facilité.
L’auteur nous décrit ainsi les moments difficiles vécus avec son fils mais également ceux où l'espoir renaît. Ces moments sont extrêmement forts, ressentis avec une grande intensité par la mère et par le lecteur. Une si grande intensité que l'espace de quelques lignes, il nous semble comprendre, ou du moins saisir un instant le ressenti de cet enfant qui vit tout lui même avec une intensité décuplée.
Il y a une grande beauté dans l'écriture de plusieurs passages. J'ai notamment trouvé magnifiques les passages où l’auteur nous parle de ses enfants lorsqu'ils étaient bébés et nous décrit la relation qu'elle entretenait alors avec eux.
Ce livre est à la fois beau et douloureux. Malgré toutes les souffrances endurées, c'est unehymne à l'amour, à la différence et à l'espoir.
Extrait :
"Pour apprendre à aimer et tenter de guérir un enfant autiste, c'est beaucoup plus simple de l'imaginer comme un Petit Prince. J'apprendrai ton langage. J'entrerai dans ton silence."
lundi 24 avril 2017
vendredi 21 avril 2017
Les solitudes se ressemblent - Ahmed Kalouaz
Par Daphné
Auteur :Ahmed Kalouaz
Titre : Les solitudes se ressemblent
Genre : roman
Langue d'origine : français
Editeur : rouergues
Résumé de l'éditeur :
Réfugiée dans une chambre d'hôtel, une femme d'une cinquantaine d'années se rémémore son enfance, dans un camp de harkis du Gard. Jusqu'au milieu des années 70, certains soldats d'origine algérienne ralliés à la France durant la Guerre d'Algérie, vécurent avec leur famille dans ces sortes de camps mlitaires, à l'écart des villages et de la vie normale. Ahmed Kalouaz poursuit son travail littéraire sur la mémoire immigrée, avec toujours ce souci des faits et son écriture sensible.
Mon avis :
C'est avec un grand plaisir que je poursuis ma découverte des livres d'Ahmed Kalouaz.
Nous suivons ici l'histoire d'une femme pour qui la chambre d'hôtel dans laquelle elle est réfugiée a un double sens. Car elle connait les chambres d'hôtel en tant que lieu de retrouvailles avec son amant mais aussi en tant que lieu de travail où elle y fait le ménage. Dans cette chambre d'hôtel, elle se remémore son enfance marquée par une double identité compliquée. Fille de harkis, Fatima nous raconte l'histoire de sa famille, famille portant le poids d'un choix qui les fait passer pour traîtres. Aujourd'hui adulte, elle se questionne sur son enfance, sur l'isolement de sa mère, les colères de son père, sur la honte et l'humiliation de ceux qui se sont retrouvés considérés comme traîtres dans leur pays d'origine et comme étrangers dans leur pays d'accueil si tant est que le mot "accueil" soit réellement celui qui puisse être utilisé.
Une fois de plus, j'ai été touchée par l'écriture d'Ahmed Kalouaz, par sa manière puissante et juste d'entretenir la mémoire mais aussi l'amour. En peu de pages, il parvient à pousser le lecteur à la réflexion et au refus de l'oubli.
Extrait :
" Camp de prisonniers pendant la Seconde guerre mondiale, des miradors en dominent les abords. C'est là que sont parqués les jouets de l'Histoire. Familles complètes, célibataires, veuves accompagnées de leurs enfants. Tous obéissent à une hiérarchie, une organisation stricte, conduite par un chef de camp, ancien militaire reconverti dans l'humiliation de ceux qu'il considère comme une piétaille de barbares."
Auteur :Ahmed Kalouaz
Titre : Les solitudes se ressemblent
Genre : roman
Langue d'origine : français
Editeur : rouergues
Résumé de l'éditeur :
Réfugiée dans une chambre d'hôtel, une femme d'une cinquantaine d'années se rémémore son enfance, dans un camp de harkis du Gard. Jusqu'au milieu des années 70, certains soldats d'origine algérienne ralliés à la France durant la Guerre d'Algérie, vécurent avec leur famille dans ces sortes de camps mlitaires, à l'écart des villages et de la vie normale. Ahmed Kalouaz poursuit son travail littéraire sur la mémoire immigrée, avec toujours ce souci des faits et son écriture sensible.
Mon avis :
C'est avec un grand plaisir que je poursuis ma découverte des livres d'Ahmed Kalouaz.
Nous suivons ici l'histoire d'une femme pour qui la chambre d'hôtel dans laquelle elle est réfugiée a un double sens. Car elle connait les chambres d'hôtel en tant que lieu de retrouvailles avec son amant mais aussi en tant que lieu de travail où elle y fait le ménage. Dans cette chambre d'hôtel, elle se remémore son enfance marquée par une double identité compliquée. Fille de harkis, Fatima nous raconte l'histoire de sa famille, famille portant le poids d'un choix qui les fait passer pour traîtres. Aujourd'hui adulte, elle se questionne sur son enfance, sur l'isolement de sa mère, les colères de son père, sur la honte et l'humiliation de ceux qui se sont retrouvés considérés comme traîtres dans leur pays d'origine et comme étrangers dans leur pays d'accueil si tant est que le mot "accueil" soit réellement celui qui puisse être utilisé.
Une fois de plus, j'ai été touchée par l'écriture d'Ahmed Kalouaz, par sa manière puissante et juste d'entretenir la mémoire mais aussi l'amour. En peu de pages, il parvient à pousser le lecteur à la réflexion et au refus de l'oubli.
Extrait :
" Camp de prisonniers pendant la Seconde guerre mondiale, des miradors en dominent les abords. C'est là que sont parqués les jouets de l'Histoire. Familles complètes, célibataires, veuves accompagnées de leurs enfants. Tous obéissent à une hiérarchie, une organisation stricte, conduite par un chef de camp, ancien militaire reconverti dans l'humiliation de ceux qu'il considère comme une piétaille de barbares."
mardi 18 avril 2017
Trompe-la-mort - Jean-Michel Guenassia
Par Ariane
Auteur : Jean-Michel Guenassia
"Londres n'avait aucun point commun avec Delhi. C'était moche, ça puait, c'était triste à mourir. Et pourtant il n'y avait aucun détritus par terre, pas de vaches dans les rues, ni de chiens, ni de rickshaws. J'ai détesté cette ville lugubre. "
D'autres avis chez Clara, Violette,
Auteur : Jean-Michel Guenassia
Titre : Trompe-la-mort
Genre : roman
Langue
d’origine : français
Editeur : Albin
Michel
Nombre de
pages : 400p
Date de
parution : janvier 2015
Présentation de l’éditeur :
Tom Larch
est-il vraiment immortel ? Aucun être humain n’aurait pu survivre aux
accidents dont il s’est tiré. A-t-il un secret qui le protège des coups du
sort ? Ou un ange gardien qui veille sur lui ? Est-ce le hasard
ou son instinct de vie qui lui permet de s’en sortir à chaque fois ?
Obligé de quitter New Delhi pour Londres à huit ans, Tom est depuis toujours
écartelé entre ses deux cultures. Celle de sa mère, indienne, et celle de son
père, ingénieur anglais. A dix-huit ans, il s’engage dans les Royal Marines, et
devient un héros, malgré lui. Rendu à la vie civile, il devra affronter ses
propres démons quand l’un des hommes les plus riches du monde lui demandera
d'aller en Inde à la recherche de son fils, que Tom est le seul à pouvoir
retrouver.
Mon avis :
C’est avec
son dernier roman La valse des arbres et du ciel que j’ai découvert Jean-Michel
Guenassia. J’avais eu un coup de cœur pour cette biographie romancée des
dernières semaines de Vincent Van Gogh. J’avais donc bien l’intention de lire d’autres
romans de l’auteur et mon choix s’est porté sur ce titre. Cette fois-ci je n’ai
pas eu de coup de cœur, mais tout de même, ce fut une excellente lecture.
Tom Larch
nous raconte sa vie et c’est un destin peu ordinaire que celui de ce métis né d’une
mère indienne et d’un père anglais, tiraillé entre deux cultures et qui survit
miraculeusement à toute une série d’accidents. On entend souvent qu’une vie
comporte en fait plusieurs vies, et le destin de Tom Larch en est une très
bonne illustration. Une enfance heureuse en Inde, l’installation en Angleterre,
la rupture familiale, l’armée, le retour à la vie civile, l’amour, la paternité
puis le retour aux sources. Après de nombreuses années loin de son pays natal,
Tom y retourne mandaté par un milliardaire désireux de retrouver son fils
disparu. Le retour de Tom en Inde ne sera pas de tout repos, là encore les
mésaventures se succèdent.
J’ai
préféré l’histoire de Tom avant son retour en Inde. Si alors les événements de
sa vie étaient extraordinaires, ils étaient passionnants. Les évènements en
Inde ne sont ni l’un ni l’autre.
Mais ce qui
m’a vraiment séduite une fois de plus c’est l’écriture de Jean-Michel
Guenassia. Pas une seconde je ne me suis ennuyée, le rythme de lecture est
particulièrement agréable et même si j’ai lu nombre d’histoires bien plus
intéressantes, il est difficile de s’en détacher.
J’ai donc
bien envie de continuer à découvrir cet auteur, mais à ceux qui ne l’auraient
pas encore lu je conseillerai plutôt son dernier roman.
Extrait :
"Londres n'avait aucun point commun avec Delhi. C'était moche, ça puait, c'était triste à mourir. Et pourtant il n'y avait aucun détritus par terre, pas de vaches dans les rues, ni de chiens, ni de rickshaws. J'ai détesté cette ville lugubre. "
D'autres avis chez Clara, Violette,
lundi 17 avril 2017
Le cas Malaussène - Daniel Pennac
Par Daphné
Résumé de l'éditeur :
«Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde.
Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.»
Benjamin Malaussène.
Mon avis :
Adolescente, j'ai dévoré la saga des Malaussènes. Du Bonheur des ogres aux Fruits de la passion, j'ai particulièrement aimé suivre les aventures pleines de malchance de Benjamin Malussène et sa fratrie. Pour ceux qui ne connaissent pas les Malaussène, une petite présentation s'impose : Benjamin, fils aîné d'une grande tribu vit avec ses frères et sœurs, tous nés d'un père différent et d'une mère volage et souvent absente. Il a l'habitude de leur raconter des histoires s'inspirant souvent de sa propre vie. Car la vie de Benjamin, ce n'est pas rien : travailler en tant que bouc émissaire et toujours se trouver au mauvais endroit au moment de lui fait de son existence quelque chose de bien périlleux!
Dans ce livre, on retrouve donc les Malaussène, 17 ans après le dernier tome. Toute la fratrie est désormais adulte et les derniers nés de la famille que l'on avait quitté au berceau ont bien grandi ! Benjamin est maintenant en panne d'histoire et vit dans une maison désertée par ses frères et sœurs, ses neveux et nièces et son fils devenus grands (mais est toujours accompagné par Julius le chien troisième génération!) et il semble avoir conservé son grand talent pour se mettre dans des situations impossibles (ce dont pourtant sa famille tente de le protéger, estimant qu'il a déjà bien assez "morflé" dans sa jeunesse!).
J'ai passé les cinquante premières pages à sans cesse me référer au glossaire de la fin pour vérifier qui était qui parmi les personnages. En effet, si je me rappelais très bien de chaque personnage de la fratrie et de leur progéniture, j'avoue que pour ce qui est des autres, mes souvenirs étaient assez confus et il m'a donc fallu un moment pour rentrer vraiment dans l'histoire. (J'accorde d'ailleurs mes félicitations à l'auteur pour ce glossaire dans lequel il a mis autant d'humour que dans ses livres ce qui pallie à l'agacement de devoir sans cesse s'y référer!) Si j'étais donc un peu perdue au début, je n'ai cependant pas tarder à m'immerger de nouveau avec grand plaisir dans les aventures complètement loufoques de Benjamin et de son entourage. La plume de Daniel Pennac est toujours aussi aiguisée et délicieusement ironique. J'aime beaucoup sa manière de décrire, avec humour mais vérité, le monde dans lequel on vit.
Le temps a passé mais les Malaussène n'ont pas changé et c'est avec un grand plaisir que je les ai retrouvé. J'attend maintenant la suite avec impatience!
Extrait :
"C'est ce qui distingue la réalité de la fiction. Décider de raconter une histoire, c'est se soumettre à UN début. Dire le réel, c'est envisager TOUS les commencements possibles."
Résumé de l'éditeur :
«Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde.
Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.»
Benjamin Malaussène.
Mon avis :
Adolescente, j'ai dévoré la saga des Malaussènes. Du Bonheur des ogres aux Fruits de la passion, j'ai particulièrement aimé suivre les aventures pleines de malchance de Benjamin Malussène et sa fratrie. Pour ceux qui ne connaissent pas les Malaussène, une petite présentation s'impose : Benjamin, fils aîné d'une grande tribu vit avec ses frères et sœurs, tous nés d'un père différent et d'une mère volage et souvent absente. Il a l'habitude de leur raconter des histoires s'inspirant souvent de sa propre vie. Car la vie de Benjamin, ce n'est pas rien : travailler en tant que bouc émissaire et toujours se trouver au mauvais endroit au moment de lui fait de son existence quelque chose de bien périlleux!
Dans ce livre, on retrouve donc les Malaussène, 17 ans après le dernier tome. Toute la fratrie est désormais adulte et les derniers nés de la famille que l'on avait quitté au berceau ont bien grandi ! Benjamin est maintenant en panne d'histoire et vit dans une maison désertée par ses frères et sœurs, ses neveux et nièces et son fils devenus grands (mais est toujours accompagné par Julius le chien troisième génération!) et il semble avoir conservé son grand talent pour se mettre dans des situations impossibles (ce dont pourtant sa famille tente de le protéger, estimant qu'il a déjà bien assez "morflé" dans sa jeunesse!).
J'ai passé les cinquante premières pages à sans cesse me référer au glossaire de la fin pour vérifier qui était qui parmi les personnages. En effet, si je me rappelais très bien de chaque personnage de la fratrie et de leur progéniture, j'avoue que pour ce qui est des autres, mes souvenirs étaient assez confus et il m'a donc fallu un moment pour rentrer vraiment dans l'histoire. (J'accorde d'ailleurs mes félicitations à l'auteur pour ce glossaire dans lequel il a mis autant d'humour que dans ses livres ce qui pallie à l'agacement de devoir sans cesse s'y référer!) Si j'étais donc un peu perdue au début, je n'ai cependant pas tarder à m'immerger de nouveau avec grand plaisir dans les aventures complètement loufoques de Benjamin et de son entourage. La plume de Daniel Pennac est toujours aussi aiguisée et délicieusement ironique. J'aime beaucoup sa manière de décrire, avec humour mais vérité, le monde dans lequel on vit.
Le temps a passé mais les Malaussène n'ont pas changé et c'est avec un grand plaisir que je les ai retrouvé. J'attend maintenant la suite avec impatience!
Extrait :
"C'est ce qui distingue la réalité de la fiction. Décider de raconter une histoire, c'est se soumettre à UN début. Dire le réel, c'est envisager TOUS les commencements possibles."
vendredi 14 avril 2017
Allaités...des années - Ann Sinnott
Par Daphné
Résumé de l'éditeur:
L'allaitement au long cours est-il dans l'ordre des choses ou s'agit-il d'une pratique malsaine ? Est-ce une forme d'abus sexuel ? Les mères qui le pratiquent sont-elles dominatrices et forcent-elles leur enfant à continuer, ou bien ne font-elles que répondre à ses besoins innés ? L'allaitement long a-t-il un impact négatif sur le développement physique et émotionnel de l'enfant, ou bien un effet positif ? Les mères en paient-elles le prix ? Cette pratique affecte-t-elle la relation de couple ? L'allaitement tronqué laisse-t-il des blessures, et les hommes en souffrent-ils particulièrement ? Quand le sevrage précoce est-il devenu une pratique établie dans le monde occidental ? L'allaitement au long cours est-il une question féministe ? Partant de l'enquête menée par Ann Sinnott auprès de plus de 2 000 familles réparties dans 48 pays et exploitant les théories sur le développement de l'enfant, la recherche en neurosciences, les découvertes de l'archéologie et de l'anthropologie, Allaités... des années ! explore les mythes et la réalité de cette pratique taboue. À travers les multiples extraits de leurs réponses aux questionnaires de l'enquête, les voix des mères, des pères et des enfants se font également entendre. Allaités... des années ! s'adresse à toutes les personnes concernées par l alimentation et la santé infantiles, ainsi qu'à ceux qui s intéressent à la préhistoire et aux origines de la culture occidentale
Mon avis :
Voici un livre que j'attendais de lire depuis longtemps et que j'ai dévoré avec un grand intérêt.
Quand on devient maman dans la plupart des pays occidentaux et que l'on souhaite allaiter, il est assez facile de se procurer des livres sur le sujet et de trouver des personnes avec qui en parler. Mais quand l'allaitement continue après les premiers mois de l'enfant, le sujet devient souvent tabou. Très peu de lectures et quant à en parler avec d'autres personnes et bien... n'en parlons pas justement! La mère qui allaite longtemps se heurte souvent à une consternation et une désapprobation générale, que ce soit parmi son entourage ou le corps médical. Pourquoi cette désapprobation alors que l'être humain est, après tout, un mammifère et que l'allaitement dit "long" a été pratiqué si longtemps dans nos pays et l'est toujours sur toute une moitié de la planète sans provoquer cette réaction générale?
Ann Sinnott se penche sur la question. Sans jugement, elle explore l'histoire de l'allaitement à travers des études sociologiques, anthropologiques et biologiques. Elle s'appuie aussi sur de nombreux témoignages de parents venant de pays différents.
Elle nous parle ainsi du manque d'informations donné aux mères à propos de l'allaitement, de ses effets positifs mais également des difficultés qui peuvent survenir. De nombreuses pages sont consacrées à la manière dont les seins sont perçus dans notre société, des ressentis de la mère mais également du père, de la relation de couple. Elle nous dresse un historique de l'allaitement, nous expliquant quand et de quelle manière ont été donnés les premiers substituts au lait maternel. Sont également abordés les regards de la société, particulièrement celui des médecins et des psychologues, regards essentiellement négatifs que l'auteur tente de comprendre et de cerner. Sans oublier, parmi les témoignages, ceux des enfants eux mêmes!
Ce livre est particulièrement intéressant et aborde chaque sujet avec une grande réflexion. Son côté à la fois anthropologique, sociétal et biologique permet de réfléchir à la question sous plusieurs angles, approche que j'apprécie particulièrement. J'ai particulièrement aimé la partie historique de ce livre ainsi que le parallèle fait entre l'allaitement et le féminisme selon lequel l'un n'empêche pas l'autre et que l'allaitement, loin d'assouvir la femme peut au contraire être une manière de revendiquer sa féminité.
Un livre très intéressant, à la fois d'un point de vue biologique et sociologique. On y apprend tant de choses que je crains de ne pas avoir tout retenu : si je l'ai d'abord emprunté à la médiathèque du quartier, je crois que ce livre ne va pas tarder à rejoindre définitivement mes propres étagères!
Extrait :
Résumé de l'éditeur:
L'allaitement au long cours est-il dans l'ordre des choses ou s'agit-il d'une pratique malsaine ? Est-ce une forme d'abus sexuel ? Les mères qui le pratiquent sont-elles dominatrices et forcent-elles leur enfant à continuer, ou bien ne font-elles que répondre à ses besoins innés ? L'allaitement long a-t-il un impact négatif sur le développement physique et émotionnel de l'enfant, ou bien un effet positif ? Les mères en paient-elles le prix ? Cette pratique affecte-t-elle la relation de couple ? L'allaitement tronqué laisse-t-il des blessures, et les hommes en souffrent-ils particulièrement ? Quand le sevrage précoce est-il devenu une pratique établie dans le monde occidental ? L'allaitement au long cours est-il une question féministe ? Partant de l'enquête menée par Ann Sinnott auprès de plus de 2 000 familles réparties dans 48 pays et exploitant les théories sur le développement de l'enfant, la recherche en neurosciences, les découvertes de l'archéologie et de l'anthropologie, Allaités... des années ! explore les mythes et la réalité de cette pratique taboue. À travers les multiples extraits de leurs réponses aux questionnaires de l'enquête, les voix des mères, des pères et des enfants se font également entendre. Allaités... des années ! s'adresse à toutes les personnes concernées par l alimentation et la santé infantiles, ainsi qu'à ceux qui s intéressent à la préhistoire et aux origines de la culture occidentale
Mon avis :
Voici un livre que j'attendais de lire depuis longtemps et que j'ai dévoré avec un grand intérêt.
Quand on devient maman dans la plupart des pays occidentaux et que l'on souhaite allaiter, il est assez facile de se procurer des livres sur le sujet et de trouver des personnes avec qui en parler. Mais quand l'allaitement continue après les premiers mois de l'enfant, le sujet devient souvent tabou. Très peu de lectures et quant à en parler avec d'autres personnes et bien... n'en parlons pas justement! La mère qui allaite longtemps se heurte souvent à une consternation et une désapprobation générale, que ce soit parmi son entourage ou le corps médical. Pourquoi cette désapprobation alors que l'être humain est, après tout, un mammifère et que l'allaitement dit "long" a été pratiqué si longtemps dans nos pays et l'est toujours sur toute une moitié de la planète sans provoquer cette réaction générale?
Ann Sinnott se penche sur la question. Sans jugement, elle explore l'histoire de l'allaitement à travers des études sociologiques, anthropologiques et biologiques. Elle s'appuie aussi sur de nombreux témoignages de parents venant de pays différents.
Elle nous parle ainsi du manque d'informations donné aux mères à propos de l'allaitement, de ses effets positifs mais également des difficultés qui peuvent survenir. De nombreuses pages sont consacrées à la manière dont les seins sont perçus dans notre société, des ressentis de la mère mais également du père, de la relation de couple. Elle nous dresse un historique de l'allaitement, nous expliquant quand et de quelle manière ont été donnés les premiers substituts au lait maternel. Sont également abordés les regards de la société, particulièrement celui des médecins et des psychologues, regards essentiellement négatifs que l'auteur tente de comprendre et de cerner. Sans oublier, parmi les témoignages, ceux des enfants eux mêmes!
Ce livre est particulièrement intéressant et aborde chaque sujet avec une grande réflexion. Son côté à la fois anthropologique, sociétal et biologique permet de réfléchir à la question sous plusieurs angles, approche que j'apprécie particulièrement. J'ai particulièrement aimé la partie historique de ce livre ainsi que le parallèle fait entre l'allaitement et le féminisme selon lequel l'un n'empêche pas l'autre et que l'allaitement, loin d'assouvir la femme peut au contraire être une manière de revendiquer sa féminité.
Un livre très intéressant, à la fois d'un point de vue biologique et sociologique. On y apprend tant de choses que je crains de ne pas avoir tout retenu : si je l'ai d'abord emprunté à la médiathèque du quartier, je crois que ce livre ne va pas tarder à rejoindre définitivement mes propres étagères!
Extrait :
"Dans
la culture occidentale, les femmes qui poursuivent l'allaitement pendant
plusieurs années sont souvent considérées comme bizarres, pour ne pas dire
plus, mais cette pratique n'est pas sans précédent historique. En dépit de
l'usage des nourrices, réservé à l'élite et des déclarations faites à travers
l'histoire par des médecins mâles à propos du sevrage précoce - la première
comme les secondes remontent à la source même de la civilisation occidentale -
historiquement, pour les femmes de moindre rang social, l'allaitement était
normal et souvent poursuivi plusieurs années."
mercredi 12 avril 2017
Mercredi, c'est le jour des petits - quand tu étais dans mon ventre - Monica Calaf et Mikel Fuentes
Par Daphné
titre : quand tu étais dans mon ventre
auteur : Monica Calaf
Illustrateur : Mikel Fuentes
Editions : Editions Le Hêtre
Résumé :
Une maman raconte à son enfant une histoire, la leur, celle de sa grossesse, l'aventure qu'ils ont vécue ensemble lorsqu'il était dans son ventre...
Mon avis :
Voici un très joli livre pour raconter à l'enfant l'attente de sa venue au monde, la manière dont il s'est formé, ce que ressentait sa maman...
Une maman s'adresse à son enfant et lui parle des mois au cours duquel il vivait à l'abri de son ventre. Le papa n'est pas oublié et apparaît fréquemment, embrassant le ventre de la mère ou assistant à l'échographie, ému devant l'image de son enfant à naître.
Le texte est clair, bien expliqué et les illustrations, toutes en rondeur et joliment colorées fourmillent de détails. Ce livre est une très bonne manière de parler à son enfant de la grossesse et des sentiments qu'ont provoqué son attente. Mes filles l'aiment beaucoup et s'identifient très bien à l'enfant de l'histoire.
Extrait :
"J'aimais te parler, te chanter des chansons. Et remarquer tes mouvements à l'intérieur de mon ventre."
titre : quand tu étais dans mon ventre
auteur : Monica Calaf
Illustrateur : Mikel Fuentes
Editions : Editions Le Hêtre
Résumé :
Une maman raconte à son enfant une histoire, la leur, celle de sa grossesse, l'aventure qu'ils ont vécue ensemble lorsqu'il était dans son ventre...
Mon avis :
Voici un très joli livre pour raconter à l'enfant l'attente de sa venue au monde, la manière dont il s'est formé, ce que ressentait sa maman...
Une maman s'adresse à son enfant et lui parle des mois au cours duquel il vivait à l'abri de son ventre. Le papa n'est pas oublié et apparaît fréquemment, embrassant le ventre de la mère ou assistant à l'échographie, ému devant l'image de son enfant à naître.
Le texte est clair, bien expliqué et les illustrations, toutes en rondeur et joliment colorées fourmillent de détails. Ce livre est une très bonne manière de parler à son enfant de la grossesse et des sentiments qu'ont provoqué son attente. Mes filles l'aiment beaucoup et s'identifient très bien à l'enfant de l'histoire.
Extrait :
"J'aimais te parler, te chanter des chansons. Et remarquer tes mouvements à l'intérieur de mon ventre."
lundi 10 avril 2017
La chaise numéro 14 - Fabienne Juhel
Par Daphné
Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Le Rouergue
Nombre de pages : 288
Date de parution : 2015
La vengeance est également un thème central du roman. Vengeance de Maria mais aussi d'Antoine, son ami d'enfance qui a organisé lui même la tonte. Car au fond, a t-il vraiment puni Maria pour avoir aimé un allemand ou l'a t-il fait pour se venger du fait qu'elle n'ai pas voulu l'épouser? Vengeance également d'un peuple qui a souffert et qui transfère sa colère sur des femmes coupables d'avoir aimé.
Alors que l'histoire pourrait sembler teintée de noirceur, les couleurs y tiennent cependant une grande place. Couleur des cheveux de Maria, cette couleur rousse qui a attiré tant de préjugés sur elle. Couleur de la chaise, dont la teinte s'étiole sans aucune explication. Il semble y avoir un certain parallélisme entre la couleur de ma robe de fiançailles et celle dont se teinte la chaise ainsi qu'entre la chevelure de Maria et la saison de l'automne qui s'installe peu à peu. L'écriture assez particulière de Fabienne Juhel, écriture très sensitive, parait tant insister sur ces couleurs qu'il m'a semblé les voir tout au long du livre. A mes yeux, ce roman est ainsi coloré de toutes les nuances de roux et de blanc.
Si Maria peut d'abord paraître froide et distante, son personnage a su me toucher. C'est d'une manière subtile et respectueuse, sans tomber dans le jugement, que l'auteur aborde le thème délicat des femmes ayant été tondues lors de la libération. Un livre à découvrir.
"Parce que le coiffeur n'avait pas osé dire "non", lui. Elle, si. Elle avait dit "non" de tout son corps et de tout son poids, le dos droit, le corps ancré au sol.
Elle avait dit "non" avec ses yeux grands ouverts qui voyaient le ciel - personne ne pouvait l'en empêcher -, les goélands, les nuages et, à travers le battement de ses cils, les fourmis sur le pavé, d'autres insectes caparaçonnés dont elle ignorait le nom mais qui, à cet instant, la passionnaient follement parce qu'ils l'emportaient dans leur monde minéral et souterrain. Un monde où un grain de poussière pouvait provoquer de véritables éboulis tandis que les catastrophes humaines devenaient, à l'échelle de ces insectes, des mythes.
Elle avait dit "non", mâchoire serrée, entre ses dents. Elle avait dit "non" adossée à sa chaise avec la barre cintrée qui lui sciait les omoplates, imprimait un sillon dans ses chairs.
Surtout, Maria Salaün avait dit "non" avec la robe blanche de fiançailles de sa mère.
Parce qu'on pouvait dire "non" de toutes ses forces, sans crier."
Auteur : Fabienne Juhel
Titre : La chaise numéro 14Genre : roman
Langue d’origine : français
Editeur : Le Rouergue
Nombre de pages : 288
Date de parution : 2015
Présentation de l’éditeur :
À la fin de la seconde guerre mondiale, à Saint-Brieuc, la jeune Maria Salaun est tondue par son ami d'enfance, Antoine, pour avoir vécu une histoire d'amour avec un officier allemand. Le commando de maquisards, débarquant dans une Jeep de l'armée américaine, impose à la jeune fille l'humiliation publique, en l'asseyant sur une chaise de bistrot, dans la cour de l'auberge de son père, devant la foule friande de spectacle.
Maria n'oppose aucune résistance, sauf celle de se présenter devant eux pieds nus, dans une robe de mousseline blanche, sa flamboyante chevelure rousse déployée. Sans pleurer ni baisser les yeux, elle se laisse tondre.
Mais la honte va bientôt passer dans l'autre camp. Six noms sont sur sa liste...
Mon avis :
Si j'ai lu beaucoup de livres sur la seconde guerre
mondiale et les années qui ont suivies, je n'avais encore rien lu sur les
femmes ayant été tondues pendant la libération. C'est un thème, il me
semble rarement abordé dans la littérature, ou, du moins pas de manière
profonde. Ici, le livre entier tourne autour de la honte, honte de la femme
tondue mais également honte qu'elle tente d’infliger à ceux qui
ont contribué à cet acte. Maria réclame le pardon et elle l'obtiendra. Armée
seulement d'une chaise et d'une robe de fiançailles, elle rend cette honte à
ceux qui l'ont puni d'avoir aimé un ennemi en tant de guerre.
La vengeance est également un thème central du roman. Vengeance de Maria mais aussi d'Antoine, son ami d'enfance qui a organisé lui même la tonte. Car au fond, a t-il vraiment puni Maria pour avoir aimé un allemand ou l'a t-il fait pour se venger du fait qu'elle n'ai pas voulu l'épouser? Vengeance également d'un peuple qui a souffert et qui transfère sa colère sur des femmes coupables d'avoir aimé.
Alors que l'histoire pourrait sembler teintée de noirceur, les couleurs y tiennent cependant une grande place. Couleur des cheveux de Maria, cette couleur rousse qui a attiré tant de préjugés sur elle. Couleur de la chaise, dont la teinte s'étiole sans aucune explication. Il semble y avoir un certain parallélisme entre la couleur de ma robe de fiançailles et celle dont se teinte la chaise ainsi qu'entre la chevelure de Maria et la saison de l'automne qui s'installe peu à peu. L'écriture assez particulière de Fabienne Juhel, écriture très sensitive, parait tant insister sur ces couleurs qu'il m'a semblé les voir tout au long du livre. A mes yeux, ce roman est ainsi coloré de toutes les nuances de roux et de blanc.
Si Maria peut d'abord paraître froide et distante, son personnage a su me toucher. C'est d'une manière subtile et respectueuse, sans tomber dans le jugement, que l'auteur aborde le thème délicat des femmes ayant été tondues lors de la libération. Un livre à découvrir.
Extrait :
Elle avait dit "non" avec ses yeux grands ouverts qui voyaient le ciel - personne ne pouvait l'en empêcher -, les goélands, les nuages et, à travers le battement de ses cils, les fourmis sur le pavé, d'autres insectes caparaçonnés dont elle ignorait le nom mais qui, à cet instant, la passionnaient follement parce qu'ils l'emportaient dans leur monde minéral et souterrain. Un monde où un grain de poussière pouvait provoquer de véritables éboulis tandis que les catastrophes humaines devenaient, à l'échelle de ces insectes, des mythes.
Elle avait dit "non", mâchoire serrée, entre ses dents. Elle avait dit "non" adossée à sa chaise avec la barre cintrée qui lui sciait les omoplates, imprimait un sillon dans ses chairs.
Surtout, Maria Salaün avait dit "non" avec la robe blanche de fiançailles de sa mère.
Parce qu'on pouvait dire "non" de toutes ses forces, sans crier."
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