samedi 8 avril 2023

Les vestiges du jour - Kazuo Ishiguro

Par Ariane

Auteur : Kazuo Ishiguro

Titre : Les vestiges du jour

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traductrice : Sophie Mayoux

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 339p

Date de parution : mars 2010

 

Mon avis :

Incontestablement, Ishiguro est le plus britannique des Japonais. Ce roman, magnifiquement adapté au cinéma par James Ivory, avec dans les rôles principaux Anthony Hopkins et Emma Thompson, mêle habilement l’ambiance des romans anglais et la délicatesse de la littérature japonaise. 

Stevens est majordome, un majordome anglais à l’ancienne, digne, consciencieux et totalement dévoué à la famille qu’il sert. Après avoir servi Lord Darlington pendant la plus grande partie de sa vie, il est désormais attaché au service du richissime américain qui a racheté Darlington Hall. Sur les conseils de son nouvel employeur et pour la première fois de sa vie, Stevens prend quelques jours de congé. Un voyage en voiture vers le sud du pays, à la rencontre de Miss Kenton, l’ancienne intendante de la demeure. Quelques jours pour se replonger dans ses souvenirs, du temps de la grandeur de la maison, des réceptions fastueuses et d’une relation faite de heurts et de complicité.  

Alternant entre passé et présent, cette immersion dans les réflexions et les souvenirs de Stevens, nous permet de découvrir un homme qui a consacré sa vie à servir au point d'oublier de vivre. C'est un portrait extrêmement touchant, empreint de nostalgie. Nostalgie aussi d'une époque sur le point de disparaître.  

Je lis pour la première fois Ishiguro et je reste sous le charme de la perfection, de la minutie, de la subtilité de cette écriture. Chaque mot, chaque phrase, parfaitement ciselé, un véritable travail d'orfèvre. C'est un roman au rythme lent, aussi feutré que les pas des domestiques dans les couloirs d'une grande demeure, sans aventures ni rebondissements, mais au charme indéniable.  

 

Extrait :

« Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume : il ne laissera ni des malfaiteurs ni les circonstances le lui arracher sous les yeux du public ; il s'en défera au moment où il désirera le faire, et uniquement à ce moment, c'est-à-dire, invariablement, lorsqu'il se trouvera entièrement seul. C'est, je l'ai déjà dit, une question de "dignité". »

vendredi 7 avril 2023

Blackwater - Michael McDowell

Par Daphné





Auteur : Michael McDowell

Titre : Blackwater

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (américain)

Traducteur : Yoko Lacour et Hélène Charrier

Editeur : Toussaint Louverture

Nombre de pages : 1560 pages en 6 tomes

Date de parution :2022

Tome 1 : La crue

Tome 2 : La digue

Tome 3 : La maison

Tome 4 : La guerre

Tome 5 : La fortune

Tome 6 : Pluie

Résumé de l'éditeur :

Bienvenue à Perdido ! Venez découvrir ce coin tranquille de l’Alabama aux rues cossues, gouverné par de riches familles, et qui doit tout à ses rivières. Des rivières généreuses, mais aussi dangereuses, qui donnent et qui prennent. Voyez-les bouillonner au pied des maisons, entendez leur écho dans le bourdonnement des scieries, sentez-les perturber le cours paresseux de la vie…

Ces flots boueux, capables de vous aspirer par le fond et de ne jamais rendre votre corps, cachent des mystères insondables. Qui sait ce qui se passe la nuit, quand les manigances s’apaisent, quand l’argent dort enfin, et que les ambitions se sont tues ?

Et qui est cette Elinor Dammert, jeune beauté aux cheveux ocre, merveilleusement apparue un jour de crue, et qui vient perturber l’équilibre en place ? Que dissimule-t-elle derrière son sourire affable ? Et quel lien étrange entretient-elle avec la Perdido ?

Plongez dans Blackwater, une fresque épique qui couvre cinquante années de l’existence d’une famille tout sauf ordinaire, ses histoires, ses alliances, ses plans machiavéliques pour conserver le pouvoir. Partagez avec elle les combats et les surprises que lui réserve le destin, les morts soudaines et les événements inexplicables. À travers six épisodes endiablés, découvrez une saga familiale à l’atmosphère surnaturelle unique.

Mon avis :

Cela faisait déjà un moment que j'avais envie de lire cette saga qui m'attirait l’œil à chaque fois que j'entrais dans une librairie. Il faut dire aussi qu'il est difficile de passer devant de si belles couvertures sans y être indifférent! On m'a offert le tome 1 pour Noël et sitôt lu... j'ai couru me chercher les autres!

Une saga familiale, du mystère, un peu de fantastique mais pas trop... et voilà comment on se laisse prendre au jeu et qu'on dévore tous les livres à la suite. Eh oui, c'est une lecture addictive! J'ai bien aimé les petites touches surnaturelles savamment dosées qui pigmentent ici et là un récit qui pourrait être tout à fait réaliste. Les personnages, hauts en couleur, souvent odieux et manipulateurs, pour la plupart avides de pouvoirs mais ils sont bien pensés. Les rivières, personnages à part entière, tiennent une grande place dans le récit. Les descriptions, très visuelles, nous entraînent très vite dans l'histoire.

 En réalité, avant de parler d'histoire, je parlerai plutôt d'ambiance car au fond, c'est ce qui fait le charme de cette saga. C'est avant tout l'ambiance, si particulière, se dégageant au fil des pages, qui m'a  le plus attirée. Au fond, si on y réfléchit, il ne se passe pas tant de choses que ça en six tomes (même s'il y a quand même un certain nombre d’événements pour le moins extraordinaires!). Si on essaye de résumer le tout, on pourrait même se dire que cela pourrait être ennuyeux. Mais il y a cette atmosphère si particulière, inhabituelle, une atmosphère qui fait à elle toute seule tout l’intérêt des six tomes réunis! Il semblerait bien que je me sois laissée prendre au piège de cette atmosphère... car je n'ai pas décrochée de cette saga avant d'en avoir refermé la dernière page!

Extrait:  

"Qui n'a pas vécu une inondation de cette ampleur s'imaginera que les poissons nagent librement à travers les fenêtre brisées des maisons, mais ce n'est pas le cas. Les vitres ne cèdent pas. Quelle que soit la solidité d'une bâtisse, l'eau s'infiltre toujours par le plancher ; invariablement, un cellier sans fenêtre comme un porche ouvert aux quatre vents seront inondés. Les poissons s'en tiennent à leurs cours, inconscients des mètres de liberté supplémentaire déployés au-dessus d'eux."

 

mardi 4 avril 2023

Obia - Colin Niel

Par Ariane

Auteur : Colin Niel

Titre : Obia

Genre : roman policier

Langue d’origine : français

Editeur : Le Rouergue

Nombre de pages : 496p

Date de parution : octobre 2015

 

Mon avis :

Je continue sur ma lancée, avec la suite de la série guyanaise de Colin Niel et le 3e tome Obia. Cette fois-ci le capitaine Anato quitte Cayenne pour travailler en collaboration avec un officier de la police de la gendarmerie de Saint-Laurent-du-Maroni. Un jeune homme a été tué le principal suspect rapidement identifié mais il a réussi à échapper au lieutenant Franck Marcy. Peu de temps après, un autre jeune est assassiné et la chasse à l'homme s'intensifie. 

J'ai une nouvelle fois pris beaucoup de plaisir à lire ce roman. Colin Niel déroule une intrigue complexe, aux multiples rebondissements. Je reconnais certaines facilités, comme dans les deux premiers tomes, des coïncidences un peu nombreuses, mais cela ne gâche en rien la lecture. On creuse un peu plus encore les personnalités de Vacaresse et Anato. Le premier, en plein désarroi dans sa nouvelle vie mais toujours aussi opiniâtre. Le second, en quête de ses origines suite aux révélations du tome 2, plus vulnérable et accessible que précédemment. Loin de Cayenne et de son équipe, Anato doit collaborer avec le lieutenant Marcy, forte tête de la gendarmerie. Entre le Créole et le Ndjuka, l’entente est loin d’être évidente...  

Comme dans les précédents romans de la série, Colin Niel expose les fléaux qui accablent la Guyane, tout en mettant en avant la richesse humaine, culturelle et naturelle de ce territoire. Poussés par la pauvreté, de nombreux guyanais sont prêts à risquer leur vie ou leur liberté contre la promesse de quelques milliers d’euros. Faire la mule, avaler ou insérer dans son corps des ovules remplies de cocaïne et embarquer pour la France, en espérant ne pas être intercepté. Parmi eux, de nombreux noirs marrons, originaires du Suriname, qui portent en eux les traumatismes de la guerre civile qui a ravagé le pays à la fin des années 80. En explorant, l’histoire de la Guyane, les considérations sociales, politiques et culturelles du passé et du présent, Colin Niel donne une visibilité rare et passionnante à ce territoire mal connu.  

Impossible de ne pas se précipiter sur la suite !  

 

Extrait :

« La fusée, le bagne, l’enfer vert et les bestioles, voilà à quoi se résumait l’Amazonie française vue de Paris. Et un peu d’orpaillage depuis quelques années, pour faire sensation. »

«  Cela faisait deux ans qu'Anato était arrivé en Guyane, qu'il avait commencé à renouer avec son pays d'origine. Avec ce département français dont il ne connaissait rien sinon ce que ses parents avaient bien voulu lui raconter. Un territoire gigantesque couvert par la forêt, un fleuve immense, le Maroni. Et un peuple : les Ndjukas. Ce qu'il savait se résumait à ça, en fin de compte. En deux ans, il avait appris plus qu'en trente et réalisé l'ampleur de son ignorance. Et compris surtout une chose : riche de son histoire, de ses populations, de ses langues, la Guyane est complexe. On ne l'apprivoise pas, aucune description ne peut l'enfermer. »

« Le major Franck Marcy longea le câble électrique clandestin qui courait sur la terre grise, se planta en haut du talus. Cigarillo aux lèvres, Ray-Ban remontées sur le front, les bras croisés sur son torse imposant. A ses pieds, un paysage de bois, de tôle et de parpaings. Une centaine de baraques illégales, bricolées, bancales, fichées dans le sable derrière un lycée. Pas d'agencement particulier, on devinait des allées labyrinthiques serpentant entre les murs sombres. Plus bas, sous une masse végétale informe, on imaginait un petit marécage insalubre. Cité Carlton, c'est comme ça que les habitants appelaient leur quartier. Interdit de parler de bidonville. Le terme officiel, moins dégradant, c'était : habitat spontané. »

samedi 1 avril 2023

Bilan 1er trimestre (Ariane)

Par Ariane


Je ne suis pas très présente sur le blog depuis déjà plusieurs mois... J'ai écrit peu de chroniques et je n'ai même pas présenté mes bilans mensuels pour janvier et février... Heureusement que Daphné est là pour faire vivre le blog !

Mais je continue à lire, toujours avec autant de plaisir et j'ai envie de partager mes dernières lectures en attendant les futures chroniques... Alors petit retour sur mes lectures de ce premier trimestre 2023.

Il y a eu des classiques... 

... des romans de la rentrée littéraire d'hiver...

... d'autres de la rentrée de septembre...



... des vestiges de ma PAL ... 


... des prix Nobel...



... des romans policiers...


... et des bandes dessinées.



Je ne me suis pas ennuyée avec cette belle sélection !

Et vous, qu'avez-vous lu ces derniers temps ?