vendredi 21 octobre 2022

Les cinq quartiers de l'orange - Joanne Harris

 Par Daphné








Autrice : Joanne Harris

Titre : Les cinq quartiers de l'orange 

Genre : roman 

Langue d’origine : anglais

traductrice : Jeannette Short Payen

Editeur : Quai Voltaire Eds

Nombre de pages : 366

Date de parution :  2002

Résumé de l'éditeur:

Plus de cinquante ans après la guerre, Framboise revient dans son village sur les bords de la Loire. Les habitants ne reconnaissent pas la fille de la scandaleuse Mirabelle Dartignan, tenue pour responsable d'événements tragiques sous l'occupation allemande. Grâce aux recettes de sa mère, Framboise attire l'attention des critiques et aussi la jalousie de sa famille. Passé et présent s'entremêlent.

Mon avis :

Voici un roman que j'ai beaucoup aimé. Des secrets de famille, une alternance passé/présent, des recettes de cuisine, une odeur d'orange omniprésente, une exploration des relations familiales, l'apprentissage du pardon, la naïveté mais aussi la cruauté de l'enfance et les conséquences tragiques qu'elle peut avoir en période de guerre, les souvenirs... Les cinq quartiers de l'orange, c'est tout cela à la fois. 

Si le titre (raison pour laquelle j'ai ouvert ce livre!), les prénoms des personnages et le livre de recette de Mirabelle, nous paraissent délicieusement fruités, l'histoire et le passé de l'héroïne ont quand à eux un goût bien indigeste. Il n'est pas facile d'avoir été enfant pendant la seconde guerre mondiale tout comme il est compliqué de grandir dans une famille où le manque de communication est flagrant : les souvenirs de Framboise sont durs à assumer mais en s'y plongeant, tout comme elle se plonge dans le livre de cuisine que lui a légué sa mère, elle parviendra à mieux comprendre cette dernière et même à lui pardonner.

Oui, il m'a beaucoup plu, ce livre. J'ai aimé son écriture, une écriture qui fait appel aux sens,, me croyant presque au bord de la Loire avec Framboise, sentant presque au fur et à mesure que je tournais les pages cette fameuse odeur d'orange. J'ai aimé le côté doux des recettes de cuisines, douceur qui s'entrechoque avec la violence de la guerre mais aussi des relations entre les personnages. 

Oui, je l'ai beaucoup aimé et je suis maintenant en train de découvrir -avec tout autant de plaisir!- d'autres livres de cette autrice. Et pour l'instant, je ne suis pas déçue!

Extrait :

"A part les oranges qu'elle ne supportait pas dans la maison, ma mère avait la passion des fruits. Par espièglerie, semble-t-il, elle donna à chacun de nous le nom d'un fruit utilisé dans ses recettes - Cassis, en l'honneur de son gros gâteau au coulis de cassis, Framboise pour célébrer la liqueur qu'elle fabriquait et Reinette à cause des reines-claudes qui poussaient contre la façade sud de la maison."

mercredi 19 octobre 2022

Mercredi, c'est le jour des petits - Les sœurs hiver - Bertrand Jolan

 Par Daphné









Auteur : Bertrand Jolan

Titre : Les sœurs hiver

Genre : roman jeunesse

Langue d’origine : français

Editeur : L'école des loissirs

Nombre de pages : 226

Date de parution :  2022

Résumé de l'éditeur :

Il y a très longtemps, il y avait deux hivers : la Grande, avec ses froids polaires et ses blizzards, et la Petite, avec ses glissades joyeuses et ses batailles de boules de neige. Mais depuis que la Petite a disparu, tout est détraqué au village de Brume ! Les adultes sont inquiets, plus personne ne rit aux bonnes farces d’Alfred et, surtout, les trolls passent leur temps à voler des objets, qu’ils emportent à tout jamais dans la taïga. Lorsque l’oncle d’Alfred se porte volontaire pour rapporter les objets volés et qu’il disparaît sous ses yeux, avalé par la tempête, c’en est trop : il faut partir à sa recherche, coûte que coûte, braver les dangers de la forêt boréale, et affronter la Grande Hiver…

Mon avis :

Ce livre est un grand coup de cœur pour ma fille de huit ans... et pour moi aussi qui me suis empressée de le lire devant son enthousiasme!

Un univers magique, de la mythologie nordique, de belles illustrations, de l'aventure, des personnages attachants, un voyage initiatique et beaucoup d'imagination... que demander de plus ? 

Rien, on ne demande rien de plus et on se laisse porter par cette histoire pleine de charme où l'hiver est personnifié par deux sœurs dont l'une, en disparaissant, manque terriblement à l'autre, où un petit garçon farceur se retrouve bien malgré lui à subir une étrange transformation, où l'on croise des dieux scandinaves, des trolls, un renard mangeur de lune et où l'humour n'est pas en reste. De l'humour, oui, mais aussi de la poésie, de belles valeurs telles que l'amitié, la solidarité, la confiance. La transidentité y est abordée, mine de rien d'une manière tout à fait naturelle, ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce livre. Le handicap y est également abordé mais non comme une faiblesse, au contraire, en mettant en scène un personnage aveugle qui possède une grande force.

On y parle aussi du sentiment de tristesse au travers  du héros de l'histoire qui se sent souvent "triste pour rien" et de la Grande Hiver, si malheureuse de la disparition  de sa sœur. 

Les personnages ne sont ni tout à faits bons ni tout à fait mauvais, chacun ayant sa part d'ombre et de lumière, ce qui donne un caractère réaliste à ce conte féérique et envoûtant. 

Je suis décidemment tout à fait d'accord avec ma fille : ce livre a un charme indescriptible!

Extrait :

"Les pires jours sont les jours glacés. Ceux où la colère et la tristesse de la Grande deviennent de la méchanceté. Où le ciel est bleu et la lumière blanche. Pas un bruit ni un souffle de vent. Ces jours là, le froid règne en maître et mieux vaut se blottir tous ensemble au coin du feu , car il entre jusque dans les maisons, ,et, si  ne se sert pas les uns contre les autres pour se tenir chaud, il nous dévore."


mardi 18 octobre 2022

L'océan est mon frère - Jack Kerouac

Par Ariane


Auteur : Jack Kerouac

Titre : L’océan est mon frère

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Traducteur : Pierre Guglielmina

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 208p

Date de parution : mars 2022

 

Mon avis :

Sur un coup de tête, Bill Everhart, universitaire new new-yorkais, décide de tout plaquer pour suivre Wesley, un jeune marin, et avec lui, traverser le pays pour aller s’engager comme marin sur un navire en partance pour l’Alaska.

Je suis adepte de ce genre de récits, des personnages qui se lancent à l’aventure, le voyage sur les routes ou sur les mers, le cheminement intérieur de ces hommes (rarement des femmes) en rupture avec la société, à la recherche… de quoi ? Les deux personnages principaux du roman, sont des doubles littéraires de Kerouac lui-même, il a été cet universitaire qui s’est engagé dans la marine.  

Kerouac a rejeté et laissé inachevé ce premier roman. Un peu dur avec lui-même. Ce roman porte en lui les germes des romans futurs de Kerouac, en particulier de son chef d’œuvre, Sur la route. Un texte brut, bouillonnant de vitalité, d’envie de vivre plus vite, plus loin, plus fort.  Et qui s’achève brutalement, inachevé en plein milieu d’un chapitre, une phrase à peine ébauchée. J’avoue une certaine frustration à ce moment-là…

A lire si vous aimez Kerouac, London, Thoreau ou Steinbeck, si vous aimez suivre des personnages en partance vers un ailleurs indéterminé.

samedi 15 octobre 2022

Le monde après nous - Rumaan Alam

Par Ariane

Auteur : Rumaan Alam

Titre : Le monde après nous

Genre : roman

Langue d’origine : anglais (Etats-Unis)

Traducteur : Jean Esch

Editeur : éditions du Seuil

Nombre de pages : 304p

Date de parution : août 2022

 

Mon avis :

Amanda, Clay et leurs enfants quittent New York pour une semaine de vacances à Long Island. Les vacances s’annoncent parfaites : la villa est superbe, nichée en pleine forêt. Les enfants s’amusent dans la piscine, le couple profite de moments en tête à tête. Mais la deuxième nuit, ils entendent frapper à la porte. Malgré une certaine inquiétude (entendre frapper à la porte en pleine nuit dans une maison isolée alors qu’on n’attend personne, pour moi c’est plus qu’inquiétant, c’est terrifiant !), Clay décide d’ouvrir. A la porte, un couple de sexagénaire afro-américains. G.H. et sa femme Ruth expliquent être les propriétaires de la maison, New York est plongée dans le noir suite à une gigantesque coupure d’électricité, la panique se répand et ils ont préféré quitter la ville. Ils demandent à pouvoir loger dans le studio du sous-sol contre indemnisation d’une partie des frais de location. Après quelques hésitations, Amanda et Clay acceptent. Débute alors une cohabitation forcée, alors même qu’ils sont coupés du monde.

Au début, récit léger d’une famille en vacances, la tension monde rapidement dès lors que G.H. et Ruth arrivent à la maison. Amanda et Clay voient d’un mauvais œil l’intrusion des propriétaires pendant leurs vacances. Leur séjour idéal est bouleversé, l’illusion que cette jolie maison est la leur se dissipe et ils ne peuvent se défaire d’une certaine méfiance un peu raciste envers eux. Peut-être ne sont-ils pas les propriétaires mais le personnel d’entretien ? Ruth et G.H. qui ont quitté New York effrayés par la situation qu’ils ne comprennent pas, ont également du mal à supporter la présence de cette famille dans leur maison. Pourtant malgré la tension grandissante entre les couples, amplifiée par l’incertitude et l’isolement, le temps semble suspendu, ralenti.

C’est justement cette impression d’entre-deux qui fait de ce roman un récit post-apocalyptique original. La situation est grave, l’auteur nous le fait comprendre à de nombreuses reprises par de simples petites phrases, mais sans que jamais ni les personnages ni le lecteur ne comprenne ce qui se passe. Ce sont les quelques jours, quelques heures, qui suivent la catastrophe, ces moments avant que les gens ne basculent complètement dans un monde complètement changé. A moins qu’il ne faille y voir une métaphore de notre monde qui change et qui doit changer, s’affranchir de la dépendance à la surconsommation, aux énergies fossiles, aux réseaux... Problématique on ne peut plus actuelle…

Malgré ces éléments intéressants, j’ai eu du mal à vraiment accrocher à cette lecture. A cause des personnages principalement, que j’ai trouvés survolés et peu caractérisés. Agaçants surtout, en particulier Amanda, un peu bêcheuse et G.H. suffisant et content de lui. Je n’ai pas non plus accroché à l’écriture, trop plate à mon goût.

Une lecture dont je ressors mitigée…

vendredi 14 octobre 2022

Les loyautés - Delphine de Vigan

Par Daphné

Autrice : Delphine de Vigan

Titre : Les loyautés

Genre : roman 

Langue d’origine : français

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 208

Date de parution : 2018

Résumé de l'éditeur :

Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ?
Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages
.

Mon avis 

Histoires croisées de quatre personnages, Les loyautés est un livre bien sombre. C'est l'histoire d'un enfant pris entre ses deux parents, entre deux mondes, entre deux vies bien distinctes, l'histoire d'un enfant dont les parents divorcés n'ont plus aucun lien, aucune communication et qui, lui, du haut de ses douze ans, doit vivre avec ça, avec cette absence de communication, avec sa solitude, avec le secret qu'il tente de préserver pour protéger son père. C'est l'histoire d'un enfant qui sombre. C'est aussi l'histoire de son meilleur ami, Mathis, de la mère de ce dernier qui découvre bien malgré elle que son mari n'est pas celui qu'elle croit. Et c'est aussi l'histoire de la prof de Mathis et de Théo, qui sent bien que quelque chose ne va pas et qui tente de venir au secours de son élève. 

Quatre personnages, quatre histoires qui se rejoignent. Chacun est loyal à quelqu'un d'autre mais jusqu'où peut aller la loyauté avant de devenir dangereuse? A quel moment faire la part de choses et trahir cette loyauté quand elle devient trop lourde à porter ? 

Qu'il est sombre ce livre, ce livre plein de secrets qui empoisonnent, ce livre qui nous parle de la déchéance d'un père, de l'abîme dans laquelle se noie son fils, et de tant d'autres choses... C'est court, ça se lit vite, très vite, mais c'est intense et on en ressort avec une certaine amertume.... C'est sombre, oui, et cela interroge...

Extrait 

"Parfois, il se demande si cela vaut vraiment la peine d’être adulte. Si le jeu en vaut la chandelle, comme dirait sa mamie, qui remplit des colonnes d’arguments « pour » et « contre » lorsqu’elle doit prendre une décision importante. Lorsqu’il s’agit de devenir adulte, les deux colonnes sont-elles équivalentes ?"