lundi 12 septembre 2022

La gouvernante suédoise - Marie Sizun

 Par Daphné








Autrice : Marie Sizun

Titre : La gouvernante suédoise

Genre : roman

Langue d’origine : français 

Editeur : Arlea

Nombre de pages : 306

Date de parution :  2016


Résumé de l'éditeur :

Quel rôle joue exactement Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard Sézeneau, négociant français établi à Stockholm en cette fin du XIXe siècle, pour seconder sa jeune femme, Hulda, dans l’éducation de leurs quatre enfants ? Quel secret lie l’étrange jeune fille à cette famille qu’elle suivra dans son repli en France, à Meudon, dans cette maison si peu confortable et si loin de la lumière et de l’aisance de Stockholm ? Il semble que cette Livia soit bien plus qu’une domestique, les enfants l’adorent, trouvant auprès d’elle une stabilité qui manque à leur mère, le maître de maison dissimule autant qu’il peut leur complicité, et Hulda, l’épouse aimante, en fait peu à peu une amie, sa seule confidente. Rien ne permet de qualifier le singulier trio qui se forme alors. Que sait Hulda des relations établies entre son mari et la gouvernante ? Ferme-t-elle les yeux pour ne pas voir, ou accepte-t-elle l’étrange dépendance dans la quelle elle semble être tombée vis à vis de Livia ?
Dans ce récit maîtrisé et romanesque, Marie Sizun brosse le portrait tout en nuances de ses ancêtres franco-suédois, s’approchant au plus près du mystère qui les entoure. C’est bien une histoire d’amour et de mort qui va suivre la réussite fulgurante d’une famille, la sienne, trois générations plus tôt. Renouant les fils rompus, interrogeant sans cesse un passé occulté, redonnant vie aux disparus par son talent de romancière, Marie Sizun éclaire avec tendresse et pudeur les secrets de ces étonnants personnages.

Mon avis :

Après avoir lu -et beaucoup aimé!- Un jour par la forêt, j'avais hâte de découvrir cet autre roman de Marie Sizun. J'ai finalement moins aimé cet autre livre, bien que j'ai tout de même passé un bon moment à le lire.

On découvre ici, à la fin du 19ème siècle, une famille, un triangle amoureux, une histoire de famille, de secrets, d'amitié, d'amour et de trahison. 

L'autrice détricote un à un les fils d'un secret de famille, de sa propre famille,  mettant des mots sur un non dit tu depuis des années. Ce qu'elle ne sait pas, elle l'imagine, à partir de ce qu'on a pu lui raconter, de quelques photos, de suppositions, redonnant ainsi vie à des personnes qu'elle n'a pas connue, dont elle sait au final peu de choses mais dont l'histoire fait tout de même partie de la sienne.... 

Ce livre est tenté de mélancolie, de froideur, de mystère. On ressent l'ambiance imaginée par l'autrice, cette ambiance à la fois lourde et feutrée qui entoure cette famille. Plus que l'histoire, j'ai aimé la plume de son autrice, une plume à la fois discrète et délicate, une plume qui ne juge pas mais qui analyse. 

On ressent à chaque page la tristesse et la solitude qui se dégage des personnages, en particulier celui de Hulda. L'autrice nous entraîne véritablement par le ressenti de cette ambiance, dans la vie des personnages. Mais si j'ai aimé cette écriture, il s'en est justement dégagé trop de tristesse pour que le livre ne me séduise tout à fait.  Trop de mélancolie sans doute. J'ai aimé ce livre mais j'ai été loin d'avoir pour lui le même coup de cœur que pour Par la forêt. J'ai cependant hâte de découvrir d'autres livres de Marie Sizun car j'aime beaucoup le côté délicat et ciselé de son écriture.

Extrait :

"Il y a des histoires étranges dans les familles. Des secrets, des choses inavouables, sur lesquelles les adultes se taisent, comme si le silence pouvait étouffer la réalité, et, qui sait, la faire disparaître. Mais il arrive que, malgré tout, des mots s'échappent, parviennent aux oreilles des enfants distraits, et même à demi, ils les entendent. Un jour, ces mots prennent sens, et une histoire singulière se dessine. Pour moi, il n'aura fallu qu'un nom prononcé par inadvertance."

samedi 10 septembre 2022

Debout dans l'eau - Zoé Derleyn

Par Ariane

Auteur : Zoé Derleyn

Titre : Debout dans l’eau

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : Editions du Rouergue

Nombre de pages : 144p

Date de parution : mai 2021

 

Mon avis :

La narratrice (l’autrice ?) vit avec ses grands-parents dans le Brabant flamand Pour l’enfant, onze ans presque douze, l’univers c’est la maison, l’étang, la campagne à perte de vue, les chiens. C’est l’été, la liberté. Les grandes histoires qu’elle imagine et les petits riens du quotidien. Le grand-père se meurt à l’étage, les émotions nouvelles qu’elle ressent au contact du jeune jardinier. Un roman constitué de courts chapitres, successions de moments dans la vie et dans les pensées de la petite.

Rares sont les auteurs qui parviennent à se mettre dans la peau d’un enfant. En général, le résultat est soit trop gnangnan, soit trop adulte pour être crédible. Mais Zoé Derleyn a trouvé le ton juste entre la naïveté de l’enfance et la maturité d’une enfant aux portes de l’adolescence. C’est un personnage de fillette assez attachant, un peu sauvageonne, avec une imagination débordante et en même temps profondément ancrée dans l’instant présent, les sensations, le rapport physique et émotionnel à la nature.

Ce roman m’a heureusement surprise parmi la sélection des 68 premières fois. En lisant le résumé, je n’étais pas vraiment tentée et finalement, j’ai beaucoup aimé cette lecture, immersive, sensitive et sensible.

 

Extrait :

« Debout, de l’eau jusqu’à la taille, je suis capable de rester immobile dans l’étang très longtemps. Mes pieds disparaissent peu à peu dans la vase. À travers le reflet de mon maillot rouge, j’aperçois mes jambes, tronquées aux chevilles. Je laisse les poissons s’approcher de moi jusqu’à ce qu’ils m’embrassent les mollets, les genoux, les cuisses. Je ne bouge pas, j’oscille légèrement, je respire au rythme de l’eau, je fais partie de l’étang. »

 

mardi 6 septembre 2022

Ubasute - Isabel Guttierez

Par Ariane



Auteur : Isabel Guttierez

Titre : Ubasute

Genre : roman

Langue d’origine : français

Editeur : La fosse aux ours

Nombre de pages : 128p

Date de parution : août 2021

 

Mon avis :

Au Japon, lorsque la mort approche pour un parent âgé, on l’abandonne dans la montagne. C'est une légende, mais c'est ce que souhaite Marie. Elle est malade, elle sait qu’elle va bientôt mourir et elle demande à son fils de la porter. Une ascension silencieuse, le fils portant sa mère sur son dos, chacun plongé dans ses pensées. Marie visite ses souvenirs, le frère perdu, les parents absents, les grands-parents aimants, l’homme de sa vie, les enfants…Un voyage intérieur, un adieu au monde.

C’est un très court roman. Mais en si peu de pages, Isabel Guttierez parvient à nous offrir un texte délicat et poétique, porté par une écriture lumineuse et un très beau personnage. Marie est une femme forte et douce, passionnée et sensible. Quelques pages suffisent pour donner vie à cette femme et l’ancrer dans le paysage intérieur du lecteur.

Un vrai, beau et magnifique plaisir de littérature.    

 

Extrait :

« Marie n’est pas si âgée, mais elle a découvert tardivement ce que vivre signifiait et elle s’en est saisi. Les mains en corbeille, elle a accueilli les odeurs piquantes de la tristesse et de l’amour, les cris de plaisir et de désespoir des hommes, toutes sortes de vies, des couleurs éclatantes, des lumières presque éteintes. Demain, elle partirait gonflée de ce saisissement. »

samedi 3 septembre 2022

Bilan d'août (Ariane)

Par Ariane


Quel bonheur de profiter de quelques semaines de vacances ensoleillées pour passer du temps en famille, visiter, découvrir, se reposer, se baigner, déguster et faire de belles lectures ! Mon mois d'août a été riche en lectures, j'ai repris le travail reposée et motivée, la tête pleine de beaux souvenirs de lecture à partager. 

J'avais décidé d'être patiente et de me garder la lecture de la saga Blackwater de Michael MacDowell pendant les vacances. Bien m'en a pris, c'est la lecture idéale pour ça !




Quel superbe roman que L'autre moitié du monde de Laurine Roux ! J'ai embarqué pour L'île du serment de Peter May, pour une enquête policière mêlant souvenirs et réminiscence d'un passé lointain. Petite déception pour Les gardiens du phare de Emma Stonex.


Je me suis régalée avec La vérité sur "ils étaient dix" de Pierre Bayard.

Deux lectures pour les 68 premières fois : Ubasute de Isabel Guttierez, un roman tout en délicatesse, Debout dans l'eau de Zoé Derleyn, fenêtre ouverte sur l'enfance et Faire Corps de Charlotte Pons.

 



Des bandes dessinées, encore ! Ça va devenir une habitude ! La trilogie Melvile de Romain Renard est aussi belle à regarder que passionnante à lire.


En ce moment je lis ...

En septembre, mes lectures seront principalement consacrées aux dernières parutions. J'ai craqué dans ma librairie préférée pour les titres que j'avais repérés.