mercredi 19 février 2020

Mercredi, c'est le jour des petits - Ma maison - Astrid Desbordes et Pauline Martin

Par Daphné















Auteur : Astrid Desbordes
Illustrateur : Pauline Martin
Titre : Ma maison
Editeur : Albin Michel Jeunesse

Résumé :

« Ma première maison, je ne m'en souviens pas, mais je sais qu'elle n'était vraiment pas grande. »
Cette première maison qu'évoque Archibald est le ventre de sa mère. Sa maison d'aujourd'hui, il y vit  avec ses parents et sa petite sœur, et il l'aime portes et fenêtres grandes ouvertes et parfois, au contraire, calfeutrée pour mieux se serrer les uns contre les autres. Archibald aime découvrir les maisons de ses amis et il en fait ici l'inventaire : il y a celle d'Hector très décorée, et celle de Sam plus bricolée, la péniche d'Ulysse, la caravane de Noé... Mais au fond, c'est la sienne qu'il préfère, pas pour sa taille ni sa hauteur, juste pour ceux qui l'attendent à l'intérieur.





Mon avis :

Pour Noël, un nouveau livre d'Archibald est venu agrandir noter collection ! Et pas de doute, mes filles et moi craquons toujours pour ce petit héros et la bienveillance qui est le maîter-mot de ses histoires!

Ici, Archibald nous parle des maisons. Le ventre de sa maman, la toute première, celle dont il ne garde pas vraiment de souvenir mais dans laquelle il sait avoir été si bien. La maison dans laquelle il grandit qui paraît parfois trop grande ou trop petite, en ordre ou dérangée, celle dont il aime parfois s'éloigner mais où il apprécie toujours de revenir. Les maisons de ses amis, toutes différentes les unes des autres : maison nomade, maison ancienne, maison très décorée, maison très bricolée... toutes les maisons sont différentes mais comme le dit Archibald, ce qui compte, est ce vraiment la manière dont elle est bâtie... où les gens qu'on aime qui nous attendent à l'intérieur ?

Cet album n'a pas été sans me rappeler une chanson d'Anne Sylvestre, l'une de ses fameuses fabulettes, que j'aime beaucoup tant pour son rythme que pour sa signification!

Encore une fois, cet album d'Archibald est particulièrement réussi. Comme toujours tout en douceur et en bienveillance, avec autant de justesse et de délicatesse dans l'histoire que dans les illustrations,  il traite de sujet important pour l'enfant... et il en parle bien !



mardi 18 février 2020

L'étrange disparition d'Esme Lennox - Maggie O'Farrell

Par Ariane


Auteur : Maggie O’Farrell

Titre : L’étrange disparition d’Esme Lennox

Genre : roman

Langue d’origine : anglais

Traductrice : Michèle Valencia

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 240p

Date de parution : mars 2008

Mon avis :

Après l’excellente lecture de I am, I am, I am, j’avais hâte de retrouver Maggie O’Farrell. J’ai choisi ce titre, déjà note sur ma liste de souhaits depuis longtemps et particulièrement recommandé par les lecteurs.

Iris, la trentaine active, gère une boutique de vêtements d’occasion. Elle tombe des nues lorsqu’elle reçoit un appel d’un asile, lui apprenant qu’elle est la plus proche parente d’une de leur patiente, Euphemia Lennox. Iris n’a jamais entendu de cette dame qui s’avère être la jeune sœur de sa grand-mère, soit disant fille unique. A cause de la fermeture de l’asile, Iris doit donc prendre en charge Euphemia, ou plutôt Esme, enfermée depuis plus de soixante ans.

Ce roman navigue entre trois personnages et plusieurs époques. Iris est une jeune femme moderne au fort tempérament, qui vit sans passion une relation avec un homme marié, mais a une relation ambiguë avec son frère adoptif. Katleen, ou Kitty, grand-mère d’Iris et sœur d’Esme est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ses pensées sont hachées, sautant d’un souvenir à un autre sans lien apparent, livrant des bribes d’informations sur ce qui a poussé à l’enfermement d’Esme.

Esme est bien sûr le personnage central de l’histoire. Il y a l’Esme actuelle, qui rencontre Iris et sort enfin de l’asile après toute une vie d’enfermement. Elle se perd dans ses souvenirs et avec elle, nous remontons le temps. Nous voici en Inde dans les années 20, face à une petite fille espiègle et curieuse, adorant sa grande sœur et son petit frère. Il y a le drame de la mort de ce petit garçon, le chagrin nié de la petite fille devant celui de la mère et le silence qu’elle refuse, ne voulant pas oublier. Il y a l’arrivée en Ecosse, ce pays qui est soi-disant le sien mais qu’elle ne connaît pas. Il y a cette jeune fille, éprise de liberté, qui souhaite étudier et travailler plutôt que se chercher un mari. Puis, il y a l’asile.

C’est un roman qui se lit très facilement et agréablement, l’histoire et les personnages sont bien construits. Sur le thème éculé des secrets de famille, Magie O’Farrell nous parle de la place des femmes dans la société et de l’incroyable facilité avec laquelle une femme pouvait être enfermée. Esme ne rentre pas dans le cadre de la bonne société, elle ne se plie pas au destin qu’on veut lui imposer, cela lui vaudra d’être rejetée.

Pourtant, je reste un peu sur ma faim. Tout d’abord, le secret et la révélation finale, je les ai vus venir à des kilomètres. Mais bon, ça ne m’a pas vraiment dérangée. Ce qui m’a dérangée, c’est qu’autant sur la forme que sur le fond, j’ai trouvé que ça manquait considérablement d’originalité. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux romans de Kate Morton, une autrice australienne dont j’ai lu plusieurs romans. Romans dans lesquels on trouve toujours les éléments suivants : une jeune femme (séduisante mais pas trop, indépendante et dotée d’un fort caractère, dans relation de couple peu satisfaisante mais qui rencontre ou connaît déjà un homme qui lui convient mieux) ; une femme âgée de sa famille( que l’on découvre dans des flashbacks, jeune, séduisante, intelligente et indépendante) ; des secrets de famille ; des flashbacks à répétition ; une grande maison de famille bourgeoise ;… Bref, les mêmes ingrédients que dans ce roman de Maggie O’Farrell et même s’il n’y a aucun rapport entre les deux autrices, cette ressemblance m’a troublée.

C’est tout de même une bonne lecture et je pense que je relirai rapidement Maggie O’Farrell.



Extrait :

« Son comportement ne paraît pas tout à fait normal, songe Iris. Sans aller jusqu'à imaginer qu'elle a été enfermée la plus grande partie de sa vie, on sent que quelque chose- une certaine naïveté, un manque d'inhibition, peut-être la met à part. »

 Catégorie prénom

lundi 17 février 2020

La ferme du bout du monde - Sarah Vaughan

Par Daphné















Auteur :  Sarah Vaughan
Titre : La ferme du bout du monde
Genre : roman 
Langue d’origine : anglais
Traducteur: Alice Delarbre
Éditeur : Préludes
Date de parution : 2016
Nombre de pages: 439

Résumé de l'éditeur :

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ?
Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant.


Mon avis :

La Cornouailles, la lande et les embruns, un secret de famille, des chapitres alternant deux époques, un titre qui me plaisait, une référence à Une vie entre deux océans, un livre que j'avais beaucoup aimé... voilà qui avait de quoi m'attirer. En ouvrant ce livre, j'étais quasiment sûre de passer un excellent moment de lecture. Pour tout dire, j'espérais même un coup de cœur. Bon... autant le dire tout de suite, j'étais très loin du coup de cœur en refermant ce livre. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier au résumé! 

Dés les premières pages, j'ai failli refermer ce roman. Un livre qui s'ouvre sur une vieille dame apprenant qu'elle avait un cancer en phase terminale, ce n'était pas, mais alors pas du tout, ce que j'avais envie de lire en ce moment. J'ai continué tout de même en me rendant compte que le cancer n'allait pas être le thème principal du livre et que pour tout dire, ce n'était que l'élément déclencheur de l'histoire et qu'il serait ensuite passé sous silence tout du long. 

Donc j'ai continué... et me suis rendue compte au bout de dix pages que la suite et la fin de l'histoire était claire comme de l'eau de roche. Impression qui m'a poursuivie tout au long du livre. Bien que n'ayant rien de déplaisant, j'ai trouvé cette histoire d'une prévisibilité déconcertante. Aucune surprise du début à la fin : tout se devine très vite, trop vite. Le fameux secret est tellement prévisible que ça en devient ennuyeux. 

J'aime généralement beaucoup les histoires tournant autour de la seconde guerre mondiale et celles où s'entremêlent différentes époques. Mais dans ce livre, la guerre n'est qu'une toile de fond, mais alors vraiment de fond. On en parle à peine, ce n'est pas le sujet. Deux des personnages principaux sont des enfants réfugiés, ce qui, d'après moi, aurait pu être un peu plus développé ce qui n'a pas été le cas. Par ailleurs, les personnages sont tout aussi prévisibles que l'histoire et je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'entre eux. 

Heureusement, les descriptions de la Cornouilles et les détails sur la vie à la ferme dans deux époques et deux contextes différents ont un peu sauvés ma lecture et m'ont empêché de refermer ce livre avant même de l'avoir terminé. Au final, je n'ai pas passé un mauvais moment de lecture, mais tout de même, ce fut une déception !

Extrait :

"Alors, elle est une ferme du bout du monde. Le genre de lieu où les règles habituelles peuvent être infléchies, rien qu'un peu, et où les secrets demeurent enfouis. Qui pourrait bien les répéter ? Et qui pourrait bien les entendre ?"

samedi 15 février 2020

Toute une vie et un soir - Anne Griffin

Par Ariane


Auteur : Anne Griffin
Titre : Toute une vie et un soir
Genre : roman
Langue d’origine : anglais
Traductrice : Claire Desserey
Editeur : Delcourt
Nombre de pages : 3272p
Date de parution : avril 2019

Mon avis :
Il y a quelques mois j’ai lu de nombreux billets, tous enchantés, sur ce livre. J’hésitais tout de même, les romans feel good, ce n’est pas mon truc. Heureusement, j’ai passé outre cet a priori !
Maurice Hannigan, 84 ans, s’installe seul au bar de l’hôtel de Meath. Deux ans déjà que sa chère Sadie est morte, le laissant seul et désemparé. Alors ce soir, Maurice a décidé de porter un toast à ceux qu’il aime et de laisser venir les souvenirs de ceux qu’il a tant aimés.
Nous accompagnons donc Maurice à travers ses souvenirs, avec lui nous remontons le temps et le découvrons à différentes époques de sa vie, dans différents rôles (enfant, adolescent, amoureux transi, père, veuf,…). La construction n’est pas linéaire, mais suit les souvenirs associés aux cinq personnes à qui Maurice a décidé de porter un toast. Son frère, Tony, le héros de son enfance, dont la mort l’a fait basculer dans le monde des adultes. Sa fille Molly, partie avant même d’avoir pu respirer et dont le fantôme accompagne Maurice depuis 50 ans. Sa belle-sœur Noreen, « un peu spéciale » mais qui aura apporté de la joie à sa famille. Son fils Kevin, à qui il n’a jamais su exprimer sa fierté et son amour. Sa femme Sadie, sans qui il ne se voit pas continuer. Et en toile de fond l’histoire d’une haine d’enfant et d’une pièce d’or.
Vraiment c’est un très joli roman que nous offre là Anne Griffin. Beaucoup d’émotion et de pudeur, dans le personnage de Maurice. Sous ses aspects bourrus et son mauvais caractère, il cache un cœur tendre et une grande sensibilité, qu’il n’a jamais su exprimer à ceux qu’il aimait. Ou plutôt qu’il a exprimé à sa manière, maladroite bien souvent. Ce soir-là, il s’adresse mentalement à son fils. Il lui dit tout ce qu’il ne lui a jamais dit, ouvre son cœur comme jamais. C’est beau et terriblement triste en même temps.
Alors oui en un sens ce roman est un livre « feel good », il fait du bien, parce que l’histoire est belle, parce qu’elle nous touche, parce que c’est bien écrit.

Extrait :
« C'est la présence de Tony vivant qui me manque .Je peux lui parler tant que je veux dans ma tête, rien ne remplace le fait de le voir , de le toucher , de l'entendre boire sa bière chez Hartigan . Je donnerais n'importe quoi pour passer une heure avec lui. Pas la peine qu'on se parle beaucoup. Les coudes sur le zinc. Chacun sa bouteille de stout. Nos verres à moitié vides. Regarder dans la rue, taper du pied en rythme avec la musique à la radio, rire de la dinguerie du monde. Etre avec quelqu'un en qui t'as confiance, voilà tout .Qui te comprend sans que t'aies besoin de t’expliquer, ou que tu te croies obliger de faire semblant que tout va bien. Avec qui tu peux te permettre d'être nul. Sentir sa tape dans mon dos quand il se lève pour aller aux gogues. Ce serait trop demander, une petite résurrection ? »

« J'aurais peut-être été plus heureux si t'avais été con. Le portrait de ton père. J'aurais eu moins de mal à discuter avec toi. »

« Je veux que ta mère revienne, voilà tout. Seul, je n'y arrive plus. Quand je l'ai rencontrée, j'aurais jamais imaginé qu'un jour j'aurais du mal à respirer parce que sa brosse à dents n'est plus à côté de la mienne dans le gobelet vert - avocat pardon, je me trompe tout le temps - sur le lavabo de la salle de bains, parce que je l'entends plus pester si je lance mal le feu de la cheminée, ou parce que je sens plus rien, ni respiration, ni battement de cœur en tendant la main de son côté du lit le matin. J'y arrive pas. J'y arrive pas voilà tout. Il est temps que je mette bon ordre à ces deux dernières années et que je rejoigne la femme qui a volé mon âme le premier jour où je l'ai vue. »

Les avis de Jérôme, Kathel, Krol,